Histoire des cathédrales en France

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Cet article retrace l'histoire des cathédrales en France.

Sommaire

Qu'est-ce qu'une cathédrale ?[modifier | modifier le code]

De la cathèdre à la cathédrale[modifier | modifier le code]

Le nom cathédrale vient du latin cathedra (siège à dossier). La cathèdre était le siège où s'asseyait l'évêque. Une cathédrale est donc l'église où siège l'évêque. Le nom d'église cathédrale ne fut employé qu'à partir du Xe siècle. Il y a une cathédrale par diocèse. La cathédrale d'un diocèse supprimé est encore appelée cathédrale. Il existe des cathédrales en France depuis la création des diocèses à la fin de l'Antiquité[Note 1].

Types particuliers de cathédrales[modifier | modifier le code]

  • Une concathédrale ou co-cathédrale est une église qui exerce en indivis avec une autre la fonction de cathédrale d'un diocèse. On n'en connait que peu d'exemples, celles de Sospel et de Forcalquier étant les plus connues.
  • Une pro-cathédrale est une église assumant la fonction de cathédrale sans en avoir le titre canonique. Cet état de fait est dû à une indisponibilité de la cathédrale (en travaux voire en construction), indisponibilité qui peut se prolonger : en Corse la plupart des cathédrales a été ruinée au Xe siècle et remplacée par des pro-cathédrales qui sont restées sièges épiscopaux jusqu'à la Révolution sans jamais obtenir le titre de cathédrale.

Des abbayes aux cathédrales[modifier | modifier le code]

Ce que les abbayes font durant le XIe siècle, les évêques n'en ont ni les ressources, ni le pouvoir.

Jusqu'à la fin du XIIe siècle, les cathédrales n'ont pas les dimensions que nous leur connaissons aujourd'hui : nombre d'églises abbatiales sont des constructions beaucoup plus grandes (cf. Cluny dont les dimensions sont supérieures à la basilique actuelle de Saint-Pierre de Rome). Jusque-là, le morcellement féodal constitue un obstacle à la constitution civile des populations ; l'influence des évêques est limitée par ces grands établissements religieux du XIe siècle. Les abbayes menées par des abbés à forte personnalité, constituent par contre des centres d'attraction où se combinent richesse et pouvoir, intelligence et activité. Les abbayes sont des propriétaires puissants, protégés par les papes et jouissent de privilèges étendus qui les assimilent quasiment à des seigneurs féodaux. Leur influence est considérable du fait de leur participation très active à l'éducation de la jeunesse et à toutes les décisions politiques.

Lorsque les populations urbaines, instruites, enrichies, laissent paraître les premiers symptômes d'émancipation et s'érigent en communes, se produit une réaction contre la féodalité monastique et séculière. Les évêques, appuyés par la monarchie, vont profiter avec autant de promptitude que d'intelligence de ce mouvement : l'instant est propice pour reconquérir le pouvoir et l'influence qui leur revient normalement au sein de l'Église, alors qu'ils s'étaient concentrés dans les établissements religieux.

Parfois, les collégiales sont titrées cathédrales sans reconstruction notable. C'est le cas de la Cathédrale Saint-Dié de Saint-Dié-des-Vosges, vaste édifice roman dont seule la façade fut reconstruite au XVIIIe siècle, avant que de devenir siège d'un évêché en 1777.

Le Moyen Âge, âge d'or des Cathédrales[modifier | modifier le code]

La majorité des cathédrales a été érigée entre 800 et 1600. Ainsi la construction de la cathédrale Notre-Dame de Paris a débuté en 1163, celle de la cathédrale Notre-Dame de Reims en 1211.

En dehors de cette période, quelques cathédrales furent construites ou reconstruites comme par exemples :

Le temps des premières cathédrales[modifier | modifier le code]

Seule l'archéologie nous permet de connaître l’existence de cathédrales antérieures au XIe siècle. Une exception notable cependant, une partie de la nef de l' ancienne cathédrale carolingienne de Beauvais subsiste aujourd'hui.

