Histoire de la police française

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Le traité de la Police de Nicolas de La Mare (1707).

La notion de police est héritée de l'Antiquité avec les villes ayant conservé une municipalité, puis, à partir du IXe siècle, dans les villes franches ou libres qui possèdent le droit de s'administrer. C'est ainsi que l'on parle de vie policée, de police des marchés, des métiers, des poids et mesure, des jeux, etc.

Sous l'Ancien Régime, le pouvoir de police est exercé par les conseils municipaux (consuls ou échevins), sauf dans la capitale, où, à partir du XVIIe siècle, elle est retirée à la ville de Paris pour être confiée à un officier du roi, appelé lieutenant-général de police. Au XIXe siècle, ce régime est étendu aux deux autres villes principales : Lyon et Marseille, qui sont dotées de « préfets de police », tandis qu'une direction de la police est créée au ministère de l'Intérieur. Les maires des communes sont toujours légalement investis des fonctions de chef de la police sur leur commune.

Évolution de la définition[modifier | modifier le code]

Dans son acception moderne, le terme de police revêt une réalité très large, il désigne des tâches multiples, édilitaires, sanitaires, économiques, de la cité au royaume, dont l’expansion est en partie liée à celle des villes. Sans se confondre avec les notions de « justice » et de « finance », elle est l’ordre en toute chose dans la cité.

Plus généralement, la police est aussi l’administration des sociétés dites policées. C’est l’emploi qu’en fait Louis-Sébastien Mercier dans son Tableau de Paris, en évoquant les lois qui régissent la vie urbaine.

Au Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Article connexe : Guet royal.

Bien avant de désigner un corps de fonctionnaires chargé d'interpeller les délinquants, le mot police désigne idéalement l'ordre public et les bonnes mœurs qui doivent régner dans les villes. Dotée de juridictions de premier degré, elle est l'équivalent, dans les campagnes, de la basse justice exercée par les seigneurs de village, ou par leurs procureurs fiscaux.

La police relève des municipalités, échevins ou consuls, et porte sur la propreté, la sûreté, la santé publique des hommes (épidémies, pollution) et des animaux (épizooties, abattage), la voirie, l'approvisionnement en denrées et en eau, les foires et marchés, les prix, les fraudes, l'organisation des métiers, de l'apprentissage, et tout ce qui donne lieu à des règlements locaux et à des contraventions à ces règlements.

Cette police n'a pas à connaître des délits et des crimes qui relèvent alors de la haute justice. La force publique municipale est exercée par des officiers municipaux, qui peuvent éventuellement se faire assister des hommes d'armes de la milice, normalement chargés de faire bénévolement le guet et de défendre la ville en cas d'attaque.

Ainsi, à Paris, en 1254, une ordonnance de Saint Louis évoque l'existence d'un corps des chevaliers du guet, qui comporte quarante sergents à pieds et vingt hommes d'arme à cheval, chargés de surveiller la ville de nuit[1],[2]. Ce dispositif est complété par une milice bourgeoise, appelée « guet bourgeois »[1]. Ce dispositif fut adopté par les autres grandes villes, mais se révéla largement insuffisant, le guet bourgeois étant renommé « guet assis » puis « guet dormant » en raison de son inefficacité[1]. Une ordonnance de Jean II le Bon, de 1363, recensée dans le Traité de la police (1707) de Nicolas de La Mare, note ainsi que tous essaient d'échapper à leurs obligations[3]. Prenant acte de son échec, Henri IV supprima ainsi le guet bourgeois en 1559, le remplaçant par une taxe permettant de financer le guet royal[1]. Son prédécesseur, Henri II, promulgua quant à lui un édit, en 1547, obligeant les passants à porter secours en cas de crime et à faire fermer les portes de la ville pour empêcher le coupable de s'échapper[1]. L'efficacité de ces mesures est cependant douteuse, les conflits de juridictions (entre la justice du roi, celle de la ville, des abbayes, etc.) rendant la poursuite des malfrats difficile[1]. Enfin, en 1550, un arrêt du Parlement de Paris, également compétent en matière d'ordre public, impose aux sergents d'être alphabétisés[4].

À partir de la fin du XVIIe siècle, la monarchie absolue progressivement mit en place une « police », chargée de tâches diverses et bien plus larges que ce qu'on entend aujourd'hui par « police ». Cette mise en place fut concrétisée, à Paris, par la création de la charge de lieutenant général de police, par l'édit royal de 1667, qui cumulait des fonctions administratives et judiciaires.

