Histoire d'Alexandrie à l'époque hellénistique

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Circle-icons-calendar.svg Sauf précision contraire, les dates de cette page sont sous-entendues « avant Jésus-Christ ».
Carte du royaume Lagide autour de 300, avec la localisation d'Alexandrie indiquée.

La ville d’Alexandrie est située à l'ouest du delta du Nil, au Nord du lac Maréotis et au sud de l'île de Pharos. Cette dernière était rattachée au continent par l’Heptastade, sorte de digue servant aussi d’aqueduc, qui a permis non seulement l’extension de la ville mais aussi la création de plusieurs ports maritimes.

Fondée[1] en 331 par Alexandre le Grand, la cité a été durant l'époque hellénistique la plus grande ville du monde grec. Surnommée le « comptoir du monde » par Strabon[2], elle formait un pôle commercial majeur, aboutissant à la formation d'une population cosmopolite de l'ordre d'un demi-million d'habitants, presque inégalée durant l'Antiquité[3]. De plus, la ville était la capitale du pouvoir lagide, ce qui lui donnait un rôle de premier plan dans la gestion administrative de l’Égypte et dans l'histoire de la dynastie ptolémaïque.

Évolution historique et évènements[modifier | modifier le code]

Compte tenu de la faible documentation à laquelle les historiens ont accès, il est difficile de décrire précisément le cours des évènements qui se sont déroulés à Alexandrie avant notre ère, mais on peut cependant en dresser un vague portrait[4] :

Le lieu d'installation[modifier | modifier le code]

L'endroit de la fondation de la ville d’Alexandrie était connu des Grecs à travers l'Odyssée d'Homère :

« Puis vers la mer houleuse, il existe un ilot. En avant de l'Égypte ; on l'appelle Pharos. »

— Homère, Odyssée [détail des éditions] [lire en ligne], IV (355)

La ville d’Alexandrie aurait été construite sur l’ancienne cité de Rakhotis, mais les historiens n'ont que peu de documents à son sujet et trois hypothèses ont été mises au point :

  1. Pour certains, Rakhotis était un simple village de pêcheurs[5] ;
  2. Pour d'autres, le terme rakhotis pourrait être traduit par « le bâtiment », qui se rapporterait aux premiers édifices dignes de ce nom construit par les Grecs, près ou à la place de ce même village de pêcheurs ou d’un poste de garde ;[réf. nécessaire]
  3. D'autres pensent même que rakhotis signifierait « le chantier » et ne serait pas une ville mais le nom donné par les Égyptiens à la ville d’Alexandrie au moment de sa construction. En effet, une grande partie d’Alexandrie a été construite d’un bloc et a dû avoir longtemps l’apparence d’un chantier.[réf. nécessaire]

Ce qu’on sait sur cette zone avant Alexandrie est cité par quelques auteurs grecs et romains, qui font mention des populations établies sur les marécages entourant la région. Héliodore nous dit que les Égyptiens l’appelaient « le pays des bergers »[6] et la région avait mauvaise réputation :

«  Aller en Égypte ! voyage long et pénible ! »

— Homère, Odyssée [détail des éditions] [lire en ligne], IV (483)

La fondation[modifier | modifier le code]

La fondation de la ville d'Alexandrie a inspiré un mythe repris par Plutarque. Dans sa Vie d’Alexandre, il raconte comment, une nuit de 331, alors qu'Alexandre le Grand projette de construire sa ville d'Égypte, il rêve d’Homère qui lui parle de l’île de Pharos. Toujours selon la légende, Alexandre serait allé voir, au réveil, cette île et a commencé à tracer sur la côte qui lui faisait face les contours de la cité à l'aide de farine[7].

La réalité est plus prosaïque. Si Alexandre est un militaire avide de victoires et de conquêtes, il sait aussi suivre les conseils de son ancien précepteur Aristote : le philosophe détaille sa vision de "l'État idéal" (comprenant l'organisation de la population, le plan urbain, etc.) dans son ouvrage La Politique[8] écrit dans les années 340, soit une décennie avant la fondation d'Alexandrie. Alexandre suit scrupuleusement les conseils théoriques de son maître à penser : le terrain d'Alexandrie est au bord de la mer, doté de terres fertiles, facile autant à défendre qu'à quitter en cas de conflit, etc[9].