Les cathédrales romanes[modifier | modifier le code]

En France, les cathédrales romanes ont pour la plupart disparu. Elles furent pour la plupart, remplacées par des cathédrales gothiques. Subsistent aujourd'hui : la Cathédrale Saint-Étienne d'Agde, la Cathédrale Saint-Pierre d'Angoulême, la Cathédrale Notre-Dame-et-Saint-Véran de Cavaillon, la Cathédrale Notre-Dame-du-Bourg de Digne, la Cathédrale Sainte-Eulalie-et-Sainte-Julie d'Elne, la Cathédrale Notre-Dame d'Embrun, la Cathédrale Notre-Dame-du-Puy de Grasse, la Cathédrale Notre-Dame-de-l'Assomption de Lescar, la Cathédrale Notre-Dame-de-Nazareth d'Orange, l'ancienne cathédrale Saint-Etienne de Périqueux, la cathédrale Saint-Front de Périgueux, la Cathédrale Saint-Pons de Saint-Pons-de-Thomières, la Cathédrale Notre-Dame-de-l'Assomption de Senez, la Cathédrale Notre-Dame-des-Pommiers de Sisteron, la cathédrale de Vaison-la-Romaine, la Cathédrale Saint-Pierre-et-Saint-Paul de Villeneuve-lès-Maguelone...

L'essor au XIIe siècle et première moitié du XIIIe siècle[modifier | modifier le code]

Dans la seconde moitié du XIIe et au XIIIe siècle, l'épiscopat se renforce et entreprend de reconstruire ses cathédrales. La relative prospérité de l'économie et des finances royales, et l'appui fort de souverains — comme Philippe-Auguste, Louis VIII et Saint Louis — forment un contexte favorable à ce projet (ce qui explique, pour l'essentiel, que les cathédrales sont construites sur le domaine royal). Le concours énergique des populations et l'activité développée par les établissements religieux allait lui venir en aide. Il est difficile aujourd'hui de donner une idée de l'empressement avec lequel les populations urbaines se mirent à élever des cathédrales. La foi avait certes son importance, mais il s'y joignait un instinct très juste d'unité et de constitution civile.

L'essoufflement du mouvement[modifier | modifier le code]

L'autorité royale limite les ambitions du clergé[modifier | modifier le code]

L'alliance du clergé avec la monarchie ne tarde pas à inquiéter les barons ; saint Louis reconnait bientôt que le pouvoir royal ne fait que changer de maître. En 1235, la noblesse de France et le roi s'assemblent à Saint-Denis pour limiter la puissance que les tribunaux ecclésiastiques s'étaient arrogée.

En 1246, les barons rédigent un pacte d'union et nomment une commission des quatre plus puissants d'entre eux, pour décider dans quels cas le baronnage doit prendre fait et cause pour tout seigneur vexé par le clergé. De plus, chaque seigneur s'engage à mettre en commun la centième partie de son revenu, afin de poursuivre activement le but de l'union.

Au milieu de ces dangers, par sa conduite à la fois ferme et prudente, le roi parvient à contenir les prétentions du clergé dans des limites favorables à son pouvoir, et faire prévaloir l'autorité monarchique sur la féodalité. Dès lors, le rythme des constructions se ralentit: les édifices commencés sont achevés à la hâte, et ceux qui sont lancés le sont à moins vaste échelle. Les quelques études des comptes montrent que les réserves dont disposent les évêques se sont épuisées, souvent en rachat d'immeubles autour des anciennes cathédrales, et/ou dans le début de la construction de l'église. Les projets s'essoufflent ou ralentissent dans la mesure où ils ne sont plus alimentés que par des dons annuels ou les excédents dégagés par les ressources du domaine de l'évêque.

Ralentissement des campagnes de construction dans la seconde moitié du XIIIe siècle[modifier | modifier le code]

  • Les chantiers de ces vastes constructions tardivement sorties de terre n'arrivent pas à leur développement final ; ils s'arrêtent tout à coup ; si les cathédrales sont achevées, c'est au prix d'efforts personnels d'évêques ou de chapitres qui emploient leurs propres biens pour terminer ce que la Foi et la fougue de toute une population avaient entrepris. Rares sont les cathédrales qui ont été achevées telles qu'elles avaient été projetées.

Cela se comprend : la période pendant laquelle leur existence est pour ainsi dire un besoin impérieux, l'expression d'un désir irrésistible, correspond à une durée d'environ 60 ans, comprise entre les années 1180 et 1240. Ce qui surprend aujourd'hui, c'est qu'en un temps aussi court on ait pu obtenir, sur un territoire aussi vaste, des résultats aussi surprenants ; car ce n'était pas seulement des manœuvres qu'il fallait trouver, mais des milliers d'artistes qui, la plupart, étaient des hommes dont le talent dans l'exécution des œuvres est pour nous aujourd'hui un sujet d'admiration.

