Histoire des universités françaises

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L’histoire des universités françaises commence au Moyen Âge et reflète les nombreuses péripéties de l’histoire de France et de ses institutions.

La première université est celle de Paris, fondée au XIIIe siècle, suivie par celles de Toulouse et de Montpellier. Mais les femmes en sont exclues, sauf en Italie où elles brillent comme étudiantes et professeures. D’autres universités sont créées siècle après siècle. Il s’agissait de corporations autonomes et ayant chacune ses propres institutions et reconnues par le pape.

Pendant la Révolution, la Convention supprime les 22 universités en 1793. Les facultés seront recrées quelque temps après en 1808 par Napoléon, mais l’enseignement est fortement encadré par l’État et a essentiellement une visée professionnelle. La Restauration ne changea pas ce mouvement.

La Troisième République apporta la liberté de l’enseignement supérieur en 1875 (Loi Wallon) et recréa les universités en 1896. Puis, après les évènements de mai 68, les facultés sont supprimées et les universités sont administrées par des conseils élus. Enfin depuis 2002, les établissements sont engagés dans une harmonisation européenne, des regroupements et dans une plus grande autonomie.

Les universités de l’Ancien régime[modifier | modifier le code]

La Bulle Quia sapientia (1289).

C’est au commencement du XIIe siècle que les écoles de Paris, où enseignaient Guillaume de Champeaux et Abélard, acquirent une réputation qui fit accourir en grand nombre les étudiants. Il y avait alors à Paris, outre l’école cathédrale de Notre-Dame, placée sous l’autorité immédiate de l’évêque, et dont l’enseignement était exclusivement théologique, les écoles de la Montagne Sainte-Geneviève, qui paraissent avoir été indépendantes de toute autorité ecclésiastique ou civile. On y enseignait le trivium et le quadrivium, et surtout la dialectique. C’est de la réunion des écoles de logique, établies sur la Montagne, avec l’école de théologie, qui était dans le cloître Notre-Dame, que s’est formée l’université de Paris. Au commencement du XIIIe siècle, les maîtres et les étudiants de Paris s’organisèrent sous ce nom en une corporation, qui fut reconnue par deux bulles d’Innocent III, et qui en 1255 reçut d’Innocent IV le privilège d’avoir un sceau à elle. Cette corporation comprenait quatre facultés, celles de de théologie, de droit canon, de médecine, et des arts ; la faculté des arts, dont les écoles étaient pour la plupart à la rue du Fouarre, se divisait elle-même en quatre « nations », française, normande, picarde et anglaise. Les grades universitaires, qu’on trouve établis dès le XIIIe siècle, sont la déterminance ou le baccalauréat ; la licence, conférée alors soit par le chancelier de Notre-Dame, soit par celui de Sainte Geneviève ; et la maîtrise ou le doctorat, c’est-à-dire l'admission du licencié dans la corporation des maîtres. La plupart des étudiants étaient pauvres, et n’avaient d’autres ressources que des bourses fondées à leur intention ; les boursiers, à partir du XIIIe siècle, vécurent en commun dans des maisons appelées collèges. L’une des plus anciennes de ces maisons fut fondée par Robert Sorbon à l’usage des étudiants de la Faculté de théologie ; elle prit bientôt une grande importance sous le nom de Sorbonne.

L'Université n’admettait comme étudiants que des célibataires masculins. En 1270, elle publie un décret interdisant d'exercer la médecine à ceux qui n'avaient pas suivi son enseignement. Malgré ce décret, des femmes continuèrent à exercer la médecine jusqu'au procès de Jacoba Félicie un siècle plus tard. Ce qui eut pour effet à partir du XIVe siècle d'interdire aux femmes de pratiquer la médecine et la chirurgie, alors qu'elles s'y illustraient depuis l'Antiquité et étaient chargées de soigner les malades et d'assurer le monopole de la faculté de Paris sur la médecine, sauf l'obstétrique. La conséquence fut également que les femmes furent privées de soins[1].

Du XIIIe au XVe siècle, cinquante collèges furent créés dans l’université de Paris : les principaux sont, outre celui de Sorbonne, les collèges de Navarre, du cardinal Lemoine, d’Harcourt, du Plessis, des Lombards, des Écossais, etc. Outre les collèges, on créa, dans le courant du XVe siècle, pour les élèves de la faculté des arts, plus jeunes que ceux des autres facultés, des pensionnats nommés pédagogies, qui peu à peu prirent la place des anciennes écoles de la rue du Fouarre. Les rois protégèrent l’université de Paris : Philippe Auguste accorda (1210) à ses écoliers le privilège d’être jugés au criminel par le tribunal de l’officialité diocésaine ; Philippe le Bel s’appuya sur elle dans sa lutte contre la papauté ; Charles V lui donna le titre de fille aînée des rois de France. « La nécessité de maintenir les écoliers venus de province en rapport avec leurs familles fut cause que l’université de Paris eut de bonne heure des messagers et des messageries, bien avant que Louis XI eût établi (1464) la poste royale, qui ne fut pas mise tout de suite au service du public. Le transport des lettres et paquets était une source importante de revenus pour l’université, et elle la conserva jusqu’en 1719, époque où un édit royal ordonna la fusion de l’institution postale de l’université avec celle de l’État. »[2]

Le collège de Sorbonne au XVIIe siècle après la reconstruction par Richelieu.