Rôle de la maréchaussée[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Maréchaussée.

En France, la monarchie des XIIe et XIIIe siècles, verra la naissance de la maréchaussée, corps d'hommes d'armes dépendant directement des maréchaux, avec pour première fonction de surveiller l'armée en campagne (police militaire), mais aussi les mercenaires, les déserteurs et les soldats démobilisés, afin d'éviter que ceux-ci ne pillent le pays ou ne fassent violence aux habitants.

Progressivement, elle deviendra la force publique du domaine royal et militaire, et des atteintes à la souveraineté (recherche des crimes royaux, fausse monnaie, dépôts d'armes, levée d'armée privée, conspiration, crimes de guerre), avec une juridiction souveraine siégeant au palais dans l'île à Paris,

Au XVIe siècle la maréchaussée est investie de la police des chemins et places royales, y compris ceux qui traversent des villes.

Sans que le mot « police » soit utilisée à son propos, la maréchaussée est aussi compétente au XVIe siècle pour la police des « étrangers » (la notion recouvrant tout étranger à la ville, la catégorie de « national » n'existant pas encore) et des personnes sans domicile (vagabonds, nomades, déserteurs), les soldats en garnison, les bandes armées, les canaux, les ports et les mariniers, sans avoir le droit d'intervenir à l'intérieur des campagnes (qui restent de l'autorité des seigneurs hauts justiciers ou des baillis et sénéchaux), ni à l'intérieur des villes. Elle est dotée de juridictions locales avec un juge appelé le Prévôt de maréchaussée ou des maréchaux, qui instruit, juge et condamne les délits commis et flagrants délits dans ses domaines de compétence, sous appel des parlements pour les crimes capitaux et royaux.

En 1667, le premier président du Parlement de Paris, Guillaume Ier de Lamoignon, déclare ainsi qu'elle est « souvent plus à craindre que les voleurs eux-mêmes »[5]. En 1580, le prévôt des maréchaux d'Angers fut ainsi exécuté pour avoir commis « plusieurs assassinats, voleries et concussions [5]. » En 1791, la maréchaussée devenue gendarmerie est qualifiée dans le cahier de doléances de la ville d'Étampes comme « le corps le plus utile de la Nation ».

Sous Louis XIV[modifier | modifier le code]

En 1667, un décret est soumis, par Colbert, au roi (Louis XIV) : « La police consiste à assurer le repos du public et des particuliers, à protéger la ville de ce qui peut causer des désordres. » Le poste de lieutenant général de police est créé et la première force au sens moderne du terme est mise sur pied. En 1789 disparaîtra la police monarchique – une garde nationale ayant tenté de réprimer la révolution. Dès 1790 seront créés une cinquantaine de commissariats. En 1796, toutes les villes comptant plus de 5 000 habitants comporteront désormais un commissariat.

Le 24 août 1665, le lieutenant criminel Tardieu et sa femme sont assassinés chez eux par des voleurs. Colbert et Louis XIV réagissent en séparant à Paris la police de la justice et en la plaçant sous l'autorité d'un lieutenant de police (édit de 1667). La police était née.

La Reynie fut le premier lieutenant de police, en fait une sorte de gouverneur de Paris. Sa tâche, colossale, était de lutter contre la pègre et de la surveiller, mais aussi de mettre sur pied une véritable administration centralisée. Ses principales missions revenaient à faire respecter les édits, jusque là lettre morte, réglementer le commerce, les manufactures, organiser des secours en cas d'incendie, assurer l'hygiène des rues, l'approvisionnement et la stabilité des prix. Il lui fallait encore veiller à la censure et à l'information du pouvoir. Il augmenta les effectifs du guet et le nombre de rondes de nuit. Les mendiants, vagabonds et autres « gens sans aveu » firent l'objet d'une politique d'enfermement général (décrite par Foucault dans L'Histoire de la folie) à l'Hôpital général.

La Reynie réussit à se faire obéir par les commissaires au Châtelet, dont il augmenta le nombre afin de les répartir dans tous les quartiers de Paris. Mieux payés, ils devaient rendre compte chaque jour de leurs activités.

Lors de la Régence et de la peste de Marseille (1720), des procédures d'identification sont mises en place, de manière concomitante avec l'armée, qui créé en 1684 un « rôle » (ou registre) des déserteurs[6], perfectionné par une ordonnance de 1716 de Claude Le Blanc, qui siège au Conseil de guerre. Au même moment, vers 1715-1720, un service spécialisé pour les « passeports » est créé au Secrétariat d'État aux Affaires étrangères[7] (les « passe-ports » sont alors davantage des passe-droits permettant de circuler librement et d'obtenir la protection du seigneur local ; quand ils sont utilisés pour restreindre les déplacements internationaux, c'est davantage pour empêcher l'émigration que l'immigration, la population étant alors, sous l'influence du mercantilisme, assimilée à une richesse pour l'État).

