Historiographie de l'ordre du Temple

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L'historiographie de l'ordre du Temple a pour but d'aborder de manière analytique l'évolution des recherches sur l'ordre du Temple.

Les auteurs à conseiller doivent être médiévistes.

Ouvrages historiques[modifier | modifier le code]

Au XIIe siècle[modifier | modifier le code]

Les textes contemporains à l'ordre :

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En 1129, Bernard de Clairvaux écrit De Laude novae militiae, la louange de la nouvelle milice, lettre dédiée aux chevaliers de l'ordre nouvellement créé.

En 1129, la Règle de l'ordre est officiellement adoptée.

En 1139, le pape Innocent II fulmine (rend public) la bulle Omne datum optimum[1]. Elle fut d'une importance capitale pour l'ordre puisqu'elle était à la base de tous les privilèges dont jouissaient les Templiers. En effet, grâce à elle, les frères du Temple eurent droit à la protection apostolique ainsi que d'avoir leurs propres prêtres. De plus, cette bulle confirma le fait que l'ordre du Temple n'était soumis qu'à l'autorité du pape. La bulle créa aussi une concurrence pour le clergé séculier (ce que ce dernier vit souvent d'un mauvais œil). De nombreux conflits d'intérêt éclatèrent entre les Templiers et les évêques ou les curés.

Les privilèges qu'elle accorda étant souvent remis en cause, la bulle Omne datum optimum fut confirmée douze fois entre 1154 et 1194, et c'est d'ailleurs pour cette raison qu'il ne fut pas aisé de retrouver l'originale[2].

En 1144, le pape Célestin II fulmine la bulle Milites Templi (Chevaliers du Temple) [3]. Elle permit aux chapelains du Temple de prononcer l'office une fois par an dans des régions ou villes interdites, « pour l'honneur et la révérence de leur chevalerie », sans pour autant autoriser la présence des personnes excommuniées dans l'église. Mais ce n'est en réalité qu'une confirmation de la bulle Omne datum optimum.

Article détaillé : Milites Templi.

En 1145, le pape Eugène III fulmine la bulle Militia Dei (Chevalerie de Dieu)[3]. Cette bulle permit aux Templiers de construire leurs propres oratoires (chapelles), mais aussi de disposer d'une totale indépendance vis-à-vis du clergé séculier grâce au droit de percevoir des dîmes et d'enterrer leurs morts dans leurs propres cimetières. De plus, la protection apostolique fut étendue aux familiers du Temple (leurs paysans, troupeaux, biens…).

Article détaillé : Militia Dei.

Des plaintes furent déposées par des Templiers auprès du pape concernant le fait que le clergé prélevait un tiers du legs fait par les personnes désireuses de se faire enterrer dans les cimetières de l'ordre. La bulle Dilecti filii ordonna en conséquence au clergé de ne se contenter que d'un quart des legs[4].

Article détaillé : Dilecti filii.

Guillaume de Nangis est un historien bénédictin de Saint-Denis, mort en 1300.

Au XIIIe siècle[modifier | modifier le code]

Guillaume de Tyr

Au XIXe siècle[modifier | modifier le code]

En 1840, Édouard Fraissinet publie une traduction d'un ouvrage allemand du XVIIIe siècle:

  • Karl Gottlob von Anton (trad. Fraissinet), Essai sur l'histoire de l'Ordre des Templiers : Traduit de l'original allemand et suivi de quelques observations..., Bruxelles, De Mortier frères,‎ , VI-162 p. (lire en ligne)[N 1]
  1. Traduction de: (de) Karl Gottlob von Anton, Versuch einer Geschichte des Tempelherrenordens,‎ (lire en ligne)

En 1841, Jules Michelet édite le premier tome de la version intégrale en latin du Procès des Templiers. Le second tome est paru en 1851.

En 1866, l'abbé Charpentier publie une traduction De Laude novae militiae, sous le titre L’Éloge de la nouvelle milice aux éditions Louis Vivès.