  • À la mort de Philippe-Auguste, en 1223, les diocèses batisseurs sont compris dans le domaine royal : Beaucoup ont rebâti leurs cathédrales initiales. Les constructions sont fort avancées même si beaucoup restent inachevées.
  • Si certains diocèses sont politiquement unis au domaine royal, et s'en reconnaissent vassaux, leurs cathédrales s'élèvent rapidement sur des plans nouveaux, comme celles de la France; les diocèses de Reims, de Châlons, de Troyes en Champagne, sont les premiers à suivre le mouvement. En Bourgogne, ceux d'Auxerre et de Nevers, les plus rapprochés du domaine royal, reconstruisent leurs cathédrales ; ceux d'Autun et de Langres, plus éloignés, conservent leurs anciennes églises élevées vers le milieu du XIIe siècle.
  • Dans la Guyenne, restée anglaise, excepté Bordeaux qui tente un effort vers 1225, Périgueux, Angoulême, Limoges, Tulle, Cahors, Agen, gardent leurs vieux monuments.
  • En dehors du domaine royal, le mouvement n'existe pas, et ce n'est que plus tard, vers la fin du XIIIe siècle, lorsque la monarchie eut à peu près réuni toutes les provinces des Gaules à la Couronne, que l'on entreprend la reconstruction des cathédrales. C'est alors que quelques diocèses remplacent leurs vieux monuments par des constructions neuves élevées sur des plans sortis du domaine royal. Mais ce mouvement est restreint, timide, et il s'arrête bientôt par suite des difficultés politiques du XIVe siècle.
  • À la mort de Philippe le Bel, en 1314 -soit près d'un siècle plus tard- le domaine royal s'est étendu : il englobe la Champagne, le Languedoc, le marquisat de Provence, l'Auvergne et la Bourgogne. Les provinces anglaises et la Provence, seules, résistent. À la mort de Charles V, en 1380, les Anglais ne possèdent plus que Bordeaux, le Cotentin et Calais.
Montpellier (Cathédrale Saint-Pierre de Montpellier en 1364), Carcassonne, Narbonne, Lyon, exécutent dans leurs cathédrales des travaux considérables et tentent de les renouveler. Clermont en Auvergne, cherche à suivre l'exemple.
  • Mais l'élan formidable du XII°/XIII°s semble épuisé : les cathédrales dont la reconstruction n'a pas été commencée pendant le XIIIe siècle demeurent ce qu'elles sont ; celles restées inachevées se terminent avec peine[1].
Le mouvement continue, de manière plus lente, alors que les styles utilisés se diversifient : Cathédrale Saint-Pierre de Rennes (1490), Cathédrale Sainte-Marie d'Auch (1489)

Liste de cathédrales avec mention de la date présumée de début des travaux[modifier | modifier le code]

La construction de cathédrales à l'époque moderne[modifier | modifier le code]

La fin de travaux déjà engagés au Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Certaines cathédrales inachevées au Moyen Âge ont connu une reprise des travaux au XVIe siècle comme la cathédrale Saint-Pierre de Beauvais et la Cathédrale Notre-Dame d'Évreux par exemples. La Cathédrale Saint-Maclou de Pontoise et la Cathédrale Notre-Dame du Havre furent elles aussi en grande partie reconstruites au XVIe siècle en style Renaissance.

Les cathédrales des XVIIe et XVIIIe siècles[modifier | modifier le code]

La construction d'un certain nombre de cathédrales fut entreprise après la Révocation de l'Edit de Nantes, en 1685. L'Eglise encouragée par le pouvoir royal entendait affirmer sa présence en terre jusque là protestante. Ce fut le cas à La Rochelle et à Montauban.

D'autres constructions furent engagées pour remplacer un édifice ruiné comme à Rennes, Dax ou à Langres pour la façade. La création du diocèse de Nancy, en 1777 fit de la primatiale de Lorraine, la cathédrale de Nancy. Les cathédrales actuelles d'Arras et de Cambrai n'accédèrent à cette dignité que par la destruction des anciennes cathédrales vendues comme biens nationaux à la Révolution française.