La police est chargée de contrôler l'accès aux villes, des certificats sanitaires étant utilisés lors de l'épidémie de peste, tandis que la maréchaussée contrôle dans les campagnes les présumés déserteurs. Ces nouvelles méthodes, qui émergent en temps de crise, sont perfectionnées au fil du siècle, les étrangers à la ville faisant l'objet d'une surveillance accrue.

Ainsi, en 1747-1748, le lieutenant général de police créé un « sixième bureau », chargé de la « sûreté publique », qui assure des fonctions de police moderne[8]. Ce nouveau bureau est chargé du contrôle des hôtels, auberges et chambre d'hôtes, à des fins de surveillance des « étrangers ». Si, dans la plupart du royaume, la surveillance d'étrangers par la police urbaine signifie celle des étrangers à la ville, et non des non-régnicoles[9], à Paris, ainsi qu'à Bordeaux, grand port où réside, de façon permanente, une importante communauté venant de pays du Nord (le Royaume-Uni, les pays de la Hanse…), la surveillance des étrangers se focalise en particulier sur celle des sujets de puissances étrangères, et en particulier de puissances ennemies (le Royaume-Uni lors de la guerre de Succession d'Autriche de 1740 à 1748 et pendant la guerre de Sept Ans de 1756 à 1763)[8]. L'inspecteur Buhot, qui dépend de ce « sixième », est à la fois sous les ordres du lieutenant général de police et du secrétaire d'État des Affaires étrangères[8].

À la fin de l'Ancien Régime, le lieutenant de police occupe un poste très politique. Véritable ministre sans le titre, il lui faut naviguer entre la Cour, le Parlement, mais aussi une opinion publique très frondeuse. En 1753, la moitié du budget de la police parisienne servait à rémunérer les indicateurs[réf. nécessaire]. Le lieutenant de police d'Argenson fit ficher les personnalités. Leur correspondance transitait par un Cabinet noir. Quant au peuple de Paris, il était exaspéré par les contrôles tatillons et la corruption de la police.

Révolution et l'Empire[modifier | modifier le code]

L'ancienne police s'évanouit en 1789. La Lieutenance générale de police de Paris disparut, tandis que la police fut confiée aux municipalités. Dans les plus grandes villes, divisées en sections, la police était confiée à des commissaires élus par les citoyens de chaque section, secondés par la Garde nationale, une milice, placés sous l'autorité de la municipalité. Les compagnies de maréchaussées furent fusionnées pour former la Gendarmerie nationale en 1791, chargée essentiellement de la police des campagnes.

La loi du 22 juillet 1791 sur la police municipale prévoit la constitution d'un « état des habitants », ou recensement municipal annuel. Aboli comme symptôme de la monarchie absolue, le passeport est rétabli, après d'âpres débat, par une loi de 1792 (en septembre, l'État établira aussi l'état civil moderne). Avec l'abolition des privilèges et la proclamation de l'égalité dans la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen, ce sont tous les citoyens de la République française qui dispose d'un droit à l'état civil et au passeport : son usage, qui était limité à certaines catégories sous l'Ancien régime, devient général.

Après la chute de la royauté en août 1792, le Comité de sûreté générale et les autres polices révolutionnaires, promptes à alimenter la guillotine, se substituent à l'éphémère garde nationale élue. Comité de sûreté générale et Comité de salut public, où siègent Robespierre, Danton, etc., et qui dispose du Bureau central de police, se font la guerre. En 1795, de Terreur en Contre-terreur, la police est totalement désorganisée. La Convention nationale instaure le 25 octobre 1795 le Code des délits et des peines (3 brumaire an IV), qui distingue entre la police administrative, qui prévient les délits, et la police judiciaire, qui recherche les délits que la police administrative n'a pu empêcher de commettre[10]. Cette distinction entre rôle de prévention et de répression était au cœur des idées de Beccaria, Montesquieu et Voltaire.

