Histoire de Montargis

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
blason de Montargis

Cette page présente l'histoire de Montargis, ville française du département du Loiret et de la région Centre-Val de Loire.

Préhistoire[modifier | modifier le code]

Protohistoire[modifier | modifier le code]

Antiquité[modifier | modifier le code]

Montargis est situé au pied d'un coteau élevé d'où le spectateur domine toute la campagne environnante ; c'était en ce lieu, disait quelque légende, que Junon, la déesse jalouse, avait placé le berger Argos pour y épier la malheureuse Io sa rivale ; de là naturellement l'étymologie légendaire de Mons Argi. Quant au nom Morita Regulo, il aurait une origine plus historique ; César, dans ses Commentaires, fait mention d'un petit roi de ce pays appelé Moritas, qui aurait, dit-on, donné son nom à la ville. Quoi qu'il en soit, Montargis est une ville fort ancienne.

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Il est certain qu'au temps du roi franc Clovis il existait sur l'emplacement de la ville, une tour destinée à protéger le pays contre les invasions étrangères.

Le premier seigneur de Montargis connu est une dame : Hildegarde Hérou (1040 - [1]?), châtelaine de Montargis[2], fille de Geoffroy II Ferréol comte du Gâtinais (1004-1046)[3] et de Ermengarde d'Anjou († 1076) encore appelée Ermengarde Blanche, et sœur de Geoffroy III d'Anjou et de Foulques IV d'Anjou dit le Réchin. Elle est aussi citée comme comtesse du Gâtinais[4], bien que son frère Geoffroy III d'Anjou le soit également par ailleurs. Elle est issue par sa mère du lignage Ingelgerien de la maison d'Anjou (celui des Foulques aux surnoms divers), et de la maison des comtes d'Orléans par son père. Mariée à Josselin (1034-?) de la famille des comtes de Sens, il semble que le couple n'a pas d'enfants (? à vérifier). Quoi qu'il en soit, le titre reste à son mari lorsqu'elle décède en 1069[4].
Jocelin de Courtenay se remarie à Elisabeth de Monthléry[5]. De leur fils Miles (ou Milon) et de Rainaud fils de Miles (le lignage Courtenay - Sens), est issue Elisabeth de Courtenay. Celle-ci épouse Pierre Ier de France[6] (1126-1183), quatrième fils de Louis le Gros et lui apporte le comté en dot. Ce couple est à l'origine de la maison capétienne de Courtenay. Pierre augmente et fortifie le château, et, pour attirer des habitants à Montargis, en 1170 il accorde à tous ceux qui résideraient dans cette ville une charte de franchise par laquelle il les exempt de toutes tailles et corvées, hormis le carroi du vin du seigneur et la dîme d'un minot de seigle pour chaque laboureur cultivant avec une charrue ; de plus il garantit aux habitants la possession de leurs propriétés, quelque crime qu'ils pussent commettre, et établit de grandes sûretés pour les marchands qui fréquentaient les foires de Montargis.

En 1188(après sa mort...?), Pierre céda cette ville à Philippe Auguste.

Le roi Philippe le Bel confirma à cette ville ses privilèges, et, vers ce temps, celle-ci s'agrandit considérablement.

Siège de Montargis en 1427

Les habitants de Montargis se distinguèrent particulièrement en 1427 contre les Anglais durant la guerre de Cent Ans. Les comtes de Warwick et Suffolk, commandant un corps d'armée, vinrent assiéger cette place[7]. Les habitants opposèrent une résistance courageuse ; ils rompirent les digues de plusieurs vastes étangs qui se trouvaient dans les environs et dominaient le camp anglais. Grand nombre d'ennemis furent noyés. La Hire et Dunois survinrent au milieu du désordre que l'irruption soudaine des eaux avait jeté parmi les Anglais, et en massacrèrent un grand nombre. Charles VII récompensa généreusement la ville où, selon sa propre expression, s'était trouvé le premier terme de son bonheur ; il lui accorda, en 1430, de grandes exemptions et des privilèges avec le titre de Montargis-le-Franc[8]. La ville s'agrandit à cette époque de l'île d'Amadoux, qui s'élevait au milieu du Loing.

