Histoire des Hautes-Pyrénées

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De la Bigorre au département des Hautes-Pyrénées...

Blason "d'or à deux lions léopardés de gueules, armés et lampassés d'azur, passant l'un sur l'autre"

Les origines antiques[modifier | modifier le code]

La Bigorre, ou Bigòrra en gascon, doit son nom au peuple antique des Bigorrais, Bigerri ou Bigerrones. Diverses peuplades montagnardes s'y rattachent tels les Tornates, les Campons, les Onosubates et les Crébennes. Les Bigorrais, sont l'un de ces peuples aquitaniques qui ont été soumis par Crassus, lieutenant de César. Leur capitale, Bigarra, pourrait être reconnu dans le village de Cieutat, situé à 15 kilomètres de Bagnères-de-Bigorre.

Lorsque, à la fin de sa huitième campagne, César lui-même vient avec deux légions séjourner quelque temps en Aquitaine, peut-être traverse-t-il la Bigorre. À l'image du village de Juillan, vicus Julianus, on retrouve, du moins, son nom en plusieurs lieux. On verrait même, près de Pouzac, les traces d'un camp dit "de César".

Maîtres du pays, les Romains en explorent presque toutes les vallées et tirent grand usage des eaux minérales qui s'y rencontrent en abondance. On retrouve encore des traces de voies romaines, dans la lande de Capvern, où le chemin s'appelle encore Césarée, à l'Estelou-de-Vieille et, enfin, à une lieue au nord de Lourdes, près d'une métairie nommée Strata qu'on prétend occuper la place d'une ville antique.

L'émergence du comté de Bigorre[modifier | modifier le code]

Carte des fiefs de Gascogne vers 1150
Article détaillé : Comté de Bigorre.
Article détaillé : liste des comtes de Bigorre.

À la mainmise des Romains, succède celle des Wisigoths, refoulé en péninsule ibérique à la bataille de Vouillé, puis celle des Francs.

Le comté de Bigorre est constitué au début du IXe siècle par le duc de Vasconie Loup Centule pour son fils Donat Loup († v. 820), qui épouse Faquilène, laquelle lui apporte sans doute la plus grande partie de ses terres. Mais la connaissance de cette période dépend de la Charte d'Allaon, qui est en fait un faux du XVIIe siècle. Depuis Donat Loup est plutôt considéré comme de la fin du IXe siècle.

La principauté, dont la capitale est Tarbes, est alors considérable, mais elle est amoindrie par les générosités de ses premiers comtes.

Le comté de Bigorre qui revient à Raymond Dat († v. 947), passe successivement au XIe siècle dans la maison de Foix, puis dans celle de Béarn, au XIIe siècle dans celle de Marsan, puis dans celle de Comminges, et au XIIIe siècle dans celle de Montfort. Il devient l'enjeu entre plusieurs seigneurs voisins. le roi d'Aragon doit forcer le comte de Comminges à y renoncer pour le confier au vicomte de Béarn. Plus tard, Simon IV de Montfort fait annuer le mariage de Nuno Sanchez avec la comtesse Pétronille pour la donner en mariage à son fils Guy.

La crise de succession et l'annexion (1255-1292)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Crise de succession de Bigorre.

La Bigorre est alors l'objet d'une querelle successorale : Pétronille de Comminges, héritière de la Bigorre par sa mère, a été mariée à Guy de Montfort, fils de Simon IV de Montfort, comte de Leicester. Celui-ci prétend à l'héritage de son frère Guy et Pétronille lui a confié la garde de la Bigorre pendant la minorité de son petit-fils Esquivaut. La maison de Montfort se divise donc à la mort de Pétronille entre les partisans d'Esquivaut, et ceux du roi de Navarre Thibaut II.

Esquivaut l'emporte, mais à sa mort en 1283, le roi d'Angleterre assume la garde du comté en tant que suzerain. La sœur d'Esquivaut, Loré, mariée à Raymond V de Turenne, fait alors un procès dont le principal résultat est que le roi de France séquestre le comté et l'attribue à sa femme, la reine Jeanne Ire de Navarre, héritière de Thibaut II. Jeanne donne la Bigorre à son troisième fils, le futur Charles IV, qui l'unit au domaine royal à son avènement en 1322.

Donnée un temps au comte d'Armagnac Jean Ier, la Bigorre est cédée par le roi de France à Édouard III par le traité de Brétigny.

Elle est reconquise par Charles V entre 1369 et 1373. Alors convoitée par les comtes de Foix et d'Armagnac, elle passe définitivement au comte de Foix en 1425, Jean II d'Armagnac ayant échangé ses droits avec le roi contre le Rouergue.

Le département renommé Hautes-Pyrénées[modifier | modifier le code]

La Bigorre avait, sous l'ancien régime, ses états particuliers.

Les départements, se substituant aux provinces, sont créés le 4 janvier 1790 par l'Assemblée constituante. Le département des Hautes-Pyrénées a ainsi été créé pendant la Révolution française, le 4 mars 1790 en application de la loi du 22 décembre 1789, à partir d’une partie de la province de Gascogne, la dite Bigorre. Le conventionnel tarbais Bertrand Barère s’est particulièrement battu en ce sens :

« Si ce pays, le Bigorre, est trop petit pour former un département, il convient de l’agrandir. Mais il serait très inique de n’en faire que des districts dépendant d’une ville étrangère ; ce serait un meurtre politique que de faire de Tarbes le misérable chef-lieu d’un district. »

On notera l'étonnante géographie de ce département qui possède deux petites enclaves dans le département voisin des Pyrénées-Atlantiques. C'est une survivance du Moyen âge : en effet, à la fin du XIe siècle Gaston IV le Croisé, vicomte de Béarn, épouse Talèse d'Aragon, vicomtesse du Montanérès, petit territoire située entre Béarn et Bigorre; le Montanérès reste au Béarn mais Talèse garde pour elle cinq paroisses qui constituent toujours les deux enclaves dans les Pyrénées-Atlantiques.


De 1791 à 1793, les 5 districts (Tarbes, Bagnères, Vic, La Montagne-Argelès et Les Quatre Vallées-La Barthe-de-Neste) du département des Hautes-Pyrénées fournirent 5 bataillons de volontaires nationaux.

Articles connexes[modifier | modifier le code]