Huang Xianfan

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Dans ce nom chinois, le nom de famille, Huang, précède le nom personnel.
Huang Xianfan
Description de cette image, également commentée ci-après
Fondateur de l'anthropologie chinoise: Huang Xianfan (1932)
Nom de naissance Huáng Xiànfán
黄现璠
Alias
Fondateur de l'École d'Bagui.
Naissance
Fusui, Guangxi, Flag of the Qing Dynasty (1889-1912).svg
Décès
Guilin, région autonome Zhuang du Guangxi, Drapeau de la République populaire de Chine Chine
Nationalité Drapeau de la République populaire de Chine Chine
Profession
Activité principale
Autres activités
Formation
Famille

Compléments

Il est, avec Fei Xiaotong, l'un des deux premiers anthropologues professionnels en Chine.

Huang Xianfan (simpl. 黄现璠; trad. 黄現璠; pinyin: Huáng Xiànfán, zhuang: Vangz Yenfanh) (né le à Xian de Fusui et mort à Guilin le ) est un historien, anthropologue, ethnologue, éducateur et folkloriste de la République populaire de Chine, considéré comme l'un des plus importants ethnologues chinois du XXe siècle[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse, formation et début de carrière[modifier | modifier le code]

Huang Xianfan est né au sein d'une famille pauvre et grandit dans une famille de culture Zhuang. Sa mère meurt alors qu'il n'a que 11 ans. Dans son enfance, son père, issu de l'ethnie Zhuang, l'initie aux contes et légendes locales et suscite ainsi chez lui une véritable passion pour la culture Zhuang. Il découvrit plus tard son héritage culturel Zhuang. Il fait ses études secondaires au bourg de Quli de Fusui. Il poursuit ses études au Collège normal de Nanning, où il suit des cours d'antiquité, de préhistoire et de littérature pendant quatre ans, d'où il sort diplômé en 1926. Il poursuit ses études à l'Université normale de Pékin, où il suit des cours d'historiographie, de phonologie, de philologie, d'écriture ossécaille, d'anthropologie, d'archéologie, d'épigraphie, de géographie, de folklore et d'ethnologie pendant neuf ans, d'où il sort diplômé en 1935. Le Gouvernement du Guangxi lui accorde une bourse pour qu'il puisse continuer des études au Japon, puis à l'Université impériale de Tōkyō (université de Tokyo), où il suit des cours de linguistique, d'Histoire du Japon, de folklore et d'ethnologie pendant deux ans, d'où il sort diplômé en 1937. C'est pendant cette période qu'il a écrit de nombreux livres concernant l'histoire de la Chine qui constituent une importante contribution à l'étude de l'histoire générale chinoise.

Lorsque la Guerre sino-japonaise éclate, il retourne en Chine où il est nommé conférencier à l'Université du Guangxi. En 1940, il est nommé professeur à l'Université du Guangxi, devenant ainsi le premier professeur de culture Zhuang à l'université. De 1941 à 1952, il y enseigne l'histoire générale et l'ancien chinois classique, poste qui lui permet de se consacrer à des recherches académiques. C'est pendant cette période qu'il commence à rédiger ses articles de folklore et d'ethnologie qui sont publiés en deux volumes entre 1943 et 1949. Ils constituent une importante contribution à l'étude du folklore et de l'ethnologie chinois. Il a été Directeur du Département de langues chinoises et littérature de l’Université de Guangxi. Il a été professeur d'histoire et conservateur de la bibliothèque du Collège normal de Guangxi (Université normale de Guangxi) de 1953 à 1981. Il enseigne l'histoire, la linguistique, l'anthropologie et le folklore. En parallèle, il entreprend d'étudier et de raconter la culture des minorités nationales et l'histoire générale de l'ethnie (ou nationalité) Zhuang et, au fil du temps, il se spécialise dans l'histoire et les ethnologies et "zhuangologie".

Lors de la Campagne anti-droitiste de 1957 550 000 personnes ont été répertoriées sous l'étiquette politique de "droitiste", pour la plupart des intellectuels, notamment l'anthropologue Fei Xiaotong, Huang Xianfan ainsi que le futur premier ministre Zhu Rongji. Les actions allaient de la critique informelle à l'exécution, en passant par la "rééducation par le travail". Huang est aussi une victime de la Révolution culturelle.

Il est membre de l'Assemblée nationale populaire (1954-1958) et membre de la Conférence consultative politique du peuple chinois (1979-1982).

Éducation[modifier | modifier le code]

Durant toute sa carrière, il a réussi à concilier ses recherches et ses responsabilités scientifiques avec ses fonctions de professeur d'université. En 1981, Il fonde à Guilin l'Université de Lijian, dont il est proviseur. Ayant quitté l'enseignement, il se consacre entièrement à son œuvre. La rigueur et la clarté de ses exposés en font un orateur très demandé. Son talent d'orateur et ses qualités de pédagogue ont séduit des générations d'étudiants et d'amateurs d'Histoire.

