Homo sapiens sapiens

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Homo sapiens sapiens est l’ancienne dénomination des Homo sapiens de l’ère moderne[1].

Cette classification distincte a été abandonnée et l’on considère désormais que les fossiles comme celui de l’Homme de Cro-Magnon et l’homme moderne constituent une seule et même espèce : Homo sapiens[2].

Histoire[modifier | modifier le code]

La dénomination Homo sapiens sapiens[a] fut utilisée jusqu’en 2003[réf. souhaitée], l’espèce Homo sapiens étant alors subdivisée en deux groupes distincts, considérés comme des sous-espèces, l’autre étant Homo sapiens neanderthalensis.

En 2003, après des études génétiques (études comparatives des ADN mitochondriaux)[3], il semblerait que les deux groupes aient un génome trop différent pour être deux sous-espèces, et constitueraient ainsi deux espèces à part entière du genre Homo. Homo sapiens neanderthalensis fut donc renommé en Homo neanderthalensis[4], et Homo sapiens sapiens en Homo sapiens[5].

Il se serait néanmoins produit en Europe, d'après une étude de 2010 menée par le Neanderthal genome project[6], un métissage très partiel entre sapiens et neanderthalensis, il y a 50 000 à 100 000 ans au Proche-Orient, permettant à ce dernier de participer de 1 à 4 % au génome de tous les non-africains[7]. En 2013, une étude publiée dans le Journal of Biological Chemistry[8] relate la découverte dans le génome de l'homme moderne européen d'un gène lié à l'immunité qui pourrait être issu du génome de l'homme de Néandertal[9]. En 2014, l'étude du génome d'un Homo sapiens découvert à Kostenski, en Russie, et daté de 37 000 ans avant le présent, confirme encore le métissage et permet d'avancer une date à laquelle l'hybridation aurait eu lieu[10],[11].

Fin 2010, une étude basée sur le séquençage de l'ADN nucléaire extrait d'une phalange d'un hominidé de Denisova indique que ce dernier aurait également contribué à hauteur de 4 à 6 % au génome des Mélanésiens actuels et aurait été relativement répandu en Asie à la fin du Pléistocène[12]. En août 2011, un article de Laurent Abi-Rached et al. publié par Science décrit le séquençage de l'ADN de ce Dénisovien qui montre que des croisements se sont produits avec les Homo sapiens[13]. Le transfert de gènes des Dénisoviens aux hommes modernes a laissé la plus forte fréquence d'une variante des gènes HLA (HLA-B) dans les populations d'Asie occidentale, l'endroit le plus probable où des accouplements entre H. sapiens et Dénisoviens se sont produits. À partir d'un échantillon d'ADN microscopique prélevé sur un os vieux d'environ 80 000 ans, des chercheurs sont parvenus à décoder le génome de l'hominidé de Denisova, et à le comparer avec celui de ses proches cousins, les Néandertaliens et l'humain moderne. Leurs analyses, publiées en août 2012 dans la revue américaine Science[14], révèlent notamment que la diversité génétique était assez importante chez les Dénisoviens et qu'une partie non négligeable de leurs gènes a été transmise aux habitants actuels d'Asie du Sud-Est, en particulier aux Papous[15]. Une nouvelle étude prouve qu'une partie du matériel génétique de Denisova a été sélectionnée chez Homo sapiens pour s'adapter à la haute altitude. Un variant du gène EPAS1 (en) provenant des Dénisoviens améliore le transport d'oxygène et est présent uniquement chez les Tibétains et chez les Chinois Han dans une moindre proportion[16].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Les règles de la nomenclature veulent que, la première fois qu’une espèce est divisée en sous-espèces, la sous-espèce qui correspond aux spécimens qui ont servi à décrire l’espèce « type », prenne automatiquement une deuxième épithète de même nom que celui de l’espèce.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Référence Animal Diversity Web : Homo sapiens (en) (consulté le 10 déc. 2013)
  2. A. Thoma, Homo sapiens sapiens ?. Dans : Bulletins et Mémoires de la Société d'anthropologie de Paris, XIII° Série. Tome 9 fascicule 4, 1982. pp. 293-298. doi : 10.3406/bmsap.1982.3864
  3. (en) "Evidence for a genetic discontinuity between Neandertals and 24000-year-old anatomically modern Europeans", David Caramelli (Université de Florence) et collaborateurs - Publication 2003, National Academy of Sciences of United States of America .
  4. Homo neanderthalensis, King (1864) - Paleobiology Database [1].
  5. Homo sapiens, Linnaeus (1758) - Paleobiology Database [2].
  6. Il y a un peu de Neandertal en nous, sur le site ciencesetavenir.fr du 7 mai 2010, consulté le 7 février 2016.
  7. (en)Yotova, V. et al. An X-linked haplotype of Neanderthal origin is present among all non-African populations., Mol. Biol. Evol. 28, 1957–1962 (2011)
  8. (en) Sebastian Temme, Martin Zaccharias, Jürgen Neumann, Sebastian Wohlfromm, Angelika König, Nadine Temme, Sebastian Springer, John Trowsdale et Norbert Koch « A novel family of human lymphocyte antigen class II receptors may have its origin in archaic human species », Journal of Biological Chemistry].
  9. Un gène de l'immunité qui nous vient de l’Homme de Néandertal, futura-sciences.com
  10. Seguin-Orlando, A., Korneliussen, T.S., Sikora, M., Malaspinas, A.-S., Manica, A., Moltke, I., Albrechtsen, A., Ko, A., Margaryan, A., Moiseyev, V., Goebel, T., Westaway, M., Lambert, D., Khartanovich, V., Wall, J.D., Nigst, P.R., Foley, R.A., Lahr, M.M., Nielsen, R., Orlando, L. et Willerslev, E. (2014) - « Genomic structure in Europeans dating back at least 36,200 years », Science, 2014/11/06 [online].
  11. L'homme de Kostenki précise le métissage Sapiens-Néandertal
  12. (en) Reich et al., « Genetic history of an archaic hominin group from Denisova Cave in Siberia », Nature, vol. 468, p. 1053-1060, 23 décembre 2010.
  13. (en) Laurent Abi-Rached, « The Shaping of Modern Human Immune Systems by Multiregional Admixture with Archaic Humans », Science, vol. 334, no 6052,‎ , p. 89-94 (ISSN 0036-8075 et 1095-9203, DOI 10.1126/science.1209202, lire en ligne).
  14. (en) Matthias Meyer, « A High-Coverage Genome Sequence from an Archaic Denisovan Individual », Science,‎ (ISSN 0036-8075 et 1095-9203, DOI 10.1126/science.1224344, lire en ligne).
  15. La génétique arrache ses secrets de famille à un cousin des Néandertaliens.
  16. E. Huerta-Sánchez et al., 2014, « Altitude adaptation in Tibetans caused by introgression of Denisovan-like DNA », Nature, 512, pp. 194–197.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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