Histoire de la prostitution en France

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L’histoire de la prostitution en France présente des similitudes avec l'histoire de la prostitution dans d'autres pays d'Europe, à savoir une succession de périodes de tolérance et de répression, avec toutefois des particularités telles qu'une relativement longue période de tolérance des lupanars.

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Carte de France de l'origine des prostituées à Paris, publiée par Alexandre Parent du Châtelet en 1836 dans un ouvrage intitulé De la Prostitution dans la ville de Paris, considérée sous le rapport de l’hygiène publique, de la morale et de l’administration
Carte des prostituées à Paris, publiée par Alexandre Parent du Châtelet dans son ouvrage De la Prostitution dans la ville de Paris, considérée sous le rapport de l’hygiène publique, de la morale et de l’administration (1836)

Tolérance générale[modifier | modifier le code]

Au Moyen Âge, les autorités, que ce soit les municipalités les seigneurs ou les rois, organisent ou encadrent une prostitution qui s'institutionnalise au XIVe siècle, en construisant et entretenant des établissements tenus par des bourgeois ou des ecclésiastiques (notamment des abbesses[1] aux XIVe et XVe siècles) qui payent un bail aux autorités. Alors que leurs volets sont clos, ces bordels publics sont signalés par une lanterne rouge que vient allumer le tenancier de la maison pendant les heures d'ouverture[2].

De manière générale, les prostituées ne sont pas marginalisées, mais intégrées dans une société où elles ont leur rôle à jouer. Dans les fabliaux, parfois égrillards, du Moyen Âge, les prostituées se font complices d'autres femmes et les aident à se venger des prétendus séducteurs. La cathédrale de Chartres a d'ailleurs un vitrail (Vitrail de la Parabole du Fils prodigue) qui a été offert par les prostituées, de la même façon que d'autres vitraux ont été offerts par d'autres corporations[3],[4].

Dans ce cadre, les réglementations existantes sont souvent municipales, et se bornent à encadrer l'activité :

  • liberté d'activité dans certaines rues ou quartiers ;
  • restrictions aux libertés des prostituées (déplacements, fréquentations) ;
  • vêtements obligatoires afin de distinguer les prostituées des autres femmes (ceinture dorée) ;
  • jours et heures d'activité obligatoires des maisons (de 10 heures à 18 ou 20 heures à Paris du lundi au samedi[5], fermeture durant la messe dominicale et la semaine sainte).

En marge de cette prostitution publique légale, existe des établissements privés moins surveillés (étuves prostibulaires, hôtels et tavernes, bordelages) et une prostitution libérale avec des femmes qui travaillent dans la rue ou vont d’hôtel en hôtel[2].

Sous Philippe-Auguste, une milice irrégulière, les Ribauds, est instituée vers 1189, à qui on confie la police des filles publiques à Paris. À sa tête, le roi des ribauds régnait sur la prostitution parisienne[6].

Louis IX essaie dans un premier temps d'interdire la prostitution par une ordonnance de décembre 1254. Pour ce faire, le décret royal prévoit de punir les personnes prostituées[7] et les proxénètes[8]. Seulement, face à l'impossibilité d'appliquer ce décret, une seconde ordonnance de 1256 va faire jurisprudence en Europe pour réglementer la prostitution: les "ribaudes" sont reléguées hors des murs de la cité et loin des cimetières, des églises, des lieux saints et des lieux de rassemblement.

Certaines rues de Paris, particulièrement spécialisées dans la prostitution (souvent au-delà des fortifications, d'où le terme de bordes, bordières et bordel), portaient au Moyen Âge des noms très évocateurs :

Répression occasionnelle[modifier | modifier le code]

Cette tolérance générale connait des exceptions : ainsi, Louis IX, au retour de la septième croisade, veut rendre la vie du royaume conforme à la religion et prononce, par une ordonnance royale de 1254, l'expulsion des femmes publiques du royaume. Les prostituées entrent alors en clandestinité, mais le roi subit une forte pression pour rétablir la situation antérieure et l'ordonnance est révoquée deux ans plus tard. En 1269, Saint Louis, qui s'apprête à embarquer pour la huitième croisade, demande à nouveau d'extirper le mal du royaume. À nouveau, la clandestinité des prostituées et le désordre créé font fléchir le roi qui fait ouvrir des centres de reclassement pour les femmes publiques à Paris. Le pragmatisme fait d'ailleurs que les filles publiques sont non seulement admises, mais subsidiées pendant la huitième croisade : 13 000 prostituées sont rémunérées par le roi pour suivre la croisade[réf. nécessaire].

