Hugues XII de Lusignan

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Hugues XII de Lusignan
Titres de noblesse
Seigneur de Lusignan
Comte de la Marche
Comte d’Angoulême
Seigneur de Fougères
Seigneur de Porhoët
Biographie
Naissance
Av. 1241
Décès
Ap. 25 août 1270
Carthage
Famille
Père
Mère
Fratrie
Isabelle de Lusignan
Alix de Lusignan
Marie de Lusignan
Guy de Lusignan
Yolande de Lusignan
Conjoint
Enfants
Autres informations
Conflit
Blason des seigneurs de Lusignan.svg
burelé d'argent et d'azur

Hugues XII de Lusignan (av. 1241-ap. ) fut seigneur de Lusignan, comte de la Marche et d'Angoulême (1250-1270). Il hérite de sa mère des seigneuries de Chilly et de Longjumeau. Son mariage avec Jeanne, héritière bretonne de la Maison de Fougères, lui apporta les fiefs de Fougères[1] et du Porhoët. Vers 1262, il fit l'acquisition de la vicomté d'Aubusson[2].

Biographie[modifier | modifier le code]

Famille[modifier | modifier le code]

Hugues XII de Lusignan est le fils de Hugues XI le Brun, comte de la Marche et de Yolande de Dreux, fille du duc de Bretagne, Pierre Ier Mauclerc. Son grand-père, Hugues X de Lusignan, se fit croisé[3] et mourut à Damiette en 1249. Son père, Hugues XI le Brun, suivit lui aussi son seigneur, Alphonse de Poitiers, lorsque celui-ci partit à la Septième Croisade. Il décéda peu après, le , à la bataille de Fariskur[4], l'une des plus importantes de la croisade.

Possessions et gouvernance[modifier | modifier le code]

Mineur à la mort de son père, il est placé sous la régence de sa mère jusqu'en 1257, qui gouverne en son nom les comtés de la Marche et d'Angoulême. Le 22 septembre 1257, encore mineur, Hugues XII de Lusignan prend possession du gouvernement de ses comtés et prête allégeance à son suzerain Alphonse de Poitiers pour le comté de la Marche et les châteaux de Lusignan et de Crozant[5]. Il tient de sa mère les seigneuries de Chilly et de Longjumeau[6].

En 1259, Hugues XII de Lusignan se signale par ses violences contre l'évêque et le clergé d'Angoulême[7],[8].

En 1263, son oncle Jean Ier, duc de Bretagne reprend possession du comté de Penthièvre et l'échange contre des terres situées en Île-de-France et en Champagne : les seigneuries de la Fère-en-Tardenois, de Chilly et de Longjumeau[9].

Décès et succession[modifier | modifier le code]

Saint Louis assiège Tunis durant la huitième croisade (1270). Enluminure des Grandes Chroniques de France, XIVe siècle. Paris, BnF, département des Manuscrits, Français 2813, folio 299 verso.

Le 1er février 1270, il institue son fils aîné Hugues le Brun héritier de ses biens et le désigne comme son successeur[6].

En , Hugues XII de Lusignan s'embarque, à la suite du roi Saint Louis, pour la Huitième croisade et participe au siège de Tunis. Les forces croisées sont frappées par une épidémie de fièvre et de dysenterie et Hugues XII meurt de la peste[10] quelques jours après son souverain, décédé le à Carthage.

Son fils, Hugues XIII le Brun, lui succède dans ses titres sous la tutelle de sa mère Jeanne de Fougères[11],[12],[13].

Mariage et descendance[modifier | modifier le code]

Hugues avait épousé, le , Jeanne de Fougères (av. 1242-ap. 1273), fille et héritière de Raoul III de Fougères. La cérémonie se déroula dans le château de Fougères et fut célébrée par l’abbé de Savigny, Étienne[14]. Leur mariage fut enregistré le [15]. Jeanne fit son testament le 20 mai 1269 à Touvre[16] et vécut encore plusieurs années.