Ainsi, d'une manière globale, s'il s'avère que l'endroit est a priori un lieu austère et inhospitalier (réputation de brigandage, présence des marécages du lac Mareotis et navigation rendue difficile par le delta, entre autres), il n'est cependant pas dénué d'atouts : le site est situé au bord de la mer dans une position stratégiquement très intéressante, repose sur sol rocheux ferme, à l'abri des crues du Nil et est aussi, à travers les récits d'Homère mentionnant le lieu, le seul point de repère connu des Grecs sur la longue côte égyptienne. Surtout, le lieu avait le grand avantage de présenter, en face de lui, une île (Pharos) peu éloignée : prendre une île avant de conquérir la terre ferme était un des fondements des pratiques grecques en termes de fondation[10].

Elle ne fut pas la seule ville portant le nom d'Alexandrie et construite par le Macédonien ; en effet, on en a dénombré trente-deux au total. Celle-ci était connue sous le nom d'Alexandria ad Aegyptum (« Alexandrie près de l'Égypte ») ou Alexandria apud Aegyptum (c'est-à-dire « en marge de l'Égypte »[11], car elle n'était pas considérée par les Anciens comme faisant partie intégrante de « l'Égypte », qui désignait, à proprement parler, la plaine alluviale du Nil dont Alexandrie ne faisait pas partie[12]) et est devenue désormais Iskanderia. Avant elle, une autre ville du delta avait été occupée par les Grecs mais elle leur avait été offerte par Amasis : il s'agissait de Naucratis, un emporion ou « port de commerce ». Elle se situait à environ 70 km à l'intérieur des terres, et elle n’a eu que peu d’importance en dehors de son rôle commercial[13].

Les premières décennies de la cité[modifier | modifier le code]

Repartant dans sa conquête de l'Empire perse, Alexandre confie à Cléomène de Naucratis (une colonie grecque d'Égypte, dans le delta) et, supposément, à Dinocrate de Rhodes la construction de la ville[14], conçue sur un plan orthogonal, ou en damier, avec de larges avenues se coupant à angles droits.

Les archéologues restent indécis quant à la taille de la ville lors de sa fondation, ils l'estiment être dans une fourchette allant d’au moins 30 stades sur 7 (5,4 km sur 1,2) à un maximum de 40 stades sur 10 (7,2 km sur 1,8)[15] .

Alexandre a ordonné et a géré lui-même le début de la construction de la cité : organisation en quartiers, construction de l'Heptastade - pour relier l'île de Pharos à la terre en isolant les deux ports (le Grand port à l’Est et l’Eunostos à l’Ouest) -, creusement du canal de Canope (aussi appelé canal d'Alexandrie, de Ménélas...) afin d'alimenter ville en eau douce.

La fondation d'Alexandrie marque un basculement dans les pôles commerciaux de l'Égypte de l'époque : si, auparavant, les cités de Naucratis et Canope représentaient les deux principaux centres marchands du territoire, ce rôle revient maintenant et exclusivement à la cité nouvellement fondée[16]. Le pseudo-Aristote rapporte dans les Économiques comment, à ce moment-là, les habitants de Canope ont tenté de préserver leur ancienne situation commerciale telle quelle en corrompant Cléomène de Naucratis, avant que ce dernier ne fasse hausser ses exigences, à tel point que les habitants ne purent plus payer et furent contraints d'accepter de migrer à Alexandrie[17].

Sous le règne de Ptolémée Ier, fils de Lagos qui prit le contrôle de l’Égypte à la suite de la mort d'Alexandre en 323, Alexandrie a continué à être subordonnée à la ville de Memphis. Cependant, le roi développa grandement la cité alexandrine, en prenant par exemple la décision de la construction de la Bibliothèque et du Musée[18].