Ancien régime[modifier | modifier le code]

Étienne Jeaurat, Le transport des filles de joie de l'Hôpital, 1755, musée Carnavalet
Filles de joie arrêtées et tondues à la suite de l'ordonnance de police de 1778, estampe de Jean-Baptiste Huet.

La période de tolérance se poursuivra jusqu'au XVe siècle, mais le XVIe siècle verra le retour à la rigueur. Parmi les facteurs qui peuvent expliquer ce changement, on peut noter l'apparition de la syphilis à la fin du XVe siècle[9] et la réforme à laquelle les villes catholiques répondent par le retour à une morale plus rigoureuse.

Dès 1561, l'ordonnance d'Orléans[10] fait de la prostitution une activité illicite et un nouvel ordre moral déferle sur la France : les étuves et autres bains sont fermés, les maisons publiques deviennent privées, l'activité des prostituées est de plus en plus encadrée, l’emprisonnement ou le bannissement frappent celles qui ne respectent pas les nouveaux interdits.

Même si beaucoup de ces mesures sont assez vite oubliées ou pas du tout appliquées et si le nombre de prostituées ne diminue pas, il y a des nouveautés. Ainsi, en 1658, Louis XIV ordonne d’emprisonner à la Salpêtrière toutes les femmes coupables de prostitution, fornication ou adultère, jusqu’à ce que les prêtres ou les religieuses responsables estiment qu’elles se sont repenties et ont changé[11]. C'est aussi Louis XIV qui crée, en 1667, la fonction de Lieutenant général de police qui sera notamment chargé de la surveillance des mœurs et des filles publiques et qui, en 1687, ordonne que celles qui se trouveront à moins de deux lieues de Versailles ou en compagnie de soldats auront le nez et les oreilles coupés[12]. Les mœurs des filles doivent être corrigées par le travail et la piété[13].

La police a alors tout pouvoir pour réprimer indistinctement la débauche, la prostitution, le libertinage, l'adultère, mais en 1708 et 1713 (ordonnance du 26 juillet 1713 sur « les femmes débauchées » qui consacre le délit de prostitution[14]), les conditions de la répression se formalisent quelque peu (Louis XIV étant à la fin influencé par le parti dévot et mettant un terme à sa vie de libertinage) : les dénonciateurs doivent signer leur dénonciation, et une distinction est faite entre la débauche publique d'une part (punie d'amende ou d'injonction de quitter les lieux) et les faits de prostitution d'autre part (bannissement ou emprisonnement). Cette distinction n'aura que peu d'effet : les filles restent soumises au pouvoir absolu du lieutenant de police.

La mort de Louis XIV interrompt la répression : avec Louis XV, la licence revient en force à la Cour et la police des mœurs se borne à encadrer les bordels et surtout, à transformer les tenanciers et maquerelles en auxiliaires de police. L'avènement de Louis XVI signe le retour de la répression : le 6 novembre 1778, une ordonnance du lieutenant de police Lenoir interdit le racolage sous toutes ses formes[15] et la répression s'abat à nouveau sur les filles. Tous les mois, trois ou quatre cents femmes sont arrêtées à Paris. Celles qui peuvent acheter leur liberté en réchappent, les autres sont mises à l'hôpital ou en prison[16].