Ils eurent pour enfants :

  1. Yolande de Lusignan (-av. 12 octobre 1314), comtesse usufruitière de la Marche, d'Angoulême (1308-1314), dame de Fougères et de Porhoët (1308-1314). Elle épousa en premières noces Hélie Ier Rudel (av. 1260-1290), seigneur de Pons et Bergerac ; puis en secondes noces Robert de Matha, seigneur de Mornac.
  2. Hugues XIII le Brun (25 juin 1259-novembre 1303), seigneur de Lusignan, comte de la Marche, d'Angoulême, seigneur de Fougères et de Porhoët (1270-1302). Il épousa Béatrix de Bourgogne (av. 12664-ap. juillet 1328), fille d'Hugues IV, duc de Bourgogne et de Béatrice de Champagne ; sans postérité.
  3. Inconnu (v. 1261-?) dont le nom ni la destiné ne sont connus.
  4. Jeanne de la Marche (v. 1263-5 déc. v. 1323), dame de Couhé et de Peyrat. Mariée en premières noces (ap. 1275) à Bernard-Ezi IV (v. 1260-24 décembre 1280 ; frère d'Amanieu VII), seigneur d'Albret ; puis en secondes noces (ap. 1280) à Pierre (Piers) de Joinville ou de Geneville (v. 1255-av. 1292 ; fils de Geoffroy et Mahaut de Lacy), seigneur de Stanton Lacy : Parents de Jeanne de Geneville, épouse de Roger Mortimer.
  5. Marie de la Marche (v. 1265-ap.1312). Elle épousa en premières noces (1279), un seigneur anglais, Jean seigneur de Vescy (1244-av. 1288) ; puis elle devint comtesse de Sancerre par son mariage (1288) avec Étienne II (ap.1259-1303/06), seigneur de Charenton. Sans postérité de ses deux unions.
  6. Isabelle de la Marche (v. 1267-9 mars 1323), moniale à l'abbaye royale de Fontevraud[17].
  7. Guy Ier de Lusignan (v. 1269-novembre 1308), seigneur d'Archiac, surnommé parfois Guyard. À la mort de son frère, Hugues XIII le Brun (♰ 1303), il devient seigneur de Lusignan, comte de la Marche, d'Angoulême, seigneur de Fougères et de Porhoët (1303-1308) et prend le nom de Lusignan dans les actes. Il décède de maladie et fut inhumé dans l'église des Jacobins de Poitiers. Sans union ni postérité.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Copie de la deuxième moitié du XIIIe siècle (d'après original perdu) :

    « [A] tous ceulx qui ces presentes lettres verront et orront Bertrant de Cignoignes, chevalier, salut en messire Jhesuscrist. Je vous faiz assavoir que jay pris de noble home Huguet de Lezignan, conte de la Marche et de Engolme, segnor de Fougeres, le mans de Vilamant et les molins de Vilamant et les appertenances dudit mans et des dis molins. Et ce que jay ou mans de Fissac et les rentes que jay en la parroisse de Champnier qui me sont escheoites de la mort monsengeur Aymar de Saint Andre. Et les hommes et les rentes que jay a Brie et a Comant et les hommes et les rentes et les terres et les prez que jay a Villeneufve et la rente que jay a Argence et les hommes et les rentes que jay a Voillac et les hommes et les terres et les fiefs et les autres rentes que jay a Limesse. Et pour toutes ces choses dessus dites je ay fait audit conte houmage lige cest assavoir o XV livres de rente de la monnoie a mant a Engouleme lesquelles XV livres ledit conte a donne perpetuelment et durablement amoy et ames hoirs que jay ou auray de ma femme, espouse et aus hoires qui istront de ces hoirs, lesquelles XV livres ledit conte me doit assigner en sa chastellenie de Engoleme dedens le premier an quil sera chevalier. En tesmoing de laquelle chose je en ay donne audit conte ces presentes lettres scellees de mon seel. Ce fut fait a Coignac, le jeudi apres Noël, lan de lincarnation Jhesuscrist mil CCLVII, ou mois de decembre. »