Afin d'affermir la légitimité de son pouvoir, la dynastie ptolémaïque a cherché à s'imposer comme successeur d'Alexandre le Grand ; c'est dans cette optique que, selon le pseudo-Callisthène, le cadavre d'Alexandre est détourné par Ptolémée Ier alors qu'il était initialement en route pour Aigéai. D'abord exposé à Memphis, le corps est finalement transporté à Alexandrie vers 280, pour y être placé à l'intérieur d'un temple dans un sarcophage recouvert d'or.

Le Phare d'Alexandrie, merveille du monde antique.

Ce n'est véritablement qu'à partir de Ptolémée II qu'Alexandrie gagne ses lettres de noblesse : début de la construction de la Bibliothèque et du Musée, de l'Arsinoeion... Ce fut aussi ce roi qui fait débuter les travaux du célèbre Phare entre 289 et 290 (la date exacte est inconnue) sur l'île de Pharos (qui a donné son nom au monument) ; le bâtiment, premier de ce type dans le monde grec, avait pour utilité première de permettre la navigation nocturne.

Article détaillé : Phare d'Alexandrie.

Rayonnement sur le monde grec et passage à l'arrivée des Romains[modifier | modifier le code]

Cependant, diverses révoltes secouèrent la ville à nombreuses reprises : une en 219, par Cléomène, qui n'aboutit pas ; en 202 afin de destituer le régent Agathoklès ; en 170 puis 165 ; tout au long du règne de Ptolémée VII (en particulier en 136-135, ce qui provoqua la fuite du roi vers Chypre) ou encore en 80 sous Ptolémée XII, finalement tué dans le principal Gymnase de la ville[19].

La fin de l'Alexandrie ptolémaïque a été intrinsèquement liée à la fin de la dynastie lagide qui régnait depuis trois siècles ainsi que, d'une manière plus large, à la fin de l'époque hellénistique[20].

Espace urbain[modifier | modifier le code]

Plan d'Alexandrie à l'époque hellénistique.
Plan d'Alexandrie à l'époque hellénistique.
Carte en cours d'élaboration.

Le plan de la ville[modifier | modifier le code]

Le plan de la ville d'Alexandrie est de type hippodamien, c'est un réseau formé de rues orthogonales formant des ilots de tailles constantes[21]. Ces dernières ont été tracées perpendiculairement à la mer, de sorte que l’air marin du nord puisse s’y engouffrer afin de rafraichir la cité[21], ceci suivant les conseils du précepteur d’Alexandre, Aristote.

Le réseau de rues de la ville s'articulait autour de deux axes principaux, la voie Canopique et l’axe Nord-Sud, qui faisaient au moins 30 mètres de large afin de faciliter la circulation[21], ce qui était tellement élevé que les alexandrins les nommaient sous le terme de plateiai ("place" en grec)[22].

Alexandrie était aussi divisée en quartiers bien distincts dont chacun était tourné vers une activité ou une ethnie bien particulière : quartier des ports, quartier militaire, quartier intellectuel, quartier des gymnases, quartier Delta (Juif), etc. Cinq grands quartiers avaient été délimités par Alexandre : Α (pour Alexandre), Β (pour basileus, le roi), Γ (pour génos, la race), Δ (pour Dios, de Zeus) et Ε (pour ektisen, équivalent de "a édifié une ville incomparable")[23] - cela suivant, une nouvelle fois, les conseils d'Aristote qui préconisait ce type d'organisation dans une cité[24]. La ville était finalement un grand assemblage de ces différents quartiers, puisqu'ils étaient chacun une sorte de "ville dans la ville" : à l'intérieur s'y trouvaient à chaque fois une place publique (l'agora), etc. Cependant, la cité avait quand même une unité dans le sens où, par exemple, une agora principale avait été construite au milieu de la ville, faisant des agora de quartiers des places secondaires[23].

La principale source qui reste pour connaitre la structure d'Alexandrie à l'époque hellénistique provient de la Géographie de Strabon :

« La forme de la surface couverte par la ville ressemble à une chlamyde [manteau porté par les soldats macédoniens] ; en longueur, les côtés sont bordés d'eau de part et d'autre, au point d'atteindre trente stades [environ 5,35 km] prenant la longueur médiane ; en largeur, les côtés sont les isthmes, chacun faisant sept ou huit stades, enserrés d'un côté par la mer et de l'autre par le lac. Dans son ensemble, la ville est traversée par des rues assez larges pour le passage de chevaux et de chars, et par deux extrêmement larges, mesurant en large plus d'un plèthre [30 mètres] qui se coupent l'une l'autre en deux parties à angle droit.  »

— Strabon, Géographie [détail des éditions] [lire en ligne], XVII, 1, 8 (« L'Égypte et l'Éthiopie »).

