Histoire de Tourcoing

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Blason de Tourcoing

Cet article présente les faits marquants de l'histoire de Tourcoing, une commune de nord de la France.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Une étymologie populaire en vogue au XIXe siècle (« l'âge d'or de la ville ») expliquait avec beaucoup de sérieux que Tourcoing serait une déformation du nom de Tarquin le Superbe, dernier roi de Rome qui aurait fondé la cité lors de son exil... au mépris de toute vraisemblance historique.

Le nom est attesté sous les formes Torcoin en 1080, Torcoing en 1165, Torcum au XIIe siècle[1].

Ernest Nègre[2] propose le nom de personne germanique Trucoinus pris absolument. La métathèse de /r/ serait liée à l'attraction du mot bien connu « tour », anciennement graphié parfois tor.

Les origines[modifier | modifier le code]

Située sur l'ancienne route commerçante allant de Tournai à Viroviacum (actuelle Wervicq, alors port et débarcadère sur la rivière Lys), cités romaines d'une importance régionale, Tourcoing aurait été un simple hameau de chaumières autour d'une villa romaine.

Un grand propriétaire vint certainement s'installer là, dans ce qui était à la base un relais de voyage, créant des infrastructures agricoles rudimentaires qui attirèrent des paysans autour de cette villa.

Des fouilles archéologiques montrent qu'une paroisse et une chapelle s'installèrent au IVe siècle, avec l'arrivée du christianisme.

La bourgade, sans importance à l'époque, n'est citée dans aucune carte ni écrit romains. Du point de vue administratif, elle fait partie de la Gaule belgique, et plus précisément de la province de Belgique Seconde, circonscription de Tournai (civitas Tournensis).

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

En 1080, un certain Saswalus de Turconium est témoin d'une donation à l'abbaye d'Harelbecque. Était-il seigneur de Tourcoing? Rien ne l'indique. Quoi qu'il en soit, cet acte est la première trace écrite incontestable de Tourcoing, qui est donc aussi ancienne que Lille (1056).

Le village de Tourcoing était à l'époque une seigneurie (elle le restera jusqu'en 1789), dépendante de la châtellenie de Lille, laquelle faisait partie du Comté de Flandre.

Article détaillé : Liste des seigneurs de Tourcoing.

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Du XIe au XIIIe siècle : premières institutions[modifier | modifier le code]

La seigneurie de Tourcoing appartient à la Maison des seigneurs d'Alost, puis des comtes de Guînes en 1166, et est enfin rachetée en 1294 par la famille de Mortagne. Ces importants barons flamands ne semblent pas avoir résidé ni avoir eu une grande influence sur l'évolution de la localité. Trois faits se dégagent des banalités de la vie féodale :

Château du Bailli et église Saint-Christophe (état du début du XIXe siècle)
  • 1130 : à la suite de la demande des habitants, qui souhaitent avoir une église à Tourcoing, le diocèse de Tournai sollicite l'autorisation du seigneur, Ywan de Gand, de bâtir un lieu de culte : l'édifice est dédié à saint Vaast.

Elle changera plus tard de saint patron et deviendra l'église Saint-Christophe.

  • En 1260, dans la continuité du grand mouvement charitable des Flandres, la dame douairière de Tourcoing, Mahaut de Guisnes donne « cinq bonniers de terre » à des religieuses. Celles-ci devront y construire un hospice pour accueillir les indigents, les vieillards et les vieilles femmes.

L'hospice d'Havré est à l'origine de l'actuel hôpital Gustave-Dron.

  • En 1294, il semble y avoir eu désaccord entre le seigneur, Guillaume de Mortagne, et les villageois sur les droits et devoirs de chacun; la situation se termina sans aucune violence grâce aux privilèges que leur concédait Guillaume. Ce document au nom original et d'une grande valeur historique est parvenu jusqu'à nous : le concordat (aucun rapport avec le traité entre Napoléon Bonaparte et le pape Pie VII). Cet acte est l'équivalent des libertés communales (ou "Keures") des grandes cités flamandes. Cet accord, qui fixait la coutume (c'est-à-dire la justice locale), divers aspects de la vie économique (marchés et ducasses) et le pouvoir politique au niveau du village, cet accord sera donc respecté et scrupuleusement appliqué jusqu'en 1789.