Le Directoire crée le ministère de la Police, mais la police dépend en fait des autorités locales. Neuf ministres de la Police se succèdent de 1796 à 1799. Pire, le ministère de la Police (c'est-à-dire Fouché) finança en partie le coup d'État du 18 brumaire[11]. La loi du 28 germinal an VI sur la Gendarmerie nationale énonce qu'« une surveillance continue et répressive constitue l'essence de son service » : celle-ci a donc à la fois des fonctions de police administrative (prévention des délits) et de police judiciaire (répression)[10].

Bonaparte, Premier consul, entreprend de constituer une police à sa dévotion, dont il nomme lui-même les commissaires (loi du ), 28 pluviôse an VIII). Il crée en 1800 la Préfecture de police de Paris, héritière de la Lieutenance générale. Fouché, pendant les dix ans de son « règne », s'intéressera presque exclusivement à la police politique, la division « Sûreté générale et police secrète », qui fait un large usage des indicateurs et autres « mouchards ». Un système élaboré de surveillance et de contrôle des déplacements est mis en place. Dès 1795, le passeport est obligatoire pour se déplacer hors de son canton. Dans le cadre des guerres révolutionnaires, ce sont essentiellement les émigrés royalistes et les sujets de puissance ennemie qui sont suivis, quoique désormais, tout étranger (c'est-à-dire, depuis la Révolution, non titulaire de la citoyenneté française), fasse l'objet de ce contrôle. La police de Fouché tâche de garder ceux-là sous son regard, en les obligeant à pointer régulièrement devant des bureaux, pour se faire « viser » son passeport. Le Ministère de la Police générale reçoit des départements frontaliers et des ports les passeports des étrangers, et les recoupent avec ses registres, avant de les renvoyer, d'abord aux maires, puis, ceux-ci manquant de compétences aux yeux du Ministère, aux sous-préfets. Si ce système comporte encore de nombreuses échappatoires, beaucoup ne connaissant pas même les procédures à suivre, « paradoxalement, c'est le développement des moyens de surveillance qui rend possible une plus grande liberté de mouvement[12] » : l'État est confiant dans ses capacités de pouvoir retrouver tout individu circulant sur le territoire national.

Restauration et monarchie de Juillet[modifier | modifier le code]

Sous la Restauration, le ministère de la Police générale est supprimé en 1818 ; il sera rétabli par Napoléon III.[Quand ?] La Préfecture de police étend alors son action jusqu'en province, tandis que le caractère policier du pouvoir s'accentue encore. Vidocq s'illustre à la Sûreté générale. Après l'assassinat du Duc de Berry, Delavau, surnommé le « préfet des jésuites », et successeur de Jules Anglès, se concentre sur l'espionnage. En 1834, le préfet Gisquet s'illustre par le massacre de la rue Transnonain. Lui succède Delessert, qui reste en poste de 1836 à 1848.

La Préfecture bénéficie à partir de 1830 du concours de la Garde municipale, qui remplace la Gendarmerie de Paris. C'est pourtant à la toute fin de la Restauration qu'est créé le « sergent de ville », au service de la sécurité et de la prévention. Mais sous la monarchie de Juillet, cette nouvelle forme de police se voit détournée de sa fonction première.

Second Empire[modifier | modifier le code]

Avec Napoléon III, la police politique prospère, aux dépens de la police judiciaire, souligne A. Lebigre[réf. nécessaire]. En 1858 l'attentat manqué d'Orsini contre l'Empereur est l'occasion d'une vague de répression. Une loi de sûreté générale est promulguée en 1858, qui permet de punir de prison toute tentative d'opposition et autorise, entre autres, l'arrestation et la déportation sans jugement, d'un individu condamné pour délit politique depuis 1848. Ce projet de loi prévoit enfin des peines d'amendes ou de prisons contre ceux qui se seraient concertés en vue d'agir à l'encontre du gouvernement.

Durant tout le Second Empire, les effectifs de la police sont passés de 5 000 à 12 000 hommes[réf. nécessaire], mais cela s'explique en partie par la croissance des villes, considère Alain Plessis. La Révolution industrielle, de par les conditions de vie inhumaine du prolétariat, alimente la criminalité et l'esprit de révolte, tandis que la prison moderne fait son apparition, menant à la création d'une classe spécifique de « délinquants »[13]. « École du crime » maintes fois dénoncée dès sa création, la prison permet en effet de constituer une classe professionnelle de criminels, entretenant des liens étroits, et issue en majorité des classes populaires. Tandis que maintes « illégalismes » jadis tolérés par la monarchie font l'objet d'une répression accrue[13] (la nouvelle réglementation du Code forestier aboutit ainsi en Ariège à la « guerre des demoiselles », émeutes qui commencent dans les années 1830 et se poursuivent, à l'État larvé, jusqu'en 1872), les « délinquants » permettent aussi au pouvoir d'opérer une surveillance accrue sur ces nouvelles « classes dangereuses » (voir l'ouvrage de Louis Chevalier, Classes laborieuses et classes dangereuses), notamment en les utilisant en tant qu'indics[13].