D’autres universités s’étaient fondées dans les provinces[2].

Les principales universités fondées en dehors de la France à cette époque furent celles de Bologne (1158) et de Padoue (1222) ; d’Oxford (commencement du XIIe siècle) et de Cambridge (1257) ; de Salamanque (1239) : de Coïmbre (1279) ; de Prague (1348) ; de Cracovie (1400) ; d’Upsal (1476) ; de Heidelberg (1386), Leipzig (1409), Louvain (1425), Tübingen (1477), Wittenberg (1502)[2].

Sous le règne de Charles VII eut lieu une réforme des anciens statuts de l’université de Paris ; ce fut le cardinal d’Estouteville, légat du pape, qui promulgua les nouveaux règlements (1452). Mais l’université n’en continua pas moins à n’enseigner que la vieille scolastique, et, lorsque François Ier voulut faire donner dans sa capitale un enseignement qui s’inspirât des idées de la Renaissance, il dut créer un établissement nouveau, le Collège royal (actuel Collège de France). L’université vit de mauvais œil cette création ; mais, n’ayant pu l’empêcher, elle trouva dans la concurrence qui lui était faite l’occasion d’améliorer quelque peu son propre enseignement. Un autre péril la menaça bientôt, la fondation de la Compagnie de Jésus. Les jésuites ouvrirent à Paris le collège de Clermont (1563), et demandèrent que leur maison fût incorporée à l’université ; celle-ci refusa énergiquement d’admettre les nouveau-venus dans son sein, et leur contesta même le droit d’enseigner ; il en résulta un procès où les jésuites obtinrent gain de cause, et l’université fut forcée de subir l’existence du collège de Clermont à côté des siens[2].

Une nouvelle réforme de l’université de Paris eut lieu en 1600, sous Henri IV ; elle était nécessitée par la décadence des études, suite des longues guerres civiles. L’enseignement des collèges de l’université resta néanmoins ce qu’il était autrefois, et parut de plus en plus gothique et barbare au milieu d’une société polie, où florissait une littérature nouvelle. Quant aux facultés, elles demeurèrent, au XVIIe siècle et au XVIIIe siècle comme au Moyen Âge, les forteresses de la scolastique et de la routine[2].

1793 - 1896 : les différents régimes écartent les universités[modifier | modifier le code]

La Révolution[modifier | modifier le code]

La Révolution, voulant réorganiser l’instruction publique, entreprit de supprimer les universités partout en France (décret de la Convention nationale du 15 septembre 1793)[3] et de créer à Paris en 1794 les quatre Écoles de l'an III (l'École polytechnique, le Conservatoire national des arts et métiers, l'École normale supérieure, l'Institut national des langues et civilisations orientales). Le projet du Comité d'instruction publique de l’Assemblée législative (projet Condorcet) instituait neuf « lycées » qui devaient « enseigner toutes les sciences dans toute leur étendue » ; l’enseignement devait y être partagé en quatre classes : sciences mathématiques et physiques ; sciences morales et politiques ; application des sciences aux arts ; littérature et beaux-arts. Le 15 septembre 1793, un décret ordonna qu’il serait établi dans la République, indépendamment des écoles primaires, trois degrés progressifs d’instruction, correspondant aux écoles secondaires, aux instituts et aux lycées du plan de Condorcet ; l’article 3 disait que les nouveaux établissements dont la Convention venait de décréter la création seraient mis en activité au 1er novembre suivant, et que, « en conséquence, les collèges de plein exercice et les facultés de théologie, de médecine, des arts et de droit étaient supprimés sur toute la surface de la République ». Mais ce décret fut suspendu le lendemain 16 septembre. Il est difficile de marquer d’une façon précise le moment où les facultés cessèrent d’exister. Celles de médecine furent officiellement remplacées par les écoles de santé, que créa le décret du 14 frimaire an III ; quant à celles de théologie et de droit, on ne les remplaça pas, non plus que celles des arts. Le décret du 7 ventôse an III, qui créa les écoles centrales, dit en son article 3 : « En conséquence de la présente loi, tous les anciens établissements consacrés à l’instruction publique sous le nom de collèges, et salariés par la nation, sont et demeurent supprimés dans toute l’étendue de la République ». La loi du 3 brumaire an IV créa, pour le haut enseignement, des « écoles spéciales » (astronomie ; géométrie et mécanique ; histoire naturelle: médecine ; art vétérinaire ; économie rurale ; antiquités ; sciences politiques ; peinture, sculpture et architecture ; musique). Dans le rapport qu’il présenta à l’appui de ce décret, le 23 vendémiaire an IV, Daunou s’était exprimé ainsi à l’égard des institutions de l’ancien régime : « Comme si le fléau de l’inégalité eût frappé inévitablement toutes les parties de l’édifice social ; comme si le despotisme eût voulu se venger de l’audace de la pensée et de la révolte des lumières, il s’étudiait sans cesse à les arrêter, à les entraver dans leur cours. Ce n’est pas que plusieurs universités, plusieurs collèges, ne fussent justement renommés pour l’habileté des maîtres et pour l’émulation des disciples ; mais le plan que les uns et les autres étaient condamnés à suivre égarait les talents et trompait leur activité. L’instruction publique était liée par trop de chaînes aux abus que vous avez renversés, pour qu’elle pût résister aux chocs de la Révolution. Les établissements inférieurs devaient céder bientôt aux progrès de la raison publique. Les institutions intermédiaires (collèges et universités), frappées des mêmes coups, ont disparu peu à peu avec les corporations qui les régissaient ; et, à l’égard des établissements supérieurs (académies, sociétés, théâtres), ils étaient entraînés aussi par leur propre corruption, par cette immoralité aristocratique dont ils renfermaient les funestes germes. » La loi du 11 floréal an X ajouta, aux écoles spéciales du décret du 3 brumaire an IV (dont quelques-unes seulement avaient été organisées), des écoles de droit[2].