En 1872, E. Mannier édite L'Ordre de Malte. Les Commanderies du Grand Prieuré de France. Cet ouvrage est une première liste complète regroupant les commanderies hospitalières et templières de France.

En 1886, Henri de Curzon édite la version latine de la Règle primitive et la règle française aux éditions Renouard:

  • Henri de Curzon, La règle du temple : publiée pour la société de l'histoire de France, Renouard,‎ , 1e éd., XLJ + 368 p. (lire en ligne)

Au XXe siècle[modifier | modifier le code]

En 1913, le marquis d'Albon édite un recueil des chartes et bulles de l'ordre du Temple.

En 1928, M.Dessubré, édite une bibliographie de l'ordre des Templiers.

Georges Bordonove, (1920-2007)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Georges Bordonove.
Réédité en 1994, ISBN 2-7242-7834-8
Réédité en 1987, ISBN 2-7242-3271-2. En 1988, ISBN 2-501-01102-3 - En 2004, ISBN 2-7028-9465-8
Réédité en 1978, (ISBN 2-01-001107-4). La même année aux éd. Famot (Genève), 323 p. En 1983, (ISBN 2-253-03290-5). En 1988, éd. le Grand livre du mois, 246 p. En 1990, (ISBN 2-01-016727-9). En 1992, éd. le Grand livre du mois, 246 p. En 2008, éd. Hachette Littératures « Collection Pluriel », (ISBN 978-2-0127-9483-2), 246 p.

Laurent Dailliez[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Laurent Dailliez.
  • 1969 : « architecture (L') du Temple dans la péninsule Ibérique » dans Archeologia no 27, mars/avril 1969, p. 36 - 41.
  • En 1972, Laurent Dailliez édite :
    • Bibliographie du Temple.
    • Les Templiers ces inconnus, Perrin.
    • Les Templiers et les règles du Temple.
  • 1989 : Il rédige l'article « templiers » dans l'Encyclopædia Universalis. Il avertit de la difficulté de faire un travail historique sur les templiers :

« Il faut se garder d'inclure dans les problèmes relatifs au Temple bon nombre de questions encore mal élucidées et dont rien ne prouve qu'elles soient effectivement rattachées à cet ordre. Les templiers eurent une vie et une observance beaucoup plus simples qu'on ne l'a cru. »

— Tome 22 p. 267.

  • En 1997, Règles et Statuts de l'ordre du Temple, (version originale et traduction française) éditions Dervy, ISBN 2850767336.

Marion Melville[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Marion Melville.
il y a un cinquième tirage de la première éd. en 1951 (!), déjà chez Gallimard. Ce livre est présenté par les spécialistes comme une œuvre de référence.
  • 1982, Préface pour Rachel Filloux, Costumes, armes et harnois des frères du Temple, Ed. du G.I.E.T, Paris, 148 p.(sans ISBN)
  • 1980?, trad. de Léonard, Émile G., Tableau des Maisons du Temple en France et de leurs commandeurs: 1150-1317 (texte latin du XIXe siècle), Ed. du G.I.E.T, Paris, 155 p. (sans ISBN)

Autres[modifier | modifier le code]

Régine Pernoud, Les Templiers, chevaliers du Christ, 1995, ISBN 2070532860.

En 1983 sort Les Croisades vues par les Arabes, (Lattès, 299p. ISBN 2-709-60547-3 ; J'ai lu, 317 p. ISBN 2-277-21916-9), qui est le premier essai écrit par Amin Maalouf. Comme son nom l'indique, le livre raconte le point de vue des Arabes sur les Croisés et les croisades, entre 1096 et 1291. Il raconte les pillages et les massacres des Franjs et montre également les « infirmités » des Arabes avec leur retard au niveau politique et militaire, malgré une culture forte. On y voit les contrastes de l'époque entre Orient et Occident. Il apporte en plus une réflexion sur l'inversion de la domination de l'Orient sur l'Occident ces derniers siècles de par les croisades, malgré la victoire arabe. Amin Maalouf s'inspire des historiens et des chroniqueurs arabes de l'époque. Il a donné une nouvelle image des croisades en Occident.

