Histoires d'A

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Icône de paronymie Cet article possède des paronymes ; voir : Les Histoires d'A., La Véritable Histoire de Ah Q et Histoire d'O.

Histoires d'A est un documentaire français, militant pour la libéralisation de l'avortement et de la contraception, réalisé par Charles Belmont et Marielle Issartel en 1973.

Film à budget très modeste[1], tourné en noir et blanc en avril et mai 1973[2], Histoires d'A s'inscrit dans le courant du cinéma militant issu de mai 1968 et prône la désobéissance civile. Tourné à l'initiative du Groupe d'information santé (GIS), il donne à voir un avortement par aspiration selon la méthode Karman, des entretiens et des scènes prises sur le vif de l'activité des militants en faveur de l'interruption volontaire de grossesse ainsi que d'une réflexion sur la condition féminine. Il s'accompagne d'« une brochure pour le public [et d']un dossier de presse pour les journalistes, tous deux centrés sur l’avortement et la contraception. »[3].

D'abord interdit à la diffusion publique comme privée, et à la vente à l'étranger, par le ministre des Affaires Culturelles Maurice Druon le 22 septembre 1973, contre l'avis de la Commission de contrôle, il est diffusé illégalement à travers le réseau des groupes locaux du Mouvement pour la libéralisation de l'avortement et de la contraception (MLAC). L'affiche également est interdite. Une projection privée est organisée pour les groupes socialistes du Parlement dans la salle Médicis du Sénat en mars 1974. Plusieurs séances publiques et privées donnent lieu à l'intervention de la police, et parfois plus particulièrement des CRS comme à Cannes en 1974, où le film est diffusé après une manifestation dans la ville en marge du festival[4]. Le film est autorisé en novembre 1974 peu avant l'ouverture des débats parlementaires sur la loi Veil[5]. Ses deux auteurs estimaient en 1976 qu'entre sa carrière illégale et sa carrière publique le film avait cumulé environ 350 000 spectateurs[6]. Depuis cette époque, Histoires d'A est régulièrement diffusé par des associations, des médecins, des groupes féministes, des cinémathèques. Il est visible au Forum des Images à Paris en salle de consultation, à la BNF et sur la plate-forme de Vidéo à la demande www.universcine.com.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Le financement initial est assurée par le Planning familial à hauteur de 10 000 francs. Lecler (2007), p. 55.
  2. Leclec, p. 51.
  3. Lecler (2007), p. 54
  4. Lecler (2007), p. 63.
  5. Leclerc (2007), p. 60.
  6. Marielle Issartel et Charles Belmont. « Histoires d’A » (entretien avec Guy Hennebelle), Cinéma d’aujourd’hui, 5-6 (3-4), 1976, p.117. Cité dans Lecler (2007), p. 53, note 12.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Histoires d'A, Marielle Issartel Charles Belmont. Ed Stock2 collection Lutter. 1974
  • Hélène Fleckinger, Histoires d'A : un moment de la lutte pour la liberté de l'avortement in La Revue Documentaire 22/23
  • Romain Lecler, « Le succès d'Histoires d'A, « film sur l'avortement » » Une mobilisation croisée de ressources cinématographiques et militantes (enquête), Terrains & travaux, 2007/2 n° 13, p. 51-72.