Le Consulat et l’Empire[modifier | modifier le code]

La place de la Sorbonne au début du XIXe siècle.
Article connexe : Université de France.

Le Consulat détruisit les écoles centrales mais conserva les écoles spéciales[4]. La loi du 11 floréal an X (1er mai 1802) met en place 30 lycées (qui s’ajoutent aux écoles secondaires pour l’enseignement secondaire) et 29 écoles spéciales (pour l’enseignement supérieur) dont six de droit et trois de médecine[5]. On établit les grades, qui devinrent des garanties d’État et qui permirent de réglementer certaines professions, notamment celles de santé et du droit[6]; ainsi les examens du doctorat en médecine sont fixés par la loi[7]. Le baccalauréat n’existant pas, il n’y avait pas de conditions pour entrer en école spéciale. En pratique, il fallait connaître le latin puisque certains examens se passaient en latin[8].

Pendant le Premier Empire, Napoléon Ier crée l’« Université », qualifiée d’« impériale » par la suite, en 1806[8]. Il ne s’agit pas d’une université mais de l’administration de l’ensemble de l’enseignement. Une véritable hiérarchie des enseignants est mise en place[9]. Il s’agissait pour Napoléon de façonner les citoyens pour leur transmettre la morale de l’État[10]. Par ailleurs celui-ci conçoit l’enseignement supérieur uniquement comme la préparation d’une profession[11].

L’organisation de l’Université fut décrétée en 1808[12]. Au sommet, le Grand-Maître, nommé et révocable par l’Empereur, assisté du Conseil de l’Université. Il est créé autant d’académies que de circonscriptions de Cours d’Appel, administrées chacune par un recteur assisté d’un conseil académique. Dans chaque académie, des établissements publics et privés sont incorporés ou rattachés à l’Université[13]; les établissements publics sont de trois sortes : collèges communaux, lycées et facultés[14]. Ainsi l’enseignement supérieur comptait 4 facultés de théologie, 6 facultés de médecine, 12 facultés de droit et 27 facultés de sciences et de lettres[15]. Les facultés de droit et de médecine remplaçaient les écoles spéciales[16], mais gardaient leurs finalités professionnelles[17]. Les facultés des lettres et des sciences étaient des entités nouvelles dont le but premier était la formation des professeurs[15] et qui furent essentiellement consacrées à la collation des grades, sans véritable enseignement[18]. Dans le cas des sciences, l’enseignement se faisait au Collège de France, au Muséum ou à l’École polytechnique[19]. En 1814, l’Empire, agrandit par les conquêtes militaires, n’avait pas créé toutes les facultés prévues[20]. Il fut fait, entre 1809 et 1814, 3 100 licenciés en droit et 73 docteurs; 1 456 docteurs en médecine; 52 docteurs en chirurgie; 153 licenciés en lettres et 56 docteurs; 40 licenciés en sciences[21].

La Restauration et la Monarchie de Juillet[modifier | modifier le code]

À Rennes, qui comptait des facultés de droit et de lettres, Cousin voulait constituer une université bretonne en 1840. La Chambre vota pour la fondation de la faculté des Sciences mais contre celle de Médecine[22] (photo de la faculté des Sciences prise en 1905).

La Restauration condamna l’Université et voulait fournir un nouveau modèle d’éducation[23]. Le 17 février 1815, l’Université reçoit un arrêt de démembrement visant à la remplacer par dix-sept universités régionales[24]; mais cet arrêt ne fut pas appliqué en raison du retour de Napoléon Ier quelques jours plus tard[25].

Après les Cent-Jours, le Gouvernement décide d’accorder un sursis à l’Université, qui fut néanmoins modifiée : plus de Grand-Maître, plus de Conseil de l’Université mais une commission de cinq membres sous l’autorité du ministre de l’Intérieur[26]. On supprima ensuite dix-sept facultés des lettres et trois facultés des sciences[25]; des professeurs trop bonapartistes furent suspendus[27]; les programmes furent modifiés, et on envisagea d’enlever les facultés de médecine de l’Université[28]; malgré tout le fonctionnement de l’Université continua sous la même forme.

Durant la Monarchie de Juillet, François Guizot et Victor Cousin soutenaient l’idée d’une décentralisation pour voir la création de quatre universités complètes en Province plutôt que des facultés dispersées[29]. D’autres ministres comme Abel-François Villemain rejetaient cette idée, et augmentaient le nombre de facultés de Lettres et de Sciences[30]. En effet 1844, un projet de loi prévoyait que les petits séminaires (soustraits de l’Université depuis 1814) pouvaient présenter leurs élèves au baccalauréat en France[31]. Le projet ne fut pas voté mais dans les villes sans facultés, des jurys du baccalauréat indépendants des facultés s’étaient développés. L’État qui ne voulait pas renoncer au monopole des grades fut donc contraint d’augmenter le nombre de facultés[32].

