Histoires à rebours

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Histoires à rebours
Directeur de publication Jacques Goimard
Genre Anthologie
Science-fiction
Éditeur Le Livre de poche
Collection La Grande Anthologie de la science-fiction no 3773
Lieu de parution Paris
Date de parution 1976
Type de média Livre papier
Couverture Pierre Faucheux
Nombre de pages 416
ISBN 2-253-00835-4
Chronologie

Histoires à rebours est le onzième volume de la première série de La Grande Anthologie de la science-fiction, paru en 1976.

Préfacé par Jacques Goimard, l'ouvrage réunit vingt nouvelles, publiées entre 1949 et 1965.

Publications[modifier | modifier le code]

Extraits de la préface[modifier | modifier le code]

« (…) Le véritable amateur de science-fiction aime ce qu'il appelle les bonnes idées et ces bonnes idées ont toujours une dimension humoristique : la preuve, c'est qu'elles le font rire aux éclats. Par suite, la science-fiction tout entière apparaît comme un énorme canular, un spectacle de cirque, un jeu de société, et n'importe quel récit est apte à figurer dans une anthologie humoristique. (…) La peur est à la périphérie de la science-fiction et le rire est au centre. Il est plus civilisé, plus policé ; on peut y distinguer des gradations, des hiérarchies, des procédures. Si la science-fiction n'a pas sa Carte du Tendre, on pourrait certainement en dresser sa Carte du Rire. (…)

L’humour est le royaume du second degré : faire une nouvelle humoristique, c’est toujours reprendre à l’envers une nouvelle qui a déjà été faite. Par conséquent les nouvelles humoristiques ne peuvent pas former un ensemble systématique ; à supposer que cet ensemble existe ailleurs, elles n’en laissent pas pierre sur pierre. Leur seul point commun, c’est de renverser. Dans ces conditions, on a adopté un ordre, puisqu'il le fallait bien (le livre est un espace à une dimension allant du titre au mot fin), mais pour mieux le briser. À la fin du livre, il ne restera au lecteur que des morceaux — et le souvenir du vent de l'explosion. »

Liste des nouvelles[modifier | modifier le code]

Le Gregory de Gladys[modifier | modifier le code]

  • Auteur : John Anthony West
  • Titre original : Gladys's Gregory
  • Publication : The Magazine of Fantasy & Science Fiction n°141, février 1963 (traduction de Christine Renard)
  • Situation dans l'anthologie : p. 21 à 31
  • Résumé : Le récit est un discours prononcé par une personne qui s'adresse aux femmes ayant adhéré à un certain type de club. L'auteur du discours rappelle les données du problème : tout a commencé avec « le Gregory de Gladys ». Gregory était un homme bien dans sa peau, mangeant sainement et faisant régulièrement du sport. Ceci était insupportable pour son épouse Gladys, qui se sentait reléguée au ban de la communauté. Les autres femmes l'ont aidée pendant plusieurs mois : Gregory a été « chouchouté » ; on l'a invité tous les jours ; on lui a servi subrepticement les plats les plus gras et les plus sucrés. Peu à peu, Gregory a grossi et a fait de moins en moins de sport. Gladys a retrouvé le sourire, pensant qu’elle pourrait ainsi présenter son mari au concours annuel de l'homme le plus gros du comté. Le problème est que Gregory, ainsi mis en condition de concourir, a continué de grossir, faisant regretter aux amies de Gladys, qui sont aussi ses concurrentes, de l'avoir aidée. Tout le monde pensait que Gladys pourrait présenter au concours son époux d'ici deux ou trois ans. Lorsque le jour du concours de l'année est arrivé, on a découvert avec stupéfaction que Gregory se présentait au concours ! Inscrit le dernier, il fut le dernier à être pesé. Son poids écrasait celui de ses concurrents : 337 kg ! Et en plus il était parvenu à marcher et à se traîner seul jusqu'à la pesée. Ayant gagné le concours, il a choisi d'être mangé (car le gagnant annuel du concours est mangé par les femmes des participants) d'une manière inhabituelle : être mangé cru ! Rien n'interdisant dans le règlement de s'opposer à cette ultime demande, on a fait droit à sa requête : il a été mangé cru. La fin du discours se termine sur cette proposition : on propose désormais aux adhérentes des divers clubs du pays d'insérer une nouvelle clause dans le règlement du concours, afin d'interdire à l'avenir que les gagnants ne soient mangés cru.
  • Liens externes :

Qu’est-ce qu’il fabrique donc là-dedans ?[modifier | modifier le code]

  • Auteur : Fritz Leiber
  • Titre original : What's He Doing in Here ?
  • Publication : Galaxy Science Fiction n°84, décembre 1957 (traduction de Rosine Chomet)
  • Situation dans l'anthologie : p. 33 à 42
  • Résumé : Un professeur américain reçoit chez lui un Martien, dont le reste de l'humanité ignore la présence sur Terre. Lorsque l'extraterrestre demande timidement où il peut s'isoler, le professeur s'extasie de l'identité des tabous corporels sur Terre et sur Mars. Mais il commence à se poser des questions lorsque le Martien s'éternise dans la salle de bains qu'il lui a indiquée.

