Histoire de l'Italie

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Pyramide du Mont d'Accoddi datant du IVe millénaire av. J.-C. entre Sassari et Porto Torres en Sardaigne. La datation au carbone 14 a révélé que la première phase de la pyramide a été construite vers 3500 avant JC..

L'Italie possède une histoire parmi les plus riches et les plus anciennes au monde. Intimement liée à la culture occidentale et à l'histoire de l'Europe mais aussi du Bassin méditerranéen, elle a vécu les principaux événements historiques du monde occidental.

Une héritière des cultures antiques comme celle des Shardanes, des Étrusques ou des Latins, une réceptrice de la colonisation grecque et carthaginoise, l'Italie a vu naître l'Empire romain l'un des plus grand évènement de l'histoire, qui fut le berceau de la culture occidentale. Après la chute de l'Empire, l'Italie a subi une série d'invasions germaniques avec des tentatives de réunifications byzantines pour reconstruire l'unité de l'Empire romain. Siège de la papauté et source de légitimité impériale elle a été dans ces temps un foyer de discordes et d'invasions.

Durant le Moyen Âge l'Italie s'est morcelée en mosaïque de villes états qui luttaient entre elles pour obtenir l'hégémonie sur le reste du Bassin méditerranéen, avec des interventions fréquentes des puissances environnantes et de l'Église catholique. Sa situation géographique privilégiée a fait qu'elle était la clef du commerce européen et cela a favorisé les Républiques maritimes tels que Amalfi, Pise, Gênes et Venise. Le pouvoir spirituel papal, qui avait son siège à Rome, a eu en Italie des répercussions spéciales.

Cette hérédité d'importance politique l'a changé en foyer des luttes de pouvoir en Europe. De plus, le legs culturel classique et ecclésiastique a été le bouillon de culture de nouvelles tendances. Aux XVe et XVIe siècles, elle s'est transformée en centre culturel de l'Europe en donnant naissance à la Renaissance. Dans le même temps, elle constitua l'un des champs de bataille européens sur lesquels fut jouée la suprématie méditerranéenne de l'Empire espagnol.

Après le déclin de la monarchie hispanique, l'Empire austro-hongrois se mit à contrôler la région, comme une bonne partie de l'Europe centrale. Durant les guerres révolutionnaires françaises et le Premier Empire de Napoléon Bonaparte, elle lutta pour son indépendance. Entre 1859 et 1870, la péninsule italienne fut enfin unifiée sous la houlette du Royaume de Sardaigne, dans un contexte nationaliste et après une série de guerres contre l'Autriche, mais n'a pu être fait dans sa globalité.

Par la suite, l'Italie, avec les autres puissances européennes, participa à la dynamique coloniale et impérialiste européenne en établissant son propre espace colonial en Afrique. Ses velléités territoriales sur le Vieux Continent ainsi que sa volonté de trouver sa place au sein du concert des blocs politique et des alliances sécuritaires l’amenèrent finalement à participer à la Première Guerre mondiale au côté de la Triple-Entente. Déçue par sa « victoire mutilée » devant le refus de ses anciens alliés de la soutenir dans l'intégralité de ses revendications, elle se vit bientôt gagnée par le fascisme de Benito Mussolini et de ses partisans, qui arrivèrent au pouvoir en octobre 1922, avant d'instaurer un régime totalitaire à partir de 1924-1925. Son rapprochement avec l'Allemagne nazie au sein d'un axe Rome-Berlin à partir de 1936 allait la précipiter dans le second conflit mondial en 1940. Après son échec militaire lors de celui-ci, la monarchie italienne (remontant au Duché de Savoie) fut abolie. L'actuelle république fut instaurée en juin 1946, conjuguée à une période historique de renouveau économique, politique, militaire et sportif, ainsi que de réaffirmation de l'Italie comme grande puissance mondiale.

Actuellement, l'Italie est un pays aux institutions démocratiques, appartenant à plusieurs des grandes organisations internationales, au premier plan desquelles l'Union européenne.

Préhistoire (1.5 millions d'années)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Mont Poggiolo.
Sépulture extrêmement riche d'un adolescent du gravettien (datant de 29 000 ans) a conduit les archéologues à le surnommer le « jeune prince ». Âgé d’une quinzaine d’années, il reposait sur le dos sur une couche d’ocre rouge à sept mètres de la surface orienté vers le sud, il portait un couvre chef orné de perles de coquillages et de dents de cerfs percées et des queues d’écureuil sur le thorax. (région de la Ligurie).
Vénus de Savignano datant de 29 000 ans découverte dans la Province de Modène.

Au temps de la Dernière période glaciaire la péninsule italienne différait de sa forme actuelle. L'Île d'Elbe et la Sicile étaient reliées au continent alors que la Corse et la Sardaigne formait une seule et même île. La Mer Adriatique était beaucoup plus petite et la Lagune de Venise était une plaine fertile avec un climat humide.

L'Italie a été habitée au moins depuis le Paléolithique inférieur, les outils de silex découverts à Pirro Nord dans les Pouilles montrent que les hommes étaient présents en Italie il y a 1.5 millions d'années. La présence de l'Homme de Néandertal a été démontrée dans des découvertes archéologiques de plus de 50,000 ans (Pléistocène). L'Homo sapiens sapiens est apparu pendant le Paléolithique supérieur car d'importants sites archéologiques y ont été découvert. Beaucoup de ces sites sont parmi les plus importants au monde. Le site de Mont Poggiolo en Émilie-Romagne qui date du Paléolithique, ainsi que le site d'Isernia La Pineta dans la région de Molise est l'un des sites les plus anciens où l'homme a utilisé le feu (sans doute le plus vieux). La Grotte d'Addaura en Sicile ou se trouve un complexe vaste et riche de gravures du Paléolithique supérieur, on y trouve des gravures d'hommes et d'animaux. Le site de Valcamonica en Lombardie est le plus importante de la préhistoire, il laisse des traces sur une durée de 8 000 ans avec prés de 140 000 œuvres et pétroglyphes.

En novembre 2011 les tests conduits à « Oxford Radiocarbon » l'Unité d'Accélérateur en Angleterre sur ce qu'on pensait être des dents de lait de Néandertal, qui avaient été déterrées en 1964 sur le site de la Grotte de Cavallo (dans les Pouilles), ont été identifiées comme les restes d'humains modernes les plus vieux découverts en Europe, datant de 45 000 ans.

Protohistoire (Xe millénaire av. J.-C.)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Art rupestre du Valcamonica.
Matera la plus ancienne ville au monde toujours habitée avec ses maisons troglodytes et ses grottes creusées dans la montagne qui date du Paléolithique, Xe millénaire av. J.-C. (région de la Basilicate)
Art rupestre du Valcamonica, le plus grand ensemble de pétroglyphes préhistoriques du monde datant du Xe millénaire av. J.-C. (région de la Lombardie)

L'Italie par sa position au centre de la Méditerranée est un passage entre l'Europe, l'Afrique et le Proche-Orient. Les populations y migrent et commercent, ce qui permettra un développement social, culturel et artisanal très rapide. Durant la période de la Culture de la céramique cardiale (VIIe millénaire av. J.-C.) seront créées les premières sociétés en Italie, avec des connaissances en agriculture et en navigation très avancées sur leur temps où l'on constate des influences de Méditerranée orientale. On sait relativement peu de choses sur ces anciens peuples italiques hormis qu'ils ne sont probablement pas d'origine indo-européenne, et qu'ils ont été assimilés très tôt par les cultures subséquentes.

Pendant la période de l'Âge du bronze, des peuples indo-européens ont migré en Italie modifiant les cultures déjà présentes en sociétés plus complexe, plus hiérarchisées. L'usage du métal se répand, et l'on découvre également de nouvelles techniques de navigation et d'agriculture. Il y a eu approximativement quatre vagues de migration. La première migration indo-européenne est arrivée vers le milieu du IIIe millénaire av. J.-C. ce qui formera la culture de Remedello qui se propagera dans la plaine du Pô. Elle est connue par plusieurs vestiges et sépultures chalcolithiques découvertes à la fin du XIXe siècle à Remedello en Lombardie.

Une deuxième vague d'immigration est arrivée à la fin du IIIe millénaire av. J.-C., qui donnera naissance à la Culture campaniforme connue pour sa fabrication de bronze, dans la Plaine du Pô, dans la Toscane et sur les côtes de la Sardaigne et de la Sicile.

Ötzi la plus ancienne momie du monde découverte dans le sud des Alpes (région du Trentin-Haut-Adige) avec un équipement extrêmement sophistiqué pour cette époque. IVe millénaire av. J.-C.

Au milieu du IIe millénaire av. J.-C., une troisième vague arrive, associée à la civilisation apenninique et à la culture Terramare qui prend son nom de la terre noire (terremare) qui forme des buttes, résultat de la construction de villages anciens disparus. Ils étaient des métallurgistes très habiles, coulant le bronze dans des moules de pierre et d'argile. Ils développent vite une métallurgie originale (poignards, épées, rasoirs, fibules) et construisent des digues pour se protéger des inondations. Ils étaient aussi des agronomes, cultivant des haricots, la vigne, l'olivier, le blé et le lin. Cantonnée dans la plaine du Pô elle connaît un rayonnement exceptionnel grâce au commerce du bronze avec le sud. Une civilisation se développe conjointement dans les Apennins, produisant essentiellement des poteries remarquables par leurs décors.

Ville mégalithique de Luni sul Mignone dans la région du Latium datant de l'Âge du bronze (IIIe millénaire av. J.-C.) et habitée jusqu'au Moyen Âge.

La civilisation apenninique est une culture de guerriers et pasteurs semi-nomades pratiquant des razzias sur les cultivateurs et les éleveurs des villes plus aux nord de la plaine du Pô. Ils habitent des cabanes ou des cavernes, inhument leurs morts dans des tombes en forme de dolmens, travaillent le bronze et fabriquent à la main une poterie à fond noir décorée de motifs en dents de scie. On a retrouvé des vestiges de cette civilisation de l’Émilie aux Pouilles. Les peuples de la civilisation apenninique deviendront les Ligures.

À la fin du IIe millénaire av. J.-C., une quatrième vague, formant la culture proto-villanovienne, liée à la culture de champs d'urnes ainsi qu'au travail du fer. Les Proto-Villanoviens pratiquent l'incinération et enterrent les cendres de leurs morts dans des urnes de poteries en forme de cône. La culture proto-villanovien est implantée dans la partie du nord centrale de la péninsule. Plus au sud, dans la Campanie, une région où l'inhumation était la pratique générale, des enterrements avec la méthode d'incinération proto-villanovienne ont été identifiés à Capoue, "aux tombeaux princiers" de Pontecagnano Faiano près de Salerne (des découvertes conservées dans le Musée d'Agro Picentino) et à Sala Consilina. Les Proto-Villanoviens deviendront les Étrusques. Ces sociétés très avancées donneront naissance aux cités-états qui deviendront les premiers royaumes dans la péninsule.

Civilisation shardane (Ve millénaire av. J.-C.)[modifier | modifier le code]

Vestiges de l'impressionnante cité nuragique de Su Nuraxi à Barumini en Sardaigne remontant au IIe millénaire av. J.-C. et habitée jusqu'à l'époque romaine.
Nuraghe de Su Nuraxi à Barumini en Sardaigne datant du IIe millénaire av. J.-C.. Les Nuraghes étaient les constructions les plus imposantes et les plus hautes du monde à cette période après les pyramides égyptiennes. Certains dépassaient les 30 mètres.