Epoque contemporaine, la fin de la construction de cathédrales ?[modifier | modifier le code]

Les cathédrales du XIXe siècle[modifier | modifier le code]

Quelques cathédrales furent reconstruites au cours du XIXe siècle comme la cathédrale de Boulogne-sur-Mer en style néoclassique, la cathédrale de Belley, la cathédrale de Gap ou la cathédrale de Lille en style néogothique ; la cathédrale de Moulins étant agrandie, en style néogothique également. La Cathédrale Sainte-Marie-Majeure de Marseille, quant à elle, fut reconstruite en style néo-byzantin dans la seconde moitié du XIXe siècle. La Cathédrale Saint-Charles-Borromée de Saint-Étienne de style néogothique a été construite de 1912 à 1923.

Les cathédrales des XXe et XXIe siècles[modifier | modifier le code]

Dans les années 1960, la création de nouveaux diocèses dans la région parisienne a entraîné l'élévation au rang de cathédrale d'édifices construits dans l'entre-deux-guerres comme la cathédrale de Nanterre, la cathédrale d'Evry construite à la toute fin du XXe siècle et la cathédrale de Créteil inaugurée en 2015.

Construction[modifier | modifier le code]

Les styles architecturaux des Cathédrales[modifier | modifier le code]

Voir article détaillé : Architecture occidentale du Moyen Âge au XIXe siècle.

De nombreuses cathédrales ont plusieurs styles (roman et gothique, gothique et classicisme, classicisme et baroque…). Les architectes ont de nombreuses fois eu recours aux anciens styles (réparation d'anciennes cathédrales, fin de chantiers). Ces styles ne se résument évidemment pas seulement aux cathédrales et aux autres édifices religieux[2].

Situation[modifier | modifier le code]

La localisation des cathédrales est généralement située au centre des villes dans cœur historique. Elles ont été édifiées le plus souvent dans le quartier épiscopal et furent, durant tout le Moyen Âge, le symbole du pouvoir religieux. Elles concurrençaient les lieux de pouvoirs politiques - châteaux, hôtels de ville - et économiques - halles, marchés… - . Au Moyen Âge, les cathédrales représentaient le pouvoir du clergé, mais aussi celui de la royauté. Les rois furent tout autant auteurs de constructions de cathédrales que l'Église. C'est pourquoi, à la Révolution française, châteaux et cathédrales furent endommagés.

La façade ouest est généralement la façade principale, frontale : traditionnellement, l'abside des cathédrales pointe vers l'est, côté où le soleil se lève, signe de résurrection et non vers Jérusalem comme on le croit parfois (par identification abusive aux mosquées dont le mihrab est tourné vers la Mecque). Exception notable du positionnement des portails qui sont exclusivement latéraux pour certaines cathédrales de plan roman-rhénan qui possèdent deux chœurs telle la cathédrale Notre-Dame de Verdun.


Dans l'est de la France, pouvait être adjointe la représentation d'une puissance urbaine gagnée sur les évêques, notamment à Strasbourg et à Metz où le clocher principal servait de beffroi municipal, au service du gouvernement de la cité libre.

Structure de l'édifice[modifier | modifier le code]

De nombreux édifices se sont succédé sur un même site, au gré des destructions accidentelles (incendies entre autres), de l'urbanisation croissante ou de la mode (cathédrale Notre-Dame de Paris, cathédrale Notre-Dame de Reims, cathédrale Notre-Dame de Strasbourg). À Chartres, on est certain qu'un lieu de culte païen précédait la cathédrale. Des cathédrales commencées avec le style roman ont été achevées avec le style gothique: Voir primatiale Saint-Jean de Lyon.

D'autres, comme la cathédrale de Verdun possèdent l'influence de tous les styles : reconstruite dès la fin du Xe siècle en style roman, les chapelles latérales sont créées en période gothique, (cloître gothique flamboyant) et la sculpture est refaite par la suite en style classique.

(il est actuellement interdit de modifier des édifices d’architectures datant d’il y a plusieurs siècles sans autorisation spéciale).

Les chantiers des grandes cathédrales duraient en moyenne un siècle, mais la durée des constructions individuelles est très variée ; ainsi, la construction de la cathédrale de Reims prit-elle soixante-quatre ans, alors que celle de Strasbourg dura deux cent quatre-vingt-trois ans. Certaines cathédrales ont été remaniées à des périodes distinctes, séparées par de longues intervalles ; d'autres ont été dotées d'éléments supplémentaires alors que leur construction était achevée depuis longtemps.

Les cathédrales de France sont de rite catholique, et une majorité ont été bâties en l'honneur de la Vierge Marie, portant le nom de Notre-Dame : elles ont été construites majoritairement au Moyen Âge.