Une leçon d’écriture[modifier | modifier le code]

  • Auteur : Arthur Porges
  • Titre original : Story Conference
  • Parution : The Magazine of Fantasy & Science Fiction n°24, mai 1953 (traduction de Roger Durand)
  • Situation dans l'anthologie : p. 43 à 54
  • Résumé : Gryzzll Pfrafnick est un Martien arrivé récemment sur Terre. Découvrant la littérature de science-fiction, il se dit qu'il est le mieux placé pour rédiger des nouvelles de ce type et les proposer aux magazines spécialisés. Sa déconvenue n'en est que plus grande : convoqué par un éditeur, ce dernier lui explique que son récit est tout à fait désolant, peu crédible, mal construit, incohérent et faisant état de postulats totalement erronés. L'éditeur lui assène diverses « vérités communément admises » en littérature de science-fiction. Quand Gryzzll Pfrafnick se montre sous sa vraie apparence de Martien, l'éditeur est tout d'abord surpris, mais reprend vite ses certitudes : « Mon cher Mr Pfrafnick, l'excuse la plus usée de l'écrivain débutant est : Mais cela m'est vraiment arrivé, à moi. Les faits réels ne me regardent pas, pas plus qu'ils ne doivent regarder un artiste. La question est de convaincre le lecteur. Il se peut, mon cher monsieur, que vous soyez un Martien tel que vous le décrivez ; mais votre description ne dissipe nullement l’incrédulité. Par conséquent, votre travail est un échec. Et maintenant, si vous voulez m'excuser… » La nouvelle se termine par cette phrase : « Et Gryzzll Pfrafnick, le premier auteur à pouvoir écrire sur Mars de première main, se retira, l'oreille basse. »
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Le Misogyne[modifier | modifier le code]

  • Auteur : James Gunn
  • Titre original : The Misogynist
  • Parution : Galaxy Science Fiction n°24, novembre 1952 (traduction par Simone Hilling)
  • Situation dans l'anthologie : p. 55 à 68
  • Résumé : Harry est connu par ses amis comme étant un pince-sans-rire. Un soir, il développe devant ses amis une théorie qu'il a élaborée il y a quelque temps : les femmes ne sont pas des êtres humains, mais des extraterrestres, qui ont colonisé la Terre il y a des milliers d'années et qui sont parvenues à asservir les hommes. Maladroites avec les engins techniques, irrationnelles, versatiles, elles ont besoin des hommes pour qu'ils s'occupent d'elles au quotidien. Le narrateur de la nouvelle est un ami d'Harry, et explique en détail la théorie de celui-ci, notamment basée sur de nombreuses affirmations poétiques, littéraires, etc, mais aussi sur quelques questions restées étrangement sans réponses : pourquoi y a-t-il plus de veuves que de veufs ? pourquoi les femmes vivent-elles plus longtemps et en meilleure santé ? pourquoi les femmes sont-elles nulles en maths et en sciences ? La soirée se termine, mais le narrateur a l'imprudence de dire à l'épouse d'Harry, en souriant, « Hello, extraterrestre ! ». Harry reste seul chez lui avec sa femme. Le lendemain, le narrateur apprend qu'Harry est décédé durant la nuit d'une crise cardiaque, malgré l'intervention rapide de Mme Clarke, docteur en médecine. Le narrateur se sent mal : Harry paraissait en si bonne santé la veille. Il vient de finir de mettre par écrit les déclarations de Harry de la veille, et ce sont ses annotations qui constituent le texte de la nouvelle. Le récit se termine ainsi : « Bon, eh bien, j'ai fini — Jane m'appelle de la cave pour que je vienne arranger la chaudière. La chaudière fonctionne parfaitement. (…) Il vaut mieux que j'y aille, ne serait-ce que pour sauver la chaudière ; Jane tape dessus avec le tisonnier, hurlant à mon adresse qu'elle va l'arranger elle-même si je n'y vais pas. Jane avec un tisonnier ; elle est bien bonne. Elle ne peut même pas remonter un réveil sans casser le ressort. ».
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Un problème de chasse[modifier | modifier le code]

  • Auteur : Robert Sheckley
  • Titre original : Hunting Problem
  • Situation dans l'anthologie : p. 69 à 86.
Article détaillé : Un problème de chasse.

