Histoire du Val-de-Marne

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La création des départements de Paris, des Hauts-de-Seine, de la Seine-Saint-Denis, du Val-de-Marne, de l'Essonne, des Yvelines, du Val-d'Oise à partir de la Seine et de la Seine-et-Oise en 1968.

Le département du Val-de-Marne a été créé le , en application de la loi du , à partir de la partie sud-est de l'ancien département de la Seine (29 communes) et d'une petite portion de celui de Seine-et-Oise (18 communes).

Avant la naissance du département[modifier | modifier le code]

De 1790 à 1795 l'actuel département du Val-de-Marne était partagé entre 2 départements, (département de Paris et département de Seine-et-Oise) et 3 districts (District de Bourg-de-l'Égalité, District de Franciade et District de Corbeil.

De 1791 à 1793, les 3 districts (Paris, Franciade et Bourg-de-l'Égalité) du département de Paris, fournirent 48 bataillons de volontaires nationaux et 4 compagnies.

De 1791 à 1793, les 9 districts (Corbeil, Dourdan, Étampes, Gonesse, Mantes, Montfort, Pontoise, Saint-Germain et Versailles) du département de Seine-et-Oise fournirent 14 bataillons de volontaires nationaux.

La création du département[modifier | modifier le code]

Ancien département de la Seine dont une partie a permis de créer le Val-de-Marne (en orange     ).

Les communes ayant permis de constituer le département du Val-de-Marne sont les suivantes :

De la création à aujourd'hui[modifier | modifier le code]

La petite couronne, autour de Paris.

À la création du département, ce dernier compte 1 121 319 habitants, principalement logés dans de petits pavillons de banlieue construits entre la fin du XIXe siècle et les années 1930, et de grands ensembles dont la mise en chantier débute au sortir de la Seconde Guerre mondiale. La préfecture, Créteil, bénéficie d'un programme d'urbanisme particulier : le "nouveau Créteil". Malgré cette politique d'urbanisation, les problèmes de logements restent criants jusqu'à la fin des années 1960 et le maintien de bidonvilles. Le plus important fut celui de Champigny où dix mille travailleurs Portugais s'entassaient dans des conditions déplorables.

Le premier Conseil Général du Val-de-Marne est élu en 1967[1]. Lors de ces premières élections cantonales des 24 septembre et 1er octobre 1967 dans les nouveaux départements de la région parisienne, le taux d’abstention grimpe à 45,5 %. Le PCF obtient 41,9 % des suffrages exprimés et les partis de gauche arrivent en tête (56,1 %). Leurs représentants sont majoritaires à un siège près. Parmi les élus du Val-de-Marne, les électeurs ont désigné quatre femmes, toutes membres du parti communiste : Hélène Edeline (maire de Gentilly), Odette Denis, Hélène Luc et Monique Mercieca, deux responsables nationales de l’Union des jeunes filles de France (UJFF). La plupart des 33 conseillers généraux cumulent d’autres fonctions électives à l’instar des maires Louis Bayeurte (Fontenay-sous-Bois, PCF), Jacques Carat (Cachan, SFIO), Gabriel Chauvet (Chevilly-Larue, UDR), Georges Defert (Joinville, DVD), Louis Dolly (Villejuif, PCF), Julien Duranton (Valenton, PCF), Joseph Franceschi (Alfortville, SFIO), Henri Guérin (Charenton, centriste), Maxime Kalinsky (Villeneuve-le-Roi, PCF), Jacques Laloë (Ivry, PCF), René Nectoux (Maisons-Alfort, RI), Roland Nungesser (Nogent-sur-Marne, député UDR), Jean-Marie Poirier (Sucy-en-Brie, député UD-Ve), Paul Redon (Marolles-en-Brie, DVD), André Rouy (Villiers-sur-Marne, SFIO), Pierre Tabanou (L’Haÿ-les-Roses, SFIO), Gaston Viens (Orly, PCF). S’y ajoute le député Robert-André Vivien (UD-Ve) et le jeune élu gaulliste Michel Giraud (UD-Ve)[2].

Néanmoins, à la création du Val-de-Marne, le vrai pilote, le vrai "chef", de cette entité départementale est le préfet, dans un contexte de régionalisation des politiques publiques et de mise en avant de la scène du district de la région de Paris[1]: Paul Camous, préfet délégué du val-de-Marne (1964-1967), puis Lucien Lanier, préfet du Val-de-Marne (1967-1974), et les préfets qui leur succéderont[1]. Et ceci jusqu'aux lois de décentralisation de 1982.

Le Val-de-Marne change sous l'effet des politiques d'équipement (aéroport d'Orly, MIN de Rungis et grandes opérations urbaines). Trois grandes ZUP sont construites dans le Val-de-Marne, celle de Créteil, celle de Fontenay-sous-bois et celle de Vitry[1].

Le pari politique à la création du département était de mixer populations aisées, sur les franges du territoire, et populations ouvrières, au centre, afin de laisser une chance aux partis de droite de contrôler le Conseil Général. Le pari est gagné lors des élections cantonales de 1970 avec la victoire des listes gaullistes aux élections cantonales. L'UDR Roland Nungesser devient président du Conseil Général à la place du communiste Gaston Viens. Le département bascule pourtant à gauche lors des élections cantonales de 1976 avec l'élection du communiste Michel Germa le à la présidence du Conseil Général. Le poids du PC s'érode, mais reste fort dans le département avec encore 21,18 % pour les listes communistes lors du premier tour des élections cantonales de 1992. Le PC se maintient ainsi comme la première force politique d'un département qui penche clairement à gauche. Michel Germa est remplacé par le communiste Christian Favier le .

Documents filmés sur le Val-de-Marne[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d Film documentaire en ligne de 2015, réalisé à l'occasion de la parution du livre "Val-de-Marne : Anthologie 1964 - 2014" aux Éditions de l'Atelier en 2014, livre dirigé par Emmanuel Bellanger (chercheur au CNRS) et Julia Moro (archiviste aux archives départementales du Val de Marne). Avec la participation dans le film de Marie-Andrée Corcuff, directrice des archives départementales du Val-de-Marne. Produit par l'unité mixte de recherche CHS, réalisation : Jeanne Menjoulet
  2. ouvrage collectif, sous la dir. Emmanuel Bellanger, Julia Moro, Val-de-Marne : Anthologie 1964-2014, Les Editions de l'Atelier,

Articles connexes[modifier | modifier le code]