La Deuxième République et Le Second Empire[modifier | modifier le code]

La Deuxième République fut marquée par la Loi Falloux en 1850 qui instaura une nouvelle organisation de l’éducation, le terme « Université » disparaît, et l’enseignement secondaire n’est plus le monopole de l’État. Rien ne fut modifié dans l’enseignement supérieur[33].

Pendant le Second Empire, les programmes des études étaient fixés de manière très précise par l’État[34]; un décret paru en 1852 mit l’éducation sous l’autorité des ministres et de l’Empereur[35]. La loi de 1854 revient en partie sur la loi Falloux, les grandes académies sont reconstituées, les recteurs voyaient leur autorité renforcée[36]. Dans l’enseignement supérieur, de nouvelles facultés furent créées[37]. Victor Duruy crée l’École pratique des hautes études, où un enseignement non programmé par l’État est donné[38].

Le début de la Troisième République[modifier | modifier le code]

En 1875, l'université catholique d'Angers est la première faculté de droit libre de France. Les facultés de lettres, des sciences et de théologie ouvrirent respectivement en 1876, 1877 et 1879. (Photo du palais universitaire d'Angers prise en 2009).

La Troisième République poursuivit les réformes de la deuxième, la loi Wallon du 12 juillet 1875 promulguée le 26 juillet 1875 a mis fin au monopole d'état dans l'enseignement supérieur[39] et son article 5 a permis aux établissements privés d'enseignement supérieur dont cette nouvelle loi permettait l'existence de prendre le nom d'« universités libres » s'ils réunissaient trois facultés. Quatre établissements universitaires privés furent ainsi créés, à Paris, Lille, Lyon et Angers[40].

Mais la loi du 18 mars 1880 relative à la liberté de l’enseignement supérieur sans remettre en cause l'existence d'établissements privés d'enseignement supérieur leur interdit de se nommer « université ». Cette interdiction figure actuellement dans l'article L731-14 du code de l'éducation[41]. Il y est précisé : « les établissements d'enseignement supérieur privés ne peuvent en aucun cas prendre le titre d'universités. Les certificats d'études qu'on y juge à propos de décerner aux élèves ne peuvent porter les titres de baccalauréat, de licence ou de doctorat ».

On pensa par la suite à recréer les universités. Un projet de William Henry Waddington de 1876 prévoyait la création de sept universités qui étaient en fait des groupements régionaux. Celui-ci n’a pas vu le jour[42]. Dans le même temps de nouveaux bâtiments sont construits partout en France pour accueillir les facultés[40]. À la fin du XIXe siècle, on compte 24 000 étudiants dans les facultés (dont 9 000 en facultés libres)[43]. En 1885, les facultés obtiennent la personnalité morale[44]; elles ont eu ensuite leur propre budget en 1890[45]. En 1885, le ministre René Goblet créa le « conseil des facultés » dans chaque académie. En 1890, un nouveau projet présenté par Léon Bourgeois devait recréer les universités ; la discussion fut interrompue, mais on institua les « corps de facultés »[46].

Depuis 1896 : renouveau des universités[modifier | modifier le code]

1896 : les universités recréées[modifier | modifier le code]

La Troisième République fit de l’Instruction publique sa grande priorité, on voulait favoriser le progrès scientifique, et aussi transmettre ces progrès à l’industrie. Ces idées s’opposaient aux rôles qu’avaient alors les facultés, qui étaient encore limités à la formation des professionnels. Le projet de 1890 prévoyait la création des universités mais en nombre limité, ce qui fit trainer la discussion au Parlement[47].

Le 18 juin 1895 un nouveau projet est présenté par le ministre Raymond Poincaré, il transforme les corps des facultés en universités, le Gouvernement prévoit ainsi plus de créations que dans la projet de 1890. Le projet est voté à l’unanimité à la Chambre des députés et au Sénat par 223 voix contre 29 ; la loi est promulguée le 10 juillet 1896. On conserva les grades délivrés par l’État, mais les titres universitaires sont désormais déterminées par les établissements[47].

La réforme de 1896 et les efforts consentis par les gouvernements successifs, mais aussi l'amélioration de l'enseignement primaire et secondaire, conduisent à une augmentation du nombre des étudiants, encore très mesurée toutefois avant la Seconde Guerre mondiale. Ainsi, il y a 29 000 étudiants en 1900, 78 000 en 1930, 137 000 en 1950, 500 000 à 600 000 en 1968 – on approche du million en 1985, pour atteindre une fourchette entre 1 200 000 et 1 500 000 dans les années 1990, et près de 2 300 000 en 2001[48]. Le taux de scolarisation dans le supérieur d’une classe d’âge de 20-24 ans passe de 2 % en 1920 à plus de 19 % en 1971 et 30 % en 1985[49].

Les universités se démocratisent et se féminisent un peu : l'École de Médecine de Paris s'ouvre aux femmes en 1868, Madeleine Brès est la première femme à soutenir une thèse de médecine. En 1884, les jeunes filles sont autorisées à étudier le droit, Jeanne Chauvin est la première avocate en 1900. En 1888, la première femme docteur ès-sciences est Louise-Amélie Leblois, en 1903 Marie Curie est la première à recevoir le prix Nobel et la première femme titulaire d’une chaire. En 1905, les femmes sont autorisées à se présenter à certaines agrégations réservées aux hommes.

