Honorius de Cantorbéry

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Honorius.
Honorius
image illustrative de l’article Honorius de Cantorbéry
Archevêque de Cantorbéry (627 × 631)
Décès 30 septembre 653 
Vénéré à Cantorbéry
Vénéré par Église catholique
Église d'Angleterre
Église orthodoxe
Fête 30 septembre

Honorius est un prélat chrétien mort le . Membre de la mission grégorienne envoyée en Angleterre pour convertir les Anglo-Saxons au christianisme, il devient le cinquième archevêque de Cantorbéry.

Durant son archiépiscopat, il consacre Ithamar, le premier évêque autochtone, et encourage les efforts missionnaires de Félix auprès des Angles de l'Est. Il survit à tous les autres missionnaires grégoriens et, après sa mort, en 653, il est considéré comme saint et fêté le 30 septembre. Son successeur, Deusdedit, est le premier archevêque de Cantorbéry natif d'Angleterre.

Biographie[modifier | modifier le code]

Origines[modifier | modifier le code]

Originaire d'Italie, Honorius fait peut-être partie de la mission envoyée par le pape Grégoire le Grand qui arrive en Grande-Bretagne en 597[1]. Néanmoins, il est plus probable qu'il soit arrivé en 601, avec la deuxième vague de missionnaires envoyée en renfort après les premiers succès remportés par Augustin et ses camarades[2],[3]. Honorius pourrait aussi bien être son nom de naissance que celui qu'il adopte en devenant archevêque[4].

Archevêque[modifier | modifier le code]

Après la mort de Juste, quatrième archevêque de Cantorbéry, survenue entre 627 et 631, Honorius est consacré comme son successeur par l'évêque d'York Paulin dans l'église en pierre de Lincoln[5]. Il écrit au pape Honorius Ier afin de lui demander d'élever le siège d'York au rang d'archevêché : ainsi, lorsqu'un des deux archevêques d'Angleterre meurt, l'autre pourrait sacrer son successeur. Dans sa réponse, reproduite par Bède le Vénérable dans son Histoire ecclésiastique du peuple anglais[6],[7], le pape accède à cette demande et envoie un pallium, symbole de l'autorité archiépiscopale, à Paulin ainsi qu'à Honorius[1]. Néanmoins, la situation politique contrecarre les projets de l'archevêque : le roi Edwin de Northumbrie, baptisé par Paulin en 627, est tué à la bataille de Hatfield Chase, en octobre 633, et deux rois encore païens lui succèdent. Paulin est contraint de fuir et se réfugie dans le royaume de Kent, auprès d'Honorius, qui le nomme alors évêque de Rochester[5],[N 1]

Honorius poursuit l'évangélisation des Anglo-Saxons. Il bénéficie d'un allié de poids en la personne du roi de Kent Eorcenberht, qui est d'après Bède le premier souverain anglais à ordonner la destruction des idoles païennes et le respect du Carême[1],[8] Vers 630 ou 631, Honorius envoie le Burgonde Félix à Dunwich, dans le royaume des Angles de l'Est[9]. Il est possible que leur roi Sigeberht, baptisé durant son exil en Francie, y ait rencontré Félix et l'ait envoyé à Honorius. Félix devient ainsi le premier évêque des Angles de l'Est, sans que l'on sache si c'est Honorius qui l'a sacré ou s'il l'a déjà été sur le continent[9],[10].

Le premier évêque d'origine anglo-saxonne, Ithamar, est sacré par Honorius vers 644 pour succéder à Paulin sur le siège de Rochester[9]. Honorius sacre également les deux évêques de Dunwich qui succèdent à Félix : Thomas en 647 ou 648, puis Berhtgisl en 652 ou 653[1]. Il entretient de bonnes relations avec les missionnaires irlandais et admire Aidan, un des principaux dirigeants du clergé irlandais[11].

Mort et postérité[modifier | modifier le code]

Honorius meurt le [12],[13]. Il est le dernier survivant des missionnaires grégoriens[4]. Son successeur, Deusdedit, le premier archevêque natif d'Angleterre, est sacré dix-huit mois plus tard seulement[1].

Inhumé sous le porche ouest de l'église de l'abbaye Saint-Augustin de Cantorbéry, Honorius est vénéré comme saint et fêté le 30 septembre, jour anniversaire de sa mort[1],[14]. Il est l'objet d'une hagiographie rédigée par le moine Goscelin de Saint-Bertin dans les années 1070. Ses reliques sont vénérées à l'abbaye Saint-Augustin au moins jusque dans les années 1120[15].

Notes[modifier | modifier le code]

  1. La chronologie traditionnelle de ces événements est remise en question par l'historien D. P. Kirby, qui souligne un fait curieux : la lettre du pape, qui date de juin 634, laisse entendre que la nouvelle de la mort d'Edwin n'est pas encore parvenue à Rome, neuf mois plus tard. Kirby propose d'avancer la mort d'Edwin d'un an, en octobre 634. Il estime également le délai entre la consécration d'Honorius et l'envoi du pallium est inhabituellement long et situe la consécration plus tard que la chronologie traditionnelle (Kirby 2000, p. 56, 66).

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e et f Hunt et Brooks 2004.
  2. Hindley 2006, p. 43-45.
  3. Stenton 1971, p. 112-113.
  4. a et b Sharpe 2002, p. 3.
  5. a et b Hunter Blair 1990, p. 96-97.
  6. Bède le Vénérable 1995, livre II, chapitre 18, p. 163-165.
  7. Wright 2008, p. 57-58.
  8. Bède le Vénérable 1995, livre III, chapitre 8, p. 183.
  9. a, b et c Brooks 1984, p. 65-67.
  10. Hunter Blair 1990, p. 107.
  11. Mayr-Harting 1991, p. 94.
  12. Bède le Vénérable 1995, livre III, chapitre 20, p. 205.
  13. Lapidge 2014, p. 248.
  14. Farmer 2004.
  15. Hayward 2003, p. 201-218.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]