L'Heptastade[modifier | modifier le code]

L'Heptastade était une chaussée construite sur une digue qui permettait de relier le continent à l'île de Pharos. Son nom vient directement de sa longueur : sept (hepta en grec) stades, soit environ 1,155 km. Dès que l'île fut habitée, elle servit d'aqueduc[25]. En raison de l'ensablement au fil des ans, l'ancienne chaussée constitue aujourd'hui l'isthme de Mansheya.

Cependant, peu à peu, un isthme a commencé à se former autour d'elle et l'a fait progressivement disparaitre[26]. En 1996 une équipe de géophysiciens du CNRS et de l'université de Paris VI a commencé l’étude du tracé de cette chaussée qui se trouve maintenant sous la ville. En analysant les anomalies par des séries de mesures électriques, magnétiques, électromagnétiques, sismiques et radar, les spécialistes ont pu retrouver le tracé exact de l'Heptastade[27].

Les ports[modifier | modifier le code]

Alexandrie, ville côtière par excellence, était organisée autour d'un certain nombre de ports :

Les principaux[modifier | modifier le code]

La présence de deux grands ports maritimes situés côtes à côtes (seulement séparés par l'Heptastade) peut sembler surprenante, car redondante. Les contemporains y voyaient cependant un avantage dans le sens où deux expositions de port permettaient d'avoir des abris variables contre le vent[28] et cette situation se retrouvait ainsi dans beaucoup d'autres cités grecques : Carthage, Cnossos, Milet, Éphèse, Cyzique, etc[29].

  • Le Grand Port :

Appelé aussi port oriental, port des Ptolémées ou Port Neuf, le Grand Port était le port principal d'Alexandrie et celui dont l'entrée était gardée par le Phare. Il avait l'avantage d'être fermé sur lui-même (puisque que bordé par l'île de Pharos, l'Heptastade et une digue au nord) ainsi que de présenter une profondeur importante, de sorte que même des bateaux de tailles imposantes pouvaient approcher au plus près des quais[30]. Il était doté de chantiers de marine.

Il subissait cependant l'assaut du vent venant du nord-est - surtout l'été - et la présence de récifs à son entrée : l'accès pouvait donc être délicat. En conséquence, par temps de tempête, les navires devaient attendre au large et ne rentrer dans la rade que prudemment lors d'une accalmie[31].

  • Le port Eunostos :

Appelé aussi port occidental, Petit Port ou Port Vieux, le port Eunostos ("Bon Retour" en grec) était une rade ouverte et était surtout utilisé comme port de guerre. De la même façon que le Grand Port, son accès était difficile puisqu'il était peu protégé des vents du nord-est et était bordé d'une quinzaine de récifs. Ce port correspond à l'actuel port d'Alexandrie visible aujourd'hui[31].

  • Le port intérieur :

Le port intérieur, parfois nommé port du Lac, était situé au bord du Lac Mariout, au niveau de la sortie du canal[32]. Comparé aux deux autres ports abordés ci-dessus, celui du Lac était le plus important commercialement : c'était celui par lequel transitaient le plus de navires et qui procurait ainsi le plus de ressources financières à la cité. Convergeait vers lui toute une série de canaux qui provenaient de la campagne égyptienne au sud et du Nil, cela lui permettait de redistribuer vers l’Égypte les produits d’origine alexandrine ou de l'importation et d'être ainsi un port principalement exportateur - à l'inverse des ports maritimes[33].

Les secondaires[modifier | modifier le code]

  • Le port des Pirates :

Le port des Pirates était situé dans l'actuelle baie d'Anfouchy et, même s'il était protégé à son entrée par un môle, son accès ne devait pas être plus aisé que pour les autres ports et le mouillage tout aussi périlleux. Il est maintenant immergé sous l'eau et ses vestiges n'ont été retrouvés qu'au début du XIXe siècle avec les recherches archéologiques de Gaston Jondet[6].