Lexique[modifier | modifier le code]

Le mode de couverture[modifier | modifier le code]

Pour se limiter aux couvertures il est possible de citer:

berceau longitudinal ou arc en plein cintre (églises majeures de Limagne)
berceau transversal (Tournus)
charpente (abbaye Normandes: Jumiége, Caen)
voute d'arête (cathédrales Ottoniennes: Mainz, Spier, Worms)
arc brisé (Paray le Monial, Sénanque)
croisée d'ogives (abbaye de Lessaye, basilique St Ambroise de Milan)
file de coupoles (églises de l'ouest: Aulnay de Saintonge, Fontevraut)

Les flèches[modifier | modifier le code]

La flèche est un élément débutant comme une tour mais finissant par une pointe, les angles se rejoignant en raison de leur position faiblement penchée vers le centre. Ainsi, plus ils sont penchés, plus ils se rejoignent vite, et plus la flèche est basse. La flèche peut se trouver sur un clocher comme sur le toit d'une nef (généralement à la croisée du transept). Elle est éventuellement surmontée d'une pointe (comptée généralement avec la flèche).

Les flèches en bois[modifier | modifier le code]

Quelques cathédrales gothiques sont dotées d'une flèche au centre de la toiture, à la croisée du transept comme la cathédrale Notre-Dame de Paris, la Cathédrale Notre-Dame d'Amiens et la Cathédrale Saint-Étienne de Saint-Brieuc par exemple. Ces flèches sont en bois. La flèche de la Cathédrale Notre-Dame de Reims est située à l'extrémité de la toiture du chœur.

Les flèches en pierre[modifier | modifier le code]

La Cathédrale Saint-Lazare d'Autun possède une flèche en pierre à la croisée du transept. La cathédrale de Luçon, la Cathédrale Saint-Vincent de Saint-Malo, la Cathédrale Notre-Dame de Senlis, la cathédrale Notre-Dame de Strasbourg, la cathédrale de Tréguier et la Cathédrale Notre-Dame de Tulle possèdent une flèche de pierre au sommet d'un clocher.

Les cathédrales possédant deux flèches au sommet de tours sont les suivantes : Cathédrale Saint-Maurice d'Angers, Cathédrale Notre-Dame de Bayeux, Cathédrale Saint-André de Bordeaux, Cathédrale Notre-Dame de Chartres, Cathédrale Notre-Dame de Clermont-Ferrand, Cathédrale Notre-Dame de Coutances, Cathédrale Saint-Bénigne de Dijon, cathédrale de Mende, cathédrale de Moulins, Cathédrale Saint-Corentin de Quimper, cathédrale de Saint-Pol-de-Léon, Cathédrale Notre-Dame de Sées, ...

En France, la flèche de la cathédrale de Beauvais culmina à 153 mètres pendant 6 ans avant de s'effondrer en 1573.

Avec une flèche dont le sommet pointe à 142 m du sol, la cathédrale Notre-Dame de Strasbourg resta l'édifice le plus haut du monde de 1647 (date de la chute de la flèche de l'Église Sainte-Marie de Stralsund) à 1874, (date de l'achèvement de la flèche de l’église Saint-Nicolas de Hambourg : 147 m).

Flèche en fonte[modifier | modifier le code]

La flèche en fonte surmontant sa tour-lanterne fait de la cathédrale Notre-Dame de Rouen la plus haute cathédrale de France. La cathédrale Notre-Dame de Rouen atteint les 151 mètres en 1876, date de la fin de la construction de sa flèche. (aujourd'hui plus haute cathédrale de France). Depuis le XIXe siècle, les flèches des cathédrales allemandes d’Ulm et de Cologne la dépassent avec les hauteurs respectives de 161 mètres et 157 mètres.

Cathédrales sans flèche[modifier | modifier le code]

Par contre, un certain nombre de cathédrales françaises ne possèdent pas de flèches  : Cathédrale Notre-Dame de Laon, Lyon, Cathédrale Saint-Pierre-et-Saint-Paul de Nantes, Cathédrale Sainte-Croix d'Orléans, Cathédrale Saint-Pierre de Poitiers,Cathédrale Saint-Gervais-et-Saint-Protais de Soissons, Cathédrale Saint-Étienne de Toul, Cathédrale Saint-Gatien de Tours, Cathédrale Saint-Pierre-et-Saint-Paul de Troyes etc.