De 1826 à 1880, la criminalité aurait quadruplé[réf. nécessaire]. Les Renseignements généraux, créés en 1855, travaillent à prendre la température de l'opinion publique, mais aussi à surveiller les personnalités et à traquer les opposants ainsi que les propagateurs du socialisme.

Troisième République[modifier | modifier le code]

La loi de 1884 modifie la répartition des pouvoirs de police entre maires et préfets. À la fin du XIXe siècle, la police est pour la première fois confrontée, avec une partie du mouvement anarchiste prônant la propagande par le fait, au terrorisme.

Pour avoir refusé la grâce de l'anarchiste Auguste Vaillant, le président Sadi Carnot est ainsi poignardé le 24 juin 1894 par l'Italien Sante Geronimo Caserio. Ces actions aboutissent au procès des Trente (août 1894), échec retentissant pour les autorités judiciaires, ainsi qu'au vote des lois scélérates, qui limitent fortement la liberté de la presse et d'expression (saisie du Père Peinard, censure des ouvrages de Jean Grave, etc.). C'est aussi en réaction à cette vague d'attentats que s'ébauche les premiers efforts de coopération policière internationale (conférence internationale de Rome pour la défense sociale contre les anarchistes de 1898).

L'usage d'agents provocateurs est dénoncé à plusieurs reprises, notamment lors des grèves de Carmaux de 1892-1895, par le député Jaurès en avril 1894 :

« C’est ainsi que vous êtes obligés de recruter dans le crime de quoi surveiller le crime, dans la misère de quoi surveiller la misère et dans l’anarchie de quoi surveiller l’anarchie. (Interruptions au centre. — Très bien ! très bien ! à l’extrême gauche.)
Et il arrive inévitablement que ces anarchistes de police, subventionnés par vos fonds, se transforment parfois — comme il s’en est produit de douloureux exemples que la Chambre n’a pas pu oublier — en agents provocateurs[14]. »

Lors de l'affaire Dreyfus, Alphonse Bertillon, qui participe aux analyses graphologiques, met en place progressivement l'anthropologie judiciaire, freinant en son nom l'utilisation de la dactyloscopie prônée par d'autres criminologues.

La Belle Époque est aussi celle des Apaches, qui narguent la police à Paris, des bandes organisées qui écument la province[réf. nécessaire]. En 1907, Le Petit Journal faisait du triplement en cinquante ans de la « criminalité juvénile », la UNE de son supplément illustré. Au vrai, les chiffres croissants des crimes commis par les Apaches correspondent avant tout à la mise en place et à la performance croissante des statistiques de la délinquance. Si Le Petit Journal déplore qu'il y eût moins de crimes dans un « avant » idéalisé, c'est tout simplement parce qu'ils n'étaient pas comptés et pas davantage rapportés dans une presse populaire qui se développe à la fin du XIXe avec l'extension du nombre de citoyens sachant lire et l'apparition du fait divers.

L'arrivée au pouvoir de Georges Clemenceau marque une réforme importante de la police. Il crée en 1907 les premières brigades mobiles de la PJ (police judiciaire), les « brigades du Tigre ». C'est désormais la « guerre » entre la Sûreté générale de Célestin Hennion, autonome depuis 1877, dont dépendent, outre ces brigades, RG et contre-espionnage, et la Préfecture de police dirigée par le préfet Lépine. À nouveau, la police fait usage de taupes, qualifiées par les critiques d'agents provocateurs, notamment lors des grèves de Draveil-Villeneuve-Saint-Georges de 1908. L'équilibre est largement en faveur de la Préfecture de police : en 1934, un rapport au président de la République indique ainsi que son budget s'élève à 560 millions de francs, contre seulement 47 millions pour la Sûreté générale[15].

En 1934-35, des décrets-lois revoient l'organisation réciproque de la Sûreté, rebaptisée « Sûreté nationale », dont dépendent les Renseignements généraux, les Brigades du Tigre ainsi que la DST, et de la Préfecture de police. Les pouvoirs de police des préfets sont augmentés au détriment de ceux des maires. Le fichier de la Sûreté générale centralise en 1935. les informations sur les individus surveillés (prostitués, « invertis », anarchistes, communistes, personnalités politiques, délinquants, étrangers en situation irrégulière, etc.)