Les jeunes filles ne peuvent jusqu'en 1924 passer le baccalauréat donnant accès à l'université, malgré quelques exceptions qui provoquèrent insultes et manifestations. Ce n'est qu'à partir de 1924, que les contenus, la durée, les horaires des  enseignements sont les mêmes que pour les garçons et le baccalauréat identique pour filles et garçons, permettant enfin aux jeunes filles d'entrer à l'université.

L'Université joue un plus grand rôle dans le domaine de la recherche dans toutes les disciplines. En particulier, les laboratoires de physique, chimie, biologie se développent.

L'enseignement évolue peu, mais la pharmacie acquiert une spécificité à travers les Écoles supérieures de pharmacie. En revanche, les chaires de théologie catholiques disparaissent en 1886, suivies par celles de théologie protestante en 1905.

À partir des années 1920, certains enseignements se développent et / ou gagnent en autonomie : l'économie fait l'objet d'un enseignement, d'abord au sein des facultés de droit, puis dans des facultés autonomes ; du côté des matières scientifiques, les mathématiques créent parfois des facultés autonomes ; la sociologie et la psychologie font leur entrée dans les facultés de lettres.

Les premiers centres universitaires s'ouvrent dans d'autres villes pendant la Seconde Guerre mondiale pour pallier les difficultés de communication. L’Université de Strasbourg fut repliée à Clermont-Ferrand et, lors de l’occupation totale, elle fut ensuite, à Clermont, envahie par les troupes d’occupation avec assassinat d’un professeur le 23 novembre 1943. À Paris il y eut la manifestation étudiante du 11 novembre 1940 qui entraîna pendant quelques semaines la fermeture de l’université. Les universités françaises subirent l’application du statut des juifs. Il y a eu un développement de la Résistance et de la répression[50].

L’immédiat après guerre n’a pas vu de grande réforme de l’organisation et des études dans les universités françaises, mais les souffrances supportées en commun par professeurs et étudiants sous l’Occupation ont contribué à l’esprit de développement social qui suit la Libération. On peut noter aussi que l’université de Caen, reconstruite après la destruction de la ville, fut la première université française construite sous la forme d'un campus anglo-saxon (actuel campus 1)[51]. Après guerre, l'UNEF (Union nationale des étudiants de France, fondée en 1907) proclame en 1946 la Charte de Grenoble, fondatrice du syndicalisme étudiant. Dès avant guerre, l'UNEF, alors apolitique et corporatiste, avait participé à la création des restaurants universitaires et à la création de structures de médecine préventive au sein des universités. En 1948, la MNEF est créée pour gérer la sécurité sociale étudiante issue de la Libération. L'UNEF ne se politisera que progressivement, conduisant à une scission en 1962, avec la création de la Fédération nationale des étudiants de France.

L'article 13 du préambule de la constitution de 1946 indique que : « La Nation garantit l'égal accès de l'enfant et de l'adulte à l'instruction, à la formation professionnelle et à la culture. L'organisation de l'enseignement public gratuit et laïque à tous les degrés est un devoir de l'État.»[52].

Au niveau national, les effectifs explosent, les effets du baby boom se faisant sentir dans les années 1960. De nouveaux centres universitaires sont créés à Paris et en province pour tenter de faire face à cette situation. Au cours de cette décennie, l’État créé les premiers campus à la française, sur le modèle américain. Les études de médecine et la recherche médicale sont réformées en 1958 (création des centres hospitaliers universitaires, CHU). L'université s'engage aussi dans une formation technologique avec la création, en 1966, des instituts universitaires de technologie.

En revanche, les structures administratives mises en place à la suite de la loi de 1896 évoluent peu et, en particulier, ne permettent pas aux étudiants de s'exprimer ou de peser sur les orientations du monde universitaire. Par ailleurs, la pédagogie reste très traditionnelle.

Parallèlement au système universitaire, un système de grandes écoles se constitue ou est renforcé. L'École libre des sciences politiques d'avant guerre (créée en 1872) est remplacée par Sciences-Po, tandis que l'École normale supérieure d'Ulm, réunie en 1903 à l'Université de Paris, obtient en 1954 la personnalité civile et l'autonomie financière. Dès 1962, un décret du Premier ministre Georges Pompidou, reconnaît la vocation de l'école, originellement chargée de la formation des enseignants du secondaire, à la recherche. Les années qui suivent sont toutefois difficiles pour la rue d'Ulm, perçue comme contestataire par le pouvoir gaulliste et qui est occupée par divers groupuscules maoïstes en 1971 (« nuit de la commune »).

Les grandes écoles d'ingénieurs ne s'ouvrent aux femmes que peu à peu à la suite de Polytechnique en 1972.

Les critiques à l'égard de la sclérose de l'organisation administrative, hiérarchique et centralisée de l'Université, ainsi que du traditionalisme de la pédagogie, conjuguées au problème des effectifs, vont constituer les principales revendications lors du mouvement de mai 1968, voire l'étincelle initiale (avec l'occupation, en mars 1967 à l'Université de Nanterre, du bâtiment de la cité universitaire réservé aux étudiantes par les étudiants, événement précurseur du Mouvement du 22-Mars).

