Holothuria leucospilota

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Holothurie noire, Trépang à canaux blancs

Holothuria leucospilota
Description de cette image, également commentée ci-après
Holothurie noire à La Réunion.
Classification
Règne Animalia
Embranchement Echinodermata
Sous-embr. Echinozoa
Classe Holothuroidea
Ordre Aspidochirotida
Famille Holothuriidae
Genre Holothuria
Sous-genre Holothuria (Mertensiothuria)

Nom binominal

Holothuria leucospilota
(Brandt, 1835)

Synonymes

  • Holothuria lagoena Haacke
  • Holothuria vagabunda Selenka, 1867
  • Stichopus leucospilota Brandt, 1835

Statut de conservation UICN

( LC )
LC  : Préoccupation mineure

L’holothurie noire (Holothuria leucospilota) est une espèce de concombre de mer de la famille des Holothuriidae.

Description[modifier | modifier le code]

C'est une holothurie d'aspect caractéristique, avec un corps allongé en cylindre (parfois légèrement aplati sur la face ventrale), arrondi aux deux extrémités et légèrement effilé vers l'arrière. Cette holothurie peut mesurer jusqu'à 60 cm de long pour 6 cm de diamètre[1] et 900 g[2], mais fait plutôt 30 cm de long en moyenne[2]. Elle est de couleur noire (avec parfois des reflets rougeâtres), avec une peau hérissée de petites papilles coniques et molles ainsi que de podia, qui sont plus gros sur la face ventrale (où ils sont équipés de ventouses blanches et disposés en rangées). Le tégument est fin et lisse, et souvent couvert d'un film de mucus protecteur. Vingt tentacules buccaux rayonnent autour de la bouche. Quand elle se sent menacée, cette espèce émet des tubes de Cuvier[1],[3].

Habitat et répartition[modifier | modifier le code]

Cette espèce est très largement répartie dans le bassin Indo-Pacifique tropical ainsi qu'en Mer Rouge[1] : de l'Égypte à la Californie, c'est une des holothuries à l'aire de répartition la plus vaste[2]. Espèce benthique, on la trouve posée sur le fond, principalement dans les lagons calmes, sur fonds sableux peu profonds (entre 1 et 10 m de profondeur)[1]. Elle est notamment très présente dans les herbiers de La Réunion et de Madagascar, où sa densité peut atteindre 5 000 individus/ha[2].

Écologie et comportement[modifier | modifier le code]

Alimentation[modifier | modifier le code]

Comme toutes les holothuries de son ordre, cette espèce se nourrit en ingérant le substrat sableux, qu'elle trie grossièrement et porte à sa bouche à l'aide de ses tentacules buccaux pour en digérer les particules organiques[1].

On trouve parfois cette holothurie en agrégations importantes : elle participe très activement au processus de recyclage du sédiment[1].

Reproduction[modifier | modifier le code]

La reproduction est sexuée, et la fécondation a lieu en été, en pleine eau après émission synchronisée des gamètes mâles et femelles (les holothuries adoptent alors une position érigée caractéristique). La larve évolue parmi le plancton pendant quelques semaines avant de se fixer pour entamer sa métamorphose[1].

Une reproduction par scissiparité est aussi observée[1].

Relations à l'homme[modifier | modifier le code]

Cette espèce est comestible, et consommée ponctuellement dans certains pays où les holothuries de peu de valeur commerciale sont exploitées, notamment les îles pauvres et pendant les périodes de disette. Dans les îles Cook, les femmes et les enfants les collectent pendant l'été pour prélever leurs organes reproducteurs pour la consommation, rejetant ensuite l'animal à la mer : les excellentes capacités de régénération de ces holothuries rendent cette pêche relativement durable et permettent de conserver les stocks dans un bon état relatif[2]. Cette espèce est aussi vendue sur certains marchés du sud-est asiatiques comme trepang de second choix, et sa valeur commerciale est relativement faible[2].

Comme cette espèce est largement répandue et d'un intérêt commercial limité, elle n'est pas considérée comme une espèce en danger par l'UICN[4].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Références taxinomiques et zoologiques[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Tortonese, E. (1980). « Researches on the coast of Somalia. Littoral Echinodermata » Monitore zoologico italiano NS Supplemento XIII 5: 99-139.
  • (en) Steven W. Purcell, Yves Samyn et Chantal Conand, Commercially important sea cucumbers of the world, Rome, FAO Species Catalogue for Fishery Purposes No. 6, , 233 p. (ISBN 978-92-5-106719-2, lire en ligne).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b c d e f g et h DORIS, consulté le 10 janvier 2014
  2. a b c d e et f (en) Steven W. Purcell, Yves Samyn et Chantal Conand, Commercially important sea cucumbers of the world, Rome, FAO Species Catalogue for Fishery Purposes No. 6, , 233 p. (ISBN 978-92-5-106719-2).
  3. Philippe Bourjon, « Holothurie noire », sur Sous Les Mers (consulté le 21 novembre 2013)
  4. UICN, consulté le 1 juin 2014