Vichy[modifier | modifier le code]

L'occupant allemand se saisit dès 1940 du fichier central de la Sûreté générale, lequel est expédié en Allemagne pour y être repris quelques années plus tard par l'Armée rouge, stocké à Moscou et restitué à la France par la Russie en 1994-2001 (les Soviétiques ne sont pas censés y avoir touché mais on note au moins dans les cartons de la lettre S quelques annotations en russe pour les fichés d'origine russe/soviétique). De fait, coexistent en France différentes polices, créées au fur et à mesure des besoins sans coordination entre elles. Afin d'en faire un instrument efficace, Vichy travaille à unifier et à réorganiser la police par la loi de 1941, qui crée la Police nationale. En 1941 sont aussi créés les Groupes mobiles de réserve (GMR) destinés à constituer une police de maintien de l'ordre et de police des foules. Le régime de Pétain créé aussi l'École nationale supérieure de la police, à Saint-Cyr-au-Mont-d'Or, et deux écoles d'officiers de GMR.

À partir de 1942, date de l'invasion de zone libre par les Allemands, la Police nationale a à sa tête René Bousquet, un haut fonctionnaire qui conclut des accords de collaboration avec le général SS Karl Oberg, chef de la Gestapo et de la police allemande en France, la nouvelle Police nationale se trouve de ce fait engagée dans des actions contre la Résistance et participe aux arrestations des Juifs, notamment à l'occasion de la rafle du Vel'd'Hiv du 16-17 juillet 1942. Bousquet est remplacé, fin 1943, par Joseph Darnand, un collaborationniste virulent qui se trouve à la tête de la Milice. Après la Libération, épurées de leurs éléments les plus compromis (7 000 policiers auraient été remerciés[16]), les institutions créées par le régime de Vichy ne sont pas remises en cause, la Police nationale conservant son rôle unificateur, limité par l'autonomie de la Préfecture de police de Paris, et les GMR, après dissolution en novembre 1944, donnant naissance, en intégrant des éléments des Forces françaises de l'intérieur (FFI), aux Compagnies républicaines de sécurité (CRS).

IVe et Ve République[modifier | modifier le code]

CRS et manifestants pendant la lutte contre l'extension du camp militaire, Larzac janvier 1973.
Véhicule de la police française en 2007.

Sous la IVe République, la police réprime parfois violemment les manifestations, en particulier celle du (7 morts et une centaine de blessés), organisée par le PCF, la CGT et le Mouvement pour le triomphe des libertés démocratiques (MTLD) de Messali Hadj[17]. Après 1953, le PCF se voit d'ailleurs interdit de manifestation, et les relations avec la police sont tendues. Les policiers défient l'interdiction de manifester le , défilant alors contre les parlementaires[18]. Jules Moch qualifie la manifestation de « plus grande mobilisation des forces de police jamais organisée »[19]. Le PCF riposte par une réunion politique au Cirque d'hiver, lui aussi interdit[19]. Les heurts avec les forces de l'ordre font une dizaine de blessés[19]. En défiant le pouvoir politique, la police participe ainsi au contexte qui, un mois et demi plus tard, porte de Gaulle au pouvoir et fait tomber la IVe République (crise de mai 1958). De nouveaux heurts opposeront police et communistes le , l'un des blessés décédant de ses blessures quelques jours plus tard[19].

Sous la Ve République, l'image de la Préfecture de police est entachée par le mandat de Maurice Papon, qui la dirige de 1958 à 1966 et écrase dans le sang la manifestation pro-FLN et pacifique du 17 octobre 1961 ainsi que celle de Charonne en 1962. Papon fut inculpé en 1983 pour crimes contre l'humanité commis pendant la Seconde Guerre mondiale, son passé revenant à la surface.