XIVe et XVe siècles[modifier | modifier le code]

En 1304, à la suite de la victoire de Philippe IV le Bel sur les Flamands révoltés à Mons-en-Pévèle, le roi obtient le rattachement des châtellenies de Douai, Orchies et Lille au domaine royal de France. Le seigneur de Tourcoing doit donc rendre hommage directement au roi de France, et non plus au comte de Flandre. Dans les faits, les Tourquennois ne virent guère de changement : faisant partie de la Flandre romane où on parlait le patois picard, proche du français (et non le flamand occidental), ils furent administrés par des baillis du roi qui résidaient à Lille.

La guerre de Cent Ans va aussi amener son lot de malheurs avec elle : le 3 août 1340, Jacques van Artevelde et son allié Édouard III d'Angleterre, assiégeant Tournai restée fidèle au roi de France, pillent et incendient Tourcoing et d'autres villages de la campagne.

En 1346, le seigneur de Tourcoing, Guillaume II de Mortagne, meurt à la bataille de Crécy : trois successeurs se disputent la seigneurie : normalement sa fille Marie aurait dû hériter de Tourcoing. Cependant, Marie de Mortagne avait épousé Jean du Fay, puis avait annulé son mariage et s'était remarié avec le chevalier Pierre Pascharis. De plus, sa sœur aînée, Yolande, mariée à Gossuin du Quesnoy, réclamait également la seigneurie.

Entre Jean du Fay, Pierre Pascharis et Gossuin du Quesnoy, les Tourquennois ne savaient plus qui était leur seigneur ; or, ils avaient besoin du sceau du seigneur afin d'authentifier les draperies fabriquées à Tourcoing.

Les Tourquennois, las des procès interminables, en appelèrent directement à l'arbitrage du roi de France, Jean II le Bon. Celui-ci, récemment revenu de sa captivité en Angleterre, accorda un sceau à Tourcoing, pour moitié le blason du seigneur du Fay, pour l'autre moitié celle du seigneur du Quesnoy.

En 1369, Charles V le Sage cède la châtellenie de Lille au comte de Flandre, Louis de Maele. En effet, le roi négocie le mariage de la fille unique de Louis de Maele, Marguerite de Maele, avec son frère cadet, Philippe le Hardi. Il préfère céder la Flandre romane au comté de Flandre plutôt que de voir le prodigieux héritage de Louis de Maele (Franche-Comté, Artois, Boulogne, Nevers, Rethel et Flandre) partir entre les mains d'un prince étranger.

Marie de Mortagne meurt à peu près à la même époque, laissant un fils mineur. Gossuin du Quesnoy en profite pour usurper la terre de Tourcoing à son neveu. Louis de Maele intervint et confisque Tourcoing. Cependant, Gossuin du Quesnoy obtint l'usufruit de Tourcoing jusqu'à la majorité du fils de Marie, Jean d'Audenaerde.

Finalement, Gossuin du Quesnoy obtint définitivement le titre de seigneur de Tourcoing.

Ce litige seigneurial est intéressant car révélateur du développement de Tourcoing : ce bourg rural complète ses revenus en tissant et en vendant de la laine et autres draperies. Nous n'en sommes pas encore à l'explosion économique du XIXe siècle, loin de là : mais chaque maison a, dans sa cave, un métier à tisser et de la laine du pays. Le paysan de base complétait donc ses revenus en faisant de la menue draperie.

En 1443, on a la première trace écrite de l'échevinage de Tourcoing, composé de sept échevins et d'un bailli (lequel réside dans le manoir seigneurial à côté de l'église Saint-Christophe, nommé château du Bailly). L'actuel quartier des Poutrains, seigneurie indépendante au XVe siècle, a sa propre administration municipale.

En 1491, l'empereur germanique Maximilien d'Autriche accorde à Tourcoing une Franche Foire, la hissant ainsi au même niveau que les commerçantes cités drapières de Flandre. La draperie devient un des centres d'intérêts de la vie tourquennoise. On constate qu'à partir de cette époque les notables de la ville deviennent des tisserands ou des brasseurs.

La Renaissance et la guerre des Gueux[modifier | modifier le code]

En 1525, la prospérité de la petite ville (trois mille habitants) permet aux Tourquennois de consentir à un effort financier important pour l'embellissement et l'agrandissement de la vieille église Saint-Vaast, construite au XIIe siècle. De grands travaux sont lancés, dont certains dureront jusqu'en 1550. L'église change à cette époque de saint patron : elle devient l'église Saint-Christophe. C'est également à cette époque qu'est construite la Halle échevinale, dans un pur style flamand, lieu de réunion des échevins et du bailli: la halle, ancêtre de notre hôtel de ville, est bâtie entre la grande place et l'église Saint-Christophe.