Études de l'histoire[modifier | modifier le code]

L’œuvre de Huang Xianfan est importante: une dizaine de livres, et près de deux cents articles, dont environ la moitié concerne la Chine antique et plusieurs fois rééditée. Sa culture, sa curiosité intellectuelle, sa compétence étaient très vastes et couvraient l'ensemble de l'histoire chinoise. Il prendra parfois une position différente de celle du monde académique sur certaines questions historiques comme celle de l'esclavage. Il a également consacré beaucoup d'études à l'histoire des minorités nationales. C'est en s'intéressant à la nationalité (ou ethnie) Zhuang et au rôle de son territoire dans l'histoire, qu'il se passionna pour les anciennes cultures agricoles. De cet engouement, il passa à l’étude scientifique. Concernant la situation de l'histoire Zhuang, il regrette la prolifération de travaux pseudo-historiques qui traduisent selon lui « un complexe d’infériorité des Zhuang qui, ignorant leur propre histoire ou ne voulant pas s’en contenter, échafaudent des mythes compensatoires.»

Il sera aussi attiré par le marxisme et comme celui-ci exige une certaine ouverture d’esprit, il associera d’autres disciplines à son étude de l’histoire (ex. l’anthropologie et ethnologie).

Études en ethnologie et anthropologie des minorités nationales[modifier | modifier le code]

Il a voyagé auparavant en régions de minorités ethniques dans le sud de la Chine. La méthode développée par Huang Xianfan procède par enquête et observation directe des faits concernant les minorités nationales vivantes, c’est-à-dire des coutumes toujours pratiquées sur le terrain d’enquête et observables par l'ethnologue.

Dès 1943, Huang Xianfan étudie les ethnies Hmong, Zhuang, Yao, et Dong dans le district autonome Dong de Sanjiang de Guangxi et le district de Rongjiang de Guizhou. Cette année-là, en trois mois seulement, Huang et ses collègues documentent de manière extensive l'organisation sociale des minorités nationales. Dans les années 1950, Huang Xianfan retourne à plusieurs reprises dans la région. Son travail de collecte d'informations provenant de l'histoire orale, des traditions de contes et des légendes, ainsi que de la linguistique, était principalement motivé par la volonté de déterminer les mouvements de migrations des groupes ethniques Hmong et Yao.

Dès 1950 et jusqu'en 1957, il effectue une enquête anthropologique dans les districts et territoires autonomes suivants: Xian de Lingyun, Xian de Debao,Xian de Tianlin, Xian de Tianyang, Xian de Jingxi, Xian de Tiandong, Xian de Napo, Xian autonome de diverses nationalités de Longlin, Xian de Tian'e, Xian de Fengshan, Xian de Nandan, Xian autonome yao de Du'an, Xian autonome yao de Bama, Xian autonome mulao de Luocheng, Xian autonome yao de Dahua, Xian de Daxin, Xian de Tiandeng, Xian de Fusui et le Xian de Ningming de Guangxi.

Les travaux de Huang Xianfan à propos des minorités nationales chinoises sont très importants. Ils ont win les régions autonomes de minorités nationales du Chine (ex. Région autonome zhuang du Guixi et Région autonome zhuang du Guangxi).

Sa langue maternelle était le Zhuang. Il était l'un des chercheurs les plus notables spécialisé en matière de minorités nationales chinoises au XXe siècle. Huang Xianfan fut également le premier à développer une méthode scientifique pour les études en "zhuangologie". Sa méthode se veut alors fondée sur des enquêtes de terrain, qui, selon lui, doivent constituer le souci majeur de l'anthropologue.

Reconnu pour avoir assigné à l'ethnologie un objet d’étude et pour avoir doté la discipline d’un ensemble d’outils d’enquête et de méthodes d’analyse, Huang Xianfan fut aussi un intellectuel controversé, entretenant des rapports tendus avec certains de ses contemporains dont il a souvent critiqué les écrits (notamment Ling Chunsheng et Wu Wenzǎo). En règle générale, il est contre le racisme et sinisé, notamment dans le camp nationaliste,Huang Xianfan fut surtout un des promoteurs du multiculturalisme au Chine. Il a contribué à l’étude comparative entre la. culture zhuang et la culture 'han. En 1957, il compila les informations qu'il a recueilli et celles-ci furent publiées dans un premier livre sur l'histoire et la culture Zhuang. Cet ouvrage déclenchera une prise de conscience collective sur l’importance de l'ethnologie dans le patrimoine culturel des minorités nationales. Huang Xianfan a publié un nombre impressionnant d'articles et de monographies ayant trait à l'ethnologie et à l'anthropologie.

Huang Xianfan se passionne pour l’histoire et l’anthropologie, ce qui le conduit à apprendre, outre l'anglais et le japonais, les langues hmong-mien, les langues des Dong, le cantonais et la langue des Gelao. Son savoir encyclopédique, et la méthode rigoureuse et critique qu’il applique à ses recherches, en font incontestablement un novateur en son temps[2].

Études du folklore[modifier | modifier le code]

Par ailleurs, l'intérêt de Huang Xianfan pour la conservation et la diffusion de l'art totémique de la région en fait un fervent défenseur de l'art autochtone chinois. En même temps, il publia un nombre considérable d'articles et d'ouvrages se rapportant aux traditions et coutumes ainsi qu'à la petite histoire du Chine.

Activités académiques[modifier | modifier le code]

Il fut membre fondateur de la Société d’ethnologie chinoise (1980) et, il a été membre de nombreuses associations ou sociétés savantes, parmi lesquelles on peut citer: la Société d’ethnies de Baiyue, la Société d’Dong Tambour (instrument) chinois, la Société des ethnies du Sud de la Chine, la Société d’ethnies de Guangxi, la Société d’historiographie de Guangxi.

Il meurt d'un accident vasculaire cérébral en 1982, à l'âge de 83 ans[3].

Œuvres[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Anthropologues[modifier | modifier le code]

Sociologues[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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