1968 : les universités plus démocratiques[modifier | modifier le code]

Les évènements de mai 1968, tant à Paris qu'en province, ont pris tout le monde de court, donnant lieu à des mouvements spontanés et pas toujours organisés. Ils ont été l'occasion de rencontres nouvelles entre certains enseignants et des étudiants, ainsi qu'à une vague importante de propositions.

Dans plusieurs villes universitaires, des facultés se déclarent autonomes, des facultés ou des universités modifient leurs statuts dans un sens plus démocratique.

Après les législatives de 1968, le gouvernement réagit avec la loi Faure. Promulguée le 12 novembre 1968, cette loi compte comme mesures principales les suivantes : Les facultés sont supprimées au profit de deux nouvelles instances : les unités d’enseignement et de recherche (UER) et les universités, auxquelles sont donnés de plus larges pouvoirs. Ces universités sont administrées par des conseils qui comportent désormais des étudiants et élisent leur président d'université. Les études sont également réformées : le système des certificats est remplacé par celui des unités de valeur (UV) qui permet aux étudiants de choisir leur enseignement. Enfin, on renonce à la sélection à l’entrée des universités[53].

La loi permet la scission de certaines universités, ce qui entraîne une augmentation du nombre des universités, créées entre 1968 et 1971. Le mouvement est particulièrement visible à Paris, où treize universités sont créées, remplaçant l'Université de Paris. Ces scissions sont largement politisées, se faisant selon un clivage gauche/droite. Lorsque celles-ci résultent de situations véritablement conflictuelles, le ministre de l'Éducation, Joseph Fontanet, tranche de manière autoritaire, comme à Lyon ou à Aix-Marseille. Selon le rapport Rousso, « Il prend ainsi une décision d’ordre public qui cherche à affirmer la primauté de l’État sur le principe de l’autonomie universitaire lorsque les universitaires s’avèrent incapables de régler seuls une crise majeure. »[49]. À l'inverse, le Centre universitaire expérimental de Vincennes, créé par le ministre de l'Éducation Edgar Faure à l'automne 1968, est ancré à gauche, fonctionnant sur le principe de l'autogestion. Deleuze, Foucault, Lyotard, Badiou et d'autres y enseigneront, avant qu'il soit rasé en 1979, rejoignant l'Université Paris VIII créée en 1969.


La loi Savary en 1984 fait des universités des établissements publics à caractère scientifique, culturel et professionnel, les UER prennent le nom d'unités de formation et de recherche (UFR). La démocratie universitaire est renforcée avec la création du Conseil des études et de la vie universitaire (CEVU), où les étudiants et les enseignants sont représentés à parité. La plupart des universités se dotent d'un vice-président étudiant.

Le décret du 6 juin 1984 crée le statut d’« enseignant-chercheur » et fixe leur service à 192 heures « équivalent TD »[54].

Toujours en 1984, un projet de loi remet en cause la liberté d’enseignement. À la suite d'importantes manifestations, le projet est retiré et le gouvernement de Pierre Mauroy démissionne.

D'autres formations à caractère professionnel sont créées : les magistères en 1985, les instituts universitaires professionnalisés en 1991.

À la suite des grèves de 1995, sont créés les premières structures SUD Étudiant.

Dans les années 1990 et 2000, la France s'engage dans des plans de modernisation, en particulier pour améliorer les structures (restaurants universitaires, laboratoires…) ou pour rénover les locaux.

Depuis 2002 : harmonisation européenne, regroupements et compétences élargies[modifier | modifier le code]

La première tentative pour donner plus d’autonomie aux universités date de 1986 avec le projet de loi Devaquet (réforme abandonnée à la suite des contestations des étudiants).

La réforme LMD de 2002 modifie l’architecture des enseignements et met fin aux programmes nationaux des diplômes. En 2003, Luc Ferry présente un projet de loi donnant plus d’autonomie aux universités, celui-ci est finalement ajournée[55].

En 2006, la Loi de programme pour la recherche a créé la possibilité de créer des pôles de recherche et d’enseignement supérieur (PRES) dont le but affiché est de faciliter le rapprochement d'universités et d'établissements d'enseignements supérieurs d’une même ville ou région. Les interactions entre universités est de plus en plus importante et on assiste à des fusions d’universités, comme à Strasbourg.

En 2007, La Loi relative aux libertés et responsabilités des universités a modifié les compositions des conseils centraux en diminuant le poids de la communauté universitaire en leur sein. Le mode d’élection des présidents est modifié. Les universités accèdent peu à peu à l’autonomie financière.

On assiste alors à la volonté du gouvernement de créer quelques pôles forts, thématiques, là où précédemment on voulait traiter les université avec égalité, tout d’abord avec le Plan campus qui porte du des opérations foncières et immobilières, puis avec la création de « campus d’excellence » dans le cadre du grand emprunt.

En 2013, La loi relative à l'enseignement supérieur et à la recherche (loi no 2013-660 du 22 juillet 2013) crée les communautés d’universités et établissements pour succéder aux établissements publics de coopération scientifique et aux pôles de recherche et d’enseignement supérieur. La loi prévoit que « la coordination territoriale est organisée par un seul établissement d'enseignement supérieur pour un territoire donné [académique ou interacadémique] » et elle permet le regroupement des établissements d’enseignement supérieur et de recherche.

Évolution de la filière générale depuis 1968[modifier | modifier le code]

En 1973, le premier cycle est rénové avec la création du diplôme d'études universitaires générales (DEUG)[56].

