Histoire de l'économie

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Page d'aide sur l'homonymie Pour l'histoire de l'économie comme discipline, voir Histoire de la pensée économique. Pour la branche économique de la discipline historique, voir Histoire économique.
Évolution du PIB de l'an 1 à l'année 2003, basé sur les données d'Angus Maddison.
Représentation synthétique de l'évolution de la répartition du PIB mondial de l'an 1000 à l'an 1998.

Pour découper l'histoire de l'économie, on peut recourir à une périodisation communément admise en utilisant la notion de révolution économique. On recense essentiellement quatre périodes :

On peut aussi, bien que le phénomène soit très récent, (moins de 50 ans), ajouter une cinquième période qui, fondée sur la Révolution informationnelle, fait basculer les économies développées dans l'économie post-industrielle.

L'économie préhistorique[modifier | modifier le code]

Sur une période couvrant des centaines de milliers d'années se mettent en place les éléments fondamentaux de l'économie, caractérisés comme l'économie de la prédation développée par les populations de chasseurs-cueilleurs :

  • transformations des aliments avec le feu
  • premières productions d'outils puis de vêtements, d'objets artistiques et religieux....
  • premiers échanges (don, troc, guerre)

Adam Smith[1] remarque que durant l'âge de la pierre[Note 1], il y avait une certaine division du travail à l'intérieur des tribus de chasseurs ou de bergers, les uns fabriquant les instruments de chasse et les autres les utilisant.

La révolution néolithique[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Révolution néolithique.

La période du Néolithique est souvent considérée comme incluant la première révolution économique. Elle se situe à un tournant important de l'histoire et constitue une rupture entre le nomadisme et le sédentarisme. Cette rupture majeure dans l'histoire humaine se situe dans un temps court de 4 000 ans entre -12 000 et -8 000 avant notre ère [merci pour des preuves].

La révolution néolithique enregistre deux évolutions historique majeures, d'abord la naissance de l'agriculture et ensuite la création de structures urbaines, villages puis villes. Mais bien d'autres éléments, constitutifs des sociétés humaines, se mettent progressivement en place : la naissance de la propriété, l'émergence de techniques nouvelles y compris la roue et l'écriture, la spécialisation du travail.

L’expression « révolution néolithique » a été introduite par l’archéologue australien Vere Gordon Childe dans les années 1930 pour caractériser les évènements survenus au Proche-Orient vers 9000 ans avant notre ère. Elle fait référence à un changement radical et rapide, marqué par le passage d’une économie de prédation (chasse, cueillette) à une économie de production (agriculture, élevage). Les recherches les plus récentes conduisent à relativiser cette notion de phénomène brutal. Ainsi, l’adoption de l’agriculture ne s’avère pas aussi rapide qu’on pouvait le croire durant la première moitié du XXe siècle. De plus, elle n’est ni synchrone à l’échelle des différents continents, ni universelle. Les premiers agriculteurs exploitaient encore les ressources naturelles et certains groupes conservent une économie de chasseur-cueilleur jusqu’à nos jours. Il existe également des exemples de groupes de pasteurs nomades. L'adoption d'une économie de production semble être un phénomène progressif, initié selon certains auteurs dès le début du Mésolithique.

Il n'en reste pas moins que la néolithisation est une des étapes majeures de l'aventure humaine, au même titre que la domestication du feu ou la révolution industrielle.

Émergence de l'agriculture

Articles détaillés : Origines de l'agriculture et Domestication.

La domestication animale et la maîtrise de la culture des végétaux sont les deux évolutions majeures qui ont sous-tendu cette révolution économique.

Émergence des structures urbaines

Les hommes se rassemblent d'abord sous forme de groupes nomades en recherche perpétuelle de nouveaux terrains fertiles, puis avec l'agriculture, la sédentarisation devient possible.

En même temps que la sédentarisation se met en place la spécialisation des tâches (artisanat). On assiste à la naissance de la monnaie et au développement du commerce.

Une lente évolution[modifier | modifier le code]

Au cours de l’Antiquité, puis du Moyen Âge, le développement des communications terrestres et navales, et en parallèle celui de l'écriture et de la comptabilité, l'amélioration des techniques conduit des régions entières à devenir des centres de production de plus en plus spécialisés dans tel ou tel bien de consommation (ou d'apparat) approvisionnant d'autres régions éventuellement très lointaines, du monde connu. Mais les modes de production, tout en se sophistiquant, restent basés sur l'agriculture, l'artisanat et le travail manuel.

L'économie antique [des dates clé, svp, merci. Le néophyte s'y perd][modifier | modifier le code]

Avec les grandes civilisations méditerranéennes de l'Égypte, de la Grèce et de Rome, l'économie se structure et se développe.