Article détaillé : Siège de Montargis.

En 1431, un capitaine anglais nommé l'Aragonais s'empara de Montargis, mais il en fut chassé par La Trémouille l'année suivante.

En 1490, Charles VIII exempta les habitants du franc fief, du ban et de l'arrière-ban. C'est à cette époque qu'on place l'aventure du fameux chien de Montargis : un chevalier, Macaire, qui avait fait périr un jeune gentilhomme, Aubry de Montdidier, fut terrassé en combat singulier par le chien de sa victime.

Louis XII, en parvenant au trône, réunit de nouveau à la couronne la ville de Montargis, qui avait été comprise dans le duché d'Orléans.

Renaissance[modifier | modifier le code]

François Ier engagea Montargis, en 1528, à sa belle-sœur Renée de France, fille de Louis XII. Cette princesse s'y retira après la mort de son mari, le duc de Ferrare, embrassa la religion réformée et y protégea ses coreligionnaires. En 1570, malgré les instances des habitants pour que leur ville demeurât attachée à la couronne, Charles IX confirma à perpétuité en faveur d'Anne d'Este, fille de Renée de France, l'engagement consenti par François Ier.

En 1585, le château fut surpris par le cardinal de Bourbon, qui s'était révolté contre Henri III.

En 1594, la ville et le château se soumirent à Henri IV.

Marie de Médicis, femme de ce roi, racheta en 1612 Montargis des ducs de Guise et de Mayenne, petits-fils d'Anne d'Este, duchesse de Nemours.

Comprise dans l'apanage de Gaston de France, duc d'Orléans, frère de Louis XIII, la ville passa, sous Louis XIV, dans celui de Philippe d'Orléans.

Ancien Régime[modifier | modifier le code]

Révolution française[modifier | modifier le code]

XIXe siècle[modifier | modifier le code]

Époque contemporaine[modifier | modifier le code]

Berceau de la révolution Chinoise[modifier | modifier le code]

Sur l'initiative de Li Shizeng, fondateur du Mouvement Travail-Études, une importante communauté chinoise a habité Montargis à partir de 1912 et jusque dans la deuxième moitié des années 1920[9] : Deng Xiaoping et Zhou Enlai y passèrent une partie de leur jeunesse, ainsi que d'autres moins connus (dont Li Weihan, vice-président du sénat, Li Fuchun, vice-premier ministre, ou Chen Yi, qui fut ministre des affaires étrangères de 1958 à 1972). Venus étudier au collège Gambetta pour les garçons, au lycée du Chinchon pour les filles[10], et d'autres étudiant l'agronomie au lycée Durzy, la plupart travaillaient à l'usine de produits caoutchouteux Hutchinson, à Châlette-sur-Loing[11]. C'est au contact des syndicats ouvriers de l'époque que ces jeunes chinois ont découvert les idées marxistes. On peut encore voir l'atelier construit par Gustave Eiffel dans lequel Deng Xiaoping, arrivé à l'âge de 16 ans, était employé à la fabrication de galoches. En 1982 le maire de Montargis, en voyage officiel en Chine, fut reçu très chaleureusement par Deng Xiaoping et fut surpris de l'importance que ce dernier accordait à son séjour dans la ville. L'histoire officielle de la Chine réserve une place particulière pour Montargis en tant que berceau de la Chine nouvelle[12].