La Réforme, avec les troubles qu'elle apporte, gagne la région : Tourcoing est en partie acquise à la religion protestante, quand survient la terrible répression organisée par Ferdinand Alvare de Tolède, duc d'Albe, représentant du roi d'Espagne, nouveau souverain de la châtellenie de Lille.

La guerre des Gueux commence : une terrible guerre civile qui va durer plus d'une décennie, ponctuée d'assassinats sanglants. Les gueux (pillards protestants), parfois surnommés Hurlus (hurleurs), font fréquemment des sorties sur Tourcoing, Roubaix et Wattrelos, depuis leur base de Mouscron. Des guet-apens sont tendus aux catholiques, notamment au curé de Tourcoing, redoutable orateur, abattu d'un coup de fusil alors qu'il traversait la campagne en direction de Wattrelos. En outre, les gueux commettent des déprédations et des pillages (rafle dans l'église Saint-Christophe vers 1570).

Vue du bourg de Tourcoing au XVIIe siècle

Finalement, à force d'arrestations et d'exécutions, le duc d'Albe (et peut-être aussi la lassitude) finit par calmer les ardeurs protestantes et la région retrouva son calme et sa prospérité.

XVIIe siècle : le retour à la France[modifier | modifier le code]

Le XVIIe siècle voit le retour définitif de la châtellenie de Lille à la couronne de France en 1668. Cependant, avant de quitter la Flandre gallicante, l'administration espagnole va distribuer quelques derniers bienfaits à la région (par exemple, à Lille, la Vieille Bourse, construite en 1652 dans un style flamand flamboyant).

À Tourcoing, cela se traduit par la création d'un collège en 1666 par les récollets, avec l'autorisation officielle du roi Philippe IV d'Espagne (en fait, cette autorisation datait de 1664, mais diverses péripéties avaient retardé la construction du collège). Cet établissement, à l'origine sous le patronage de saint Bonaventure, s'est maintenu jusqu'à nos jours : il s'agit de l'Institution libre du Sacré-Cœur (dénomination officielle du Collège de Tourcoing).

En dehors de la fondation de ce cloître et collège des Récollets, Tourcoing continue de se développer lentement mais sûrement, atteignant bien tôt une population de dix mille habitants.

XVIIIe siècle : l'émancipation face à Lille[modifier | modifier le code]

Malgré de désastreux incendies qui ravagent le bourg[3], notamment en 1711[4], la petite ville prospère et se relève de toutes les catastrophes. Comme à Lille, on abandonne progressivement l'ancienne architecture flamande pour privilégier le classicisme, comme le montre le nouvel hôtel de ville inauguré en 1718 en lieu et place de l'ancienne halle échevinale devenue trop petite).

Le XVIIIe siècle voit, dans la Flandre gallicante, l'émergence des bourgs de la campagne face à la toute-puissance de la ville fortifiée qu'est Lille.

En effet, Lille, vieille cité drapière depuis le Moyen Âge, s'est arrogé un grand nombre de privilèges qui lui permettent de maintenir son monopole en ce qui concerne le commerce et l'artisanat du textile. Selon les règles alors en usage, les habitants du « plat pays » (c'est-à-dire la campagne, par contraste avec Lille, ville-forteresse) doivent apporter leur laine au grand marché du chef-lieu et le vendre aux entreprises lilloises, qui se chargent de la suite de la production. Les habitants du plat pays n'étaient donc que des fournisseurs de matières premières. Lille prenait ses mesures afin de sauvegarder son industrie interne, car la concurrence de la campagne, où les coûts de main-d'œuvre et de production en général étaient beaucoup moins élevés, cette concurrence donc aurait pu sérieusement mettre à mal l'économie lilloise.

Cependant, on a vu que dès le Moyen Âge, Tourcoing s'était lancée, à un moindre niveau, certes, dans la fabrication artisanale de menue draperie (ou "sayette"). Le règlement coercitif de Lille n'était pas fait pour plaire aux Tourquennois dont les revenus commençaient de plus en plus à dépendre d'activités autres que l'agriculture.

C'est pourquoi certaines grandes familles de l'époque vont braver l'interdit lillois et se lancer clandestinement dans la confection de menue draperie, avec la neutralité bienveillante du bailli et des échevins de Tourcoing. Mais, plusieurs fois, le pot aux roses fut découvert, et les autorités lilloises, en faisant des inspections à Tourcoing, découvrirent un jour de 1730 des métiers à tisser dans la propriété des Destombes. Tollé général à Lille, qui détruit les instruments et interdit aux bourgs du plat pays de recommencer.