  • Le port du Cibôtos :

Le port du Cibôtos ("Le Coffre" en grec) était un bassin artificiel creusé à l'intérieur du port Eunostos, il abritait à la fois un arsenal et un chantier de marine[34] et communiquait par un canal avec le lac Mariout au Sud d'Alexandrie[35].

  • Le port impérial :

Le port impérial, parfois nommé port fermé ou port royal, était un port artificiel destiné à être uniquement utilisé par les rois ptolémaïques[36] (puis par les empereurs romains, d'où son nom d'impérial). Cela qu'il explique qu'il soit situé au niveau la pointe de Lochias, qui était l'endroit d'Alexandrie où avait été bâti les palais de la dynastie lagide.

  • L'île d'Antirhodos :

L'île d'Antirrhodos, appelé ainsi par provocation à l'encontre de la cité de Rhodes - la grande rivale commerciale d'Alexandrie -, se situait juste à côté du port impérial et abritait un palais royal ainsi qu'un petit port[37]. Elle est aujourd'hui immergée et n'a été retrouvé que grâces aux recherches archéologiques[38].

La flotte de guerre mouillait dans le port de la rade de Canope, à environ 25 km à l'Est d'Alexandrie[39].

Les temples[modifier | modifier le code]

Buste de Sérapis.

La religiosité à Alexandrie s'étendait à quelques divinités d'importances variables, amenant l’édification de multiples temples à travers la cité. Le dieu le plus vénéré était Sérapis : créée par Ptolémée Ier et diffusée dans tout le royaume lagide, cette divinité mélangeait à la fois les influences égyptiennes et hellénistiques[40], et permettait ainsi aux Grecs nouvellement installés en Égypte de mieux s'intégrer à la culture déjà en place.

Ceux dédiés à Sérapis[modifier | modifier le code]

Ce temple était l'un des plus célèbres de l'époque dédié à Sérapis. Cependant, les descriptions les plus précises qu'il reste du bâtiment datent du IVe siècle et sont donc relativement tardives vis-à-vis de la période hellénistique.

Il était construit sur une colline artificielle (parfois appelée l'Acropole d'Alexandrie) dont le sommet avait la forme d'un vaste quadrilatère, auquel les visiteurs accédaient soit par un escalier composé d'une centaine de marches s'ils étaient à pied, soit par une autre route réservée aux véhicules. Le temple était aussi bordé par de nombreux portiques et toute une série d'autres bâtiments, en particulier des exèdres ainsi que des habitations qui abritaient les prêtres (les "purs") et les gardiens. Le Sérapéum était aussi doté d'une importante bibliothèque à disposition des visiteurs. Par ailleurs, les sous-sols de la colline étaient aménagés et permettaient alors d'héberger secrètement des cérémonies mystiques cultuelles[41]. Il est à souligner que le temple abritait une grande statue de Sérapis, particulièrement remarquable, qui a peut-être été sculpté par Briaxis[42].

Aujourd'hui, du Sérapéum, seuls sont encore visibles les restes des fondations, des bases des murs et des souterrains.

Vestiges du Sérapéum d'Alexandrie ainsi que de ses souterrains.

Un temple à Sérapis était présent à Canope, dans les faubourgs d'Alexandrie, et avait pour principale caractéristique d'être un temple guérisseur. Cependant, son emplacement n'est connu que de manière approximative par les archéologues, qui le situent vers le sud du fort Tewfik[43]. Strabon en parle en ces termes :

« [La ville de Canope] a pour principal monument ce temple de Sérapis, objet dans tout le pays de la plus profonde vénération pour les cures merveilleuses dont il est le théâtre et auxquelles les hommes les plus instruits et les plus considérables sont les premiers à ajouter foi, car ils y envoient de leurs gens pour y coucher et dormir à leur intention, quand ils ne peuvent y venir coucher et dormir en personne. Il y en a dans le nombre qui écrivent l'histoire de leur propre guérison, il y en a d'autres qui recueillent les différentes prescriptions médicales émanées de l'oracle de Sérapis, et qui en font ressortir l'efficacité  »

— Strabon, Géographie [détail des éditions] [lire en ligne], XVII, 1, 17 (« L'Égypte et l'Éthiopie »).

