Ancien hôpital général de Dijon

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Ancien hôpital général de Dijon
LL 72 - DIJON - L'Hopital et le Pont de l'Ouche.jpg
Entrée historique de l'ancien hôpital générale, rue de l'hôpital.
Présentation
Type
Destination initiale
Destination actuelle
Chantier de la future Cité de la Gastronomie de Dijon
Style
Construction
A partir de 1204
Statut patrimonial
Logo monument historique Classé MH (1908, chapelle)
 Inscrit MH (1930, Façade)
 Inscrit MH (1937, Statues)
 Inscrit MH (2007, Bâtiments)
Site web
Localisation
Pays
Région
Commune
Adresse
Rue de l'HôpitalVoir et modifier les données sur Wikidata
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L'Hôpital général[1], Hôpital du Saint-Esprit ou Hôpital Notre-Dame de la Charité de Dijon est un ancien hôpital et le site historique de l'actuel CHU de Dijon.

Fondé au XIIIe siècle par le duc Eudes III de Bourgogne, il est doté d'une toiture en tuile vernissée de Bourgogne. Les divers bâtiments de ce plus vieil hôpital de Dijon ont été inscrits ou classés au titre des monuments historiques au cours du XXe siècle[2]. Désaffecté en 2015, le site fait l'objet d'un projet de reconversion, pour devenir la Cité Internationale de la Gastronomie et du Vin.

Historique[modifier | modifier le code]

En 1204, le duc Eudes III de Bourgogne fonde les Hospices de Dijon dans le faubourg de l’Ouche, au sud de Dijon, sur une île de l’Ouche (avant que les bras de la rivière ne soient comblés), afin d’éviter la contagion des maladies, pour recueillir les enfants abandonnés, les pèlerins, les passants et soigner les indigents et les malades. Il en confie l’administration aux hospitaliers du Saint-Esprit fondé vers 1180 par Guy de Montpellier pour aider « tous les déshérités de la vie ».

En 1454, la chapelle Sainte-Croix-de-Jérusalem est édifiée sur le site.

Au XVIe siècle le maire de Dijon et des échevins remplacent les religieux à la direction de l'institution qui devient hôpital Notre-Dame de la Charité et annexe l’Hospice Sainte-Anne fondé en 1640 (monastère des Bernardines de Dijon et église Sainte-Anne de Dijon contiguë).

Au XVIIe siècle l’hôpital bénéficie des mesures prises par le roi Louis XIV pour la création d’hôpitaux généraux. L’hôpital Notre-Dame de la Charité obtient ce titre d’hôpital général en 1669 et continue son extension.

Au cours du XIXe siècle l’hôpital se modernise et les personnes âgées déménagent pour être installés en 1911 à l'hospice de Champmaillot. Le 18 décembre 1954 le Chanoine Kir (maire de Dijon de 1945 à 1968) pose la première pierre du nouvel hôpital du bocage dans le quartier de l'université de Dijon, où sont transférés de nombreux services. Au fur et à mesure de l'agrandissement de ce nouveau site, le nombre de services présents à l'hôpital général diminue. Avec l'avènement du nouveau bocage central, le transfert des derniers services, des urgences et de l'hélicoptère du SAMU a lieu en 2015. L'hôpital général ferme et le CHU de Dijon abandonne ce site au profit de la future Cité internationale de la Gastronomie et du vin, qui doit ouvrir ses portes en 2020.

Description[modifier | modifier le code]

La Grande chapelle[modifier | modifier le code]

La grande chapelle de l'hôpital longitudinale de 90 m est construite entre 1504 et 1533. Elle fait alors office de salle d’accueil des malades.

En 1670 l'architecte Martin de Noinville (élève de Mansart) élève la façade de la grande chapelle, en style classique, avec la statue d'une femme accompagnée d'enfants intitulée la charité au-dessus de la porte principale. En 1843 le tout est surmonté d'un campanile décoré de deux statues symbolisant la foi et l'espérance.

La chapelle est désacralisée le 20 mars 2015 au cours d'une messe d'exécration célébrée par l'archevêque de Dijon, Mgr Roland Minnerath[3].