Ancien hôtel de ville de 1718

Mais Tourcoing n'est déjà plus un "bourg" : forte de douze mille âmes, elle se sent prête, avec sa voisine Roubaix (8000 habitants sous l'Ancien Régime) à défier Lille.

Par provocation, un atelier de confection de tapisseries, tentures et tapis ouvre à Tourcoing. Il est fermé le mois suivant par les autorités de Lille. L'antagonisme entre Lille et Tourcoing s'accentue, des Tourquennois sont traînés en justice...

C'est durant cette période qu'un chansonnier lillois, surnommé Brûle-Maison (son vrai nom était François Decottignies), prit violemment à partie les Tourquennois dans ses spectacles en se moquant de ces « broutteux » qu'il faisait passer pour des modèles d'ignorance et d'idiotie.

Tous les magistrats du plat pays, soutenus par leurs curés respectifs, lancent une pétition où les notables (de Tourcoing, Roubaix, Lannoy, Halluin, Cysoing, etc.) adressent une supplique au Roi de France Louis XV.

Cette requête n'aboutira que bien des années plus tard, en 1762, quand un édit royal brise le monopole de Lille et permet aux villes dites « ouvertes » (c'est-à-dire non fortifiées) de se lancer dans l'industrie de la laine.

On peut considérer que le véritable essor de Tourcoing débute à ce moment-là, grâce à la liberté d'entreprendre.

La Révolution française et l'Empire[modifier | modifier le code]

Tourcoing accueille la Révolution française avec un enthousiasme modéré. Enthousiasme, parce la ville espère que ce qu'elle considère comme la lourde et inefficace administration d'Ancien Régime va enfin être réformé et mettre fin aux inégalités provinciales dont elle souffre; de plus, le vent de liberté qui souffle en 1789 ne peut laisser indifférent qui que ce soit. Modéré, parce que la plupart des habitants sont très attachés à la religion catholique, apprécient le vieux collège des Récollets et ont en grande estime leur seigneur, le duc d'Havré Maximilien de Croÿ (qui est d'ailleurs élu député de la noblesse aux États Généraux), qui vient les voir de temps à autre.

En 1790, Tourcoing, jusque-là véritable embrouillamini de fiefs féodaux, ayant pour seule unité la paroisse de Saint-Christophe, devient administrativement une ville avec conseil municipal. Le premier maire de Tourcoing est Louis Desurmont, représentant d'une grande famille locale. La Flandre française devient le département du Nord.

Jusque-là demeurée assez calme, la ville est troublée par l'arrivée d'un nouveau procureur-syndic, René Huguet, originaire du département de l'Aisne, qui est l'incarnation même du jacobin anticlérical et extrémiste. Il joua à merveille le rôle d'un agitateur public, ameutant la population contre les religieux et dénonçant aux autorités révolutionnaires les Tourquennois qui ne lui semblaient pas assez ardents dans la défense des idées nouvelles.

La première victime de la vindicte du citoyen syndic Huguet fut le Collège Saint-Bonaventure. Profitant de la nouvelle loi mettant fin aux congrégations religieuses, Huguet fit toutes les pressions possibles pour que les malheureux pères récollets soient dans l'obligation de choisir entre, tout d'abord, renier leurs vœux de religion et continuer à enseigner, ou demeurer prêtres et quitter la commune. Les récollets, soutenus par la municipalité, tentèrent de résister, mais Huguet manqua de peu provoquer une émeute contre les religieux, et ceux-ci, conscients du danger dans lequel ils se trouvaient, acceptèrent finalement de quitter sur le conseil du maire Louis Desurmont. En quittant Tourcoing, ils firent vœu de pouvoir revenir en des temps meilleurs pour continuer l'œuvre d'enseignement que nous menons en ce lieu depuis plus de 120 ans déjà. Leur vœu sera exaucé en 1802, après le Concordat entre le pape Pie VII et le Premier Consul Napoléon Bonaparte.

Ensuite, ce fut l'église Saint-Christophe qui fut d'abord, malgré l'opposition de plus en plus vive de la municipalité, transformée en grange à foin et étable à bestiaux par les soins de René Huguet puis, lorsque Maximilien de Robespierre institua la Terreur, il détruisit tous les signes chrétiens et en fit un temple de la Raison.