  • Autres temples dédiés à Sérapis :

Alexandrie était aussi doté d'un certain nombre de temples mineurs dédiés à Sérapis : un Sérapéum de Parmenion (attesté dès le IIIe siècle), un autre situé au niveau de l'actuelle Bourse de la ville, un autre autour de l'actuel jardin d'Antoniadès, etc[44].

Les autres[modifier | modifier le code]

  • Sanctuaires d'Isis à Alexandrie :

Il y avait à Alexandrie plusieurs temples dédiés à Isis. Celui d'Isis-Pharia, qui a été construit sur l'île de Pharos mais dont presque aucun vestige n'a pu être retrouvé, ainsi que d'autres répartis dans la cité dont les archéologues ont retrouvé quelques traces[45].

  • Sanctuaire d'Isis à Canope :

Un célèbre temple d'Isis avait été bâti à Canope, dans le quartier de Ménouthis. Situé au bord de la mer, il a été par la suite englouti, de sorte qu'aucun vestige n'a pu en être retrouvé[46].

  • Temples royaux :

Des cultes étaient organisés à la fois à destination d'Alexandre et de la famille royale ptolémaïque. Pour le premier, un prêtre spécifique était chargé de lui rendre hommage et un temple, le Sêma, lui avait été destiné. Les temples dédiés à la famille royale étaient très nombreux, puisque ce culte a été très important durant l'époque hellénistique, et la plupart n'ont pas été mis au jour. Cependant, les textes rapportent la présence de bâtiments affectés au culte Ptolémée Ier, d'Arsinoé II Philadelphe, de Ptolémée IV, Ptolémée XII Aulète, etc[47].

À côté de cela, une multitude de temples avaient été construits à Alexandrie et parsemaient la ville (dédiés à Hermès, Héphaïstos, Cronos, Bendis, Pan, Poséidon, etc.) mais ont été retrouvés avec plus ou moins de certitude, ou bien n’apparaissent que dans certains textes antiques sans beaucoup de détails[48].

Les fortifications[modifier | modifier le code]

Dans le monde grec, les murailles, au-delà de leur rôle militaire premier, permettaient de délimiter physiquement la cité et ainsi d'en déterminer la superficie. À Alexandrie, la longueur des fortifications varie selon l’auteur ancien utilisé comme source, mais devait tourner autour d’une quinzaine de kilomètres ; les chiffres les plus précis, donnés par Mahmoud el-Falaki après ses sondages, font état d'une enceinte de 15,8 km[49]. Ainsi, même si les murs d'autres cités grecques - telles qu'Athènes ou Syracuse en premier lieu - étaient déjà impressionnants, ils n'atteignaient cependant pas ceux d'Alexandrie, qui étaient de dimensions gigantesques et uniquement comparables à Rome. Les fortifications alexandrines servirent plusieurs fois, en particulier lors du siège mené par Antiochos IV en 170, qui dû abandonner face à de telles défenses[50].

Il est à noter qu'il est difficile de dater précisément un pan de vestige de la muraille. En effet, les archéologues estiment que les Romains puis les Arabes se sont chacun, à leurs époques respectives, servis de pierres provenant de la muraille en place pour en déplacer une partie de manière à agrandir l'enceinte[51],[52].

Vestiges de la muraille.

Les bâtiments publics et institutionnels[modifier | modifier le code]

Tombeau supposé d'Alexandre dans le cimetière de Terra Santa, l'hypothèse est cependant loin d'être confirmée.
Le phare de Taposiris Magna, une réplique réduite du Phare ornant une sépulture antique.