En 1974 la réglementation du doctorat est unifiée pour toutes les disciplines. Le doctorat d’État sanctionne la reconnaissance d’un travail de recherche de haut niveau et de plusieurs années[57]. Le doctorat de 3e cycle fait suite à la maîtrise et dure trois ans dont une année pour préparer le DEA[58] et le diplôme de docteur-ingénieur fait suite au diplôme d’ingénieur et dure trois ans dont une année pour préparer le DEA[59].

En 1976, le second cycle est rénové : il comprend la licence en un an et la maîtrise en un an après la licence[60].

Après 1984, les études doctorales aboutissent sur le même diplôme. La préparation du DEA dure un an et la thèse entre deux et quatre[61].

Enfin la réforme Licence-Master-Doctorat de 2002 va découper l’enseignement supérieur en trois grades, et les diplômes universitaires se voient aligner sur ces grades.

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Évolution démographique[modifier | modifier le code]

Les données issues de la publication Repères et références statistiques sur les enseignements, la formation et la recherche portent sur l’ensemble des universités publiques de métropole et d'outre-mer, ainsi que sur le CUFR d'Albi, l’université de Lorraine (qui bénéficie d'un statut de Grand établissement depuis 2011), le PRES de Paris Est et le PRES de Grenoble. Les effectifs incluent également les étudiants des IUFM de métropole et de La Réunion depuis 2008, et des autres DOM depuis 2010. Sont par contre exclus depuis 2004 les effectifs de l'université Paris-Dauphine, et depuis 2008 les effectifs des 17 écoles d'ingénieurs rattachées à une université[62].

Le mode de calcul ayant changé à partir de l'édition 2004, les chiffres fournis dans les éditions antérieures ne sont pas directement comparables[63]

Évolution du nombre d'étudiants
1920 1945 1946 1947 1948 1949 1950 1951 1952
50 000[64],[65] 97 007[66] 123 313[66] 129 025[66] 128 754[66] 129 035[66] 136 744[66] 139 593[66] 142 096[66]
1953 1954 1955 1956 1957 1958 1959 1960 1961
147 844[66] 151 115[66] 155 803[66] 157 489[66] 170 023[66] 180 634[66] 192 128[66] 202 062[66] 210 900[66]
1962 1963 1964 1965 1966 1967 1968 1969 1970
232 610[66] 270 788[66] 322 630[66] 367 701[66] 413 756[66] 458 409[66] 509 898[66] 586 466[66] 625 551[66]
1971 1972 1973 1974 1975 1976 1980-81 1985-86 1990-91
661 792[66] 696 867[66] 734 783[66] 750 963[66] 773 629[66] 811 258[66] 858 085[67] 945 751[68] 1 159 937[68]
1995-96 1996-97 1997-98 1998-99 1999-00 2000-01 2001-02 2002-03 2003-04
1 461 996[68] 1 443 077[68] 1 416 995[68] 1 396 910[68] 1 390 334[68] 1 396 760[68] 1 374 364[68] 1 392 531[68] 1 425 665[68]
2004-05 2005-06 2006-07 2007-08 2008-09 2009-10 2010-11 2011-12 2012-13
1 424 536[68] 1 421 719[68] 1 399 177[68] 1 363 750[68] 1 404 376[68] 1 444 583[68] 1 437 104[68] 1 450 689[69] 1 462 716[69]
Évolution du nombre d'enseignants
1928 1946 1950 1960 1962 1963 1964 1965 1966
1 000[64],[65] 3 125[70] 5 799[70] 7 901[70] 12 327[70] 15 097[70] 16 904[70] 18 500[70] 20 964[70]
1967 1968 1969 1970 1971 1972 1974 1975 2009
22 513[70] 26 265[70] 28 424[70] 35 679[70] 37 182[70] 37 851[70] 38 220[70] 40 512[70] 73 000[64],[65]

Sources[modifier | modifier le code]