    1257, 27 décembre, Cognac : Bertrand de Cigognes, chevalier, fait hommage lige à Hugues [XII] de Lusignan, comte de la Marche et d'Angoulême et seigneur de Fougères, pour le manse de Villemant et les moulins de Villemant et les appartenances du mans et des moulins et ce qu'il a au mans de Fissac et des rentes dans la paroisse de Champniers dont il a hérité à la mort d'Aymar de Saint-André, des hommes et des rentes à Brie et à Comant, des hommes, des rentes, des terres et des prés à Villeneuve, une rente à Argence, des hommes et des rentes à Voillac, des hommes, des terres, des fiefs et des rentes à Limesse et une rente de 15 livres que le comte doit lui assigner dans la châtellenie d'Angoulême.
  2. Antoine THOMAS, « Les archives du comté de la Marche », Bibliothèque de l’École des Chartes, vol. 42,‎ , p. 41 (lire en ligne)
  3. Cartulaire de l´abbaye royale de Notre-Dame des Châtelliers (éd. Louis Duval), Niort, (lire en ligne), partie LXXVI, p. 82-85
    1248, 8 août, Lusignan : Hugues [X] de Lusignan, comte de la Marche fait un autre testament qui reprend les mêmes clauses que le précédent avec quelques variantes orthographiques. Il désigne un nouvel exécuteur testamentaire, Barthélemy, archiprêtre de Sanxay, et dispose que s'il mourrait pendant la croisade sans avoir remboursé à Geoffroy de Lusignan la totalité des 1000 livres qu'il lui avait empruntées, son fils pourrait prendre son dû sur l'ensemble de la succession paternelle.
  4. (la) Matthieu PARIS (éd. Henry Richards Luard), Matthaei Parisiensis, monachi Sancti Albani, Chronica majora. 5. A. D. 1248 to A. D. 1259, vol. 5, Londres, Longman, 1872-1884, 777 p. (lire en ligne), p. 158 :

    « Hugo Brunus comes de Marchia cujus pater paulo ante obiit apud Damiatan »

