Histoire de la Bresse

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La préhistoire[modifier | modifier le code]

Le contexte géologique préliminaire[modifier | modifier le code]

La Bresse occupe la partie centrale de ce qui était un lac de l'ère tertiaire. Ce vaste plan d’eau, probablement peu profond et plutôt marécageux, se déversait vers la mer Méditerranée au sud de ce qui est aujourd’hui la ville de Valence, près du confluent de la Drôme avec le Rhône. Le verrou glaciaire formé par les monts du Vivarais et du Tricastin jouait le rôle de plan d’eau régulant le niveau du lac. C'était probablement un immense étang, peut-être parsemé d'îles et alimenté par de nombreuses sources, ce qui lui valut la dénomination de Lac.

Le lac bressan[modifier | modifier le code]

Le lac bressan occupa environ les deux tiers nord de ce qui est, de nos jours, le sillon Rhône-Saône, sur une longueur évaluée à environ 350 kilomètres. Les contreforts du Vercors, de la Chartreuse, des Bauges, du Bugey, du Revermont jurassien jusqu’aux pieds des Vosges formaient sa rive est. Le nord, difficile à définir, devait baigner les hauteurs des plateaux lorrains, champenois et de Langres, tandis que la rive ouest longeait les monts de Côte d’Or, Chalonnais, Mâconnais, Lyonnais et Vivarais. Sa largeur variait entre 60 kilomètres aux extrémités nord et sud et seulement 40 kilomètres au rétrécissement central correspondant à ce qui est aujourd’hui la partie Doubs/Rhône. Ces dimensions n’ayant, bien sûr, qu’une valeur approximative[1],[2],[3].

Nouveaux bouleversements géologiques[modifier | modifier le code]

Vers le milieu de l'ère tertiaire, à l’oligocène et au miocène, c’est-à-dire entre moins 45 millions et moins 15 millions d’années, eurent lieu les grands mouvements orogéniques responsables de l’édification de nos Alpes actuelles. Le Jura, bousculé, s’arc-bouta vers le lac, plissant ainsi le fond du réservoir constitué de dépôts marneux (complexe argilo-calcaire) et donna ainsi au futur pays une forme mamelonnée avec des dénivellations très faibles, sauf quelques vallées quaternaires un peu plus marquées. Le verrou du sud sauta, provoquant l’écoulement des eaux vers le sud et l’assèchement progressif du fond bressan.

La forêt bressane[modifier | modifier le code]

Le sol humide et marécageux fut sans doute propice à un boisement important, les résidus alluvionnaires importants charriés par les cours d’eau nombreux ayant considérablement enrichi un environnement plutôt pauvre et imperméable. C’est probablement ainsi que se constitua ce que, bien plus tard, les Romains appelèrent Saltus Brixiensis ou Brixia (la forêt bressane). Ses limites se situèrent dans un périmètre qu’il est permis de délimiter par les villes actuelles de Vesoul et Gray au nord; Dijon, Beaune, Chalon-sur-Saône, Mâcon, Villefranche-sur-Saône, Lyon, Vienne, Tournon et Valence (Drôme) à l’ouest; Saint-Marcellin, la Tour du Pin, Bourg-en-Bresse, Lons-le-Saunier, Dole, Besançon à l’est.

La Bresse n’occupa que le centre de ce territoire. C’est-à-dire qu’elle eut pour limites le Doubs au nord, la Veyle et les Dombes au sud, le Revermont à l’est et les collines Mâconnaises et Chalonnaises au couchant.

L’être humain délaissa probablement longtemps ce coin insalubre et dangereux et les différents bouleversements géologiques et climatiques effacèrent, en grande partie, les traces de ces époques préhistoriques.

De la préhistoire jusqu’à moins 1500 ans[modifier | modifier le code]

Faune supposée[modifier | modifier le code]

On ne retrouva pas beaucoup de débris fossiles, mais ceux-ci laissèrent supposer que d’étranges bêtes vivaient dans la forêt et les marais: le mammouth, le rhinocéros à narines cloisonnées[4], l’hippopotame, le cerf géant, le chamois, l’auroch (bœuf primitif), le cheval, le renne et près du Jura, l’ours dit des cavernes.

La présence humaine[modifier | modifier le code]

On peut penser que l'homme était présent car il fut à peu près scientifiquement établi que l’existence des hominidés remonte à l’époque quaternaire. La présence humaine laissa des traces dans le mâconnais, vers Solutré. Et le Revermont, comporte beaucoup de cavernes de même que le pays tournugeois où l’homme pouvait s’abriter et se protéger de ces redoutables animaux.

Les chasseurs-cueilleurs[modifier | modifier le code]

La forêt bressane, très dense, dut représenter pour ces premiers habitants, un énorme réservoir naturel de chasse. Armés sommairement de hachettes, couteaux, harpons, pointes de flèches et de lourds marteaux de granit, ils menèrent une vie rude et dangereuse car ils devaient chasser leurs proies au plus près et ensuite les transporter sur d’assez longues distances puisqu’il est à peu près sûr qu’ils n’habitèrent pas le bocage bressan, trop risqué.

Les premiers sédentaires[modifier | modifier le code]

De chasseurs, ils devinrent aussi pasteurs, élevant dans des enclos : chevaux, bœufs, moutons, porcs et aussi des chiens domestiqués. L’âge du bronze et, plus tard, du fer fit faire à ces habitants d’énormes progrès agricoles. Le bronze, alliage de cuivre et d’étain, fut peu à peu introduit dans nos régions et amena la fabrication d’armes, épées, ustensiles, outils, parures, etc.

