Histoire de la ville de Québec

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Habitation de Québec, 1608, par Samuel de Champlain

[1]Cet article décrit l'histoire de la Ville de Québec en complément à l'article principal sur la ville de Québec.

Fondation[modifier | modifier le code]

L'arrivée de Samuel de Champlain à Québec selon George Agnew Reid, 1909.
Vue de Québec en 1699.

La ville de Québec a été fondée par Samuel de Champlain le , sous l'aile de Pierre Dugua de Mons, sur un site situé à proximité d'un ancien village iroquoien appelé Stadaconé. Il s'agit du berceau de la Francophonie en Amérique du Nord. À l'aube du XVIIe siècle, le site actuel de la ville de Québec n'était alors plus visité que par des nomades algonquins et constituait l'endroit où le fleuve rétrécit. Le lieu semblait propice à l'établissement d'une colonie permanente qui se développera autour de la place Royale.

À la fin du Régime français, le territoire de l'actuelle ville de Québec forme un paysage de contrastes saisissants. Boisés, villages, champs en culture et pâturages entourent la ville de 8 000 habitants. Celle-ci se démarque par son architecture monumentale, ses fortifications (uniques en Amérique du Nord), ses rues boueuses et insalubres, ses riches maisons de maçonnerie et ses bicoques des faubourgs Saint-Jean et Saint-Roch. Malgré son urbanité et son statut de capitale, Québec reste une petite ville coloniale liée étroitement à l'arrière-pays. Les habitants viennent s'y procurer des marchandises de France et vendre leurs surplus agricoles et du bois de chauffage aux deux marchés de la ville.

La guerre de la Conquête et la guerre de Sept Ans[modifier | modifier le code]

Voir les articles principaux : la guerre de la Conquête et la guerre de Sept Ans.

En juin 1759, une imposante flotte britannique, qui servait sous les ordres du général James Wolfe, au détriment de l'armée française dirigée par le général Louis-Joseph de Montcalm dans le cadre de la guerre de Sept Ans, jette l'ancre près de Québec. Tout le territoire est en état d'alerte. La côte de Beauport, où les Français attendent un débarquement, est fortifiée. Comme le marquis de Montcalm semble vouloir rester sur ses positions à cet endroit, le général Wolfe décide de bombarder la ville afin de briser le moral des troupes françaises.

Le soir du , le bombardement commence de façon très intense et rend la vie difficile aux habitants de la ville.

À la suite d'une victoire française sur la rive droite de la Montmorency, le commandant des forces britanniques, James Wolfe, tente le tout pour le tout : le 13 septembre, ses troupes débarquent à l'Anse-au-Foulon. Elles escaladent la falaise, occupent les hauteurs des plaines d'Abraham et remportent une victoire décisive sur l'armée française. Cinq jours plus tard, la capitale de la Nouvelle-France capitule. Deux mois de bombardement ont laissé le centre-ville dévasté (près de 80 % de la ville est en ruine).

Régime britannique[modifier | modifier le code]

En avril 1760, le maréchal de Lévis remporte la bataille de Sainte-Foy. Cependant, l'arrivée de renforts britanniques oblige l'armée française à se replier sur Montréal qui capitule à son tour, en septembre 1760. Trois ans plus tard, la plupart des possessions françaises d'Amérique du Nord sont cédées à la Grande-Bretagne.

Pendant la Guerre d'indépendance des États-Unis, la garnison britannique de la ville de Québec fut attaquée par les troupes américaines, les «Bastonnais» (nom donné aux rebelles américains). C'est dans la nuit du 30 au que les généraux Montgomery et Arnold tentèrent un assaut contre la basse ville qui s'avère infructueux lors de la bataille de Québec. Montgomery y laissera sa vie. Les Américains devront rapidement évacuer le territoire en juin 1776. Le Canada restera alors britannique.

Le Major General Isaac Brock fortifia la ville en renforçant ses murs et en élevant une batterie d'artillerie juste avant la Guerre de 1812.

En 1832, l'Acte pour incorporer la Cité de Québec permet l'instauration d'un gouvernement municipal et l'apparition de la fonction de maire de Québec.

La ville de Québec fut la capitale du Canada de 1859 à 1865, l'avant-dernière ville à l'être avant son transfert définitif vers Ottawa. La conférence de Québec (1864) sur la confédération canadienne y fut tenue.

Au cours du XIXe siècle, de nombreux incendies majeurs secoueront la ville dont les incendies de l'été 1845 et le Grand incendie de Québec, celui du .

XXe siècle[modifier | modifier le code]

En 1917, la construction du pont de Québec, reliant Québec sur la rive nord du fleuve Saint-Laurent à sa rive sud, est achevée. Il s'agit du plus long pont à structure en porte-à-faux au monde. Lors de la construction, deux effondrements de la travée centrale du pont coûteront la vie à plus de 80 ouvriers.

