Human Brain Project

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Le Human Brain Project (en français « Projet du cerveau humain ») est un projet scientifique d'envergure qui vise d'ici environ 2024 à simuler le fonctionnement du cerveau humain grâce à un superordinateur, et dont les résultats obtenus ont pour but de développer de nouvelles thérapies médicales plus efficaces sur les maladies neurologiques, qui affectent deux milliards de personnes à travers le monde.

Il a été choisi pour être l'un des deux FET Flagships (« projets phares ») de l'Union européenne[1], soutenu financièrement à hauteur d'un milliard d'euros chacun sur dix ans. Son coût total étant estimé à 1,19 milliard d'euros.

La première phase du projet a débuté fin 2013, et durera 2 ans et demi, jusqu'à mi-2016.

Organisation[modifier | modifier le code]

Le projet est dirigé par une équipe coordonnée par Henry Markram, un neuroscientifique de l'École polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL) — codirigé par e le physicien Karlheinz Meier de l'université de Heidelberg, et le médecin Richard Frackowiakle du Centre hospitalier universitaire vaudois et l'université de Lausanne — en collaboration avec plus de 90 instituts de recherche européens et internationaux réparties dans 22 pays différents[2]. Il rassemble des milliers de chercheurs.

Le projet doit durer dix ans et coûtera € 1,19 milliards.

Objectifs[modifier | modifier le code]

Le Human Brain Project doit créer de nouveaux outils pour mieux comprendre le cerveau et ses mécanismes de base et appliquer ces connaissances dans le domaine médical et contribuer à la création de l'informatique de l'avenir.

Les technologies de l'information et de la communication jouent un rôle central dans le projet. Des supercalculateurs devront être capables d'assembler les données neuroscientifiques du monde entier au sein d'un modèle et de simulations du cerveau humain. Le projet crée une interface entre l'information génetique, les réactions moléculeculaires, la biologie et les mechanismes de la pensée.

Le projet vise également à creer une nouvelle plate-forme informatique médicale pour tester les modèles informatiques de maladies et améliorer le diagnostic explorer les mécanismes sous-jacents et accélérer le développement de nouvelles thérapies.

Un autre objectif du projet est de tirer parti d'une meilleure compréhension du fonctionnement du cerveau pour le développement de technologies de l'information et de la communication plus performantes s'inspriant des mechanismes du cerveau humain. Les bénéfices attendus sont une meilleure efficacité énergétique, une fiabilité ameliorée et la programmation de systèmes informatiques complexes.

Henry Markram remarque que la chose la plus remarquable à propos du Human Brain Project est peut être l’échange et la communication qu'il génere au sein de la communautée scientifique. Grâce à l'HBP, des dizaines de milliers de scientifiques collaborent à l'unification de toutes les connaissances que nous avons sur le cerveau. Il espère que les hypothèses générées par ordinateur sur le comportement neuronal seront assez bonnes pour commencer à faire des hypothèses de niveau supérieur sur les structures émergentes du cerveau[3].

Controverses[modifier | modifier le code]

En juillet 2014, une lettre ouverte est adressée à la Commission européenne. Signée par quelques 130 scientifiques, elle critique les orientations prises par la direction du HBP et appelle l’UE à prendre des mesures pour réorienter le projet[4]. L'objet de cette lettre est la gouvernance du HBP qui est largement remise en cause par les signataires du document. Suite à cette requette, le Comité des directeurs, réuni à Paris en mars 2015 pour l'occasion, approuve les recommandations du médiateur et notamment l'importance des neurosciences cognitives pour le projet et leur financement[5][6].

D'autres critiques portent plus sur la démarche même du projet. Yann Lecun, directeur IA de Facebook, critique l'idée qu'une IA pourrait emerger simplement d'un ordinateur aussi puissant soit-il en utilisant quelques algorithmes simples d'apprentissage. Il pense que les progrès en matière d'IA ne peuvent être réalisés que par la création d'algorithmes d'apprentissage machinel puissants et que les futurs progrès viendrons sans doutes de l'apprentissage machinel non supervisé[7].

Pour simuler le fonctionnement d'un cerveau humain, la puissance calculatoire estimée est d'un exaflops. Le site Web du Human Brain Project admet qu'un superordinateur atteignant l'Exaflops sera difficile à atteindre avant 2020[8]. Steve Furber de l'université de Manchester souligne le fait que les neuroscientifiques ne savent toujours pas avec certitude quels détails biologiques sont essentiels à la capacité à traiter l'information du cerveau et ceux qui sans risque peuvent ne pas être pris en compte dans les simulations pour les simplifier[8].

Résultats[modifier | modifier le code]

Le premier examen du projet lui-même a commencé en Janvier 2015.

L'équipe a déjà annoncé avoir réussi à reproduire informatiquement une colonne corticale de rat et son activité neurale[9] en 2008 dans le cadre du projet Blue Brain, sans que ce résultat ait donné lieu à une publication dans une revue à comité de lecture.

Des ingénieurs du Human Brain Project (HBP) ont récemment montré les premières simulations en vue de la réalisation d'une "souris virtuelle" en plaçant un modèle informatique simplifié du cerveau d’une souris dans un corps virtuel soumis à des stimulations[10].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Un milliard d’euros pour imiter le cerveau », Le Temps, 25 janvier 2013. Consulté le 7 février 2013.
  2. Le Temps, no 4217, 1er février 2012, p. 13.
  3. Lucas Laursen, « Human Brain Project Needs Artificial Brains to Understand Real Ones », sur spectrum.ieee.org (consulté le 21 mai 2015)
  4. « http://neurofuture.eu/ », sur neurofuture.eu (consulté le 21 mai 2015)
  5. « La réforme du Human Brain Project est adoptée », sur 24heures.ch/ (consulté le 21 mai 2015)
  6. « The Human Brain Project Adapts and Moves Forward After a Constructive Mediation Process - Press Release - Human Brain Project », sur www.humanbrainproject.eu (consulté le 21 mai 2015)
  7. Lee Gomes, « Facebook AI Director Yann LeCun on His Quest to Unleash Deep Learning and Make Machines Smarter », sur spectrum.ieee.org (consulté le 21 mai 2015)
  8. a et b Rachel Courtland, « Can The Human Brain Project Succeed? », sur spectrum.ieee.org (consulté le 21 mai 2015)
  9. (en) The Blue Brain Project, EPFL. Consulté le 28 janvier 2013.
  10. « A Simulated Mouse Brain in a Virtual Mouse Body - Press Release - Human Brain Project », sur www.humanbrainproject.eu (consulté le 21 mai 2015)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]