L’Exilée de Mars[modifier | modifier le code]

  • Auteur : Evelyn E. Smith
  • Titre original : Outcast of Mars
  • Parution : The Magazine of Fantasy & Science Fiction n°72, mai 1957 (traduction d'Yves Rivière)
  • Situation dans l'anthologie : p. 87 à 97
  • Résumé : La planète Mars est habitée par des Martiens qui ressemblent à de beaux oiseaux. Des Humains sont allés sur Mars ; ils travaillent essentiellement comme mineurs. Néanmoins les hommes tentent de se rassurer en proclamant qu'ils sont les « vrais gens » et que les Martiens ne sont que des oiseaux pas très malins. L'héroïne du récit s'appelle Liza-Jane Kallikak : âgée de 16 ans, fille aînée du vieux Kallilak, mineur alcoolique et violent, elle rêve de vivre une nouvelle vie avec un homme qui la sortirait du milieu familial sordide dans lequel elle vit. Un soir où son père a eu certaines tendances incestueuses à son égard au bistro du village, elle regagne en pleurs la maison. Sur le chemin, elle est accostée par Pp'eepi Rrrr-eep, qui la cajole et lui propose de la ramener chez elle. Elle accepte. En fin de compte, elle cède aux avances du Martien, qui la courtise adroitement et tous deux ont des relations sexuelles. Le Martien lui promet qu'il reviendra la chercher et qu'ils se marieront. Néanmoins, les jours, les semaines, les mois passent, et force est de constater que le Martien n'est jamais revenu chercher Liza-Jane. Celle-ci ne peut plus cacher qu'elle vient de pondre un œuf issu de sa passade d'un soir avec le Martien : comment avouer à son père et à ses frères et sœurs qu'elle couve un œuf ?
  • Remarque : Dans la préface qui introduit la nouvelle, la question est posée : « (…) Si le colon n'était qu'un travailleur immigré ? Si le fier planteur n'était qu'un pauvre Blanc ? ». La nouvelle évoque implicitement le sort des Noirs (ici : les Humains sur Mars) aux États-Unis avant la reconnaissance de leurs droits civiques au milieu du XXe siècle, et les droits des Blancs (ici : les Martiens) ; et au-delà, le pouvoir sexuel des Blancs sur certaines jeunes filles Noires victimes, soit de promesses de mariage non tenues, soit de viols.
  • Liens externes :

Mimétisme défensif[modifier | modifier le code]

Technique de survie[modifier | modifier le code]

Cesse donc de faire l’avion avec tes mains ![modifier | modifier le code]

L'Homme qui tua Mahomet[modifier | modifier le code]

  • Auteur : Alfred Bester
  • Titre original : The Men Who Murdered Mohammed
  • Situation dans l'anthologie : p. 165 à 182
Article détaillé : L'Homme qui tua Mahomet.

La Clef laxienne[modifier | modifier le code]

Article détaillé : La Clé laxienne.

La Meilleure Amie de l’Homme[modifier | modifier le code]

L’Éducation de Tigress Macardle[modifier | modifier le code]

  • Auteur : Cyril M. Kornbluth
  • Titre original : The Education of Tigress Macardle
  • Publication : Venture Science Fiction n°4, juillet 1957 (traduction de René Lathière)
  • Situation dans l'anthologie : p. 219 à 235
  • Résumé : Dans une société américaine dystopique, où la royauté a été instaurée, les couples qui désirent un enfant doivent au préalable passer par le programme PQRP (« Programme des Qualités Requises pour la Procréation »). On confie à chaque couple un enfant-robot, afin que les futurs parents soient à même de savoir s'ils sont faits pour la paternité et la maternité. Dans le même temps, une civilisation située plusieurs siècles plus tard étudie, grâce à un « chronoscope », un couple, composé de George Macardle et de Tigress Macardle, qui souhaitent avoir un enfant. On leur remet donc un enfant-robot, prénommé « Bambino ». Celui-ci met la panique dans la maison bien ordonnée. Au bout de quelques jours, George décide de se faire stériliser, ne supportant plus l'idée d'assumer un jour la responsabilité d'être père. « Bambino » leur révèle alors qu'il était dirigé par un opérateur dont le bureau est situé dans l'Empire State Building, l'opérateur les félicite pour leur choix courageux de renoncer à la paternité. Le récit se termine par une révélation fracassante : le professeur d'histoire qui a supervisé l’examen par ses étudiants de l'évolution du couple à l'égard de la parentalité leur explique pourquoi, quelques décennies plus tard, les Chinois ont facilement envahi les États-Unis, peuplés de personnes âgées et ne trouvant pas le courage de se battre. L'Amérique est donc devenue chinoise en raison de son refus de faire des enfants.
  • Liens externes :