La nef[modifier | modifier le code]

La nef est le couloir allant de l’entrée principale au transept (le couloir perpendiculaire formant la courte barre de la croix), avant le chœur dans lequel se trouve l’autel.
Les chaises ou les bancs se trouvent dans la nef centrale (on ignore généralement que de nombreux édifices ne conservaient ni chaises, ni bancs : l'office s'écoutait debout).
La cathédrale Saint-Pierre de Beauvais est remarquable par son absence de nef, l'édifice actuel ne comprend que le chœur, immense, seul construit et donc la plus haute élévation de France et du monde entier avec 48,5 m. La cathédrale Cathédrale Saint-Just-et-Saint-Pasteur de Narbonne n'a elle aussi pas de nef. Les nefs les plus élevées de France sont celles des cathédrales d'Amiens (42,3 m) et de Metz (41 m).

Les Cloches[modifier | modifier le code]

Emmanuel, bourdon de Notre-Dame de Paris (1681)

Les cloches constituent la « voix » des cathédrales. Au Moyen Âge, les ensembles campanaires sont impressionnants : Notre-Dame de Paris, par exemple, possède dix-neuf cloches, Notre-Dame de Strasbourg en abrite seize, la cathédrale de Sens en compte seize également. Chaque cloche était destinée à un usage particulier mais toutes les cloches sonnaient également ensemble pour les solennités de l'Église. Nécessitant, à l'époque, l'intervention de plusieurs sonneurs, les bourdons ne sonnent qu'aux grandes occasions (cet usage s'est maintenu, bien qu'aujourd'hui la plupart des cloches soient mues par des moteurs électriques).

Lors de la Révolution française, les cathédrales françaises doivent livrer un grand nombre de leurs cloches. Certains ensembles seront reconstitués au XIXe siècle, d'autres ne seront jamais rétablis.

Parmi les plus grandes sonneries françaises actuelles, celle de la cathédrale de Strasbourg occupe depuis 2014 le premier rang avec seize cloches sur deux octaves et demie, suivie de près de la sonnerie de la cathédrale de Verdun, également avec seize cloches. La sonnerie de la cathédrale d'Avignon (quinze cloches) vient en troisième position

La plus grosse cloche abritée dans une cathédrale française est le bourdon Emmanuel de Notre-Dame de Paris (13 tonnes), coulé en 1685. Le grand bourdon de la cathédrale de Reims (10,5 tonnes) date de 1570. Le plus ancien grand bourdon de France est celui de la cathédrale de Strasbourg, pesant 8 tonnes et coulé en 1427. La cathédrale de Sens quant à elle abrite deux bourdons, coulés en 1560 et pesant respectivement 10 et 8 tonnes (on lit souvent des poids totalement fantaisistes de 16 et 13 tonnes).

Au cours de l'Histoire, certaines cathédrales ont possédé des cloches encore plus exceptionnelles. L'illustre « Non Pareille » de la cathédrale de Mende aurait pesé 25 tonnes, la cloche « Maria Regina » de la cathédrale de Strasbourg pesait 21 tonnes. Ces cloches, tout comme la célèbre « Georges d'Amboise » de la cathédrale de Rouen (18 tonnes) ont disparu.

On notera que la plus grosse cloche en volée d'un édifice religieux dans le monde se trouve aujourd'hui à la cathédrale de Cologne (Allemagne). Coulée en 1923, la cloche accuse le poids impressionnant de 24,2 tonnes. La sonnerie de cette cathédrale est d'ailleurs la plus lourde sonnerie en volée du monde, avec un poids total et assez exubérant de 52,4 tonnes. À comparer avec le plus lourd ensemble campanaire de France qui se trouve à la cathédrale Notre Dame de Paris et qui ne pèse « que » 36 tonnes.

Les Vitraux[modifier | modifier le code]

Détail d'un vitrail de la cathédrale Notre-Dame de Strasbourg

Le vitrail est une composition décorative translucide composée de pièces de verre. Ont dit parfois que c'est un mur de lumière.

Les plus anciens vitraux conservés dans les cathédrales françaises remontent au XIIe siècle. De ces vitraux du XIIe siècle, se dégagent énergie, simplicité, couleurs. Le tracé des dessins traduit le plus souvent une influence byzantine. Les personnages sont de faible dimension et les moindres détails sont rendus avec une grande expressivité. Les verrières sont en général de faibles dimensions. Les thèmes représentes sont des scènes de l'Ancien et du Nouveau Testament, la vie de la Vierge et la vie des saints. On trouve des vitraux du XIIe siècle dans les cathédrales d'Angers, de Châlons-en-Champagne, de Chartres, de Saint-Denis, du Mans, de Lyon, de Poitiers, de Strasbourg[3].