Tourcoing étant sur la route traditionnelle des invasions, ville ouverte de surcroît, elle fut occupée par les Hollandais et les Autrichiens à plusieurs reprises. La République mit fin à la présence ennemie sur le sol tourquennois le 18 mai 1794 (29 Floréal An II), lors de la fameuse bataille de Tourcoing, première victoire offensive des armées républicaines sur la coalition européenne.

Sous le Premier Empire, la ville ne connut pas de transformations majeures, à part le retour au calme nécessaire à sa croissance économique.

La ville fut de nouveau occupée par les Saxons en 1814 et 1815, mais ceux-ci s'étant conduits de manière irréprochable, cette occupation eut des conséquences inattendues (mariage et installation de soldats saxons à Tourcoing, création d'une fanfare commune...).

L'âge industriel : la prospérité textile[modifier | modifier le code]

La formidable "épopée du textile" (expression locale) commence à partir des années 1820 : elle débute de concert avec l'arrivée de la Révolution industrielle en France.

Comme cela a déjà été indiqué précédemment, Tourcoing devenait une petite ville manufacturière où le textile, qui existait à un niveau artisanal depuis le Moyen Âge, commençait à prendre de l'importance. L'introduction de la machine à tisser va radicalement changer la productivité économique et l'apparition de la classe ouvrière.

Grâce à l'initiative de quelques audacieux entrepreneurs qui introduisirent (parfois clandestinement) la mécanisation dans le processus de production, le Nord va se couvrir d'usines et devenir l'un des centres économiques majeurs de la France.

Festivités sur la Grande Place de Tourcoing (1860)

À Tourcoing, cet âge d'or reste associé à tous les grands noms locaux : les Desurmont, les Destombes, les Flipo, les Tiberghien, les Odoux et autres Sasselange... Ces grandes familles, pour la plupart parmi les plus anciennes de la ville (déjà mentionnées dans les registres paroissiaux du XVe siècle), vont devenir de véritables dynasties qui vont diriger l'économie locale jusqu'au début des années 1960.

Cette période, qui voit l'élévation de Lille, Roubaix et Tourcoing à une renommée internationale grâce à leur prospérité industrielle, est également celle d'une urbanisation galopante du territoire communal[5]. La population passe de 20 000 habitants en 1825 à 100 000} en 1910 ! Les anciens lieux-dits deviennent de véritables quartiers, les uns populaires (Croix-Rouge, Brun-Pain, Epidème...) mixtes (Centre-Ville, Pont de Neuville, Égalité, Francs...) ou cossus (Blanc-Seau, Bois d'Achelles, Boulevard de la Marne...).

XXe siècle : des guerres et des crises[modifier | modifier le code]

Pendant la Seconde guerre Mondiale, Le QG de la XVe armée allemande s'installa rue de la Marne. Il avait pour commandant le général Von Salmuth. Ce fut là que les Allemands interceptèrent les fameux « vers de Verlaine » annonçant le débarquement à la Résistance. Aujourd'hui le complexe a été transformé en musée ouvert le 1e et le 3e dimanche de chaque mois. musée du 5 juin 1944

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Ernest Nègre, Toponymie générale de la France, Volume II, Librairie Droz 1991. p. 861.
  2. Op. cité. p. 861.
  3. Trois incendies en moins de cinquante ans réduisirent la Grand'Place en cendres, ainsi que les rues avoisinantes : ce qui explique l'absence de patrimoine antérieur au XVIIe siècle à Tourcoing, hormis l'église Saint-Christophe (dont le clocher remonte aux XIIIe siècle et XVIe siècle et l'hospice d'Havré (construit en 1630). Le château du Bailly survécut à ces incendies mais fut rasé en 1877.
  4. Le plus terrible incendie que connût la ville eut lieu lors d'une procession religieuse : toute la population et le curé de la paroisse, après avoir fait le tour de la Grand'Place, était allée s'enfermer dans l'église Saint-Christophe. Un ivrogne, un cierge à la main, voulut se joindre à eux en criant des chansons paillardes, mais le curé refusât catégoriquement de laisser entrer le vagabond. Celui-ci, pour se venger, jeta son cierge enflammé sur l'un des toits de chaume de la Grand'Place, et l'incendie se propagea à une vitesse stupéfiante, si bien qu'il fut rapidement incontrôlable. Les Tourquennois ne déplorèrent aucune victime grâce à leur fervente pratique de la messe.
  5. Plus de 50 % du patrimoine et de l'habitat est postérieur à la deuxième moitié du XIXe siècle.

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Histoire de Tourcoing, Presses Univ. Septentrion, , 374 p. (lire en ligne)