En mars 1991, Bruno Hapel présente deux textes fondateurs de l'ordre du Temple (L'Ordre du Temple : les textes fondateurs, 90p. ISBN 2-85707-430-1) chez Guy Trédaniel Éditeur. Il s'agit de la louange à la nouvelle chevalerie, texte de Bernard de Clairvaux, et la Règle latine, dite Règle primitive de l'ordre. Par ailleurs, le même auteur traduit présente et commente un texte de Raymond Lulle : Le Livre de l'ordre de la chevalerie, Trédaniel, 1990, 79p. ISBN 2-85707-351-8

Au XXIe siècle[modifier | modifier le code]

Malcolm Barber[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Malcolm Barber.
réimprimé en 1993, ISBN 0-415-09682-0
réimprimé en 1993 ISBN 0-521-45727-0 (la biblio. est probablement mise à jour)
deuxième éd. revue et augmentée en 2006, multiples isbn en fonction de la reliure : ISBN 0521856396 (relié). - ISBN 9780521856393 (relié). - ISBN 0521672368 (broché). - ISBN 9780521672368 (broché)
Ce livre est dans sa deuxième éd. l'ouvrage historique de référence actuel sur le jugement des templiers.

Alain Demurger[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Alain Demurger.

En janvier 2005, Alain Demurger sort une nouvelle version de son ouvrage de référence, revue et complétée, sous le titre Les Templiers. Une chevalerie chrétienne au Moyen Âge. Il s'agit de l'ouvrage de langue francophone le plus complet sur l'ordre.

  • 2006, Croisades et croisés au Moyen Âge, ISBN 978-2-0808-0137-1
  • 2005, préface pour Damien Carraz : L'Ordre du Temple dans la basse vallée du Rhône, 1124 -1312 - ordres militaires, croisades et sociétés méridionales, ISBN 2-7297-0781-6
Thèse de doctorat remaniée.
Refonte complète des différentes éd. de Vie et Mort de l'ordre du Temple (éd. du Seuil) que du coup nous ne mentionnons pas davantage.
réimprimé en 1996 et en 1998.
  • 1990, Nouvelle histoire de la France médiévale. 5, Temps de crises, temps d'espoirs : XIVe-XVe siècle, (ISBN 2-02-012221-9)
réimprimé en 1992.
  • 1987 : contribution « Les Templiers, Matthieu Paris et les sept péchés capitaux » dans I Templari : mito e storia Atti del convegno internazionale di studi alla Magione Templare di Poggibonsi (trad.: Les templiers : Mythe et Histoire, Actes du congrès international d'études à « Magione Templare » de Poggibonsi), Sienne, p. 153-169.

Divers[modifier | modifier le code]

  • En avril 2007, l'historienne italienne Simonetta Cerrini, membre de la Society for the Study of the Crusades and the Latin East, publie l'ouvrage La révolution des Templiers, Une histoire perdue du XIIe siècle relatif à sa thèse sur la spiritualité de l'ordre. Préfacé par Alain Demurger, ce livre apporte un éclairage nouveau sur la fondation de l'ordre, Simonetta Cerrini ayant eu accès aux neuf manuscrits, relatifs à la genèse de l'ordre, qui subsistent à ce jour.
  • Barbara Frale, historienne italienne, médiéviste et paléographe, travaillant aux archives secrètes du Vatican.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Ouvrages de fiction[modifier | modifier le code]

En 1955, Les Rois maudits, roman historique de Maurice Druon

En 2003, Da Vinci Code, un roman de Dan Brown

L'Héritière des Templiers de Renaud Chantefable, édition du Rocher

  • tome 1 - Le frère Crapaud, ISBN 2-266-13205-9
  • tome 2 - Le chevalier de Quarantaine
  • tome 3 - Les Apôtres du Nouveau Temple
  • tome 4 - La colombe cachée

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Demurger, 2005, op. cit, page 108
  2. Demurger, 2005, op. cit., p. 110
  3. a et b Demurger, 2005, op. cit., p. 111
  4. Marion Melville, La vie des Templiers, 1974, Gallimard