Le XIIIe siècle fut le siècle de l'épanouissement de l'art du vitrail. La grandeur des verrières permit une évolution dans l'art du vitrail, la représentation de personnages de grande dimensions se généralisa. Les scènes représentées furent les mêmes qu'au XIIe siècle, mais les personnages et les scènes furent ornés de représentations annexes (végétaux, héraldiques, grisailles etc.). Les monuments, forêts, rivières etc. furent représentes de manières stylisée. Enfin au XIIIe siècle apparurent les rosaces. On peut voir des vitraux du XIIIe siècles dans les cathédrales de : Amiens, Angers, Auxerre, Beauvais, Bourges, Chartres, Clermont-Ferrand, Lyon, Le Mans, Paris, Poitiers, Reims, Rouen, Sées, Sens, Soissons, Strasbourg, Tours, Troyes...

Beffroi[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Beffroi.

Statues[modifier | modifier le code]

La cathédrale Notre-Dame de Reims est incontestablement celle ayant le plus de statues et statuettes qui font un total de 2303 (l'intérieur est également décoré de nombreuses statues).

Des cathédrales de couleur[modifier | modifier le code]

Actuellement, toutes les cathédrales sont illuminées le soir, et sur beaucoup sont projetés des jeux de lumières.
En effet, les cathédrales romanes et gothiques étaient presque toutes peintes à l'image des monuments antiques. Les pigments ont disparu sauf exceptions remarquables (cf. Amiens).

Mais intéressons-nous aux couleurs naturelles :

Il existe plusieurs couleurs naturelles de cathédrales dues à la matière de la roche. En France, les cathédrales sont essentiellement faites de pierre calcaire - pierre blanche - (Notre-Dame de Paris, Notre-Dame de Reims, Notre-Dame d'Amiens, Notre-Dame de Laon, Notre-Dame de Rouen) - ou jaune - (Saint-Étienne de Metz) ; mais il existe des cathédrales faites d'autres roches (de grès -roche brune- par exemple, comme la cathédrale Notre-Dame de Strasbourg) ou -roche rose- comme la cathédrale de Saint-Dié, de roche volcanique, comme la cathédrale de Clermont-Ferrand en pierre de Volvic qui lui donne sa couleur grise ou la cathédrale du Puy-en-Velay de différents coloris. Le Sud de la France voit également l'utilisation de la brique (Albi, Pamiers, etc.)

Les cathédrales étaient construites de pierre à disposition, de roche locale, ou du moins la plus proche, le transport de pierre étant autrefois une des étapes les plus coûteuses de la construction des cathédrales (ces édifices se trouvant au centre des villes et non dans la nature, près des roches, dans des collines ou des montagnes, contrairement à plusieurs châteaux forts).
Cependant, on dit que Paris se fit livrer plusieurs tonnes de pierre calcaire à partir de lieux plus ou moins éloignés (la capitale n'avait pas le choix !) par la Seine, afin de construire Notre-Dame.

Les couleurs principales sont les suivantes : nuances de blanc et de beige (préférée pour sa pureté), gris, ocre, rose, rouge, brun. Il s'agit évidemment de couleurs approchantes (blanchâtre, rosâtre…). Le grès est une roche de couleur très hétérogène dans un même endroit. Certaines pierres ou autres matériaux ont perdu leur couleur d'origine (soleil, pollution…).

Mais des gisements de rochers d'une autre couleur que celle que l'on trouve d'habitude dans la région furent découverts dans des sites très délimités, ce qui fait qu'il existe également des cathédrales d'une autre pierre et couleur au beau milieu de régions où les cathédrales sont d'habitude d'une autre couleur.

A qui appartiennent les cathédrales ?[modifier | modifier le code]

Les cathédrales peuvent appartenir à l’État, à la région, au département, à la commune ou à une personne de droit privé.

Les cathédrales appartenant à l'Etat[modifier | modifier le code]

En vertu de la Loi de séparation des Églises et de l'État du 9 décembre 1905, Les églises et cathédrales construites avant cette date, appartiennent à une collectivité territoriale : État ou commune principalement. La loi du 17 avril 1906 et le décret du 4 juillet 1912 confient la charge de 87 cathédrales au sous-secrétariat d’État aux Beaux-Arts au sein du ministère de l'Instruction Publique. Depuis le 3 février 1959 c'est le ministère des affaires culturelles puis le ministère de la Culture et de la Communication qui est chargé de la protection et de la restauration des cathédrales françaises[Note 2].