Plus généralement, la Préfecture de Police se trouve mêlée à de nombreux scandales, en raison de sa grande autonomie d'action. L'affaire Ben Barka, du nom de l'opposant marocain enlevé en plein Paris en 1965, n'arrange guère son image. La Préfecture se voit fondue avec la Sûreté générale dans la Police nationale par la loi du 9 juillet 1966[20]. En mai 1968, le sang-froid du préfet de police Maurice Grimaud est souvent invoqué pour expliquer le faible nombre des victimes des affrontements entre étudiants et CRS. Vient ensuite l'époque du ministre Raymond Marcellin, honni par la gauche pour ses actions répressives, et qui doit quitter son poste à la suite de l'affaire des plombiers. En 1986, l'affaire Malik Oussekine sera l'une des « bavure » la plus médiatisée. La création, en 2000, par la gauche plurielle, de la Commission nationale de déontologie de la sécurité (CNDS), vise à permettre aux citoyens s'estimant victimes de comportements indus de la police d'ouvrir une enquête parallèle à celle effectuée sous l'instruction d'un juge. Les contrôles d'identité parfois injustifiés sont de plus en plus souvent dénoncés, et régulièrement épinglés comme l'une des causes du fossé séparant la police de la population, en particulier après le décès de deux adolescents à Clichy-sous-Bois en 2005, qui agira comme étincelle des émeutes d'octobre-novembre 2005. De même, l'usage de tasers ou de flash-balls suscite la controverse.

De nouvelles unités sont mises sur pied, notamment avec la création du Groupe d'intervention de la Gendarmerie nationale (GIGN) à la suite de la prise d'otages des Jeux olympiques de Munich (1972). L'Office Central pour la Répression du Banditisme (OCRB, rebaptisé Office central de lutte contre le crime organisé en 2006), est créé en 1973. La célèbre brigade anti-gang dépend de celui-ci, avec à sa tête le commissaire Broussard qui s'illustre en interpellant Jacques Mesrine, abattu en pleine rue par ses hommes. En 1975, la Brigade mondaine devient la Brigade des stupéfiants et du proxénétisme, la Brigade des stupéfiants ne prenant son autonomie qu'en 1989. Parallèlement, la carrière de Martine Monteil, qui est nommée à la tête de la Brigade criminelle en 1996, illustre une relative féminisation du métier.

Le groupe Recherche, assistance, intervention, dissuasion (RAID) est créé en 1985, et sera coordonné avec les GIPN et la brigade anti-commando au sein de la Force d'intervention de la police nationale créée en 2011. Le GIGN, composé de militaires de la gendarmerie, reste indépendant de la FIPN (police). En association avec les forces spéciales, le GIGN participera à l'intervention lors de la prise d'otages d'Ouvéa, en Nouvelle-Calédonie et entre les deux tours de l'élection présidentielle de 1988. Le réalisateur Mathieu Kassovitz, qui s'était fait connaître par son film La Haine, en fit un récit romancé dans L'Ordre et la Morale. Le GIGN participe à de nombreuses opérations-choc, dont l'intervention lors de la prise d'otages du vol Air France par le GIA, en 1994.

Sur un plan moins spectaculaire, le gouvernement Jospin instaure les contrats locaux de sécurité puis, en 1998, la police de proximité, supprimée par Sarkozy en 2003, tandis que le poids relatif de la police municipale s'accroît nettement. Le « sentiment d'insécurité » devient de plus en plus instrumentalisé par les politiques pour justifier leurs choix.

Par ailleurs, la police coopère de plus en plus avec ses homologues européens, notamment dans le cadre de l'accord de Schengen et de la coopération policière et judiciaire en matière pénale (traité de Prüm (2005), etc.).

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Études générales, historiographie, sociologie[modifier | modifier le code]

  • Michel Auboin, Arnaud Teyssier et Jean Tulard, La police, Histoire et dictionnaire, Paris, Robert Laffont, coll. « Bouquins », 2005, XXII-1059 p., (ISBN 2-221-08573-6), présentation en ligne.
  • Jean-Marc Berlière, René Lévy, Histoire des polices en France de l'Ancien Régime à nos jours, Nouveau Monde éditions, 2011. Réédition revue et augmentée en format de poche en 2013 (même éditeur).
  • Georges Carrot, Histoire du maintien de l'ordre en France, Presses de l'IEP de Toulouse, 1984, 2 vol. 
  • Georges Carrot, Histoire de la police française, Taillandier, 1992.
  • Arlette Lebigre, La Police : une histoire sous influence, Gallimard, 1993.
  • L. Van Outrive, C. Fijnaut, « Recherches sur la police », Déviance et société, no 2-2, 1978, p. 215-231, [lire en ligne].
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Moyen Âge[modifier | modifier le code]