Au printemps 1918, des manifestations contre la conscription dégénèrent en plusieurs journées d'émeutes. Envoyée en renfort, l'armée tire sur la foule et fait quatre morts. L'émeute de 1918 reste la plus violente de celles qu'a connue la ville de Québec (voir Québec, Printemps 1918).

Roosevelt, Churchill et Mackenzie King à la conférence de Québec de 1943

Lors de la Seconde Guerre mondiale, deux conférences inter-alliées furent tenues à Québec. La première rassembla en 1943 Franklin Delano Roosevelt, président des États-Unis; Winston Churchill, premier ministre britannique ; William Lyon Mackenzie King, premier ministre du Canada et T.V. Soong, ministre des affaires étrangères de la Chine. La seconde fut tenue en 1944; Churchill et Roosevelt y participèrent. Elles furent tenues à la Citadelle de Québec et au Château Frontenac, tout près.

Les 1er et , c'est à Québec que fut créée l'Association internationale des maires francophones (AIMF) par l'ancien maire de Québec, Jean Pelletier et celui de Paris.

En 1984, furent tenues des festivités pour célébrer le 450e anniversaire de la découverte du Canada par Jacques Cartier. C'est à cette occasion que le Vieux-port fut restauré.

C'est en 1984, à Québec que fut créée l'organisation Opération Nez rouge par Jean-Marie De Koninck. Opération Nez-Rouge est aujourd'hui connue à travers le Québec; sa formule a été reprise à travers le Canada et dans certains pays européens.

L'arrondissement historique du Vieux-Québec est classé au patrimoine mondial de l’UNESCO en 1985.

L'arrondissement historique du Vieux-Québec est classé patrimoine mondial par l'UNESCO en 1985, et inclut le Château Frontenac

Québec demeure la seule ville en Amérique du Nord à avoir conservé ses remparts, qui regroupent les nombreux bastions, portes et ouvrages défensifs ceinturant toujours le Vieux-Québec. La Haute-Ville, située au sommet de la falaise, centre religieux et administratif, avec ses églises, ses couvents et autres monuments comme la redoute Dauphine, la Citadelle et le Château Frontenac, et la Basse-Ville, avec ses quartiers anciens, forment un ensemble urbain qui est un des meilleurs exemples de ville coloniale fortifiée.

À l'été 1985, Charlesbourg fut l'hôte des Jeux du Québec.

En septembre 1987, c'est à Québec qu'a eu lieu la deuxième conférence du sommet de la Francophonie.

En 1995, c'est à Québec que fut fêté le 50e anniversaire de l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) puisque l'organisation a été fondée sur place en 1945. La place FAO dans la Basse-Ville de Québec célèbre son cinquantenaire près de la Place Royale.

En 1996 fut le tour de l'Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO).

En 1999, a eu lieu la Conférence des parlementaires des Amériques.

XXIe siècle[modifier | modifier le code]

En avril 2001, la ville de Québec fut l'hôte du sommet des Amériques pour discuter de l'accord de libre-échange des Amériques (ZLEA). La conférence fut marquée par des affrontements importants entre les forces policières et des groupes antimondialisation ainsi que par la décision de murer une partie de la ville autour des lieux de la conférence pour des raisons de sécurité.

Depuis le , à la suite d'une fusion municipale, la « nouvelle Ville de Québec » regroupe 11 anciennes municipalités, soit Sainte-Foy, Beauport, Charlesbourg, Sillery, Loretteville, Val-Bélair, Cap-Rouge, Saint-Émile, Vanier, Lac-Saint-Charles et l'ancienne ville de Québec.

En 2005, la Capitale-Nationale a été hôte du deuxième événement sportif international en importance au monde après les jeux Olympiques pour ce qui est du nombre de participants, soit les Jeux mondiaux des policiers et pompiers, qui furent un succès sur toute la ligne, surtout sur le plan de la participation (11 000 athlètes et 14 000 accompagnateurs, soit 25 000 personnes au total).

En 2006, Québec fut l'hôte des Mondiaux Juniors Alpins Québec 2006[2].

Le , alors qu'il s'apprêtait à fêter son 75e anniversaire d'existence, le plus vieux zoo du Canada, le jardin zoologique du Québec, ferme ses portes par décret gouvernemental.

En 2008, on célèbre le 400e anniversaire de Québec.

La ville de Québec fête son 400e anniversaire en 2008. La Fontaine de Tourny est un des legs de cet événement présente devant l'Assemblée-Nationale du Québec

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Ville de Québec, « Ville de Québec - Site officiel de la Ville de Québec », sur Ville de Québec (consulté le )
  2. Mondiaux Juniors Alpins Québec 2006