  5. Layettes du trésor des chartes : de l'année 1247 à l'année 1260 (éd. Joseph de Laborde), t. III, Paris, Plon, (lire en ligne), partie 4372, p. 375-376
    1257, samedi 22 septembre, Longpont : Hugues [XII] de Lusignan, comte de la Marche et d'Angoulême a demandé au comte de Poitiers et de Toulouse, Alphonse, de la recevoir à l'hommage bien qu'il n'ait pas atteint sa majorité. Alphonse ayant acquiescé, il lui fait hommage lige pour le comté de la Marche et les châteaux de Lusignan et de Crozant. Il promet de mettre ses châteaux à sa disposition à chaque réquisition. S'il enfreignait ces dispositions, qu'il faisait la guerre au comte et qu'il refusait de se présenter à la cour comtale sur convocation, il serait astreint à payer une amende de 10000 livres tournois. Sa mère, Yolande [de Bretagne] et son oncle, Guy de Lusignan, seigneur de Cognac, sont garants.
  6. a et b Layettes du trésor des chartes, de l'année 1261 à l'année 1270 (éd. Élie Berger), t. IV, Paris, Plon, (lire en ligne), partie 5630, p. 413-415
    1270, 1er février : Hugues [XII] de Lusignan, comte de la Marche et d'Angoulême, seigneur de Fougères fait son testament. Il demande que toutes ses dettes soient payées. Il institue son fils, Hugues [XIII], héritier de ses biens et le constitue son successeur. Il demande que Yolande, sa fille aînée, reçoive le fief vicomtal d'Angoulême ou bien une rente de 100 livres et la somme de 1000 livres, desquelles seraient déduites 100 livres si elle épousait Renaud [III] de Pons qui lui a emprunté cet argent. Jeanne reçoit une rente de 100 livres, Marie et Isabelle, une rente de 60 livres. Il donne à son fils Guy 1000 livres qu'il assied sur le château d'Archiac avec ses dépendances qui doivent lui revenir à la mort de son oncle Guy [seigneur de Cognac]. Si cette seigneurie ne suffit pas, elles seront assises sur les terres qu'il tient de sa mère, Yolande de Bretagne, en France et en Champagne. Son épouse [Jeanne de Fougères] doit recevoir le château d'Ahun et les revenus qui lui reviennent assignés sur la Marche à l'exception des châtellenies de Crozant et d'Aubusson. Il demande que 200 livres soient distribuées à ses serviteurs qui ne partent pas avec lui, en fonction de leur mérite et de leur travail. Il demande que 250 livres soient remises au chevalier Pierre de Torçay à qui il les doit et qu'il reste en pleine possession de ce qu'il lui a donné. Il lègue une valeur totale de 151 livres à vingt-cinq établissements, 200 livres pour marier les jeunes filles, une rente de 10 livres à l'abbaye de Valence pour l'établissement d'une chapelle pour le salut de son âme et de celle de ses parents, de 60 livres et de 100 sous respectivement à Angoulême et à Lusignan pour fonder des anniversaires. Il laisse la garde de sa terre à son oncle, Geoffroy [Ier] de Lusignan [seigneur de Jarnac]. S'il venait à mourir avant la majorité de ses enfants, il demande que leur garde soit assurée par sa mère [Yolande de Bretagne] et si ce n'est pas possible, par son frère Guy [coseigneur du Dorat], et si aucun ne le peut, il sera assuré par le seigneur Aubert Sénéchal. Comme il a pleine confiance dans l'amour et la fidélité de son oncle, il le dispense de rendre compte de sa gestion mais en revanche, tout autre gardien devra rendre un compte semestriel. Il demande que le testament de son père soit accompli par ses exécuteurs et que le douaire de sa mère soit respecté. Il autorise ses exécuteurs à vendre des bois et des forêts à hauteur de 600 livres si c'est nécessaire pour accomplir ses legs. Il institue exécuteurs testamentaires son oncle Geoffroy, Hélie, abbé de Nouaillé, Pierre de Torçay, Aubert Sénéchal, Simon de Baudiment et maître Arnaud Faber.
  7. Les olim ou registres des arrêts rendus par la cour du roi (éd. Jacques Claude Beugnot), t. I : 1254-1274, Paris, Imprimerie royale, (lire en ligne), partie V, p. 93
    1259, 11 novembre, Parlement de Paris : Arrêt du parlement de Paris contre Hugues [XII] de Lusignan, comte de la Marche et d'Angoulême. L'enquête menée par le seigneur Amaury de Meudon a prouvé les dommages et les graves violences commises par le sénéchal d'Angoulême et ses gens contre l'évêque, Robert de Blaye. Le roi défend au sénéchal d'agir désormais contre l'évêque et le chapitre et le condamne. Le jugement est suspendu à cause d'une composition entre les parties.
  8. Correspondance administrative d'Alphonse de Poitiers (éd. Auguste Molinier), t. II, Paris, Imprimerie nationale, (lire en ligne), partie 1901, p. 454-455
    1260-1265 : Alphonse, comte de Poitiers, a appris par une lettre du pape que Hugues [XII] de Lusignan, comte de la Marche avait expulsé violemment Thomas, archidiacre d'Angoulême, et ses hommes de sa maison et avait détenu en prison ses amis contre la justice, ce qui lui déplaît et lui ordonne d'arranger tout cela.
  9. Actes de Jean Ier, duc de Bretagne (1237-1286) (éd. Marjolaine Lémeillat), Rennes, Presses Universitaires de Rennes, coll. « Sources médiévales de l'Histoire de Bretagne », , p. 199-200
  10. Guillaume GUIART (éd. Natalis de Wailly et Léopold Delisle), La branche des royaus lingnages, t. XXII : Recueil des historiens des Gaules et de la France, Scriptores, Paris, (lire en ligne), p. 206
    1270, 26 août (vers), Carthage.
  11. Les olim ou registres des arrêts rendus par la cour du roi (éd. Jacques Claude Beugnot), t. I : 1254-1274, Paris, Imprimerie royale, (lire en ligne), partie VIII, p. 854-855