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  • Valérie Toureille, « Les sergents du Châtelet ou la naissance de la police parisienne à la fin du Moyen Âge », dans Claire Dolan (dir.), Entre justice et justiciables : les auxiliaires de la justice du Moyen Âge au XXe siècle, Sainte-Foy (Québec), Les Presses de l'université Laval, coll. « InterCultures », , 828 p. (ISBN 2-7637-8268-X), p. 69-84.
  • Catherine Denys, « Les sergents de ville en France du Nord et aux Pays-Bas au XVIIIe siècle : évolution d'un métier et d'une pratique sociale », dans Claire Dolan (dir.), Entre justice et justiciables : les auxiliaires de la justice du Moyen Âge au XXe siècle, Sainte-Foy (Québec), Les Presses de l'université Laval, coll. « InterCultures », , 828 p. (ISBN 2-7637-8268-X), p. 85-100.
  • Christine Bellanger, « La figure du sergent dans l'enluminure à la fin du Moyen Âge : entre justice et maintien de l'ordre », dans François Foronda, Christine Barralis et Bénédicte Sère (dir.), Violences souveraines au Moyen Âge. Travaux d'une École historique, Paris, Presses Universitaires de France, coll. « Le nœud gordien », , VI-284 p. (ISBN 978-2-13-057363-0).

Ancien Régime[modifier | modifier le code]

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Révolution et Empire[modifier | modifier le code]

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Époque contemporaine[modifier | modifier le code]

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  • Quentin Deluermoz, Policiers dans la ville : la construction d'un ordre public à Paris, 1854-1914, Paris, Publications de la Sorbonne, coll. « Histoire de la France aux XIXe et XXe siècles » (no 71), , 408 p. (ISBN 978-2-859-44698-7, présentation en ligne).
  • Vincent Milliot (dir.), Les mémoires policiers, 1750-1850 : écritures et pratiques policières du siècle des lumières au second empire, Rennes, Presses universitaires de Rennes, coll. « Histoire », , 415 p. (ISBN 978-2-753-50263-5 et 978-2-951-07961-8, présentation en ligne), [présentation en ligne], [présentation en ligne], [présentation en ligne].
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Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e et f Arlette Lebigre, La police, une histoire sous influence, Gallimard, 1993, p. 22-23.
  2. D'où la chanson traditionnelle : « Qu'est-ce qui passe ici si tard, compagnons de la Marjolaine, Qu'est-ce qui passe ici si tard, gai, gai, dessus le gué. C'est le chevalier du guet, compagnons de la Marjolaine, c'est le chevalier du guet, gai, gai, dessus le gué. »
  3. Arlette Lebigre, La police, une histoire sous influence, Gallimard, 1993, p. 114
  4. Arlette Lebigre, La police, une histoire sous influence, Gallimard, 1993, p. 20.
  5. a et b Arlette Lebigre, op. cit., p. 25.
  6. Vincent Denis, Une histoire de l'identité. France, 1715-1815, Champs-Vallon, 2008, chap. VI « Les déserteurs et l'armée ».
  7. V. Denis, op.cit., p. 146.
  8. a, b et c Vincent Denis, Une histoire de l'identité. France, 1715-1815, éd. Champs-Vallon, 2008, p. 319-321.
  9. La notion d'« étranger » au sens d'individu n'ayant pas la nationalité française n'émerge qu'à la Révolution française, qui codifie juridiquement une « communauté nationale » (bien que le terme même de « nationalité » n'existe pas encore.
  10. a et b Louis Larrieu, Histoire de la maréchaussée et de la gendarmerie. Des origines à la Quatrième République, republié chez Maisons-Alfort/Ivry-sur-Seine, Service historique de la gendarmerie nationale/Phénix éditions, 2002, 729 p. 2e partie, chapitre II (intégralement en ligne) Compte-rendu de l'ouvrage dans la Revue d'histoire du XIXe siècle, 2002.
  11. Cf. travaux de Denis Woronoff ou Arlette Lebigre, op. cit., p. 66.
  12. V. Denis, op.cit., p. 314.
  13. a, b et c Michel Foucault, Surveiller et punir.
  14. Séance du 30 avril 1894, discours de Jean Jaurès, sur le site de l'Assemblée nationale.
  15. Lebigre, op. cit., p. 140.
  16. Lebigre, op. cit., p. 101.
  17. Maurice Rajsfus, 1953, un 14 juillet sanglant, Agnès Viénot éditions, 2003, 239 pages.
  18. Emmanuel Blanchard, « Quand les forces de l’ordre défient le palais Bourbon (13 mars 1958). Les policiers manifestants, l’arène parlementaire et la transition de régime », Genèses, 2011, vol. 2, no 83.
  19. a, b, c et d Danielle Tartakowsky, Les manifestations de rue en France, 1918-1968, Publications de la Sorbonne, 1997 - 869 pages, p. 651-652.
  20. Histoire de la police nationale.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]