Localisée en Sardaigne, la civilisation shardane commence très tôt avec la Culture d'Ozieri, une Culture prénuragique datant du Ve millénaire av. J.-C. pour évoluer progressivement vers la culture nuragique au début du IIe millénaire av. J.-C.. La Culture d'Ozieri s'est développée à partir d'une société mégalithique préexistante remontant au VIIe millénaire av. J.-C., qui a érigé des dolmens et des menhirs. La culture nuragique se différencie avec la construction des Nuraghes. Les Nuraghes sont des tours mégalithiques en forme de cône. On considère unanimement les nuraghes comme les meilleurs restes mégalithiques préservés et les plus grands en Europe. C'est également la culture mégalithique la plus importante qui ait existé au monde. Leur utilisation effective est toujours débattue et certains les ont considérés comme des tombeaux monumentaux, d'autres comme les Maisons des Géants, d'autres comme des forteresses militaires, des fours pour la fusion métallique ou, finalement, des temples pour un culte solaire. Aujourd'hui environ 7000 Nuraghes sont recensés dans le paysage sarde. Dans l'Antiquité, des historiens grecs ont essayé de résoudre le mystère des nuraghes. Ils ont décrit la présence d'édifices fabuleux, appelés Dàidalos, du nom de Dédale. Les plus célèbres édifices, qui ont été inclus dans la Liste du patrimoine mondiale de l'UNESCO sont les sites de Su Nuraxi à Barumini, le Complexe nuragique de Palmavera, le Nuraghe Santu Antine à Torralba, le Nuraghe Losa à Abbasanta, Genna Maria à Villanovaforru, le Sanctuaire nuragique de Santa Cristina à Paulilatino, et la pyramide du mont d'Accoddi, aux alentours de Sassari, dont la base quadrangulaire est haute de dix mètres. À l'origine elle dépassait les 36 mètres, très probablement consacrée au Dieu Soleil et elle rappelle avec la position surélevée de sa terrasse artificielle les temples Ziggurat en Mésopotamie.

L'intérieur du Nuraghe Santu Antine à Torralba en Sardaigne. Ce Nuraghe est l'un des plus majestueux et importants avec un couloir entre les pièces de 23 mètres. IIe millénaire av. J.-C..

Au temps de la Culture d'Ozieri les villes qui ont été identifiés s'élèvent à environ 200 en Sardaigne. Elles sont localisées autant dans les zones de montagnes que dans les plaines. Elles sont formées par des maisons en pierre de forme circulaire comme les villes. Les murs soutenaient un cadre en bois avec un plafond de rameaux. Près de Mogoro, on a dénombré un vestige de 267 maisons, les trottoirs étaient composés de blocs de calcaire, de pavés ronds de basalte ou d'argile.
La population vivait essentiellement de l'agriculture, de l'élevage et du commerce avec le continent. La chasse et la pêche sont également attestées. Différentes activités artisanales comme la céramique se distinguent par leur qualité ainsi que par la variété de leurs formes et de leurs décors aux motifs géométriques et colorés avec de l'ocre rouge, retrouvées en grand nombre. De telles découvertes soulignent le progrès social et culturel considérable obtenu par les Shardanes, les Sardes antiques.

Statuette prénuragique en bronze représentant un roi Shardane remontant au IIIe millénaire av. J.-C.. (Musée archéologique national de Cagliari) en Sardaigne.

Bientôt la Sardaigne, une terre riche en gisements métallifères, verra la construction de nombreux fours pour la production d'alliages qu'on négociera à travers tous le bassin méditerranéen. C'est l'âge d'or de la civilisation Shardane. Ces échanges commerciaux principalement avec l'Orient, donneront naissance à de nouvelles techniques de manufacture, de nouvelles connaissances dans la métallurgie et de nouveaux styles de cultures vivrières créant une poussée considérable aux commerces causant une société civile très évoluée. Les Shardanes deviendront d'excellent ouvriers métallurgistes, connaissant une croissance culturelle et économique élevée. Ils ont établi un commerce florissant avec le reste de l'Italie et les autres peuples méditerranéens. Ceci est montré par de nombreux restes contenus dans les nuraghes, comme l'ambre de la mer Baltique, de petits bronzes décrivant des singes africains et des animaux exotiques, des pépites de cuivre et des armes de la Méditerranée orientale ou de la céramique de Mycènes. Ils exportaient également l'obsidienne, une roche volcanique vitreuse (de couleur grise, vert foncé, rouge ou noire) et riche en silice venant du mont Arci, dans le centre-sud de l'île. Les éclats de cette pierre étaient perçus par les peuples du Néolithique comme le matériel le plus apte à produire outils et armes comme des couteaux tranchants, des pointes de flèches et de lances en constituant une des marchandises les plus recherchées. C'est en Sardaigne que les gisements les plus importants existaient et à cette période se trouvaient seulement trois autres petites îles, Pantelleria, Lipari, Palmarola ou l'on pouvait également trouver l'obsidienne. Son exportation impliquait des connaissances et capacités avancées dans la navigation. Ils étaient les producteurs d'alliages principaux en Europe et dans le bassin méditerranéen, avec le bronze ils ont produit une large variété d'objets raffinés et de nouvelles armes comme des épées, des poignards, mais aussi des épingles, des anneaux, des bracelets, des statuettes typiques ainsi que des bateaux votifs de bronze montrent une relation proche avec la mer.

La navigation avait un rôle important dans la Sardaigne antique. L'historien Pierluigi Montalbano mentionne la découverte d'ancres nuragiques le long de la côte, pesant jusqu'à 100 kg. Ceci a suggéré que les Shardanes ont utilisé des bateaux qui pouvaient atteindre une longueur de 15 mètres. Ce qui leur a permis de voyager en haute mer et dans la Méditerranée entière, établissant des liens commerciaux avec la Civilisation mycénienne (certifiée par la forme de tombes à Tholos commune et l'adoration de taureaux), l'Espagne, Chypre, l'Asie mineure, et le Liban. Les liens naturels avec le reste de l'Italie ont quant à eux toujours existé. Des lingots de cuivre originaires de Chypre ont été trouvés en Sardaigne, soulignant encore une fois la proximité culturelle entre l'est et l'ouest de la Méditerranée.

Plan de la spectaculaire nécropole de Sant'Andrea Priu qui est constituée de 18 tombeaux creusés dans la roche à Bonorva en Sardaigne, Ve millénaire av. J.-C..
L'intérieur d'un tombeau de la nécropole de Sant'Andrea Priu à Bonorva en Sardaigne datant du Ve millénaire av. J.-C., sculpté de façon à représenter les habitations des vivants.

Ils enterraient leurs morts dans des nécropoles souterraines creusées dans la roche. On appelle ces nécropoles "Domus de Janas" dont les plus anciennes remontent au Ve millénaire av. J.-C.. Elles sont constituées de plusieurs chambres reliées entre elles par des couloirs. Elles représentaient les maisons habitées par les morts pendant la vie terrestre et elles étaient donc articulées avec différentes pièces et avec des orientations précises. Les murs de ces nécropoles étaient ornés par des symboles magiques en relief comme des têtes de taureaux, des cornes de taureaux, des spirales ou autres dessins géométriques alignés. La reproduction de ces maisons rappelle les tombes étrusques mais celles-ci sont datées d'époques bien plus récentes. Le raffinement de ces nécropoles dont les murs sont sculptés avec grande précision et la découverte d'ouvrages élaborés confirment l'hypothèse d'une société très bien organisée et culturellement très avancée. Elles ont été retrouvées éparpillées sur toute l'île et on dénombre plus de 1000 tombeaux creusés dans la pierre et considérés indubitablement à la culture d'Ozieri. Le site archéologique d'Anghelu Ruju, près d'Alghero, est constitué de 38 tombeaux dont certains taillés avec d'immense têtes de taureaux. Un autre grand site est celui des nécropoles de Sant'Andrea Priu à Bonorva, comprenant 18 tombeaux. Les morts étaient peints avec de l'ocre rouge comme les murs du tombeau, et enterrés avec des objets de vie communes, des bijoux, des armes et outils. On a découvert certains d'entre eux dans des tombeaux étrusques, suggérant une relation très forte entre les deux peuples.

Les Shardanes vouaient un culte à la Déesse mère et à un Dieu Taureau, comme leurs prédécesseurs du Néolithique dans la zone géographique de l'Italie. La religion de la Déesse mère était représentée avec des statuettes de marbre et d'argile, de formes linéaires et géométriques, souvent très exubérants au témoignage d'une conception matriarcale du divin. L'autre caractéristique de la culture d'Ozieri est l'illustration abstraite du Dieu Taureau et le culte du taureau. Selon ces anciennes croyances, cet animal incarnait la fertilité masculine de la fécondité agraire, essentiel pour le développement des populations dans les civilisations du cuivre et du bronze. Ces croyances laissent supposer que pour les anciens Sardes un lien fort existait entre le symbolisme maternel, et lunaire, avec le symbole du taureau paternel, et solaire. Il semblerait qu'un culte de l'eau était aussi pratiqué car de nombreux sanctuaires sont placés sur des sources. Les héros mythologiques comme Norax, Sardus, Iolaos et Aristeus, sont des chefs militaires qui étaient aussi considérés comme des divinités.

Les Géants de Mont-Prama sont des sculptures nuragiques du IIe millénaire av. J.-C.. Elles furent retrouvées en 1974 aux alentours de Cabras en Sardaigne. Hautes de 2,5 mètres, elles représentaient des boxeurs, des archers ou des guerriers.
Impressionnante concentration de l'implantation nuragique sur la péninsule du Sinis sur la côte Ouest de la Sardaigne constituée d'anciennes cités, de Nuraghes, de temples et de nécropoles ainsi que de nombreuses statues de Géants. La culture nuragique en Sardaigne est la culture mégalithique la plus importante qui ait existé au monde.

Des petites sculptures de bronze dépeignant des Minotaures et des guerriers ont été trouvées dans ces lieux de culte, ils avaient probablement une signification mythologique et religieuse. La religion et l'armée avaient un rôle fort dans la société, ce qui a amené l'hypothèse que la civilisation Shardane était une théocratie. Ces statuettes de bronze décrivent clairement des figures de rois, reconnaissables avec une cape ainsi que d'autres classes sociales (mineurs ou artisans). Nombreux sont les soldats, ce qui a mené à penser à une société très belliqueuse, avec une hiérarchie militaire précise (archers, infanterie, musiciens, lutteurs et boxeurs). Des uniformes différents pourraient appartenir aux royaumes différents, ou à des corps militaires distincts. Ils sont représentés portant un bouclier rond avec une lance ou une épée, portant un plastron et habillés avec un pagne. Ils portent un casque avec des cornes de taureau et pour certains une boule saillant au milieu représentant sans doute le soleil. Les petits bronzes ont aussi donné des indices sur le soin personnel et la mode. Les femmes avaient généralement de longs cheveux, les hommes sont représentés avec deux longues tresses sur chaque côté du visage, ou alors la tête était rasée.

Platon, un des plus grands philosophes de la Grèce antique parlera dans deux dialogues, celui du Timée puis celui du Critias d'une ancienne civilisation maritime vivant dans une cité circulaire au delà des Colonnes d'Hercule (Détroit de Gibraltar mais qui en des temps plus ancien était située au détroit de Sicile), qui vouait un culte immense aux Taureaux, possédant une technologie dans tous les domaines très avancée et riche d'un minerai ou métal précieux (l'orichalque) propre à leur île. Cette île mystérieuse, Platon la nommera l'Atlantide. Dans sa description de l'Atlantide on trouve d'ailleurs de nombreuses similitudes entre les deux îles, comme le climat, la végétation, les sources d'eau chaude, la présence de mines de cuivre et d'argent, la maîtrise du bronze ainsi que la technologie très avancée et même sur la présence d'éléphants nains. Aujourd'hui la théorie que la Sardaigne pourrait avoir inspiré Platon dans son récit sur l'Atlantide est l'une des plus sérieuses.