  1. Histoire des femmes scientifiques de l'Antiquité au XXIe siècle, d'Éric Sartori.
  2. a, b, c, d, e et f Buisson 1911, article « Universités » I. Les universités de l’ancien régime; par James Guillaume.
  3. Décret du 15 septembre 1793 : suppression des universités.
  4. Liard 1894, p. 1.
  5. Liard 1894, pp 19 à 32.
  6. Liard 1894, p. 39.
  7. Liard 1894, p. 46.
  8. a et b Liard 1894, p. 45.
  9. Liard 1894, p. 79.
  10. Liard 1894, p. 70.
  11. Liard 1894, p. 101.
  12. Liard 1894, p. 94.
  13. Liard 1894, p. 95.
  14. Liard 1894, p. 96.
  15. a et b Liard 1894, p. 106.
  16. Liard 1894, p. 97.
  17. Liard 1894, p. 103.
  18. Liard 1894, p. 109.
  19. Liard 1894, p. 113.
  20. Liard 1894, p. 118.
  21. Liard 1894, p. 122.
  22. Liard 1894, p. 189.
  23. Liard 1894, p. 127.
  24. Liard 1894, p. 129.
  25. a et b Liard 1894, p. 132.
  26. Liard 1894, p. 133-135.
  27. Liard 1894, p. 142.
  28. Liard 1894, p. 161-163.
  29. Liard 1894, p. 181-185.
  30. Liard 1894, p. 188.
  31. Buisson 1911, article « Liberté de l’enseignement ».
  32. Liard 1894, p. 196-199.
  33. Liard 1894, p. 223-239.
  34. Liard 1894, p. 215-217.
  35. Liard 1894, p. 241-252.
  36. Liard 1894, p. 254-256.
  37. Liard 1894, p. 262.
  38. Liard 1894, p. 294-295.
  39. Grandes lois de la République et Les textes fondateurs.
  40. a et b Liard 1894, p. 297-333.
  41. Code de l’éducation, article L731-14 sur www.legifrance.gouv.fr.
  42. Liard 1894, p. 365-370.
  43. Liard 1894, p. 377.
  44. Liard 1894, p. 407-408.
  45. Liard 1894, p. 411-412.
  46. Liard 1894, p. 418-425.
  47. a et b Buisson 1911, article « Universités » II. Les modernes universités françaises; par Louis Liard.
  48. Rapport Rousso, 2001, qui cite Antoine Prost, Éducation, sociétés et politiques. Une histoire de l’enseignement de 1945 à nos jours, Paris, Éd. du Seuil, 1997 (nlle. éd.), 254 p., p. 139 ; Christophe Charle, Jacques Verger, Histoire des universités, Paris, PUF, 1994, (coll. « Que sais-je ? »), p. 121-122.
  49. a et b Rapport Rousso (2004), Chapitre I.
  50. Voir le témoignage d’un professeur de la Faculté des Lettres de l’Université de Paris, Georges Mathieu, écrit en 1946, mais publié seulement récemment : Georges Mathieu, La Sorbonne en guerre….
  51. Symbole de la Reconstruction, l'université de Caen classée au titre des monuments historiques, site de la Direction régionale des Affaires culturelles de Basse-Normandie, 30 août 2012.
  52. La constitution.
  53. Claude Lelièvre, « La loi Edgar Faure: 40 ans déjà », sur www.mediapart.fr, .
  54. Rémy Schwartz, « Commission de réflexion sur l’avenir des personnels de l’Enseignement supérieur », , p. 30-34 Missions et obligations de service.
  55. Émilie Travert, « Universités: feu sur la réforme! », .
  56. A. Léon, P. Roche, Histoire de l'enseignement en France, p. 115.
  57. « Arrêté du 16 avril 1974 relatif au doctorat d’État ».
  58. « Arrêté du 16 avril 1974 relatif au doctorat de 3e cycle ».
  59. « arrêté du 16 avril 1974 relatif au diplôme de docteur-ingénieur ».
  60. « Arrêté du 16 janvier 1976 relatif au deuxième cycle des études universitaires ».
  61. « Arrêté du 5 juillet 1984 relatif aux études doctorales ».
  62. Catherine Moisan (dir.), Repères et références statistiques sur les enseignements, la formation et la recherche : édition 2013, , 431 p. (ISSN 1635-9089, lire en ligne), partie 6 Les étudiants, p. 176.
  63. Pour 1985, l'édition 2003 donne par exemple 967 778 étudiants, contre 945 751 dans les éditions ultérieures. Pour 1990, 1 182 784 contre 1 159 937. Pour 1995, 1 485 583 contre 1 461 996. Pour 1996, 1 469 423 contre 1 443 077. Pour 1997, 1 444 038 contre 1 416 995. Pour 1998, 1 424 395 contre 1 396 910. Pour 1999, 1 419 635 contre 1 390 334. Pour 2000, 1 426 939 contre 1 396 760. Pour 2001, 1 404 014 contre 1 374 364. Pour 2002, 1 424 933 contre 1 392 531. Claudine Peretti (dir.), Repères et références statistiques sur les enseignements, la formation et la recherche : édition 2003, , 352 p. (ISSN 1635-9089, lire en ligne), partie 6.3 Les étudiants des universités en 2002-2003, p. 152
  64. a, b et c [1] L'université sous la loupe des chercheurs, Lemonde.fr, le 8 janvier 2011.
  65. a, b et c Revue Le Mouvement social, Mutations de la science et des universités en France depuis 1945, no 233, janvier 2011, La Découverte - (ISBN 9782707166593).
  66. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m, n, o, p, q, r, s, t, u, v, w, x, y, z, aa, ab, ac, ad, ae et af Pallier, Denis, « Les bibliothèques universitaires de 1945 à 1975 », BBF, 1992, no 3, p. 58-73, tableau no 1.
  67. Sur un périmètre différent des années 1985-.... Claudine Peretti (dir.), Repères et références statistiques sur les enseignements, la formation et la recherche : édition 2003, , 352 p. (ISSN 1635-9089, lire en ligne), partie 6.3 Les étudiants des universités en 2002-2003, p. 152
  68. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m, n, o, p, q et r Daniel Vitry (dir.), Repères et références statistiques sur les enseignements, la formation et la recherche : édition 2009, , 426 p. (ISSN 1635-9089, lire en ligne), p. 6.4 les étudiants des universités en 2008-2009, p. 171.
  69. a et b Catherine Moisan (dir.), Repères et références statistiques sur les enseignements, la formation et la recherche : édition 2013, , 431 p. (ISSN 1635-9089, lire en ligne), p. 6.4 Les étudiants des universités, p. 177.
  70. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m, n, o et p Pallier, Denis, « Les bibliothèques universitaires de 1945 à 1975 », BBF, 1992, no 3, p. 58-73, tableau no 3.

Articles plus généraux[modifier | modifier le code]

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Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

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