L'un des ressorts fondamentaux de ces économies agricoles consiste dans l'exploitation du travail humain gratuit (esclavage). La croissance économique repose fondamentalement sur la croissance forte des échanges commerciaux et rend nécessaire la continuelle expansion des ressources utiles, ce qui motivent rapines et guerres.

Mais, ces sociétés butent sur la question du développement technique et de l'absence d'accumulation de capital productif. C'est l'impasse, prélude aux effondrements successifs des empires. La seule époque qui aurait pu éviter cette impasse était l'époque Héllenistique, du fait d'une croissance assez remarquable des échanges.[réf. nécessaire]

L'économie médiévale[modifier | modifier le code]

Article détaillé : économie médiévale.

La notion de marché émerge (Route de la soie en Asie centrale, foires de Champagne attirant des négociants de toute l'Europe du Moyen Âge). Les États qui se constituent, mettent en place par réaction, une doctrine comme le mercantilisme (monopoliser les productions pour ne pas être dépendant d'autrui, et accumuler de l'or en approvisionnant les autres).

Entre 1000 et 1348, la population a encore doublé. On assiste à une augmentation rapide de la population urbaine, ce qui amène l'urbanisation. Aussi de nouvelles techniques de travail sont découvertes, ce qui donne lieu à la révolution agricole médiévale.

Le développement rapide de l'industrie de la laine rend l'économie un peu moins dépendantes des simples aléas agricoles. L'arrivée des produits coloniaux, de plus en plus importantes, signe la meilleure santé de l'économie médiévale à la fin du Moyen Âge qu'à son début.

La révolution agricole[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Révolution agricole.

La révolution industrielle[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Révolution industrielle.

Proto-industrie[modifier | modifier le code]

Le terme proto-industrie renvoie aux recherches menées dans les années 1970 par l'historien néerlandais Franklin Mendels[2]. L'ambition de ce concept est d'expliquer la transition entre le régime de production féodal et celui de la production capitaliste tels que présentés dans la pensée de Karl Marx. La définition de proto-industrialisation donnée par Mendels est « la croissance rapide de l'industrie surtout rurale conservant une organisation traditionnelle mais orientée vers le marché. Cela était accompagné de changement au niveau de l'organisation spatiale de l'économie rurale. » La proto-industrie fut un phénomène trans-européen et d'une importance incontournable puisqu'en en France par exemple dès 1789, selon les estimations de Mendels, la production industrielle avait déjà dépassé celle de l'agriculture en portion du PIB. [il aurait été intéressant de connaître des exemples, tant qualitatifs (domaine d'activité et/ou type de production) que qualitatifs (puisque apparemment, les chiffres d'affaire et/ou les bénéfices auraient été accrus) de ce phénomène économiquement important et méconnu. Merci].

La théorie de Mendels part du constat que durant la période moderne les journaliers ne trouvaient guère qu'à s'employer durant les mois d'été pour les moissons et, de fait, le reste de l'année ils constituaient une main d'œuvre à bas prix. Les capitalistes urbains utilisèrent leur force de travail pour le travail textile. Selon Mendels, ce système permit aux entrepreneurs d'accumuler suffisamment de capital pour initier au milieu du XVIIIe siècle la Révolution industrielle. Qui plus est, les revenus supplémentaires obtenus par les populations rurales grâce à leur travail proto-industriel créa une demande pour les biens produits par la proto-industrie elle-même et, à terme, un marché prêt à recevoir les productions de la première Révolution Industrielle [Yess. Toutefois, désolé d'insister, un ou deux exemples bien prosaïques du phénomène pourraient aider le lecteur. Merci]. Par ailleurs, Mendels identifie un facteur important par lequel la proto-industrie influença les développements du secteur secondaire au XIXe siècle : ce travail avait habitué les populations rurales au labeur artisanal et à la supervision extérieure, deux traits importants que sauront exploiter les contre-maîtres dans les usines du siècle suivant.

Il est important de ne pas confondre la proto-industrie telle que définie par Mendels et qui prend son envol au XVIe siècle et surtout au XVIIe siècle avec l'artisanal rural qui peut se retrouver dès les temps préhistoriques. Les différences sont sensibles :

  • la proto-industrie est destinée à un marché bien plus large que la simple demande locale ce qui suppose une spécialisation régionale poussée,
  • la croissance démographique de l'époque moderne créa une offre supplémentaire sur le marché du travail qui enclencha le processus,
  • la chute du prix du blé força les habitants des régions les moins productives à s'orienter vers le travail artisanal,
  • l'intégration de nouvelles régions dans le marché créa une nouvelle demande pour les produits artisanaux, forçant de ce fait les populations rurales à augmenter leurs revenus.