Peuple de la mer[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Peuples de la Mer, Shekelesh et Shardanes.
Représentation de la Bataille du delta du Nil ou Ramsès III repousse les Shardanes en 1178 av. J.-C. d'après un bas-relief de Medinet Habou.
Statuette prénuragique de bronze représentant un soldat Shardane remontant au IIIe millénaire av. J.-C.. (Musée archéologique national de Cagliari) en Sardaigne.

Les Sardes antiques, les Shardanes, sont aujourd'hui clairement identifiés comme étant le peuple principal qui a composé les Peuples de la Mer qui ont attaqué l'Égypte antique et dévasté les régions de la Méditerranée orientale au XIIe siècle av. J.-C.. Les Peuples de la Mer étaient un amalgame de royaumes unifiés, formés des Tereshs qui se nommaient eux-mêmes Rasna (les Étrusques), des Shardanes, des Shekeleshs (Sicules (Sicile)) et autres.

Le Pharaon Ramsès III décrit un grand mouvement de peuples à l'Est de la Méditerranée arrivant du centre de la Méditerranée par la mer, qui a causé une destruction massive des anciens royaumes du Levant, de Chypre et de l'Anatolie: "aucun pays ne pouvait résister devant ces armées, en commençant par Hatti, Karkemish et Alashiya (...) un campement a été organisé dans un endroit d'Amurru, et ils ont dévasté son peuple comme s'ils n'avaient jamais existé. Ils sont venus, la flamme préparée devant eux, vers l'Égypte. Cette confédération consistait en (...), Tereshs, Shardanes, Shekeleshs, les pays unis". Ramsès III sera amené à affronter cette terrible armée lors de la Bataille du delta du Nil. La Bataille du delta du Nil est la première bataille navale inscrite dans l'histoire de l'Humanité. C'était un cruel affrontement entre les Peuples de la Mer et l'Égypte antique sous la conduite de Ramsès III en 1178 av. J.-C.. Ces peuples avaient déjà détruit la Civilisation mycénienne, anéanti l'empire hittite et brulé sa capitale Hattusa. Ils avaient plongé toute l'actuelle côte turque dans le chaos le plus absolu et ont ravagé la Syrie et la région de Canaan avant de vouloir s'asseoir en Égypte. L'attaque des Peuples de la Mer a probablement été la plus grande menace à laquelle l'Égypte antique a dû faire front.

Les inscriptions de Ramsès III dans son temple mortuaire de Médinet Habou inscrivent cet événement épique avec un grand détail. "Quand Ramsés a regardé la mer il a vu une force formidable, des milliers d'ennemis, et la fin de l'empire égyptien". Sachant qu'il serait battu dans une bataille maritime, Ramsès III a attiré la flotte ennemie à l'embouchure du Nil, où il a préparé une embuscade, puisqu'il avait réuni une flotte spécifique pour cette occasion car ses bateaux à rames étaient plus maniables sur le Nil que les bateaux Shardanes à voile faits pour la haute mer. Dans une manœuvre tactique, il a attiré la flotte Shardane vers le bord où les archers égyptiens, depuis la rive, leurs lançaient en continu des flèches. Ainsi l'invasion a été repoussée. La Bataille du delta du Nil a sauvé l'Égypte d'une destruction certaine. Une inscription de Ramsès III sur une stèle de Tanis qui a enregistré le raid des soldats Shardanes et leur défaite ultérieure, parle de la menace constante qu'ils ont posée aux côtes méditerranéennes de l'Égypte « Les soldats Shardanes que personne n'a jamais su comment combattre, arrivèrent du centre de la mer en naviguant hardiment avec leurs navires de guerre, personne n'a jamais réussi à leur résister. » Par la suite les soldats Shardanes captifs réputés pour être d'excellents guerriers sont incorporés dans la garde personnelle de ce Pharaon, où ils sont identifiables par leurs casques avec des cornes de taureau et une sphère saillant au milieu, leurs boucliers ronds et leurs grandes épées.

Civilisation etrusque (XIIe siècle av. J.-C.)[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Culture de Villanova et Étrusques.
Coupe en argile montrant une frise de cinq navires de guerre étrusques en course datant du VIe siècle av. J.-C. retrouvée à Cerveteri dans le Latium.

Les étrusques, mystérieuse civilisation née en Étrurie, l'actuelle Toscane il y a au moins 3200 ans, qui se singularise par son degré de civilisation qui deviendra l'une des plus avancée du monde méditerranéen, ainsi que par sa langue et son écriture aujourd'hui encore énigmatique. Appelés Tusci par les latins ou Teresh en orient probablement en rapport avec le nom Tyrrhénien, ils se nomment eux même Rasna. Leur territoire sera partagé entre douze cités états sous l'autorité de rois appelés "Lucumons". La mythologie étrusque voudrait que le premier roi se nome Tyrrhenus mais l'origine exacte de ce peuple faisait déjà débat depuis longtemps, deux théories ont finis par être à peu près acceptées. La première remonte à Hérodote, pour qui à la suite d'une longue famine, une population localisée dans le sud de l'Anatolie, en Lydie, avait massivement émigrée à la recherche de meilleures conditions de vie à partir de Smyrne, l'actuelle Izmir. Il est facile de trouver des ressemblances entre la civilisation étrusque et les civilisations de l'orient mais rien ne peut confirmer officiellement cela. L'hypothèse de l'origine orientale, qui conserve aujourd'hui ses partisans, a beaucoup reculée. Tout ce qui s'apparente à l'Orient peut s'expliquer par l'influence ou l'importation. Leur langue dont certains ont essayés de faire des rapprochements avec le hittite, le lydien ou encore les langues thraco-illyriennes ont tous échoués. Elle n'appartient à aucun groupe linguistique connu. C'est l'archéologie qui a portée le plus grand coup à la thèse de l'immigration, en niant une brusque mutation qu'aurait provoquée le débarquement d'un peuple, sans aucune trace d'invasions ou de déstabilisations des royaumes autochtones. L'attribution ethnique d'une population connue seulement à partir des données archéologiques est difficile et dangereuse. La seconde, qui était partagée par Denys d'Halicarnasse penche pour une population indigène qui se serait développée initialement de façon autonome, mais précoce, ancrée dans l'espace où va se former l'Étrurie qui est déjà nettement dessinée au XIIe siècle av. J.-C. avant de subir l'influence culturelle de l'expansion phénicienne puis grecque en Méditerranée. La présence des Phéniciens en Méditerranée occidentale est survenu vers la même époque et s'établissent par la suite en Sicile et dans le sud-ouest de la Sardaigne. Les Étrusques entretiendront d'étroites relations commerciales avec eux. L'écriture déjà introduit par les phéniciens en Sardaigne et en Sicile fait ensuite son apparition en Étrurie avec l'alphabet étrusque. La Civilisation étrusque qui atteint son apogée entre le VIIIe et le Ve siècle av. J.-C. peut être partagée en plusieurs périodes qui suivent une certaine continuité. La période proto-villanova qui aujourd'hui est également appelée proto-étrusque par les historiens marque le début de l'âge du fer en Italie central et s'est développée dans l'actuelle Toscane entre 1200 et 900 avant J.-C. mettant fin à la culture précédente du bronze tardif. Elle fut suivi par la période nommé villanova de 900 à 750 avant J.-C.. Ensuite l'augmentation des relations commerciales à la fin de cette période, entre les civilisations antiques du Proche-Orient et les étrusques favorise les influences culturelles qui coïncident avec le début de ce que les archéologues nomment « période orientalisante » de la civilisation étrusque entre le VIIIe et le VIe siècle av. J.-C.. Pour terminer par la période hellénistique et romanisation du IVe siècle av. J.-C. à l'Empire romain. Cette continuité est approuvé par les historiens Massimo Pallottino, Mario Torelli, Giovannangelo Camporeale et Jean-Paul Thuillier. Elle est la théorie la plus acceptée par la communauté scientifique.

"Mura di Perugia", monumentale muraille étrusque de Pérouse en Ombrie longues de trois kilomètres avec l'une des sept portes en arc en plein cintre de l'antique ville.
Site archéologique de l'antique ville étrusque de Roselle en Toscane datant du Ier millénaire av. J.-C. ou des fortifications cyclopéennes ont été retrouvées de plusieurs kilomètres de longs et hautes de 7 mètres avec un nombre considérables de mosaïques, de maisons ainsi que des vestiges de temples.

Densément répartis, il semblerait que sur chaque colline adaptée pour la défense et placée à proximité de sources d'eau se trouvait une ville d'origine villanova, pour occuper la plupart des ports naturels des grandes étendues de la côte Tyrrhénienne ainsi que les zones montagneuses de l'Apennin. Les villes étaient généralement construites sur les reliefs élevés et possédaient de larges fortifications. Par la suite, à l'époque de la période orientalisante les populations ont tendance à abandonner les hautes terres pour les plaines et les collines adjacentes favorisant l'exploitation des ressources agricoles et minérales. Ces colonies sont placées à proximité de réseaux routiers, de rivières, lacs et mer. A leur apogée les populations des plus grandes villes étrusques varient entre 30 000 et 50 000 habitants, dont certaines sont mêmes parcourues de canaux et reliées à la mer par un chenal. Les maisons, rectangulaires, étaient faites de briques crue et pouvaient avoir jusqu’à deux étages. Certaines possédaient des fenêtres et les structures des maisons les plus riches étaient protégées par des plaques de terre cuites et peintes de couleurs vives. L’aristocratie vivait dans de vastes maisons de trois pièces bâties autour d’une cour. Elles s'encadraient dans le pomoerium, limite sacrée de la cité. La ville étrusque gravitait autour du temple, et la disposition des édifices suivait des règles sacrés. Les temples étaient de grands bâtiments destinés à n’être vus que de face, divisés en trois espaces rappelant la croyance des dieux unis en triades. La société étrusque formaient une Dodécapole, une ligue de 12 puissantes cité-états que l'on pense être Véies, Cerveteri, Tarquinia, Vulci, Cortone, Vetulonia, Populonia, Velzna, Chiusi, Perusia, Arezzo et Volterra unis autours du chef de la Fédération, le "zilath mech rasant". Il était élu par les représentants de ces villes (les zilath) qui votaient lors d'une assemblée annuelle réunis au "Fanum Voltumnae", un site sacré encore inconnu de nos jours pour discuter des affaires politiques, économiques, et religieuses. Cette Dodecapole pouvait former une puissante alliance militaire contre des ennemies extérieures mais furent rivales entres elles en période de paix. Ces villes étaient en compétition pour l'expansion territoriale et commerciale.

Tombe des Reliefs de la nécropole de Banditaccia situé à Cerveteri dans le Latium. C'est l'une des plus grandes et des plus merveilleuses nécropoles de l'antiquité. Les tombeaux les plus anciens sont datés de la culture de Villanova, IXe siècle av. J.-C..