Malheureusement, la documentation dont disposent historiens et archéologues est trop pauvre pour pouvoir dresser une liste exhaustive des bâtiments qui servaient de cadre de vie aux alexandrins de l'époque. On peut néanmoins s'en faire une représentation, mais qui sera forcément incomplète et parcellaire[53] :

  • Les palais :

Le quartier des palais était situé sur, et au sud de la pointe de Lochias et était nommé regia ou basileia. Leur situation, placés non loin du Musée et des autres bâtiments culturels, n'était en rien dû au hasard : le précepteur d'Alexandre, Aristote, préconisait cette disposition, une manière de souligner que le pouvoir était à l'écoute de la culture grecque. Une des seules descriptions qu'il reste de ce quartier est de Strabon - le passage est à lire avec prudence, compte tenu de l'impossibilité que les historiens ont de le recouper avec d'autres témoignages afin de le vérifier[54] :

« A leur tour, les magnifiques jardins publics et les palais des rois couvrent le quart, si ce n'est même le tiers de la superficie totale, et cela par le fait des rois, qui, en même temps qu'ils tenaient à honneur chacun à son tour d'ajouter quelque embellissement aux édifices publics de la ville, ne manquaient jamais d'augmenter à leurs frais de quelque bâtiment nouveau l'habitation royale elle-même, si bien qu'aujourd'hui on peut en toute vérité appliquer aux palais d'Alexandrie le mot du Poète : «Ils sortent les uns des autres» (Od. XVII, 266). Quoi qu'il en soit, toute cette suite de palais tient le long du port et de l'avant-port. »

— Strabon, Géographie [détail des éditions] [lire en ligne], XVII, 1, 8 (« L'Égypte et l'Éthiopie »).

La localisation du tombeau d'Alexandre (Sêma ou Sôma en grec) reste encore aujourd’hui une des plus grandes énigmes qu'essaye de percer l'archéologie antique et il est possible que rien n'en soit jamais retrouvé. Si les historiens connaissent le convoi funèbre et la cérémonie fastueuse qui s'ensuivit par Diodore[55], ils n'ont que très peu de sources pour avoir une idée de l'histoire et de l'apparence du bâtiment abritant le corps du conquérant[56]. Il est certain qu'il a été richement décoré, ce qui a amené plusieurs rois et reines à s'en servir pour alléger leurs trésoreries : Strabon parle d'un Ptolémée (Ptolémée X hypothétiquement) qui a remplacé le cercueil d'or par un autre en verre[57], ou bien Cléopâtre VII qui se serait elle, d'après Flavius Josèphe, servit de toutes les richesses présentes dans la tombe dans un moment de difficultés financières[58].

  • Les gymnases :

Strabon évoque, dans ses écrits, un gymnase alexandrin à l'architecture splendide :

« Le plus beau des monuments est le Gymnase avec ses portiques longs de plus d'un stade [environ 185 mètres].  »

— Strabon, Géographie [détail des éditions] [lire en ligne], XVII, 1, 10 (« L'Égypte et l'Éthiopie »).

Il parlait là du principal Gymnase, mais il en existait plusieurs autres dans la cité dès l'époque ptolémaïque. Lieux importants de la vie alexandrine, ils étaient perpétuellement des endroits animés et utilisés par la population, de sorte que la cité pouvait se targuer d'entrainer les meilleurs athlètes du monde grec de l'époque qui brillaient lors des nombreux concours qui étaient organisés à Alexandrie : les Arsinoeia, le concours isolympique (comparables aux jeux d'Olympie), les fêtes tà Basileia, tà Ptolemaieia et pentétéris, etc. De plus, le nombre de gymnases que comportait la ville ainsi que leur raffinement architectural pourraient être des éléments de choix pour souligner la place quintessentielle qu'occupait Alexandrie dans le monde hellénistique[59].

Un certain nombre d’évènements marquants de la période se déroulèrent dans le Gymnase principal d'Alexandrie : massacre d'une grande partie de la jeunesse alexandrine par Ptolémée VIII, assassinat de Ptolémée XI en 80, etc[60].

  • L’amphithéâtre :

Peu d'informations subsistent à propos de l’amphithéâtre, à part quelques écrits sur des évènements - des affrontements entre Grecs et Juifs s'y seraient déroulés en particulier. Il n'est ainsi pas localisable avec précision dans la cité[61].

Le théâtre était situé à proximité des palais et, selon Polybe, dédié à Dionysos ; il n'en reste aujourd'hui aucun vestige[62].