Le Farceur[modifier | modifier le code]

  • Auteur : William Tenn
  • Titre original : The Jester
  • Publication : Thrilling Wonder Stories, août 1951 (traduction de Frank Straschitz)
  • Situation dans l'anthologie : p. 237 à 260
  • Lien externe : Fiche sur iSFdb
  • Résumé : Lester est un comique qui passe à la télévision. Très connu pour son humour corrosif et pour ses réparties à l'emporte-pièce, il est très réputé. Mais il a un problème : ses deux « gagmen », chargés de lui écrire ses sketches, viennent de le quitter. Il se retrouve donc sans dialoguiste. Pour résoudre ce problème, il vient d'acquérir Rupert, un robot de dernière génération à qui il a fait implanter des logiciels d'humour. Peut-être Rupert sera-t-il en mesure de lui écrire quelques bons textes ? Rupert écrit de bons textes, mais un second problème se présente : il n'est pas accepté par Josephine, la petite amie de Lester, à qui il a cassé un bras. Et Josephine demande à Lester de choisir entre elle et le robot, et donc entre l'Amour et l'Argent. En vertu de la Loi de la Robotique selon laquelle le Maître d'un Robot doit faire habiter celui-ci à son domicile, Lester n'a pas le choix et doit se décider. Il décide de conserver Rupert, et dit à Josephine : « J'espère que nous resterons amis ». Un soir où Lester passe sur les ondes, Rupert se révolte soudainement, maîtrise des techniciens de la chaîne de télévision, et lance des traits humoristiques sur les produits publicitaires vantés à l'antenne (on était alors en direct). Tout le monde comprend que Lester n'écrit pas ses textes, et qu'au surplus il n'a pas été capable de maîtriser son robot. Il est prestement licencié. Rupert devient un humoriste très demandé, quoique robot. Et en vertu de la Loi de la Robotique, il doit habiter chez Lester, qui ne survit financièrement que grâce à son robot qu'il héberge, et dont il est devenu l'imprésario. Rupert, depuis, est devenu le « Robot rigolard » : on dit aussi de lui qu'il est « la machine la plus extraordinaire depuis l'invention de l'écrou ».
  • Liens externes :

La Créature parfaite[modifier | modifier le code]

  • Auteur : John Wyndham (sous le pseudonyme de John Beynon)
  • Titre original : The Perfect Creature
  • Publication : Tales of Wonder n°1, 1937 (traduction de Simone Hilling)
  • Situation dans l'anthologie : p. 261 à 292
  • Résumé : Alfred et le narrateur sont deux membres de la SPA de Membury. Ils sont informés de ce qu'une créature monstrueuse aurait été aperçue à proximité de la propriété du Dr Dixon. Les deux hommes vont rendre visite au Dr Dixon. Ce dernier leur apprend qu'il a créé, à partir de matière organique à qui il réussit à insuffler une sorte de « flux vital », une créature parfaite, en ce sens qu'elle est une amélioration fonctionnelle et logique des mammifères. Ainsi, elle n'a pas de tête (à quoi bon ?), son cerveau est situé en plein centre de son corps, elle est dotée de quatre bras, etc. Ce que les habitants du village ont vu était une ébauche de la créature créée ; cette ébauche était un « premier jet » non doté d'intelligence. Le Dr Dixon leur présente son œuvre, la créature parfaite, qu'il a dotée d'une sorte de féminité, de l'intelligence, de la capacité d'apprentissage et de la parole. Mais il se produit une chose à laquelle il n'avait pas pensé : ayant injecté une trop grande quantité d'hormones à sa créature, celle-ci tombe amoureuse d'Alfred. Avec ses quatre bras, elle se saisit de lui et l'emporte ! Une sorte de « chasse à l'homme / chasse à la créature » se met alors en place. Finalement, Alfred est délivré, mais depuis ce jour-là, il déteste les animaux femelles !
  • Liens externes :

Guerre froide[modifier | modifier le code]

Les Joueurs d'échecs[modifier | modifier le code]

Manuscrit trouvé dans un sablé chinois[modifier | modifier le code]

Narapoïa[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Narapoïa.

Le Haut Lieu[modifier | modifier le code]

  • Auteur : Richard Matheson
  • Titre original : The Splendid Source
  • Publication : Playboy dans le numéro de mai 1956 (traduction d'Yves Rivière)
  • Situation dans l'anthologie : p. 379 à 404.
Article détaillé : Le Haut Lieu.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Voir ci-dessus au sujet de la biographie de cet auteur.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]


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