Non loin de la ville des vivants se trouvait celle des morts largement égale en étendue. Les tombeaux, faits pour ressembler aux habitations sont complexes, riches en colonnes, poutres, arches avec un mouvement architectural et une disposition des pièces très confortable et fonctionnelle. Certains d'entre eux prendrons des proportions monumentaux, taillés dans la roche et surmontés d'impressionnants tumulus. Ces tumulus, qui s'entassent les uns contre les autres, s'efforcent de rivaliser d'ampleur (certains dépassent les 50 m de diamètre). Le contenu des tombeaux est extrêmement varié et instructif, car on cherchait à recréer autour des morts le décor de leur vie domestique. Les parois des tombeaux étrusques sont couvertes de fresques nous décrivant les rites mortuaires. L'art funéraire représentait le passage du mort dans l'au-delà comme un voyage d'où des représentations de chars, de chevaux et de navires. Les tombeaux étaient également ornés de scènes joyeuses (banquets, danse, parties de chasse ou de pêche), qui évoquaient les meilleurs moments de la vie terrestre. Les morts reposaient dans des sarcophages sculptés sur lesquels le mort est représenté en relief, couché de côté, appuyé sur un oreiller. La nécropole proche de Cerveteri, connue comme Banditaccia, comprend des milliers de tombes sculptées disposées selon un plan urbain, avec des quartiers, rues et petites places avec un luxe de détails architecturaux dont les plus anciennes date du IXe siècle av. J.-C.. La nécropole de Tarquinia, également appelée Monterozzi, contient 6000 tombes creusées dans la roche. Elle est célèbre pour ses 200 tombes peintes qui sont des chefs-d'oeuvres de la peinture antique.

Vestige d'un temple étrusque situé à Orvieto en Ombrie datant du VIe siècle av. J.-C. probablement en l'honneur du Dieu Tinia.
Peinture étrusque de la Tomba dell'Orco localisé à Tarquinia dans le Latium, IVe siècle av. J.-C., représentant à droite assis sur son trône Aita prince des enfers coiffé d'une tête de loup.

Les Étrusques faisaient preuve d'un grand soin à l'égard de tout ce qui touchait à l'au-delà. Leur mythologie est née de la révélation faite aux hommes par la nymphe Végoia, et du Génie Tagès. La première était liée à la fertilité et le second passait pour être un nain sorti d'un sillon de la Terre. Cette révélation légendaire, a été consignée dans des livres sacrés, que plus tard les Romains appelèrent Etrusca disciplina dont il ne nous est rien parvenu. Il s'agissait de philosophies, de connaissances, de techniques et d'interprétations. Son contenu était très riche et répartit en quatre livres, la traite de la divination, de la foudre, des rites et de l'au-delà. Les Phénomènes insolites ou les prodiges étaient considérés comme l'expression de la volonté divine, et il convenait de les interpréter. De ce fait, religion et vie quotidienne s'interpénétraient. Les Dieux étaient souvent représentés en trio et la trinité principale étaient composée de Tinia, Uni et Menrva. Tinia était le Dieu principal des Étrusques, il était le Dieu du ciel, de la foudre et de la lumière. La vision Étrusques des Enfers était un endroit souterrain contrôlé par Aita, roi des Enfers. Ces enfers peuplés d'innombrables monstres communiquaient avec le monde des vivants grâce à un trou réel, le Mundus. Un sanctuaire découvert près de Civitavecchia, possède ainsi un autel avec un trou relié au séjour des morts. Après l'assimilation des Étrusques par Rome, le phylosophe Romain Sénèque dira : "Nous (les Romains et les Grecs) pensons que c'est parce que les nuages se heurtent que la foudre se produit, les Etrusques pensent quant à eux que les nuages se heurtent afin de produire la foudre, en effet, comme ils rapportent toutes choses à la divinité, ils estiment non pas que les choses ont une signification parce qu'elles se produisent mais bien qu'elles se produisent à seul fin de signifier."

Sphinx étrusque du VIIe siècle av. J.-C. retrouvé à Chiusi en Toscane. Les sphinx dans la mythologie étrusque étaient les gardiens des tombeaux et ils étaient liés à l'autre monde. Conservé au Musée archéologique national de Chiusi.
Chimère d'Arezzo, stupéfiant bronze étrusque datant du Ve siècle av. J.-C., découverte à Arezzo, en Toscane, aujourd'hui conservé au musée archéologique national de Florence.

Les Étrusques avaient un potentiel artistique considérables. Leur art manifeste des tendances oriental, qu'ils partagent avec d'autres peuples méditerranéens. Ils furent d'habiles artisans, peintres et sculpteurs qui réalisèrent des chefs-d'œuvre tant en bronze qu'en terre cuite et ont été loués pour ces arts par l'ensemble du monde méditerranéen notamment les grecs et les romains. Athénée de Naucratis dans son Symposium écrira "ils étaient des artisans habiles et passionnés, ces statues sont exportées dans tous les pays". Leurs sciences des matériaux a fait d'eux des bronziers de classe. Ces sculptures étrusques sont comprise essentiellement comme un moyen d'exprimer les émotions humaines, plutôt que de façonner des idéaux esthétiques. Leur orfèvrerie est somptueuse et reflète la richesse de l'époque où s'appliquent les techniques de la granulation et du filigrane, qui provient d'une active exportation de minerais. Les porteries sont d'une grande finesse et d'une homogénéité rare, décorées d'ornements en relief et vernissées. La production de la céramique s'est distinguée de très bonne heure par les vases de bucchero, d'un noir brillant voulant imiter le métal. Les fresques ainsi que la peinture des vases montrent la maîtrise des artisans étrusques pour la représentation picturale. Le portrait funéraire est marqué par un réalisme inconnu des Grecs. L'arts touchait également la musique, la danse, le combat et la littérature mais aucune traces patentes excepté des témoignages chez les auteurs latins qui nous sont parvenus car l'écriture était faite sur du tissu en lin qui ne résiste pas au temps. Dans les écris sur la prise de Volsinii par les Romains, on lit le récit de la destruction de deux milles bronzes d'arts étrusques qui ont été fondus pour faire de la monnaie de bronze. Les guerres antiques et les grands pillages du XIXe siècle ont eu raison des oeuvres étrusques. Nous possédons aujourd'hui qu'une maigre relique de l'immense trésor d'Étrurie dont la plus grande partie est perdue.

Victoire étrusque lors de la bataille d'Alalia en 540 av J.-C., une des plus grande bataille de l'antiquité opposant la flotte étrusque et leur alliés puniques aux grecs pour le contrôle de la Mer Tyrrhénienne.
Vase retrouvé prés de Véies dans le Latium représentant des hoplites étrusques en formation de combat. Datant du VIIe siècle av. J.-C., musée national étrusque de la villa Giulia à Rome, Latium.

Le développement du commerce Étrusque repose surtout sur leurs ressources naturelles exceptionnelles et leurs capacités d'exploitations. L'Étrurie regorgeait de mines de fer, cuivre, plomb, argent, étain, qui lui fournissaient les matières premières nécessaires à son industrie métallurgique. Surnommé « Étrurie du fer » très tôt les Étrusques se sont tournés vers la mer et les contacts avec d'autres peuples ont donnés aux étrusques leur puissance économique et maritime. Ils fonderont de nombreuses colonies dans la plaine du pô (l'étrurie padane), en Corse et au sud du Tibre en Campanie (l'étrurie de campanie). Ils ont été un peuple de marins exerçant leur domination sur une grande partie du bassin méditerranéen, établissant de vastes relations économiques et culturelles avec les autres royaumes d'Italie et de méditerranée orientale principalement avec la Grèce, l'Anatolie, la phénicie, l'Assyrie, l'Égypte, Chypre et même d'après Homère jusqu'en mer Noire ce qui a généré l'accumulation de richesses considérables. La fertilité agricole de l'Étrurie mis en valeur avec des travaux de canaux d'irrigations pour prévenir des sécheresses exporte son vin et son huile d'olive par navires entiers. Ils sont d'habiles marins et d'ingénieux constructeurs de navires. Ils seront redoutés sur mer et tout navire marchand est apte au combat, commerce et piraterie font bon ménage chez les Etrusques. Devenant une puissance maritime importante ils entrèrent en concurrence avec les villes de la grande Grèce notamment la puissante Syracuse en Sicile. Leur production d'outils et d'armes en fer très sophistiqués est d'une grande importance. Au VIe siècle av. J.-C. est fondée la colonie Grecs d'Alalia (Aléria, en Corse) et l'arrivé massive de grecs fuyant les invasions perse de Cyrus le Grand en Anatolie change profondément la géopolitique antique de l'Italie. Les Grecs viendront se réfugier à Alalia, contribuant ainsi à son développement exponentiel. Apparut très vite aux étrusques et aux puniques comme une rivale pour le commerce en Méditerranée occidentale, vers 540 av J.-C. une coalition attaqua la ville par la mer. C'est la célèbre bataille d'Alalia, narrée par Hérodote. Cette grande bataille antique opposa la flotte étrusque et leurs alliés punique de Carthage, de Sicile et de Sardaigne composés de 120 navires contre la flotte grecs d'Alalia composée de 60 navires. Les Grecs furent vaincus et la Corse et la Campanie passèrent ensuite aux mains des étrusques. Quelques décennie plus tard les étrusques s'engagent dans de nouvelles grandes batailles au sud, comme la bataille de Cumes opposant les villes de la grande Grèce de Cumes et de Syracuse ou ils seront défait et perdront le contrôle de la mer Tyrrhénienne. Par la suite Syracuse lancera plusieurs attaques sur les côtes étrusque dévastant la région et causant le déclin de la civilisation étrusque en asphyxiant son commerce.

Char de guerre étrusque en bronze et en ivoire daté du VIe siècle av. J.-C. découvert à Monteleone di Spoleto (Ombrie). Metropolitan Museum of Art de New York .
Lamelles de Pyrgi gravées sur des plaques en or pour commémorer un traité entre les étrusques et les phéniciens datant du VIe siècle av. J.-C.. Elles sont écrites en alphabet étrusque et phénicien. Retrouvées à Pyrgi, le port de Cerveteri. Musée national étrusque de la villa Giulia à Rome, Latium.

La défaite à la bataille de Sentinum en 295 av J.-C. contre les Romains puis la prise et la destruction de la dernière cité étrusque, Volsinii en 264 avant J.-C. marque la fin de leur civilisation, mais l'héritage des étrusques reste immense. Leur civilisation a laissée des témoignages artistiques remarquables et influencera profondément la civilisation romaine dans la religion, l'art, la médecine, les institutions, les techniques militaires et l'architecture. Aujourd'hui beaucoup de leurs sciences sont encore parmi nous. Ils sont à l'origine du système de la « famille nucléaire » qui se substitue à la culture précédente, ce qui correspond à l'instauration du pouvoir d'un pater familias. On assiste alors à la transmission de l'"heredium" : la transmission du patrimoine s'effectue au sein de la même famille et le patrimoine lui-même devient héréditaire. L'instauration de cette règle constitue un changement majeur à cette période. Ce système est bien connu et il a en effet été décrit par les auteurs romains. Les femmes étrusques possédaient un niveau d'instruction et une position sociale élevée. Les étrusques devenus des maîtres dans le domaine de la construction, inventent de nouveaux systèmes de constructions et de nouvelles architectures comme l'arc en plein cintre ou encore la voûte en berceau reposant sur des piliers. Avec leur passion pour la guerre et le développement de techniques de combat, ils élaborent le légendaire art martial des gladiateurs qui à l'origine avait lieu en l'honneur du défunt à l'occasion de funérailles ou de rites religieux, et serait apparenté au jeu de Phersu. Leur système de numération à base de 10 repris par les romains ainsi que l'alphabet étrusque légèrement modifié par les latins est aujourd'hui toujours utilisé par l'ensemble du monde occidental. Les dés étrusques employés à l'origine pour la divination sont aujourd'hui encore utilisés avec la même numérotation de 1 a 6 toujours sous forme de points.

Peuples italiques[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Italie préromaine et Culture de Villanova.

Les sources historiques les plus certaines sur la période archaïque précédant la fondation de Rome sont celles relatives à la Grande-Grèce, qui traite des établissements grecs dans le sud de la péninsule italienne entre les VIIIe siècle av. J.-C. et VIIe siècle av. J.-C..

