Horloge Bouinaniyya de Fès

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L'horloge Bouinaniyya de Fès, est une horloge hydraulique à base de clepsydre, qui se trouve dans l'une des principales artères de la vieille médina de Fès.

Description[modifier | modifier le code]

Les différentes fonctions de cette magana[n 1] sont :

Une interface sonore (cymbales) et visuelle (volets), à la fin de chaque heure, une boule en bronze tombe dans la cymbale correspondante ainsi que le volet lié s'ouvre. La première cymbale à droite n'a pas de volet, elle indique le démarrage de la journée et plus exactement sobh (zéro heure).

La fonction énergie est hydraulique, elle est assurée par une clepsydre avec une transmission assurée par des cordes, des poulies et des contre-poids, le mouvement est rectiligne le long d'un axe, sur lequel un coulisseau assure des déclenchements réguliers à la fin de chaque heure : une boule (sanja) tombe et un volet s'ouvre.

La fonction de régulation est de type astronomique, probablement à tympan (grille : chabaka), technique connue depuis Ctésibios, améliorée et perfectionnée par les ingénieurs arabes.

Le facteur de l'horloge est l'horloger officiel de la dynastie mérinide, l'andalou Ali Ṣanhāğī al-Ḥomayrī Tilimsānī connu sous le surnom d'Ibn Fahhām, disciple de l'horloger-astronome al-Ḥabbāk.

La façade de l'horloge hydraulique de Fès

C'est l'avant dernière horloge hydraulique connue de ce type avant l'arrivée des horloges mécaniques quelques décennies après, celle de Giovanni Dondi, Padoue (1385). Sa plus proche, l'horloge Qarawiyyin de Fès de 1361, est basée sur les heures égales avec une régulation astronomique basée sur le mouvement de l'araignée[n 2] d'un astrolabe couplé à une clepsydre construite par l’astronome al-Lağā'ī.Abū Zayd 'Abd al-Raḥmān Ibn Sulaymān, disciple de Ibn al-Banna' al-Marrakushi[1].

L'interface sonore et visuelle indiquait l'heure vraie (solaire).

L'énergie est fournie par un système de clepsydres.

La transmission est assurée par des câbles le long d'un axe, des coulisseaux, des poulies et des contre-poids

Le réglage et la régulation est de type astronomique basé probablement sur un tympan d'heures inégales (chabaka), réglé chaque dix jours, selon les maisons du zodiaque[2].  

L'horloge hydraulique à la fin du XIXe siècle

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. « Dans la littérature historique, les horloges sont souvent appelées « magana » qui vient du persan pengan (clepsydre). C’est le mot qui est actuellement utilisé à Fès pour désigner les horloges et les montres. » Tariq Madani, L'eau dans le monde musulman médiéval : L'exemple de Fès (Maroc) et de sa région, thèse de doctorat en Archéologie, 2003, Lyon 2
  2. « L'araignée d'un astrolabe a pour but de représenter le cercle écliptique et les étoiles de la voute céleste, sur un disque transparent ou ajouré, que l'on superpose au tympan du lieu. Le cercle écliptique est gradué en longitude écliptique du Soleil et comporte les symboles du Zodiaque. »shadowspro.com

Références[modifier | modifier le code]

  1. (ar) Ibn Khatib Al Qusanṭīnī Aḥmad, Unsu al-faqīr wa ‘Izzu al-Haqīr, Manuscrits: Bib. de Madrid N 186 (1406), Bib. Royal de Rabat N° 365. Bib. Royal de Rabat 8288-5354-3978, Bib. du Caire N° 46., , 120 p.
  2. Fouad Morri El Jaï, Les horloges médiévales du Maroc, Niort, France, Editions Atlog, France, (ISBN 978-2-9555086-1-9)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Abdellatif El-Hajjami, « Au fil du temps», Fès médiévale, Série mémoires n° 13, éd. Autrement, 1992, p. 126-130
  • Civilisation marocaine : arts et cultures, Éditions Oum, 1996, p. 145
  • Abu al-Hasan Ali al-Jaznai (en), Kitab Tarikh madinat Fas, al-maruf bi-Zahrat al-as fi bina madinat Fas ; texte et traduction en français de Alfred Bel : Zahrat el-as (la fleur du myrte), traitant de la fondation de la ville de Fès, Alger, Carbonel, 1923 ; édition récente : Djanyu zahrat al-‘âs bi binâ’i madînati fâs, édité par A. Ben Mansûr, Imprimerie royale, Rabat, 1991
  • Alfred Bel, « Inscriptions arabes de Fès », Imprimerie nationale, 1919
  • Édouard Montet, « L'horloge aux treize coupes à Fez », Bulletin de la Société de géographie d'Alger et de l'Afrique du Nord, vol. XXIV, n° 94, Alger, Société de Géographie d'Alger et d'Afrique du Nord, 1923, p. 182-185 disponible sur Gallica
  • Prosper Ricard, « L'horloge de la Médrasa Bou-Anania de Fès », Bulletin de la Société de géographie d'Alger et de l'Afrique du Nord, vol. XXV, n° 98, Alger, Société de Géographie d'Alger et d'Afrique du Nord, 1924, p. 248-255 disponible sur Gallica
  • Fouad Morri El Jaï, Les Horloges médiévales du Maroc : l'horloge aux treize timbres, Niort, Atlog, (ISBN 978-2-9555086-0-2)
  • Derek Price, « Mechanical Water Clocks of the 14th Century in Fez, Morocco, », Actes du Xe Congrès international d’Histoire des Sciences, coll. « Travaux de l'Académie internationale d'histoire des sciences » n° 15, Paris, Hermann & Cie, 1964, p. 599-602
  • Donald Routledge Hill, Arabic Water-clocks, University of Aleppo, Institute for the History of Arabic Science, 1981, p. 123