Réfugiés espagnols[modifier | modifier le code]

Entre le 29 janvier et le 8 février 1939, plus de 2 800 réfugiés espagnols fuyant l'effondrement de la république espagnole devant les troupes de Franco, arrivent dans le Loiret. Devant l'insuffisance des structures d'accueil d’Orléans, 46 centres d’accueil ruraux sont ouverts[13], dont un à Montargis[14]. Les réfugiés, essentiellement des femmes et des enfants (les hommes sont désarmés et retenus dans le Sud de la France), sont soumis à une quarantaine stricte, vaccinés, le courrier est limité, et le ravitaillement, s'il est peu varié et cuisiné à la française, est cependant assuré[15]. Une partie des réfugiés rentrent en Espagne, incités par le gouvernement français qui facilite les conditions du retour, ceux préférant rester sont regroupés au camp de la verrerie des Aydes, à Fleury-les-Aubrais[14].

Articles détaillés : Retirada et Histoire du Loiret.

En tant que descendant de "Monsieur", Henri d'Orléans, « comte de Paris, duc de France » compte toujours parmi ses titres celui de seigneur de Montargis[réf. nécessaire][16].

Héraldique[modifier | modifier le code]

Article détaillé : armorial des communes du Loiret.
Blason de Montargis

Les armes de Montargis se blasonnent ainsi :

D'azur, à la lettre capitale M couronnée d'or, cantonnée de trois fleurs de lys d'or, deux en chef et une en pointe, qui est accompagnée de la lettre d'or L à dextre et de la lettre de même F à senestre[17].

On trouve également :

Blason ville fr Montargis2 (Loiret).svg
  • d'azur à la lettre M capitale d'argent, surmontée d'une couronne fermée du même, supportée des lettres capitales d'argent aussi L à dextre, F à senestre, cantonné des trois fleurs de lys d'or, deux en chef, une en pointe, à la filière d'argent[18].
Blason ville fr Montargis3 (Loiret).svg
  • d'azur semé de fleurs de lys d'or, à la lettre M capitale surmontée d'une couronne fermée et accompagnée en pointe des lettres L à dextre et F à senestre, le tout aussi d'or[19].

Devise[modifier | modifier le code]

Sustinet labentem : elle soutient le trône chancelant.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Hildegarde de Gatinais D'Anjou (ou Hildegarde Hérou) sur geneanet.org.
  2. Château de Montargis, résidence royale, sur le site de l'Association pour la Sauvegarde des Remparts du château de Montargis.
  3. Geoffroi de Gâtinais sur geneanet.org.
  4. a et b Histoire du Château de Montargis, sur le site de l'école Saint-Louis.
  5. Le moine Aimon indique dans son Historia : Elizabeth etiam uxorem Joscelini de Corteciniaco, insuper dominam de Puisat, et dominam de S. Galerico. Cité dans Medieval Lands par Charles Cawley, section Paris region, Nobility.
  6. Généalogie de Pierre Ier de France sur le site Medieval Lands.
  7. Carte du siège de Montargis en 1427.
  8. Lettres patentes de Charles VII ainsi que de Louis XI, Estrechy, septembre 1461.
  9. Le "circuit chinois" à Montargis.
  10. Montargis à pas... contés, Izabel Tognarelli. Ed. Ville de Montargis, 2012, (ISBN 978-2-7466-5141-8).
  11. L'Almanach Chine-Montargis.
  12. Des révolutionnaires chinois à Montargis. Sur loiret.fr, site du département du Loiret. 06 juin 2007.
  13. Jeanine Sodigné-Loustau, « L'accueil des réfugiés civils espagnols de 1936 à 1940. Un exemple : la région Centre », Matériaux pour l'histoire de notre temps. 1996, no 44. p. 43.
  14. a et b Jeanine Sodigné-Loustau, op. cit., p. 47.
  15. Jeanine Sodigné-Loustau, op. cit., p. 43-44.
  16. « Royal-Mimich.net - Titres des Orléans »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?)
  17. La France illustrée, Malte-Brun.
  18. Blasonnement sur le site officiel de la ville de Montargis. Consultation : décembre 2008.
  19. Gaso, la banque du blason

La France illustrée, par V.A. Malte-Brun. Jules Rouff éditeur, 1882.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

Site officiel de la ville de Montargis