Les données sur les autres peuples italiques, sont en revanche assez fragmentaires. Les Étrusques, qui sont censés provenir d'Asie mineure mais qui sont sans doute un peuple autochtone, se sont installés sur le versant tyrrhénien de l'Italie centrale vers 800 av. J.-C., créant un royaume puissant et évolué qui s'étendait de la plaine du Pô au Midi. Au IVe siècle av. J.-C., le nord fut envahi par des peuples celtes, tandis que le sud vit le développement des Samnites, qui s'établirent en Campanie. D'autres populations se sont développées dans le centre et sur la côte Adriatique, dont les Osques et les Picènes. Les peuples italiotes sont en général considérés comme proches des Celtes. Dans le secteur du Latium, les Latins et les Sabins furent les précurseurs de la civilisation de Rome.

Rome et la civilisation Latine (VIIIe siècle av. J.-C.)[modifier | modifier le code]

L'Italie et ses régions à l'époque de l'empire romain au Ier siècle av. J.-C..

La fondation de Rome est due, selon la mythologie romaine, à Romulus et Rémus au milieu du VIIIe siècle av. J.-C.. Rome est née en plein coeur du territoire des latins et deviendra le fer de lance de leur civilisation. Rome connait une première phase d'expansion sous le gouvernement des rois de Rome, qui sont également les fondateurs symboliques de nombreuses institutions romaines. Au VIe siècle av. J.-C. Rome devient une République et commence le processus de l'unification de la péninsule. Après la victoire de Rome contre Carthage lors de la Première Guerre punique, les principales îles de la mer Méditerranée occidentale passent également sous le contrôle de Rome. Les Deuxième et Troisième Guerres puniques lui assurent le contrôle de tout le pourtour du bassin occidental de la Méditerranée.

Au Ier siècle av. J.-C., Rome domine tout le bassin méditerranéen, mais à la suite de conflits internes, la république se transforme en empire. Le gouvernement des territoires contrôlés par Rome se caractérise par l'assimilation des conquis à la nation romaine par un processus progressif et structuré, favorisé par la réalisation de grandes infrastructures. Les romains exporteront la civilisation Latine sur l'ensemble du bassin méditerranéen et sur trois continents, l'Afrique, l'Europe et l'Asie. Ils construiront de nombreuses villes, routes, ponts, aqueducs, thermes et temples amenant également l'écriture qui fera basculer l'Europe et la majeur partie de l'Afrique du Nord dans l'histoire. Ils apporteront avec eux la culture du théâtre, la philosophie, la musique, leur cuisine (vins, saucissons, fromages) ainsi que les institutions romaines qui s'enracineront durablement, jusqu'à aujourd'hui encore en Europe.

À la fin du IVe siècle, l’empire est confronté à une importante crise économique et sociale, et commence au même moment le début d'une longue série d'invasions barbares avec les Wisigoths, les Huns les Vandales et les Ostrogoths. Sous le coup de ces invasions, l'empire se divisa en Empire romain d'Occident, qui s'effondre rapidement, et en Empire romain d’Orient (ou Empire byzantin), qui résistera encore un millénaire.

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Après la perte de son unité politique, du fait de la disparition de l'Empire romain au Ve siècle, la péninsule voit la poursuite des invasions et des luttes internes, qui atteint son paroxysme avec la conquête du pays par les Ostrogoths (493-553). En 535 commence la reconquête de l'Italie par l'Empire romain d'orient avec justinien (Guerre des Goths) qui se termine seulement en 553, avec la bataille du Mont Lactarius. Avec les invasions lombardes qui se produisent dés 568, l'Italie sera par la suite divisée en deux grandes zones d'influence, une byzantine et l'autre lombarde. Cette situation perdure jusqu'à la moitié du VIIIe siècle quand Charlemagne annexe le royaume Lombard d'Italie et avec la complicité du pape, réduit de manière importante les domaines romano-orientaux en Italie. Byzance réussit à maintenir sous son autorité quelques territoires dans le sud de la péninsule jusqu'au XIe siècle. À cette époque, l'Italie est déjà partagée en une myriade de petits états souvent en lutte entre eux ou en guerres contre les puissances étrangères aux vues expansionnistes.

L’unique puissance en mesure de préserver et de poursuivre la culture latine est l'Église, aussi bien par le monachisme, que par la création d'un pouvoir temporel dans le centre de l'Italie, les États de l'Église. Ceux-ci sont capables de s'opposer à de nouvelles invasions, comme celle des Lombards au nord ou des arabes au sud, et à l'influence des autres puissances européennes, comme celle des Francs, de l’empire byzantin et du Saint-Empire romain germanique. Le christianisme permet aux deux mondes inconciliables de coexister, celui latino-romain des populations italiennes et celui germanique des envahisseurs. Une telle fusion est instable et il faudra des siècles avant de trouver un équilibre qui une fois atteint mène à des sommets de culture et de spiritualité. Il ne faut penser uniquement aux innovations technologiques mais au foisonnement des universités comme lieu non seulement de diffusion mais de recherche du savoir. La culture n'a pas disparu même pendant les siècles les plus obscurs, d'abord avec les monastères clunisiens puis avec les cisterciens qui l'ont jalousement conservée. Les monastères médiévaux s'emploient à garder le savoir de tout type, de la littérature paganiste (classiques grecs et latins) aux textes scientifique arabes ou de philosophie greco-romaine, mathématique et médecine. C'est aussi grâce à la clairvoyance des moines médiévaux qu'ont pu éclore les siècles de l'ère moderne.

Dans le Sud, au XIe siècle, l’invasion des Normands qui remplace l'émirat de Sicile réussit à créer un royaume moderne, efficace et fortement centralisé grâce à un étroit contrôle du territoire qui passe aux dynasties des angevins et des aragonais à partir du XIIIe siècle. Au centre nord de l'Italie, on assiste à une disparition progressive du féodalisme et à l'émergence de villes libres et républiques dés le Xe siècle, qui acquièrent leurs indépendances, comme la République de Pise, la République de Gênes et par la suite la République de Raguse. Beaucoup d'autres indépendances naîtront comme Amalfi ou encore Ancône, qui se détache, à la fin du XIIe siècle de l'influence du Saint-Empire romain germanique, pour former la République d'Ancône, une république maritime à l'intérieur de la marche d'Ancône. Mais la reine des républiques maritimes qui s'affirmera en première puissance économique et militaire du bassin méditerranéen est la République de Venise dite la Sérénissime.

Du bas Moyen Âge à la Renaissance[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Renaissance italienne.
Drapeau représentant le lion ailé de Saint-Marc de la sérénissime, République de Venise.
Armes de la famille Visconti de Milan représentant un Dragon bleu engloutissant un homme.
Peinture représentant Marco Polo, explorateur vénitien du XIIIe siècle. Il remontera la route de la soie reliant l'Italie à la Chine ou il rencontrera l'empereur mongol, le grand Khan Kubilai.

Pour défendre son autonomie de l'Empire germanique du nord, des États de l'Église au centre et des invasions arabes au sud, les communes commencent à créer des ligues qui ne seront jamais suffisamment fortes politiquement pour pouvoir s'opposer à l'influence papale ou féodale à cause des fortes rivalités internes. Certaines villes se démarquent, comme Milan (important centre urbain du royaume d'Italie et donc de l'Empire) pour sa lutte contre le pouvoir impérial, Forlì et Pérouse (villes appartenant aux États de l'Église) pour leur lutte contre la domination pontificale. La longueur des affrontements entre l'Empire et l'Église, la naissance d'une bourgeoisie mercantile dont les intérêts s'opposent à l'aristocratie rurale, la lutte des classes dirigeantes urbaines pour acquérir une autonomie plus grande, conduit la société italienne à donner naissance à une série de courants souvent opposés, particulièrement connus du XIIe siècle au XIVe siècle, les factions des guelfes et gibelins. Autre phénomène que des motivations politiques et religieuses unissent, ce sont les croisades auxquelles participent activement beaucoup d'états italiens avec l'objectif de s'opposer à la progression de l'Islam et d'étendre le commerce vers l'Orient.

En ce qui concerne la forme des gouvernements, on assiste au cours des derniers siècles du Moyen Âge, à la présence côte à côte de Signorie assez récentes et de gouvernements liés à des familles nobles, souvent des représentants de l'antique féodalité, comme les Visconti et les Sforza à Milan, les Gonzague à Mantoue, les Este à Ferrare, les Ordelaffi à Forlì, et les Savoia dans le duché de Savoie et le Piémont, avec des formes républicaines comme à Venise, Gênes, Pise et Florence, celle-ci avant l'avènement des Medicis.

Les États italiens entre 1500 et 1700[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Cinquecento et Guerres d'Italie.
Empire espagnol unifiant une partie de l'Italie à l'Espagne.
Les états italiens en 1494.

Au début du XVIe siècle une bonne partie des États italiens sont occupés et entrent dans l'orbite de la France ou l'Espagne qui luttent pour la domination en Europe.

Avec la bataille de Pavie en 1525, gagnée par les célèbres tercios castillans, l'abandon des positions françaises dans une région clé comme la Lombardie permet une hégémonie espagnole sur l'Italie qui sera ratifiée, trente ans plus tard, par la paix de Cateau-Cambrésis.
L'Empire espagnol, unifiant la péninsule ibérique à la péninsule italienne, exerce pendant un siècle et demi, une domination directe sur toute l'Italie méridionale et insulaire, sur le duché de Milan et sur l'État des Présides au sud de la Toscane.

Les États pontificaux, Le duché de Savoie, le Grand-duché de Toscane, la république de Gênes seront de puissants alliés de l'empire espagnole participant aux guerres contre la France et l'Angleterre. Ils participeront également aux conquêtes "conquistador" en Amérique latine aux cotés de l'Espagne ainsi qu'aux Grandes découvertes maritime.
Le rayonnement italien en Amérique latine est considérable. De nombreuses villes ou pays tirent aujourd'hui leurs noms de l'influence italienne comme par exemple le Venezuela qui veut dire "petite Venise", la Colombie qui elle provient du nom "Colomb" de Christophe Colomb, ou encore Amerigo Vespucci qui donnera quant à lui son nom au continent "Amérique". Beaucoup de conquistadors sont originaire la péninsule italienne. Francisco Pizarro, le conquérant de l'empire Inca serait aussi issue d'une famille d'ascendance italienne.

La république de Venise est également alliée de l'Empire espagnol pour contrer l'expansion ottomane en méditerranée avec notamment la fameuse Bataille de lépante en 1571 ou les Vénitiens prennent la tête de la coalition des états italiens unis à l'empire espagnol contre les Ottomans. La république de Gênes aura même son siècle d'or appelé le « siècle des génois » au XVIe siècle. Les liens unissant l'Espagne à Gênes fera de celle ci le banquier de l'Empire espagnol. Les états italiens et l'Espagne seront unis militairement, économiquement ainsi que dans leurs politiques extérieures. L'Italie influencera considérablement l'Espagne dans la peinture, l'architecture, et la culture en générale. Avec la chute de l'empire romain d'orient au milieu du XVe siècle, l'avancé germanique au nord et arabe au sud, la péninsule italienne et la péninsule ibérique deviennent les derniers remparts de la culture latino-romaine qui s'exportera par la suite sur d'immenses territoires avec les conquêtes de ce qui deviendra l'Amérique latine.