Origines culturelles[modifier | modifier le code]

Les hommes qui arrivèrent vers la Bresse furent des hommes de la culture danubienne dite "de la céramique rubanée", venu d’Europe de l’est. Vivant en vastes tribus, ils étaient sans cesse à la recherche de nouveaux territoires. Ils participèrent à un profil culturel dit "culture du Rhône" qui est à l'origine des nations celtiques (cf. Celtes) que les latins appelleront ‘’Galli’’. ‘’Lowen’’, ancien nom de Louhans est d’origine celte de même que le hameau de ‘’Conde’’, au confluent de la Brenne avec la Seille, le celtique ‘’Condate’’ signifiant confluent.

L’époque celte ou Gauloise (de moins 1500 à moins 60 ans)[modifier | modifier le code]

La diffusion de la culture de la Tène se fit de façon diffuse, sans rencontrer une quelconque résistance, de sorte qu'on ne peut déterminer si c'est le fait d'une immigration de Celtes plus grands en taille, bien entraînés et mieux armés que les habitants qui n'étaient pas à même de refouler ces habiles guerriers ou de l'émergence d'une artistocratie locale, ou les deux. Les ‘Éduens’ établirent une confédération à l’ouest de l’Arar (la Saône), les Boïens s'installèrent dans le Bourbonnais, les Ségusiaves dans le Lyonnais et les ‘Séquanes’ à l’est de la forêt bressane.

Villages et lieux-dits[modifier | modifier le code]

La Bresse étant un relief mamelonné, ceux qui s’établirent construisirent leurs demeures en des lieux surélevés. Par mesure de sécurité, ils occupèrent ainsi de nombreux monts (en patois, des meûrots). On conserve encore beaucoup de noms de ces lieux: Montjay, Montcony, Montagny, Montret, Montpont, Montaigu, Montain, Montmorot, Montciel, Montjouvent, Montsavin, Montceau, Montangelin, Montcoy, Montillon, Montalibord, Montrevel, Mont du Chat, Montfleur, Le Mont, la Motte, etc. Mais ils habitèrent aussi des Essarts, des Varennes, des Bordes, des Vesvres (ou Vasvres), des Piochets, des Abergements, des Mollards, des Thiellet (ou Thielloy), des Rippes et beaucoup d’autres lieux-dits bien définis qui sont parvenus jusqu’à nous.

Guerres entre cités[modifier | modifier le code]

Le peuplement de la Bresse fut probablement très lent. Mais cela n’empêcha pas les Séquanes d’entrer peu à peu en contact avec leurs cousins des bords de la Saône. C’étaient des Eduens, de même race qu’eux et tout aussi divisés en nombreuses tribus. Car ces peuplades de souche indo-européenne avaient une conception de l'état fondé sur une aristocratie guerrière et commerçante, appuyée par un classe religieuse et servie par une classe paysanne, et les rivalités furent incessantes et parfois violentes. L’historien La Tessonnière, dans ses recherches, parle de conflits armés vers ce qui fut le nord de l’Ain et la région louhannaise. En effet, les Gaulois suivant les voies d’eau, Lowen (Louhans) se trouvant au carrefour de trois rivières, subissait les contrecoups de la mésentente.

Vers les années moins 60, les guerres devinrent incessantes et destructrices. A un certain moment, pour un motif que César évoque comme étant une dispute sur les droits de douanes perçus aux gués et dans les ports, les Éduens pénétrèrent en Bresse et battirent les Séquanes. Des peuplades de Germains s’étant avancées jusqu’au sud de la Lorraine, les Séquanes les appelèrent en renfort. On connaît le nom de leur chef, Arioviste, qui, avec son armée repoussa les Éduens mais imposa ensuite à ses alliés Séquanes un lourd tribut. Il s’empara d’une bonne partie de leurs terres, ce qui est aujourd'hui l'Alsace, et il fit de même avec les Éduens vaincus.

La domination romaine (de moins 60 à 400 après Jésus-Christ)[modifier | modifier le code]

À ces mêmes époques, l’Empire romain commença à étendre son hégémonie sur la plupart des peuples entourant la Méditerranée. Les puissantes légions de Rome traversèrent la Gaule cisalpine et franchirent les Alpes pour envahir la Gaule transalpine. Les Séquanes et les Éduens, pour une fois réconciliés et souffrant sous le joug d’Arioviste, firent appel aux soldats de Jules César, bien trop heureux de l’aubaine. Arioviste fut définitivement vaincu et son armée anéantie. Mais les glorieux libérateurs imposèrent à leur tour aux vindicatives tribus gauloises, leur ‘Pax Romana’, qui fit de nos lointains ancêtres des gallo-romains.

En moins 51, après la reddition du chef arverne Vercingétorix, les légions de Jules César pacifièrent l’ensemble de la Gaule. La Bresse région, marécageuse et boisée, d’accès difficile, intéressa peu l’envahisseur romain. Ailleurs, la domination de Rome, d’abord terrible tant que dura la résistance, devint peu à peu bienfaisante par la civilisation qu’elle apporta. Lois, croyances, mœurs et surtout la "Pax romana" furent vite adoptées, ainsi que la langue latine qui devint, plus tard, la fondement de notre parler. La Gaule fut divisée en trois peuples : Belge (Bituriges), Aquitain et Celte. La Bresse fit partie de ce dernier.

Naissance de la Burgondie (Bourgogne) et période mérovingienne (406 – 752)[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes, sources et références[modifier | modifier le code]