Au tournant du siècle, les autorités évaluent à 30 000 les simples prostituées de Paris[17] et à 10 000 les prostituées de luxe. Pour mesurer l'ampleur du phénomène, la plupart des historiens contemporains soulignent que si la proportion de prostituées était la même aujourd'hui (environ 13 % des femmes), on aurait pour Paris intra-muros une population de plus de 100 000 prostituées.

Époque contemporaine[modifier | modifier le code]

La tolérance officielle[modifier | modifier le code]

En 1796, une tentative du Directoire de lutter contre la prostitution en en faisant un délit échoue devant la difficulté de définir la prostitution. C'est le Consulat (1799-1804) qui fait le choix de la tolérance et ouvre la voie à l’organisation des maisons de tolérance.

La visite médicale, Toulouse-Lautrec, cca 1894

L'arrêté du 3 mars 1802 légifère sur la visite sanitaire obligatoire des filles publiques pour endiguer l'épidémie de syphilis de l'époque. Sur ordre de Napoléon, le 12 octobre 1804, le préfet de police de Paris Dubois prescrit l'organisation officielle des maisons dites de plaisirs[18]. L'année 1804 voit ainsi la légalisation de la tolérance et de la maison close. Les filles et les maisons sont contrôlées par la Brigade des mœurs.

Les filles doivent s'inscrire à la préfecture, puis, ensuite, peuvent s'inscrire dans une maison. Chaque fille doit passer une visite médicale par mois[19], visite perçue comme plus dégradante qu'une passe avec le client et abhorrée par les prostituées.

En avril 1831 3 131 filles sont inscrites à la préfecture de Paris[20]

Les filles de rue sont alors dites « en carte » et celles des maisons closes sont dites « à numéro ». Les prostituées qui sont reconnues par l'État sont dites « soumises » par opposition aux clandestines, les « insoumises » qui sont punies. Cette réglementation dure jusqu'à la fermeture des maisons closes en 1946 : le racolage est interdit, les filles sont confinées aux maisons inscrites. C'est à cette époque qu'Alexandre Parent-Duchâtelet publie « De la prostitution dans la ville de Paris », dans lequel il constate la misère des prostituées, qu'il estime à 10 000 à Paris, et notamment le mauvais fonctionnement du contrôle médical[21].

Henri de Toulouse-Lautrec, Salon de la rue des Moulins, 1894, Musée Toulouse-Lautrec
Paris, quartier de la Villette, « fille publique faisant le quart » ; photographie d'Eugène Atget, 1921.
Paris, quartier de la Villette, « fille publique faisant le quart » ; photographie d'Eugène Atget, 1921.

La IIIe République est l'âge d'or des maisons closes qui font partie intégrante de la vie sociale. L'État, et notamment le fisc profitait de ce commerce en prélevant 50 à 60 pour cent sur les bénéfices. C'est l'époque des maisons célèbres, comme Le Chabanais ou Le Sphinx, dont la réputation traverse les frontières, et où des vedettes se font voir. À Paris, ils sont environ 200 établissements officiels, sous le contrôle de la police et des médecins, au milieu du siècle, mais seulement une soixantaine à la fin, par suite de la multiplication des bordels clandestins qui comptent alors 15 000 prostituées. De 1871 à 1903 environ, l'écrivain Maxime du Camp dénombre 155 000 femmes officiellement déclarées comme prostituées, mais la police en a arrêté pendant la même période 725 000 autres pour prostitution clandestine[22].

La prostituée, quant à elle, est réduite à un statut de sous-citoyenne soumise à des règlements dont l'application est laissée quasiment à l'appréciation discrétionnaire de fonctionnaires de police corrompus. C'est l'époque où une série de scandales aboutiront à la dissolution de la police des mœurs (en 1881. Elle renaitra en 1901). En 1911, le préfet de police Lépine autorise des « maisons de rendez-vous » où les prostituées ne vivent pas, mais où elles viennent seulement pour travailler. À côté de ces maisons existent des brasseries qui sont des cafés à serveuses « montantes » : 115 à Paris dans les mêmes années. Sans compter les parfumeries, ou les instituts de bains et de massage. La police estime à 40 000 clients par jour la fréquentation des diverses maisons, ce qui équivaudrait à dire que le quart des hommes parisiens avait des relations avec les prostituées.