« L'or naît aux Indes occidentales, meurt en Espagne, est enseveli à Gênes... »

— Francisco de Quevedo (Revue Archéologia n° 256 p. 64)

Cristophe Colomb explorateur génois découvrant l'Amérique et ouvrant la voix aux routes commerciales ainsi qu'aux conquêtes conquistadors.
Autoportrait de Leonard de Vinci, philosophe, ingénieur, artiste, écrivain, inventeur Toscan. Un des plus grands savants de tous les temps. Conservé à la bibliothèque royale de Turin.

Après la paix d'Utrecht (1713), l'héritage des Habsbourg d'Espagne passe au mains de la branche autrichienne qui réussit à s'installer longuement en Lombardie puis en Toscane avec les Habsbourg-Lorraine.
Dans les premières décennies du XVIIIe siècle, les souverains d'Autriche s'emparent aussi du royaume de Naples qui sera cédé en 1734 après la défaite de Bitonto aux Bourbon d'Espagne. Cette époque marque le début de la décadence des états italiens.

L'Italie, et de manière plus générale, toute l'Europe méridionale souffre du déplacement des grandes routes commerciales de la Méditerranée vers l'Atlantique, perceptible à partir des dernières décennies du XVIe siècle. Les dévastations des guerres à la suite de la guerre de Trente Ans qui touchent surtout l'Italie septentrionale, la forte pression fiscale exercée par l'Espagne sur ses territoires due aux exorbitantes dépenses de guerre se font sentir avec de très graves conséquences dans tout le sud et la Lombardie. Les vides laissés par la peste de 1630 (it) ont des effets dévastateurs sur l'économie, les villes perdent en moyenne de 30 à 40 % de leur population dans une fourchette de 10-15 % (Florence et Sienne) à 60-75 % (Crémone et Mantoue). Jusqu'à la fin de la moitié du XVIIe siècle, presque toute l'Italie subit de graves problèmes de sous-développement économique, politiquement amorphe, socialement désagrégé. Faim et malnutrition règnent dans beaucoup de régions de la péninsule et dans les trois îles majeures.

Le déclin culturel de l'Italie ne va pas de pair avec celui politique, économique et social. C'est un phénomène qui apparaît dans de nombreux pays, l'Espagne comprise. Si au XVIe siècle, la renaissance italienne est la plus avancée et s'impose à l'Europe, l'art et la pensée baroque, élaborés à Rome entre le XVIe et le XVIIe siècle ont une force d'attraction et une diffusion internationale non moindre. Il est un fait que pendant toute la première moitié du XVIIe siècle, l'Italie continue à être un pays dynamique, capable d'élaborer une pensée philosophique (Giordano Bruno, Tommaso Campanella, Paolo Sarpi) et scientifique (Galileo Galilei, Evangelista Torricelli) de haut niveau, une peinture sublime (Le Caravage), une architecture unique en Europe (Gianlorenzo Bernini, Borromini, Baldassare Longhena, Pietro da Cortona) et une musique aussi bien instrumentale (Arcangelo Corelli, Girolamo Frescobaldi, Giacomo Carissimi) que théâtrale (Claudio Monteverdi, Francesco Cavalli) qui font école. À ce propos, rappelons que le mélodrame est une création typique de l'ère baroque.

Le XVIIIe siècle[modifier | modifier le code]

Les états italiens en 1742.

Vers les années 1730, on assiste à une timide reprise de l'économie italienne qui se consolide surtout dans le sud. L'illuminisme, né en Angleterre, se diffuse en Italie par l'intermédiaire des philosophes français et apporte ses premières influences bénéfiques au nord (Parme avec Guillaume Du Tillot) comme à Naples et en Sicile, où règne un des plus grands souverains d'Europe : le futur Charles III d'Espagne. L'Autriche qui a remplacé l'Espagne comme puissance hégémonique en Italie, surtout dans la partie centrale et septentrionale, est gouvernée par des monarques capables, Marie-Thérèse et Joseph II en particulier, qui introduisent en Lombardie, dans le Trentin et dans la région de Trieste (la future Vénétie julienne) des réformes qui permettent le développement économique et social de ces régions.

À la suite de la guerre de Succession d'Autriche, le traité d'Aix-la-Chapelle en 1748 donne à l’infant Don Felipe, second fils de Philippe V d'Espagne et d’Élisabeth Farnèse, les duchés de Parme, de Plaisance et de Guastalla. L’ouest du Milanais passe de l’Autriche à la maison de Savoie. Les Habsbourg conservent le Milanais et la Toscane, les Bourbons d’Espagne contrôlent alors Naples, la Sicile, Parme et Plaisance. Gênes, Venise, les États pontificaux et le Piémont-Sardaigne sont les seules puissances indépendantes d’Italie.

L’époque voit la prolétarisation de la paysannerie : l’accroissement des prix agricoles, plus rapide que celui des produits manufacturés (textiles), a provoqué dès la fin du XVIe siècle l’investissement des habitants des villes dans le foncier, ce qui conduit à une reféodalisation au détriment des petits propriétaires. A Venise, les habitants de la ville possèdent en 1722 15,9 % de la superficie des "sols" pour 11,7 % en 1636. Dans le royaume de Naples et les États pontificaux se constituent des latifundia au profit de la noblesse et du clergé (accroissement des biens de mainmorte) : les barons perçoivent 20 % de la rente foncière, l’Église entre 20 et 30 %. Au Piémont, clergé et noblesse (3,5 % de la population) possèdent le quart des terres, dans le duché de Milan, peut-être les trois quarts. Mis à part dans en Piémont et Milanais, les terres ne sont pas mises en valeur (absentéisme des feudataires qui placent des régisseurs, exploitations sans innovation technique par des métayers davantage pressurés, extension du dry farming et de l’élevage transhumant qui conduit à la dégradation des sols et à l’extension des friches)[1].

Pendant la seconde partie du siècle, la croissance démographique rapide et la demande extérieure accrue en matières premières et produits agricoles (grain, huile d'olive, vin, agrumes, soie brute, laine et coton) entraîne dans le centre et au nord la formation d’une bourgeoisie agraire issue des régisseurs roturiers qui remplacent les propriétaires absents, aux dépens du reste de la population agricole. L’action des régisseurs, la pression fiscale (fermiers généraux), la pression démographique, l’endettement, augmentent fortement le nombre de journaliers et de mendiants. Dans le sud, ces derniers forment des bandes de brigands. Certains échouent en ville où ils sont pris en charge par des associations caritatives[1].

La Révolution française[modifier | modifier le code]

Les états italiens en 1796.

Après 1792, les gouvernants italiens réagissent au péril de la Révolution française. Venise adopte une neutralité hostile. À Naples, la reine Marie-Caroline et son protégé Acton abandonnent toute réforme pour amorcer une répression aveugle. La Toscane, après le départ de Léopold, connaît des manifestations de mécontentement qui entraîne un retour en arrière : le commerce des grains est de nouveau contrôlé, la peine de mort restaurée. Le mouvement janséniste souffre le premier de l’arrêt des réformes, puis les francs-maçons sont poursuivis à Turin, Naples, Rome et Palerme.

La Révolution française ravive les espoirs d'un retour à l'indépendance des puissances étrangères. Le mécontentement populaire se renforce, conséquence d’une situation économique de plus en plus difficile (hausse des prix et pression fiscale). Dans les Abruzzes, le Basilicate et en Sardaigne, les révoltes sont directement dirigées contre les seigneurs et les propriétaires terriens. À Arezzo, Florence et Pistoia elles s’expriment contre les réformes qui ont privé les paysans et les masses urbaines de leurs traditionnelles formes de protections.

Quelques groupes de jacobins sont actifs, comme ceux de l’aristocratie padouane ou le Bolognais Zamboni qui œuvrent à la libération de leur cité, ceux de Brescia, qui poursuivent des buts plus égalitaires, ceux du Piémont qui tentent de se mettre en contact avec les mouvements paysans.

Entre 1792 et 1799, l'Italie passe progressivement sous l'influence française. La Savoie est annexée en 1792, puis après la campagne d'Italie en 1796-1797 les troupes de la Convention occupent la République de Gênes et le Comté de Nice, abolissent le servage, changent les frontières et instituent des républiques sœurs, privant les aristocrates de leurs pouvoirs politiques, ce qui est favorablement accueilli par la bourgeoisie.

L’Italie est organisée afin de fournir à l’effort de guerre français ce dont il a besoin économiquement et militairement. Après la conquête, la conscription, les exactions fiscales, les interférences politiques, l’indifférence des Français aux conditions locales ou aux aspirations des patriotes italiens suscite rapidement une hostilité marquée à leur encontre. L’initiative de Bonaparte évite à l’Italie un régime d’occupation militaire direct. Il encourage largement la propagande révolutionnaire.

Après la défaite napoléonienne en 1815, les pays italiens sont revenus à l'ancien régime par le congrès de Vienne.

Les républiques d'Italie[modifier | modifier le code]

Article connexe : République sœur.

Le Royaume d'Italie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Royaume d'Italie (1805-1814).
L'Italie napoléonienne en 1812. Napoléon deviendra roi d'Italie.

Napoléon Bonaparte qui s'est fait proclamer empereur des Français par le sénat et couronner par Pie VII, transforme la République italienne en royaume d'Italie, se nommant roi d'Italie le 17 mars 1805, le couronnement ayant lieu le 26 mai 1805 dans le Duomo de Milan. Eugène de Beauharnais, fils du premier mariage de la femme de Napoléon, Joséphine de Beauharnais, à qui Napoléon se fie aveuglément, et dont il est sûr de ne pas avoir à craindre les ambitions politiques, est nommé vice-roi d'Italie.

Vers 1810-1811, des réformes tendant à renforcer l’autorité du pouvoir central et à rendre plus efficace l’administration des différents États italiens sont entreprises. Un système hiérarchique de départements, district et communes couvre l’ensemble des territoires. Les barrières douanières intérieures sont abolies et les tarifs extérieurs uniformisés. Routes et ponts sont construits. Poids, monnaies et mesures sont unifiées. Les codes civil, commercial et pénal napoléonien sont introduits. L’instruction publique est réorganisée.

À l'issue du retour de la Russie, la Prusse se déclare neutre pour passer, le 28 février 1813 dans l'alliance créée par la Russie et la Grande-Bretagne. L’Autriche s'associe seulement le 20 août 1813 à cette alliance et organise deux armées : la principale, confiée à Schwarzenberg et à Radetzky, est destinée au front allemand et participe à la victoire de la bataille de Leipzig du 16 au 19 octobre 1813. La seconde, confiée mi-décembre 1813 à Bellegarde, est destinée à envahir l'Italie. C'est à cette dernière que le baron d’Aspre est nommé.

Les troupes autrichiennes s'avancent lentement sur l’Isonzo aux portes de la Lombardie, interrompu par la défaite infligée par Eugène à Bellegarde le 8 février 1814, sur le Mincio. L'échec de l'action autrichienne permet la signature, le 16 avril, de la convention de Schiarino-Rizzino (it) qui établit une ligne de cesser le feu au-delà de Peschiera et Mantoue qui restent italiennes.
Le 20 avril, la noblesse milanaise dont Carlo Verri, Federico Confalonieri, le général Domenico Pino, Alessandro Manzoni, Luigi Porro Lambertenghi nomme un comité de régence provisoire rebelle à Eugène qui envoie des délégués à Bellegarde pour qu'il prenne possession de Milan. Eugène prend acte que l'indépendance du royaume d'Italie est compromise et, le 23 avril, avec son armée qui n'a pas été vaincue par l'armée autrichienne, il signe la capitulation dans la convention de Mantoue (en).

L'Autriche souhaite rétablir l'ordre ancien bien que le royaume de Naples de Murat ait trahi, le 11 janvier 1814, Eugène de Beauharnais et Napoléon en s'alliant avec Vienne. Murat avec 27 000 hommes se porte à Rimini où il se déclare le promoteur et le défenseur de la liberté italienne (30 mars), cela un mois après le retour de Napoléon de l'île d'Elbe.