Quoi qu'il en soit de nombreuses régions rurales devinrent liées fermement à la production proto-industrielle. Il est notable que contrairement au modèle rural habituel, le nombre de mariages était parfois plus corrélé avec le prix des produits artisanaux qu'avec celui des denrées alimentaires. En quelque sorte, les populations rurales étaient rentrées dans l'ère industrielle avant même que celle-ci ne commence. Une différence majeure avec la période suivante cependant tient au fait que la relative simplicité de la machinerie employée ne demandait aux entrepreneurs urbains qu'un investissement fixe assez léger.

Il faut noter que la théorie de Mendels a ouvert un long débat historiographique et a été en général très critiqué par les historiens récents.

Première révolution industrielle[modifier | modifier le code]

Premières machines, actionnées par le vent et l'eau. Notion de libre-échange. Machine à vapeur (James Watt).

Seconde révolution industrielle[modifier | modifier le code]

Mécanisation à la suite des avancées dans le domaine de l'énergie ainsi que dans l'automobile et de l'extraction minière. Constitution de centres industriels importants nécessitant de mobiliser des capitaux importants (création des sociétés par actions, des grandes banques...). On passe du capitalisme commercial au capitalisme industriel et financier.

En 1929 éclata aux États-Unis un krach boursier. Il fut suivi d'une crise économique, la Grande Dépression, qui dura plusieurs années. Afin de mesurer le rétablissement de l'économie, Simon Kuznets inventa en 1934 un instrument de mesure de l'activité encore très utilisé de nos jours : le produit intérieur brut.

Économie post-industrielle mondialisée[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Économie post-industrielle.

C'est l'économie des pays développés, et vers laquelle s'orientent aussi divers pays émergents, basée sur :

  • le savoir comme facteur déterminant de production, au-delà des trois « classiques » (ressources naturelles, travail, capital physique)
  • les services, devenus le premier secteur économique dans les pays développées, devant l'agriculture et l'industrie
  • la mondialisation des marchés, avec formation d'une économie en réseau (entreprise étendue), dont l'articulation géographique donne un rôle clé aux pôles.

Évolutions récentes[modifier | modifier le code]

Une nouvelle forme d'économie[modifier | modifier le code]

Depuis les années 1970 environ, est apparue une nouvelle forme d'économie, basée sur l'utilisation massive des technologies de l'information et de la communication (l'informatique), et comportant une part importante de services (70 % environ du PIB).

Cette nouvelle forme d'économie est appelée de différentes façons :

Ces termes sont apparus à des moments un peu différents, mais ils correspondent tous à la même réalité : la place très importante prise par l'information sur support électronique, au lieu de l'information sur support papier.

Dans cette nouvelle forme d'économie, la croissance la plus forte est obtenue dans le secteur des services.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Smith 1991, p. 83
  2. Mendels Franklin F. (1972) “Proto-industrialization: The First Phase of the Industrialization Process”, The Journal of Economic History, 32/1, The Tasks of Economic History, 241-261.
  1. Le lecteur pourra aussi se rapporter au livre de Marshall Sahlins Âge de pierre, âge d'abondance. Economie des sociétés primitives, préface de Pierre Clastres, NRF Gallimard, 1976 ISBN 2070292851

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Adam Smith, Richesse des Nations, vol. 1, GF-Flammarion,‎
  • Adam Smith, Richesse des Nations, vol. 2, GF-Flammarion,‎
  • François Crouzet, Histoire de l'économie européenne 1000-2000, Éditions Albin Michel, "Bibliothèque de l'évolution de l'humanité", 440 pages, 2005. ISBN 978-2226208781
  • Histoire des faits économiques, Jacques Brasseul, 3 volumes, Armand Colin, 2001/2003
  • Pierre Bezbakh, Histoire de l'économie : Des origines à la mondialisation, Larousse, "Petite encyclopédie", 127 pages, 2005. ISBN 978-2035843067
  • Jean-François Eck, Histoire de l'économie française : de la crise de 1929 à l'euro, Armand Colin, "U Histoire", 366 pages, 2009. ISBN 978-2200345105
  • Jean-François Eck, Histoire de l'économie française depuis 1945, Armand Colin, "Cursus", 230 pages, 2004. ISBN 978-2200266851
  • Adolphe-Jérôme Blanqui, Histoire de l'économie politique, en Europe, depuis les anciens jusqu'à nos jours (deux tomes), 2000.