Charles Virmaître s'intéresse plus particulièrement à Paris, à ses mœurs sexuelles, à la prostitution, aux maisons closes, et à leurs diverses réglementations et pénalisations. De nombreux ouvrages portent sur ces thèmes : Les virtuoses du trottoir (1868), Les maisons comiques ; détails intimes et inédits de la vie de célébrités artistiques (1868), Paris-police (1886), Paris impur (1889), Paris-galant (1890), Paris cocu (1890), Paris documentaire : Trottoirs et lupanars (1893).

La maison close traditionnelle, héritée de la maison de tolérance du XIXe siècle, connaît deux évolutions majeures à partir des années 1920. Elle tend d'une part à se transformer en maison de rendez-vous, soumise à une réglementation différente[23], d'autre part à s'accorder aux prescriptions d'un hygiénisme de plus en plus influent[24].

Apparition du mouvement abolitionniste en France[modifier | modifier le code]

Le mouvement abolitionniste, né de l'opposition à la réglementation "à la française" au Royaume-Uni, s'était développé en France dès la fin du XIXe siècle, notamment du fait de campagne d'opinion initiée par Joséphine Butler. La section française de la fédération abolitionniste internationale est fondée en 1926 sous le nom de Union contre le trafic des êtres humains par la féministe Marcelle Legrand-Falco[25]. Déjà en 1912, la France approuvait la Convention internationale relative à la répression de la traite des blanches qui avait été une des concrétisations au niveau international du mouvement abolitionniste. En 1925, les maisons closes étaient fermées par le préfet du Bas-Rhin.

Le contexte de la guerre[modifier | modifier le code]

Pendant l'occupation, la Wehrmacht encourage et organise un système de prostitution afin d'éviter les problèmes engendrés par des rapports avec des femmes colportant des maladies vénériennes ou les abus. Les bordels sont contrôlés et classés, certains réservés aux officiers et la Gestapo et d'autres pour les soldats. Les soldats ainsi que les prostituées sont soumis à un suivi régulier afin de prévenir tout problème.

À la libération, les soldats américains encouragés par la propagande de l'armée américaine, notamment via son journal Stars and Stripes, vont se livrer à une débauche incontrôlable, la libération militaire s'accompagnant d'une conquête sexuelle par les héros américains qui pouvaient voir dans la possession des Françaises le prix du danger qu’ils avaient bravé[26]. Pour le soldat américain, la France "est un gigantesque bordel dans lequel vivent 40 millions d'hédonistes qui passent leur temps à manger, à boire et à faire l'amour" comme le dit Joe Weston, journaliste de Life[27]. La propagande véhiculant largement cette image vise à encourager les recrues à s'engager dans l'armée. Persuadés que les Français sont un peuple de dépravés, les soldats se livreront à la prostitution et lui donneront une ampleur inimaginable. Le soldat prend toute française pour une prostituée et pense avoir tous les droits sur elle. Dans certaines villes comme au Havre où l'armée américaine se fait livrer, les endroits publics sont remplis de soldats cherchant une relation ou la pratiquant à la vue de tous. Les Françaises contribueront elles aussi à la prostitution pour subvenir à leurs besoins, la pauvreté pousse nombre de jeunes filles à s'y livrer. La prostitution échappe à tout contrôle, les autorités françaises sont dépassées et manquent de moyens et l'armée américaine oscille entre une régulation officielle (organisant des bordels près des camps militaires, GIs suivis dans des stations prophylactiques pour limiter les maladies vénériennes[26]) et une indifférence officieuse qui favorise la propagation des maladies vénériennes et la débauche des soldats[28].

Cette période difficile va conduire entre autres à l'interdiction de la prostitution.

La fin des maison closes[modifier | modifier le code]

La France, qui a été le pays d'origine du réglementarisme, change d'orientation en 1946 avec la loi « Marthe Richard » et adopte un régime abolitionniste qui ferme les maisons de tolérance et prévoit la création des services de prévention et de réadaptation sociale (SPRS).