    1271, 24 mai, Parlement de Paris : Jeanne de Fougères, [veuve d'Hugues XII de Lusignan], comtesse de la Marche et d'Angoulême, s'est plainte de ce qu'après la mort de son époux en croisade, Pierre de Saux, sénéchal de Périgord, ait fait saisir le château d'Angoulême et fait prêter aux habitants de la ville un serment contraire aux usages anciens. Le roi de France, Philippe [III], rend en plein Parlement de Paris, un arrêt qui annule le serment et ordonne au sénéchal de ne pas laisser des sergents royaux demeurer dans la terre de la comtesse d'Angoulême et y faire des actes de juridiction.
  12. Cartulaire des comtes de la Marche et d'Angoulême (éd. Georges Thomas), Angoulême, , partie LIV, p. 114-119
    1273, 3 avril : Pierre Ebrard et son fils Roger confirment en faveur de Jeanne de Fougères, comtesse de la Marche et d'Angoulême et dame de Fougères, et gardienne de ses enfants, la vente qu'ils avaient fait à son mari, Hugues [XII], comte de la Marche et d'Angoulême et seigneur de Fougères de tous les droits qu'ils avaient reçu de leur épouse et mère défunte, Aelis, dans la vicomté d'Aubusson pour une rente de 100 livres assise en la châtellenie de Guéret.
  13. Livre des fiefs de Guillaume de Blaye, évêque d'Angoulême, (éd. Abbé Jean Nanglard), Angoulême, (lire en ligne), p. 54-55
    1273, juillet, Vars : Jeanne de Fougères, comtesse d'Angoulême, veuve d'Hugues [XII] de Lusignan, fait hommage lige, au nom de son fils, Hugues [XIII], à l'évêque d'Angoulême, Pierre [III] Raymond, pour le fief vicomtal de la Rochefoucauld.
  14. Julien BACHELIER, « Une histoire en Marche : Fougères et la Normandie au Moyen Âge (début XIe-milieu du XIVe siècle) », Revue de l’Avranchin et du Pays de Granville, vol. 88,‎ , p. 423-529 (lire en ligne)
  15. E Chronico Savigniacensi (éd. Natalis de Wailly et Léopold Delisle), t. XXIII : Recueil des historiens des Gaules et de la France, Scriptores, Paris, (lire en ligne), p. 585
  16. Layettes du trésor des chartes, de l'année 1261 à l'année 1270 (éd. Élie Berger), t. IV, Paris, Plon, (lire en ligne), partie 5519, p. 341-344
    1269, mai 20, Touvre : Jeanne de Fougères, épouse d'Hugues [XII] de Lusignan, comtesse de la Marche et d'Angoulême fait son testament. Elle établit son fils Hugues [XIII], héritier universel pour tout ce qui ne sera pas mentionné dans le testament. Elle attribue à ses filles, Yolande, Jeanne, Marie et Isabelle une rente de 500 livres à assigner sur son héritage. Comme elle est enceinte, elle assigne à l'enfant, s'il naît et qu'il vit, si c'est une fille, 500 livres, si c'est un garçon, qu'il reçoive un héritage selon la coutume de Bretagne. De même, si elle a d'autres enfants mâles, elle demande que son fils aîné les pourvoie selon la coutume et si elle enfante d'autres filles, qu'elles reçoivent une rente de 300 livres. Si son fils n'avait pas de descendants, elle demande que son héritage aillent à ses frères et si aucun d'entre-eux n'avait de fils, il devrait revenir à sa fille aînée puis à ses cadettes. Elle demande également de vérifier que les parts attribuées à ses filles n'excèdent pas le tiers de son héritage ou, si c'est le cas, de les réduire, auquel cas sa fille aînée aurait 500 livres de rente et le reste serait réparti équitablement entre ses autres filles. Elle choisit l'abbaye de Savigny comme lieu de sépulture. Elle demande que soient payées toutes ses dettes à tous les créanciers qui pourront les prouver. Elle laisse différentes sommes à trente-sept membres de sa maison et fait trente-neuf legs aux établissements religieux, parmi lesquels elle demande de nourrir les Franciscains d'Angoulême pendant une semaine à partir du jour de sa mort et fonde un anniversaire dans la cathédrale d'Angoulême. Elle laisse 200 livres pour la Terre sainte et 20 livres pour payer trois hommes qui feront le pèlerinage à Saint-Jacques de Compostelle pour ses enfants. Elle lègue à son fils Hugues les anneaux de Fougères et de Porhoët, son cercle d'or à Yolande, ses deux couronnes à Jeanne et à Isabelle et sa ceinture à Marie. Elle établit comme exécuteurs testamentaires les archevêques de Tours et de Bordeaux, les évêques de Rennes et d'Angoulême, son mari, Hugues [XII], Raoul Teysson, Guillaume [IV] Paynel, seigneur de Hambye et de Bréhal, et Hélie de Mustelien.
  17. chartularium monasterii Fontis-Ebraldi, in dioecesi Pictaviensi ; quod Rogerius de Gaignieres partim ex chartis, partim ex magno ejusdem abbatiae chartulario describi curavit (ms. lat. 5480 (1)) (Copie pour Roger de Gaignières, d'après original perdu), Paris, BnF, (lire en ligne), p. 340 :

    « Univ[ersis presentis litteras inspecturis], Hugo Bruni, comes Marche et Engolisme, dominus Fulgoriarum, salutem. Nos Hysabelli dilecti sorori nostre moniali abbacie de Fonte Ebraudi damus, pro provisione sua in dicta abbacia vel membris ejusdem eidem honorabiliter facienda, quaterviginti libras turonensis annui redditus infra. Datum sub sigillo nostro mense Novembris [anno Domini] M° CC° LXX° VII°. »

    1277, novembre : Hugues [XIII] le Brun, comte de la Marche et d'Angoulême et seigneur de Fougères, donne à sa sœur Isabelle, moniale à l'abbaye de Fontevraud, pour son entretien, une rente de 80 livres tournois.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Sigillographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]