Il s'agit - sauf exceptions - des cathédrales sièges d'un diocèse : Agen, Aire-sur-l’Adour, Aix-en-Provence, Albi, Amiens, Angers, Angoulême, Arras, Auch, Autun, Avignon, Basse-Terre, Bayeux, Bayonne, Beauvais, Belley, Besançon, Blois, Bordeaux, Bourges, Cahors, Cambrai, Carcassonne, Châlons-en-Champagne, Chambéry, Chartres, Clermont-Ferrand, Coutances, Digne-les-Bains, Dijon, Evreux, Fréjus, Gap, Grenoble, La Rochelle, Langres, Laval, Le Mans, Le Puy-en-Velay, Limoges, Luçon, Lyon, Marseille, Meaux, Mende, Metz, Montauban, Montpellier, Moulins, Moûtiers, Nancy, Nantes, Nevers, Nice, Nîmes, Orléans, Pamiers, Paris, Périgueux, Perpignan, Poitiers, Quimper, Reims, Rennes, Rodez, Rouen, Saint-Brieuc, Saint-Claude, Saint-Denis, Saint-Denis de la Réunion, Saint-Dié, Saint-Flour, Saint-Jean-de-Maurienne, Sées, Sens, Soissons, Strasbourg, Tarbes, Toulouse, Tours, Troyes, Tulle, Valence, Vannes, Verdun, Versailles, Viviers.

La cathédrale d'Ajaccio appartient quant à elle, à la région Corse.

Les cathédrales appartenant aux communes[modifier | modifier le code]

Il s'agit :

Les cathédrales appartenant à des personnes privées[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Comme par exemple la « maxima ecclesia » de Lyon construite en 469
  2. La propriété concernant les cathédrales s'étend à l'ensemble des dépendances immobilières et à la totalité des immeubles par destination (orgues, cloches...) et des meubles les garnissant ». Le cadre juridique de l’aménagement intérieur des cathédrales a été analysé par Pierre-Laurent Frier, professeur à l’Université de Paris I (Panthéon-Sorbonne), ancien directeur des études de l’École nationale du patrimoine à partir de l’arrêt du 4 novembre 1994 du Conseil d’État

Références[modifier | modifier le code]

  1. Source : Eugène Viollet-le-Duc, Dictionnaire raisonné de l'architecture française du XIe au XVIe siècle, 10 vol., Paris, B. Bance, A. Morel, 1854 à 1868, Paris, Ernest Gründ Editeur 9, rue Mazarine Paris, Imprimerie (ass. ouvr.), 11 rue Cadet, J. Amilcar, directeur, 1061-24 *Tome premier ABA-ARO : 507 pages; Tome deuxième ART-CHA : 546 pages; Tome troisième CHA-CON : 515 pages; Tome quatrième CON-CYB : 509 pages; Tome cinquième DAI-FUT : 566 pages; *Tome sixième GAB-OUV : 458 pages; Tome septième PAL-PUIT : 571 pages; Tome huitième QUAI-SYN : 524 pages; Tome neuvième TAB-ZOD : 554 pages; Tome dixième Table analytique des mots contenus dans les 9 volumes
  2. Châteaux d'aisance, palais, bâtiments politiques et universitaires, théâtres, opéras, bibliothèques, musées, monuments… et même un gratte-ciel : la Tribune Tower.
  3. Félix Gaudin, Le vitrail du XIie siècle au XVIIIe siècle en France, Paris, Flammarion, 1944
  4. a et b Anne Perrin, L'Église catholique et les églises dans le régime français de laïcité, (lire en ligne), p. 60-61

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Michel Florisoone, Dictionnaire des cathédrales de France, Paris, Librairie Larousse, 1971
  • Pascal Tonazzi, Florilège de Notre-Dame de Paris, Éditions Arléa, Paris, 2007, (ISBN 2 - 86 959 - 795 - 9)
  • Mathieu Lours, Dictionnaire des cathédrales, Éditions Gisserot, Paris, 2008
  • Eugène Viollet-le-Duc, Histoire d'un hôtel de ville et d'une cathédrale, Paris, 1878, réédition, Paris, Berger-Levrault, 1978 (ISBN 2 - 7 013 - 0227 - 7)

Liens externes[modifier | modifier le code]