Chapelle Sainte-Croix de Jérusalem[modifier | modifier le code]


L'apothicairerie[modifier | modifier le code]

Apothicairerie de l'hôpital général de Dijon
L'apothicairerie et ses pots de faïence.

Une apothicairerie hospitalière y est établie en 1644. Son fonctionnement requiert les apothicaires de la ville de Dijon et non un personnel interne à l'hospice. Selon les archives, le 30 mars 1741, on demande à Piron apothicaire de remplacer les pots d'étain par des pots de faïence commandés au faïencier dijonnais François Sigault, rue Maison-Rouge pour un coût de 90 livres. Les peintres Pierre Guillaume Duboc (attesté maître faïencier en juillet 1751 Institut de l’information scientifique et technique, page 12/60), Nicolas Couplet et Charles Laborey ont œuvré à leur décoration, si bien que de nos jours, on peut admirer les objets classés à ce titre suivants : 46 pots de type chevrettes[4], 39 pots canon[5], auxquels s'ajoutent quatre grands vases[6], dont deux fontaines, décor d'influence Nevers voire Rouen.

Réplique réduite du Puits de Moïse de la Chartreuse de Champmol[modifier | modifier le code]

En 1508, une réplique réduite du Puits de Moïse de la Chartreuse de Champmol (nécropole des ducs de Bourgogne) est réalisée pour le cimetière de l'hôpital au bord de l'Ouche.

Domaine viticole[modifier | modifier le code]

L'institution reçoit au cours de ses huit siècles d’existence des dons et legs qui lui ont permis de constituer un important domaine viticole (à l'image des célèbres Hospices de Beaune et des Hospices de Nuits-Saint-Georges). Le CHU possède ainsi aujourd'hui plus de 23 hectares de vignes, dont 7 ha sont exploités par le Château de Marsannay, répartis sur les vignobles de la côte de Nuits et de la côte de Beaune du vignoble de Bourgogne, sur les communes d'Aloxe-Corton, Beaune, Pernand-Vergelesses, Pommard, Puligny-Montrachet, Savigny-lès-Beaune ...[7]

Protection[modifier | modifier le code]

L'ancien hospice bénéficie de multiples protections au titre des monuments historiques[2] : un classement en 1908 pour la chapelle Sainte-Croix, une inscription en 1930 pour la façade de la chapelle, une inscription en 1937 pour la statue de la Vierge à l'Enfant, la statue de religieux en pierre, la statue du diacre en pierre, la copie ancienne du Puits de Moïse, et d'un inscription en 2007 pour divers éléments des bâtiments et structures (dont l'apothicairerie en totalité)[8].

Cinéma[modifier | modifier le code]

Plusieurs scènes du début du film "Le Repos du guerrier", avec Brigitte Bardot, ont été tournées à Dijon, dont une à l'intérieur de l'hôpital et une à l'extérieur[9].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. [1]
  2. a et b « Hôpital général, ancien hospice du Saint-Esprit », notice no PA00112275, base Mérimée, ministère français de la Culture
  3. « Dijon: L'hôpital général est désormais vide », sur France 3 Bourgogne-Franche-Comté (consulté le 19 août 2019)
  4. « Pots chevrettes », notice no IM21010142, base Palissy, ministère français de la Culture
  5. « Pots canon », notice no IM21010141, base Palissy, ministère français de la Culture
  6. « Pots à pharmacie et fontaines à eau potable », notice no PM21000863, base Palissy, ministère français de la Culture
  7. « Patrimoine viticole du CHU | CHU Dijon Bourgogne », sur www.chu-dijon.fr (consulté le 19 août 2019)
  8. La fiche Mérimée précise : Les façades et toitures des bâtiments de l'hôpital général, l'autel majeur et la clôture du chœur de la grande chapelle, la pharmacie en totalité, les façades et la grille de la cour Henry Grangier, les façades et toitures des anciens communs du XVIIIe siècle et du dépositoire du XIXe siècle, la margelle et la superstructure du puits du XVIIe siècle dans la cour Berrier, les deux murs de soutènement, les parapets bordant les rives de l'ancien cours de l'Ouche et la terrasse sud, dite du Président Berbisey, les deux piliers du portail fermant le pont sur l'ancien cours de l'Ouche et ledit pont ([...].
  9. [2] Le Bien public

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]