Désormais, la loi interdit les lupanars et réprime le proxénétisme. Désormais libérées de la tutelle policière, les prostituées se multiplient. En 1953, les estimations les plus basses sont de 40 000 prostituées à Paris (les plus hautes parlent de 70 000), tandis que les bordels clandestins (les clandés) se multiplient (500 à Paris). Les brigades des mœurs, avec le feu vert du préfet, pratique tant bien que mal une tolérance forcée. On gère la situation, on ferme quelques maisons pour l'exemple.

Cependant, la loi Marthe Richard ne s'applique pas dans les colonies, ce qui explique pourquoi la France attendra 1960 pour signer la convention de l'ONU de 1949 "pour la répression de la traite des êtres humains et de l'exploitation de la prostitution d'autrui"[29]. En effet, les autorités coloniales considèrent nécessaire de maintenir des bordels aux alentours des troupes coloniales, et donc organisent cette prostitution[30],[31].

Dans la seconde moitié du XXe siècle apparaissent de nouvelles formes de prostitution auxquelles les autorités répondent tant bien quel mal, s'appuyant ici sur la répression du proxénétisme, là sur l'outrage aux bonnes mœurs ou l'interdiction du racolage.

Une ordonnance de 1958 va faciliter le travail de la police et faire passer le racolage du statut de délit, difficile à réprimer, à celui de contravention.

La revendication d'un statut de la prostituée[modifier | modifier le code]

En 1975, le premier mouvement de prostituées voit le jour avec l'occupation de l'église Saint-Nizier à Lyon et la Chapelle Saint-Bernard-de-Montparnasse à Paris. Grisélidis Réal fait partie des leaders de ce mouvement qui revendique un statut pour les prostituées, la sécurité sociale, la fin de la répression policière, et s'opposent à la réouverture des maisons.

Manifestation des personnes prostituées à Paris en France, en octobre 2005.

Au XXIe siècle, la lutte contre le proxénétisme s'accroit et entraine la fermeture de beaucoup de maisons. La loi pour la sécurité intérieure dite loi Sarkozy, dont l'article 225-10-1 vise le racolage, promulguée le 19 mars 2003, provoque l'apparition d'un second mouvement de prostituées en 2002. Depuis 2006, a lieu chaque année à Paris la « Pute Pride » une marche de fierté des travailleuses du sexe.

Certaines travailleuses du sexe en France ne sont pas en faveur de législations contraignantes telles les maisons de tolérance, qui ne leur permettent pas de conserver le choix de leurs clients, pratiques, horaires, prévention, etc. Les travailleuses du sexe, réunies en Assises le 16 mars 2007, ont conclu à l'unanimité qu'elles étaient contre le salariat[32] .

En novembre 2007, des prostituées et leurs alliés poursuivent leur contestation de la répression du racolage en se rassemblant devant le Sénat et interpellent à nouveau les parlementaires[33].

Le racolage dans la rue étant de plus en plus réprimé et réputé dangereux, certaines prostituées préfèrent en 2008 en France, nouer des contacts sur Internet. Une partie des prostituées française s'exile à l'étranger, notamment dans les zones frontalières et on relève, dans le domaine de la prostitution occasionnelle, l'apparition de l'échange de services sexuels contre un logement[34].

Le 20 mars 2009, à l'issue des Assises Européennes de la Prostitution qui ont eu lieu au théâtre de l‘Odéon est né le STRASS (Syndicat du TRAvail Sexuel). Dès sa création, ce syndicat a reçu l’adhésion d’au moins 200 membres et créé 5 fédérations au niveau national, ainsi qu'une représentation en Grande-Bretagne.