Bellegarde dispose de l'armée autrichienne en Italie (50 000 hommes) dont il constitue un corps expéditionnaire de 25 000 hommes confié au général Frédéric Bianchi, sous le haut commandement de Frimont). Le 2 mai Murat est battu lors de la bataille de Tolentino et commence une pénible retraite, le 19 mai, il quitte l'Italie.

Plus de 25 000 italiens sont engagé dans l'armée napoléonienne, un nombre considérable.

Le redécoupage de l'Italie[modifier | modifier le code]

Les états italiens de 1815 à 1859.

Par le congrès de Vienne, du 1er octobre 1814 au 9 juin 1815, la restauration voit la fin des dernières entités autonomes. La Vénétie passe à l'Autriche qui va constituer avec Milan le royaume lombardo-vénitien ainsi que la Dalmatie, Raguse et l'Istrie qui deviendront également Autrichienne. La Ligurie passe au royaume de Sardaigne ou ses aspirations indépendantiste sont déçues après l'assujettissement à la France qui suit les campagnes napoléoniennes. La Corse quand a elle restera française et Malte anglaise.

L’Autriche tient garnison dans les citadelles de Plaisance, Ferrare et Comacchio.

La maison de Savoie récupère le Piémont, Nice et la Savoie et entre en possession de Gênes. Le pape retrouve les États pontificaux. Le Bourbon Ferdinand Ier retrouve son royaume des Deux-Siciles. Les duchés de Parme, Plaisance et Guastalla sont attribués à l'épouse de Napoléon, Marie-Louise d'Autriche. Modène et la Toscane sont attribués à des Habsbourg (Ferdinand III de Lorraine, grand-duc de Toscane et François IV d’Este-Lorraine, duc de Modène). Le retour des souverains légitimes s’accompagne partout du régime politique antérieur.

Le gouvernement du royaume de Lombardie-Vénétie allie des dirigeants absolutistes à une administration plus modérée qui confie des responsabilités aux classes productives, propriétaires terriens et marchands. Cette administration et les structures judiciaires et foncières sont héritées de la période napoléonienne. Les relations avec l’Église sont marquées par un fort contrôle de l’État (nomination des évêques par l’Empereur et confirmation de la vente des biens ecclésiastiques). Le service militaire obligatoire est maintenu, passant de quatre ans à huit ans. Les relations commerciales avec la France et le reste du monde subissent un coup d’arrêt par un nouveau tarif mettant l’économie au service de l’Autriche.

Dans le duché de Parme, Marie-Louise d'Autriche, assistée du général Adam Albert de Neipperg maintient la législation napoléonienne à l’exception d’un nouveau code civil. Elle ne fait aucune concession à l’Église et au clergé, s’en tenant aux termes du Concordat. Elle favorise l’instruction et l’économie.

Le Grand-duché de Toscane revient au code léopoldin du XVIIIe siècle, en maintenant ses améliorations (abolition des fiefs et des fidéicommis, institution du registre et du code de commerce, loi sur les hypothèques). Les jésuites ne sont pas autorisés à revenir, la vente des biens ecclésiastiques est confirmée, la liberté de commerce est rétablie et la police est moins sévère que dans les autres États.

Dans le reste des États italiens, les souverains ont une volonté réactionnaire. À Naples, Metternich et les Britanniques doivent intervenir pour empêcher Ferdinand Ier de Naples de se lancer dans une sanglante épuration. Il accorde l’amnistie de mauvaise grâce, confirme la cession de biens ecclésiastiques ainsi que les titres octroyés par Murat, garantit l’accès à tous à la fonction publique. Il démantèle le féodalisme (suppression des fidéicommis et des droits d’usage des communaux). La fiscalité est équilibrée et supportable pour les populations, mais l’État se désintéresse de la régulation des dépenses publiques et du développement du commerce. Il doit consentir des avantages douaniers au Royaume-Uni et à la France, provoquant le mécontentement des propriétaires terriens.

Dans les États pontificaux, toute la législation napoléonienne est abolie d’un coup. Les anciens tribunaux ecclésiastiques sont reconstitués et révisent les procès instruits sous Napoléon. La justice féodale, l’Inquisition, le Saint-Office et le monopole d’État sur les denrées sont rétablis. Les innovations sociale sont gommées : l’état civil, la vaccine, l’éclairage public. Les juifs regagnent leurs ghettos.

À Modène, la législation napoléonienne est abolie et l’administration épurée au profit de la noblesse légitimiste. Les finances de l’État redeviennent les finances personnelles du souverain, les jésuites et les ordres religieux sont rétablis.

Dans le Piémont, les codes napoléoniens sont remplacés par l’ancienne législation. Les juifs regagnent leurs ghettos, les Vaudois sont de nouveau l’objet de vexations, ceux qui ont collaboré avec les Français sont éloignés de toute responsabilité. Corporations et privilèges industriels sont rétablis. La vente des biens ecclésiastiques est confirmée, les ordres religieux sont restaurés et les jésuites se voient confier l’enseignement et la censure.

La période est marquée par le réveil du catholicisme. La plupart des princes abandonnent l’attitude anticléricale du siècle des Lumières. L’Église devient la base de la reconstruction de l’ordre et de la hiérarchie et profite de l’œuvre napoléonienne, qui a entraîné la disparition des Églises nationale, pour affirmer la suprématie pontificale. Les jésuites sont restaurés dans leurs prérogatives et la piété connaît un renouveau notable avec la multiplication des cultes et des pèlerinages. Mais l’intransigeance des plus zélés qui estiment que la religion est supérieure à toute autre institution humaine (Lamennais, le cardinal Pacca) contribue à faire perdre à Rome le capital de sympathie qu’elle a recueilli après les épreuves et à s’aliéner l’appui des catholiques les plus modernistes.

Risorgimento[modifier | modifier le code]

Après les campagnes napoléoniennes, des poussées nationalistes appuyées par la Savoie, qui voit là une occasion d'agrandir le royaume de Sardaigne, conduisent à une série de guerres d’indépendance contre l'Empire austro-hongrois, deux d'entre elles avec l'appui extérieur de la France. Les grands protagonistes du Risorgimento sont Victor-Emmanuel II de Savoie, Giuseppe Garibaldi, Giuseppe Mazzini, Camillo Cavour.

La plus décisive est la deuxième guerre d’indépendance, qui, avec l'expédition des Mille au sud et la descente subséquente des Piémontais du nord, réussit à unifier, sous la bannière des États de Savoie, une grande partie de la péninsule (à l'exclusion de Rome et de Venise) et à provoquer la proclamation du royaume d'Italie en 1861.

Cependant, après l'annexion du Royaume des Deux-Siciles il ya une révolte dans les régions méridionales (brigandage post-unitaire), en raison de problèmes sociaux persistants et promesses non tenues par le nouveau gouvernement. La rébellion, exploité par les Bourbons en exil et par l'États pontificaux, est principalement développé dans le provinces de Basilicate et Capitanata, où se distinguent des chefs-brigands comme Carmine Crocco et Michele Caruso[2]. L'affrontement entre les troupes italiennes et les brigands a duré environ 10 ans[3].

En 1866, Venise est annexée au royaume d'Italie, suivie par Rome, en 1870. Ce qui provoque le début d'une fracture entre l'État italien et l'Église qui se termine par les accords du Latran ratifiés par Benito Mussolini et le cardinal Gaspari, secrétaire d'État de Pie XI, en 1929. La forme de gouvernement proclamée est celle d'une monarchie constitutionnelle, avec un parlement élu au suffrage restreint.

Royaume d'Italie[modifier | modifier le code]

Les débuts du royaume voient l’Italie consolider son existence par l'intégration progressive des différentes régions, avant de s'engager dans une série de guerres d'expansion coloniale en Libye, Somalie, Éthiopie, Érythrée et Dodécanèse et même une petite concession en Chine.

Premières difficultés[modifier | modifier le code]

L'Italie en 1864.

Avant même la prise de Rome en 1870, le nouvel État se trouve confronté à de nouvelles situations problématiques. Il doit d'abord s'atteler à fortifier et assurer les bases des institutions politiques du Royaume de Sardaigne. L'unification d'entités restées plusieurs siècles durant séparées, sous des régimes aussi bien politiques qu'économiques différents, ne se fait pas sans difficulté. Alors même que les premiers gouvernements cherchent à arracher à l'Autriche la Vénétie et que se développe dans l'ancien Royaume des Deux-Siciles le brigandage anti-piémontais, le pays doit faire face à un fort déficit public, fruit des coûteux efforts militaires demandés par le Risorgimento. La dette budgétaire ne cesse de croître, tandis que la situation économique ne tarde pas à se dégrader, la conjoncture défavorable s'accélérant après la crise européenne de 1873.

Parvenue au pouvoir en 1861, la droite libérale, héritière de Cavour, axe sa politique intérieure sur la réduction des déficits, la consolidation du pouvoir de l'État italien par une centralisation administrative et l'intégration, volontiers anticléricale, des régions unies. Les nationalistes républicains, dont les chefs de file restent Giuseppe Mazzini et Giuseppe Garibaldi, et dont les méthodes ou les motivations, à l'encontre de la monarchie, sont jugées trop révolutionnaires, sont mis à l'écart des affaires. Garibaldi, qui tente de prendre Rome par la force, est arrêté par deux fois, tandis que Mazzini refuse prêter serment à la Constitution monarchique. L'autre « obstacle », considéré comme tel par les gouvernements libéraux, est l'Église catholique. Pie IX refuse tout rapprochement avec l'État italien après la prise de Rome en 1870, puis l'établissement de Rome comme capitale définitive du pays l'année suivante. Se considérant comme prisonnier à l'intérieur du Vatican, le pape rejette la loi des garanties mises en place par le Royaume, excommunie Victor-Emmanuel II et ordonne aux catholiques italiens de se mettre en retrait de la vie politique de leur pays sous peine d'excommunication (politique du non expedit). Ces mesures de la part du Saint-Siège ne font que renforcer l'anticléricalisme des dirigeants italien, qui ne tardent pas à prendre des mesures contre les ordres religieux et à accélérer une sécularisation débutée sous Cavour.

Économiquement, si la droite, qui reste en place jusqu'en 1876, réussit à redresser partiellement les finances publiques et à freiner la croissance de la dette de l'État, ses décisions libre-échangistes et l'accroissement de la pauvreté dans le sud du pays contribuent à creuser, dans certaines régions, un fossé entre la population et les institutions. Le suffrage censitaire, qui ne permet qu'à un nombre très limité de personnes de voter, écarte une part notable des Italiens de la participation directe à une vie politique, qui, de plus, est chamboulée par le renouvellement progressif du personnel politique local en faveur d'une « piémontarisation » des organes de décision. Le sud, prospère avant l'unification, ne peut plus compter sur des tarifs douaniers avantageux pour sa timide industrie, qui reçoit de plein fouet la concurrence plus compétitive des usines manufacturières du nord, plus en avance sur le plan industriel. Une situation de pauvreté et de crise économique s'installe au sein des campagnes de l'ancien Royaume des Deux-Siciles, à l'origine d'un écart social grandissant entre le Nord et le Sud. L'émigration devient un phénomène qui n'ira qu'amplifiant: jusqu'en 1914, plusieurs centaines de milliers d'Italiens des classes dites populaires émigreront chaque année du Sud italien vers le Nord, les États-Unis ou vers d'autres pays européens, comme la France ou l'Allemagne.

