Hivernage de la flotte ottomane à Toulon

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La flotte de Barberousse hivernante dans le havre à Toulon en 1543 par Matrakçı Nasuh. En bas à droite, on voit la Tour Royale, alors récemment construite.
La Cathédrale de Toulon fut pour un temps transformée en mosquée.
Cartulaire de la confrérie du corpus Domini , 1550-1620, avec enluminure de tête ottomane sur la lettre A, Toulon, 1550[1].
La galère de Khayr ad-Din Barberousse pendant sa campagne en France, 1543. Musée naval d'Istanbul (en).
Soliman recevant Barberousse à Istanbul.
Flotte ottomane devant Gênes en 1544.

L'hivernage de la flotte ottomane à Toulon eu lieu l'hiver de 1543–44, à la suite du siège de Nice de 1543 par les forces franco-ottomanes, pendant l'alliance franco-ottomane.

Hivernage à Toulon[modifier | modifier le code]

François Ier offrit cet hivernage aux Ottomans pour qu'ils puissent continuer à harceler le Saint-Empire romain germanique, et particulièrement les côtes de l'Espagne et de l'Italie, ainsi que la communication entre les deux pays.

Seuls les chefs de famille furent autorisés à demeurer en ville. Le reste de la population dut partir, sous peine de mort. François Ier indemnisa cependant les Toulonnais, les exemptant de la taille pendant dix ans[2].

Pendant cet hivernage, la cathédrale de Toulon fut transformée en mosquée, l'appel à la prière eut lieu cinq fois par jour, et la monnaie ottomane fut la devise de choix. Selon un observateur, « à voir Toulon, on pourrait s'imaginer à Constantinople »[3].

Tout au long de cet hiver, les Ottomans purent se servir de Toulon comme base pour attaquer l'Espagne et l'Italie sous la direction de l'amiral Salih Reis[4]. Ils ont bombardé et fait des raids sur Barcelone, et San Remo, Borghetto Santo Spirito, et Ceriale en Italie, et aussi repoussé les attaques navales des Italiens et des Espagnols[5]. Des esclaves chrétiens étaient à vendre à Toulon pendant ce temps[6].

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Patrimoine numérique. Catalogue des collections numérisées », sur www.numerique.culture.fr (consulté le 19 juillet 2017)
  2. (en) Robert Knecht, The Rise and Fall of Renaissance France, 1483-1610, Oxford, Blackwell, coll. « Blackwell Classic Histories of Europe », , 2e éd. (1re éd. 1996), 591 p. (ISBN 0-631-22728-8 et 0-631-22729-6), p. 181.
  3. (en) Roger Crowley (en), Empires of the Sea : The Final Battle for the Mediterranean, 1521-1580, Londres, Faber and Faber, , 341 p. (ISBN 978-0-571-23231-4 et 978-0-571-29819-8), p. 74.
  4. (en) Harold Lamb (en), Suleiman the Magnificent : Sultan of the East, Garden City, Doubleday, , 370 p. (LCCN 51009932), p. 230 [lire en ligne].
  5. (en) Robert Elgood, Firearms of the Islamic World : In the Tareq Rajab Museum, Kuwait, I.B.Tauris, , 240 p. (ISBN 978-1-85043-963-9, lire en ligne)
  6. (en) The Cambridge Modern History, CUP Archive, (lire en ligne)