Proposition de loi visant à pénaliser les clients de la prostitution[modifier | modifier le code]

En 2016, l'Assemblée nationale a voté la proposition de loi visant à pénaliser les clients de la prostitution.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Gages d'une certaine honnêteté, ces abbesses peuvent ainsi éviter certains débordements. Source :Serge Pacaud, La prostitution à Bordeaux : au temps de la tolérance, Atlantica, , p. 15
  2. a et b Jacques Rossiaud, La Prostitution médiévale, Flammarion, , 286 p.
  3. Madeline H. Caviness. Review of "Les Vitraux Légendaires de Chartres: Des Récits en Images" by Jean-Paul Deremble and Colette Manhes; "Sermo Corporeus: Die Erzählung der Mittelalterlichen Glasfenster" by Wolfgang Kemp. Speculum Vol. 65, No. 4 (Oct., 1990), pp. 972-975.
  4. Cathédrale de Chartres: Parabole du fils prodigue
  5. Ce type de règlement étant non respecté, le travail de nuit et le dimanche est peu à peu toléré.
  6. Il y eut également des rois des ribauds en province ou dans des maisons princières (ainsi, le bourreau de Toulouse s'intitulait roi des ribauds). La milice sera supprimée par Philippe le Bel
  7. "Item soient boutés hors communes ribaudes tant des champs comme des villes et faites monitions ou défenses, leurs biens soient pris par les juges des lieux ou par leur autorité et si soient dépouillées jusqu'à la cote ou au pélicon" in "Les chrétiens et la prostitution" Charles Chauvin. Cerf, 1983. p.31
  8. "Qui louera maison à ribaude ou recevra ribauderie en sa maison, il soit tenu de payer au bailli du lieu ou au prévôt ou au juge autant comme la pension vaut en un an." Charles Chauvin. Cerf, 1983. p.31
  9. À Naples en 1494, même si des travaux récents remettent en question cet historique traditionnel
  10. Établie à la suite des États généraux de 1560
  11. Jean-Pierre Carrez, La Salpêtrière de Paris sous l’Ancien Régime : lieu d’exclusion et de punition pour femmes dans Criminocorpus, revue hypermédia, Varia
  12. Cette sévérité extraordinaire semble trouver sa source dans un meurtre à la suite d'une rivalité entre soldats, ainsi que dans une tentative de lutter contre la vérole qui ravage les troupes du Roi. Très peu de filles subiront ce châtiment : cinq pendant tout le règne de Louis XIV. Voir ce site
  13. La prostitution et la police des mœurs au Mans au XVIIIème siècle
  14. Taillandier, Decrusy, Isambert, Recueil général des anciennes lois françaises, vol. XX, Berlin-Le-Prieur, (lire en ligne), p. 603
  15. Faisons très expresses inhibitions à toutes les femmes et filles de débauche de raccrocher dans les rues, sur les quais, places et promenades publiques, sur les boulevards de cette ville de Paris, même par les fenêtres. Le tout sous peine d'être rasées et enfermées à l'hôpital.
  16. Erica-Marie Benabou, « La prostitution et la police des mœurs au XVIIIe siècle », Annales. Économies, Sociétés, Civilisations, vol. 42, no 5,‎ , p. 1147-1149 (lire en ligne)
  17. La Prostitution à Paris et à Londres, 1789-1870, Charles Jérôme Lecour, 1882, p. 120
  18. Violette de Barbès, Cinquante ans de trottoir, Alain Lefeuvre, , p. 18
  19. Le dispensaire reçoit 15 000 femmes par mois
  20. Alexandre Jean-Baptiste Parent du Châtelet : De la prostitution dans la ville de Paris T1 Page 568 et suivantes
  21. Il constate notamment que les deux médecins nommés au contrôle des filles ont fait de leur fonction un véritable racket
  22. Maxime du Camp, "De l'état actuel de la prostitution parisienne", in Paris, ses organes, ses fonctions et sa vie, 1874, tome III, chap XVII.
  23. La maison de tolérance devait occuper la totalité d'un immeuble et les filles étaient pensionnaires, dans le but de contenir la prostitution à l'écart. Dans les années 1920, face à la pression immobilière, la réglementation permet aux filles sont de plus en plus libres de loger à l'extérieur.
  24. Paul Teyssier, Maisons closes parisiennes: architectures immorales des années 1930, Parigramme, , p. 100
  25. http://www.mouvementdunid.org/Dates-cles-en-France "Dates clefs de la prostitution en France" sur le site du Mouvement du Nid
  26. a et b (en) Mary Louise Roberts, What Soldiers Do: Sex and the American GI in World War II France, University of Chicago Press, , p. 76
  27. (en) « The GIs in Le Havre », Life,‎
  28. Mary Louise Roberts (trad. Cécile Deniard et Léa Drouet, préf. Pierre Assouline), Des GI's et des femmes : Amours, viols et prostitution à la Libération [« What soldiers Do Sex and the American GI in World War II France »], Edition du Seuil, , 405 p. (ISBN 978-2-02-115651-5)
  29. Convention pour la répression de la traite des êtres humains et l'exploitation de la prostitution d'autrui
  30. Louis Massignon dénonce la complicité de l'administration française dans le développement de la prostitution et de la traite dans ses colonies musulmanes Esprit, septembre 1953 (p.381-384)
  31. dénonciation et description de la complicité de fonctionnaires français dans la traite à fin de prostitution dans le Maroc des années 1950, Esprit, Août 1954, pp.268-271
  32. Droits et prostitution
  33. http://www.droitsetprostitution.org/lettreparlement.pdf
  34. http://www.liberation.fr/societe/010134035-loue-studette-contre-pipe Libération 05/02/2008 : loue studette contre pipe