L'immigration italienne en Amérique du Sud prend une tel proportion en Argentine, au Vénézuela, en Uruguay et au Brésil que la population de ces pays est aujourd'hui constituée en grande partie d'italiens qui pour l'argentine a plus de la moitié de sa population d'origine italienne comme l'Uruguay et atteint prés de 36 millions au Brésil.

Lorsque la gauche italienne, protectionniste et industrialiste, remporte les élections de 1876, le nouvel État a réussi à s'ancrer et à s'imposer, fort de finances assainies et d'efforts de consolidation institutionnelle, mais la crise socioéconomique reste préoccupante et le pays doit encore trouver sa place parmi les puissances européennes, dont les manœuvres diplomatiques sont axées sur la recherche de stabilité et de puissance.

Expérience coloniale et industrialisation[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Empire colonial italien.

A partir des années 1880, le Royaume se lance, à l'image des autres puissances d'Europe occidentale (Royaume-Uni, France, Belgique...) dans l'aventure coloniale en Afrique. Il se heurte cependant très rapidement à des concurrents puissants. Dés 1881, un différend l'oppose à la France à propos de la domination sur la Tunisie. Les Français s'imposent diplomatiquement, et l'Italie comprend que sans allié de poids sur le continent, nulle expansion ni politique étrangère ambitieuse n'est réellement possible, tout du moins très complexe. Aussi, en froid avec la France, se tourne-t-elle rapidement vers l'Autriche, ancienne ennemie mais proche de l'Allemagne. Mettant provisoirement de côté ses revendications territoriales nationalistes sur les terres irrédentes, sous autorité autrichienne, l'Italie adhère au bloc défensif austro-allemand en 1882, formant la Triple-Alliance.

Consolidant ses positions sur la scène politique internationale, l'Italie ne renonce pas à la constitution d'un empire colonial, qui commence à voir le jour en Afrique orientale après 1896. La même année, la guerre engagée par le Royaume contre l'Éthiopie se révèle un désastre pour l'armée italienne, battue - une première pour une armée européenne dans une guerre coloniale contre des « indigènes » - à la bataille d'Adoua. Francesco Crispi, Président du Conseil italien, en est contraint à la démission, même si le pays réussit finalement à s'installer en Somalie, abandonnant l'Éthiopie jusqu'en 1935. Les déboires italiens en Afrique orientale finissent d'être compensés par l'issue de la guerre italo-turque de 1911-1912, qui voit l'Italie annexer la Libye et le Dodécanèse par le traité de Lausanne de 1912.

Sur le plan intérieur, des politiques protectionnistes sont mises en place au début des années 1880 afin de faire face à la crise économique. Des investissements dans les réseaux de communication industriels (chemins de fer...) et les industries naissantes (automobiles...) sont réalisés par l'État, devant moderniser les structures du pays. L'émigration continue cependant, tandis qu'une classe ouvrière urbaine se développe fortement, contribuant à la progression des idées socialistes que les gouvernements successifs peinent à juguler. Quant aux relations avec le Saint-Siège, si elles restent assez conflictuelles et empruntes de méfiances, elles connaissent plusieurs améliorations après la mort de Pie IX et sous les pontificats de Léon XIII et de Pie X.

Première Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Le Royaume d'Italie en 1919.

Lors de la Première Guerre mondiale l’Italie, bien que membre de la triple alliance, reste d'abord neutre, puis entre en guerre aux côtés des alliés le 23 mai 1915 après la signature du pacte de Londres. Au terme de la guerre qui se termine en novembre 1918, l'Italie compléte son unification nationale en obtenant le Trentin-Haut-Adige, la Vénétie julienne, l'Istrie et d'autres territoires du Frioul encore irrédentes. Ces régions avaient appartenu jusqu'alors à la Cisleithanie comme territoires autrichiens (à l'exception de la ville de Fiume incorporée dans le royaume d'Italie en 1924 et situé en Transleithanie).

Le pacte de Londres prévoyait que l'Italie entrerait en guerre aux côtés de l'entente dans un délai d'un mois, et obtiendrait, en échange, en cas de victoire, le Trentin, le Tyrol jusqu'au Brennero, (le Haut Adige), la Vénétie julienne, l'entière péninsule istrienne à l'exclusion de Fiume, une partie de la Dalmatie septentrionale incluant les villes de Zadar (Zara en italien), Šibenik et Knin, de nombreuses îles de l'Adriatique, l'archipel de Dodécanèse, la base de Vlora en Albanie et le bassin carbonifère de Antalya en Turquie. Sur la base du principe des nationalités proposé par le président américain Woodrow Wilson, la Dalmatie est annexée au nouveau royaume de Yougoslavie composé des Serbes, des Croates et des Slovènes, à l'exception de Zara (aujourd'hui Zadar en Croatie), en raison de sa majorité italienne, et de l'île de Lastovo (Lagosta) qui, avec trois autres îles, sont annexées à l'Italie. Il faut noter que pendant l'occupation autrichienne de la Dalmatie et de l'Istrie entre 1815 et 1918, les autrichiens favoriseront l'implantation slave dans les principales villes de Dalmatie au détriment des populations italiennes qui doivent migrer en Vénétie. Ce sera d'ailleurs une des causes majeur de l'entrée en guerre de l'Italie dans la Première Guerre mondiale.

Montée, avènement et chute du fascisme[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Italie fasciste.
Carte représentant l'Italie et ses revendications territoriales sur les populations italiennes concernant l'irrédentisme en 1919.
L'empire de l'Italie fasciste en 1942.

L'Italie a très mal vécu le traité de Versailles, le manquement envers le pacte scellé provoque l'indignation italienne, de manière presque unanime, les Italiens accusent que le sacrifice d'une entière génération au front n'est pas récompensé (5 615 000 hommes engagés, 650 000 tués, 947 000 blessés et 600 000 disparus ou prisonniers). On parle de « victoire mutilée » car les Alliés n'ont pas respecté les promesses faites durant le conflit concernant l'attribution des territoires et cela favorise l'agitation nationaliste et l'ascension de Mussolini.

Sur la lancée du mécontentement créé par les difficultés économiques et sociales de l'après-guerre, on assiste en 1922 à la conquête du pouvoir par le fascisme. À partir de 1926-27 l'Albanie entre graduellement dans la sphère d'influence de l'Italie, c'est seulement en avril 1939 qu'elle est occupée militairement et qu'on lui impose comme souverain Victor-Emmanuel III. Trois ans auparavant (mai 1936) l'Éthiopie était tombée sous la domination italienne.

En 1940, l’Italie est l'alliée de l'Allemagne dans la Seconde Guerre mondiale contre la France et le Royaume-Uni, déclarant ensuite en 1941, avec le Japon, la guerre aux États-Unis et à l'Union soviétique. À la suite du débarquement allié en Sicile en 1943, le régime fasciste s'effondre, l'Italie se range aux côtés des alliés contre l'Allemagne. Les derniers fascistes créent la République sociale italienne, alors que de nombreuses Républiques partisanes éphémères se créent. En 1945, les forces nazies et fascistes sont défaites : l'armée allemande en Italie capitule le 25 avril 1945. Cette date est, depuis, un jour férié en Italie.

République italienne[modifier | modifier le code]

L'Italie depuis 1947.

Après 1945, l'Italie accuse le coup de la défaite des puissances de l'Axe et en 1946, un référendum institutionnel sanctionne la fin de la monarchie et la naissance de la république, avec une nouvelle constitution qui entre en vigueur le 1er janvier 1948.

La démocratie chrétienne (DC), parti modéré du centre, fait partie du gouvernement de la république italienne de 1946 à 1993, généralement coalisé avec d'autres partis du centre et de gauche - Parti social-démocrate italien (PSDI), Parti républicain italien (PRI), Parti libéral italien (PLI). En 1962 le Parti socialiste italien (PSI) entre dans la majorité gouvernementale alors que jusque là, il avait été dans l'opposition. À part quelques exceptions, la présidence du conseil est démocrate-chrétienne de 1946 à 1993.

En 1949 l’Italie adhère à l'Organisation du traité de l'Atlantique Nord et en 1955 elle est admise aux Nations unies. L'année 1957 voit la signature du traité de Rome, qui marque la naissance de la Communauté économique européenne, premier pas vers la réalisation de l’Union européenne. Le pays vit une très forte expansion[4] et la priorité à l'investissement[5], phénomène appelé les Trente Glorieuses. Fiat est le symbole du miracle italien, dont la période va des élections d'avril 1948 aux Jeux Olympiques de Rome en 1960: 700 000 automobiles en 1955, 10 millions cinq ans après[6]. Le fabricant de scooters Vespa n'est pas en reste. Entre 1945 et 1965, il en vend 3,5 millions en Italie.

Ensuite, dans les années 1970, l'Italie traverse une profonde crise politique, avec en particulier l'émergence de mouvements révolutionnaires pratiquant la lutte armée. Cette crise politique atteint son apogée en 1978 avec l'enlèvement puis l'assassinat du chef du parti démocrate-chrétien Aldo Moro par les Brigades rouges. Cette crise politique trouve en partie son origine dans la « stratégie de la tension » adoptée par les services secrets pour empêcher l'arrivée au pouvoir du Parti Communiste. Ainsi, les attentats organisés par le Réseau Gladio frappent la population et provoquent la mort de plusieurs dizaines de personnes. À partir de 1979, le mouvement combattant révolutionnaire italien est écrasé par la répression. Plusieurs militants de l'extrême-gauche révolutionnaire sont incarcérés, certains s'exilent à l'étranger.

L'État italien reste alors profondément marqué par le pouvoir de la mafia au sein de la classe dirigeante, tant au niveau des partis politiques que du patronat. Dans les années 1990, le gouvernement italien reconnait l'existence du réseau Gladio au sein de ses services secrets. En 1999, l'Italie participe à la création de l'euro. De 2001 à 2006, le gouvernement italien est dirigé par Silvio Berlusconi, grand patron arrivé au pouvoir à la tête d'une coalition rassemblant Forza Italia (parti populiste de centre-droite), la Ligue du Nord (parti populiste autonomiste) et la droite Alleanza Nazionale (parti populiste conservateur).

En avril 2006, après des élections très serrées l'opposant à Silvio Berlusconi, qu'il emporte de justesse, Romano Prodi (leader de L'Unione, la coalition de centre-gauche) devient président du conseil italien.

Le 24 janvier 2008, le Sénat italien refuse sa confiance à Romano Prodi. Ce dernier a donc présenté sa démission au président Giorgio Napolitano.

En 2011, le président du conseil démissionne, et c'est Mario Monti qui le remplace.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Catherine Brice, Histoire de l'Italie, Paris, Perrin,‎ 2003 (ISBN 2-262-01996-7)
  2. Giuseppe Massari, Stefano Castagnola, Il brigantaggio nelle province napoletane, Fratelli Ferrario, 1863, p. 17, 20
  3. Gilles Pécout, Roberto Balzani, Il lungo Risorgimento: La nascita dell'Italia contemporanea (1770-1922), Pearson Italia S.p.a., 1999, p. 238
  4. "Analyse sectorielle: Méthodologie et application aux technologies de l'information", page 184 Christian Genthon Éditions L'Harmattan, 2004 [1]
  5. "Le régime juridique des dividendes", par Amel Amer-Yahia, page 20
  6. "Les années 1950 à l'italienne", par Pierre de Gasquet dans Les Échos du 04 mars 2005 * page 104 [2]

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Pierre Milza, Histoire de l'Italie, Fayard, 2005.
  • (en) Mark F. Gilbert et K. Robert Nilsson, Historical dictionary of modern Italy, Scarecrow Press, Lanham Md, Londres, 2007 (2e éd.), XL-508 p. (ISBN 0-8108-5602-6)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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