Histoire du dictionnaire en France

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.Au fil du temps, le mot « thrésor » a vu son utilisation se limiter à des dictionnaires de langue, tel le Dictionaire françois latin de Jean Nicot (1573), dictionnaire bilingue latin & français, qui prit le nom de Thresor de la langue françoise en 1606 ; a contrario, le mot dictionnaire a vu sa signification s’étendre à tous les recueils quelle qu’en soit la nature.

D’ailleurs le mot dictionnaire avait été dévoué au premier de nos dictionnaires encyclopédiques : Le dictionarium le plus utilisé jusqu’au début du XVIIIe siècle fut, en effet le célèbre Dictionarum d’Ambrogio Calepino ou calepin. Sa première édition, comme dictionnaire monolingue de latin date de 1502. Il sera ensuite imprimé comme dictionnaire multilingue comportant jusqu’à 11 langues différentes. Ce dictionnaire a fortement inspiré les travaux de Robert Estienne[1].

En France, le Dictionarium latinogallicum et le Dictionnaire francois-latin de Robert Estienne (1531-1552), le Nomenclator omnium rerum propria nomina variis linguis explicata indicans (version françaises : 1567, 1570 et 1575), le Dictionnaire françois-latin le Dictionaire francois latin ou Thresor de la langue francoyse de Jean Nicot (1573-1625), les Curiositez françoises d'Antoine Oudin (1640), l’Inventaire latin et français du père Philibert Monet (1636) et enfin le Dictionnaire universel françois et latin, dit de Trévoux (1704-1771), constituèrent pendant 200 ans la série des dictionnaires latin et français couramment utilisés.

Le premier dictionnaire donnant une part prépondérante au français est celui de Jean-Baptiste de La Curne de Sainte-Palaye ; il date de 1749, et se fonde sur des textes anciens compilés par l’auteur ; mais il ne sera imprimé que beaucoup plus tard, à la fin du XIXe siècle.

Le premier dictionnaire d’orthographe française, imprimé, est celui de Robert Poisson (1609).

Le Thresor des trois langues espagnole, française et italienne d’Antoine Oudin sera imprimé en 1627.

Finalement le premier dictionnaire français vraiment unilingue est celui de Pierre Richelet (1680). Comme celui d'Antoine Furetière (1690), il se situe dans la période de préparation du Dictionnaire de l’Académie française, dont la première version est parue en 1694.

Le XVIIIe siècle verra la parution de quatre éditions du dictionnaire de l’Académie : 1718, 1740, 1762, 1798) et les dictionnaires de l’abbé Féraud : grammatical (1761, 1786), critique (1787).

Viendront s’y ajouter : le Dictionnaire des richesses de la langue françoise, et du néologisme qui s'y est introduit, 1770, compilation de Pons Augustin Alletz, les Dictionnaires et Cours de langue de Jean-Charles Laveaux (1784-1825) et le Dictionnaire des Arts et des Sciences de Thomas Corneille (1694, 1720, 1732), premier dictionnaire spécialisé, complément du dictionnaire de l’Académie.

Le XIXe siècle débutera avec la publication d’un dictionnaire un peu déconcertant parce qu’il nécessite un mode d’emploi, mais comportant quelques données qui seront envisagées par la lexicologie moderne ; il s’agit du Dictionnaire universel de Boiste (1800-1857) ; ce dernier sera suivi de la série du Nouveau dictionnaire de la langue française, par François Noël et Charles-Pierre Chapsal, à partir de 1826, et de celle du Dictionnaire national de Bescherelle, à partir de 1843 ; entre-temps était parue la 6e édition du Dictionnaire de l’Académie française en 1835.

En 1860, on verra paraître le Nouveau dictionnaire de la langue française : contenant la définition de tous les mots en usage, leur étymologie, leur emploi par époques, leur classification par radicaux et dérivés, les modifications qu'ils ont subies, les idiotismes expliqués, développés et rangés par ordre chronologique, de nombreux exemples choisis dans les auteurs anciens et modernes et disposés de manière à offrir l'histoire complète du mot auquel ils se rattachent, par Louis Dochez, le Dictionnaire du bon langage de l'abbé Nicolas-Joseph Carpentier, le Dictionnaire analogique de la langue française de Boissière, en 1862.

Enfin, en 1863, on verra la première édition du fameux Dictionnaire de la langue française d'Émile Littré (1863), qui sera suivi d’une édition définitive en 1877.

Cela mettra un peu dans l’ombre la 7e édition du Dictionnaire de l’Académie française en 1878.

La liste se terminera par la parution du Dictionnaire général de la langue française du commencement du XVIIe siècle jusqu’à nos jours, précédé d’un traité de la formation de la langue, d'Adolphe Hatzfeld et Arsène Darmesteter, en 1890-1893.

Le XIXe siècle est aussi celui des Dictionnaires français des locutions basses et vicieuses d’Hautel, Mulson, Blondin, Narcisse Cyr ; et celui des s:Dictionnaires français d'argot, de patois, de parler populaire, érotique, grivois, etc. ; des Excentricités du langage français de Lorédan Larchey (1860-1889) et des dictionnaire de grammaire.

Référence[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Dictionnaires de la langue française[modifier | modifier le code]

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