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Érica-Marie Benabou, La Prostitution et la police des mœurs au XVIIIe siècle, Perrin, 1987.
  • Jean-Marc Berlière, La Police des mœurs sous la IIIe République, Seuil, Paris, 1992.
  • Alain Corbin, Les filles de noce. Misère sexuelle et prostitution au XIXe siècle, Flammarion, 1978 ; et rééd.
  • A. Mericskay, « La prostitution à Paris : dans les marges d'un grand livre », Histoire, économie & société, n° 4, 1987, p. 495-508, lire en ligne.
  • Régis Révenin, Homosexualité et prostitution masculines à Paris : 1870-1918, Paris, L’Harmattan, (ISBN 978-2-7475-8639-9)
  • Jacques Rossiaud, La Prostitution médiévale, Flammarion, 1988.
  • Jacques Rossiaud, Amours vénales: la prostitution en Occident, XIIe-XVIe siècle, Aubier, Collection historique Paris, 2010.
  • Jacques Rossiaud, « Prostitution, jeunesse et société dans les villes du Sud-Est au XVe siècle », In: Annales. Économies, Sociétés, Civilisations, 31e année, N. 2, 1976. p. 289-325
  • Jacques Rossiaud, « La prostitution dans les villes françaises au XVe siècle ». In: Communications, 35, 1982. Sexualités occidentales. Contribution à l'histoire et à la sociologie de la sexualité. p. 68-84.
  • Charles Virmaître, Les virtuoses du trottoir, P. Lebigre-Duquesne, 1868
  • Charles Virmaître, Les maisons comiques ; détails intimes et inédits de la vie de célébrités artistiques, coécrit avec Élie Frébault, P. Lebigre-Duquesne, 1868 [Disponible sur Gallica]
  • Charles Virmaître, Paris-police, E. Dentu, 1886 [Disponible sur Gallica]
  • Charles Virmaître, Paris impur, illustrations de Louis Vallet, A. Dalou, 1889 [Disponible sur Gallica]
    Ouvrage réédité en 2015 aux éditions Abordables, fac-similé de l'édition originale (sa deuxième édition, de 1891).
  • Charles Virmaître, Paris-galant, L. Genonceaux, 1890
  • Charles Virmaître, Paris cocu, L. Genonceaux, 1890 [Disponible sur Gallica]
  • Charles Virmaître, Paris documentaire : Trottoirs et lupanars, Perrot, 1893 [Disponible sur Gallica]

Liens externes[modifier | modifier le code]