  • L'hippodrome :

Là encore, historiens et archéologues ne parviennent pas à trouver beaucoup de renseignements sur ce bâtiment, qu'ils ne situent à l'Est d'Alexandrie qu'en employant des conditionnels. Une principale anecdote est liée à l'hippodrome: il semblerait que ce serait ici où Ptolémée IV aurait enfermé des Juifs afin qu'ils soient écrasés par des éléphants, avant que les malheureux ne soient "miraculeusement" (en réalité sur ordre du roi) sauvés ; ce récit semble cependant à l'historicité discutable et a sûrement été inventé pour une large part[63].

  • Le tribunal :

Le tribunal (Dikastêrion en grec) est mentionné par Strabon dans ses textes, qui le place laconiquement "au centre de la ville" en étant un des plus beaux bâtiments de celle-ci[64]. Cependant, aucune précision ne permet d'avoir la moindre description du tribunal ni de pouvoir, lui aussi, le localiser avec précision[65].

Le phare est considéré comme la septième des sept merveilles du monde antique ; il a servi de guide aux marins pendant près de dix-sept siècles (du IIIe siècle av. J.-C. au XIVe siècle). Sa construction aurait débuté entre -299 et -289 (la date exacte est inconnue) et duré une quinzaine d'années. Les travaux sont initiés par Ptolémée Ier mais celui-ci meurt avant la fin du chantier qui est achevé sous le règne de son fils Ptolémée II[66].

Malgré ce que certains membres de l'expédition égyptienne de la toute fin du XVIIIe siècle ont pu penser, l'époque ptolémaïque n'a vu aucun stade être construit à Alexandrie. Celui qui le sera et dont parle Strabon[64] ne date que du règne d'Auguste - donc de l'époque romaine[67].

Le système hydraulique[modifier | modifier le code]

L'alimentation en eau d'une ville a toujours été une considération majeure dans son organisation et Alexandrie n'a pas dérogé à la règle. La cité a répondu au problème d'une manière assez classique pour les Méditerranéens : le système des citernes (c'est aussi le cas d'Istanbul, etc.)[68].

Comme Alexandrie n'était pas dotée d'une source d'eau douce dans son environnement immédiat, il a fallu la capter à Schedia, situé à environ 27 km à l'est, en l'amenant à travers un canal (khalig en grec)[68]. L'eau suivait le chemin suivant : elle arrivait du Nil jusqu’à Alexandrie par le canal, amenée dans celle-ci à travers des conduits souterrains, surélevés grâce à des roues à pots pour les transvaser dans les rigoles qui les conduisait alors vers les citernes à travers des petites ouvertures qui y étaient percées[69].

Divisés en plusieurs compartiments, les citernes étaient faites de briques couvertes d'un ciment particulièrement robuste et renforcées, à l'intérieur, par des colonnes en granit de Syène. Il convient de souligner l'énorme travail qu'a exigé l’installation de toutes les citernes dans la ville, que ce soit d'excavation, de construction ou de revêtement[69].

Jusqu'à présent, environ cent-cinquante citernes ont été découvertes par les archéologues ; elles sont de dimensions et de contenances très diverses, allant de 6 m3 à 2 500 m3 et, en verticalité, s'étalent sur d’un à quatre niveaux. Les plus imposantes alimentaient des bâtiments publics (thermes en particulier), celles de tailles moyennes servaient pour un quartier ou un groupement de maison, tandis que les citernes de tailles modestes étaient elles, destinées à alimenter des habitations privées.

Le réseau des citernes d'Alexandrie reste mal connu et continu encore de former un objet d'étude pour les archéologues. En effet, au-delà de la maitrise technique et de l'ingéniosité dont ils sont de précieux témoins, les citernes sont particulièrement intéressantes puisque, d'une manière plus large, ils permettent aux archéologues de reconstituer la morphologie de la ville aux différentes époques historiques. Ainsi, l'attention qui a été accordée dès la fondation d'Alexandrie à la capacité d'alimentation montre sans équivoque une ferme volonté d'amener la cité à abriter une population particulièrement importante[68].

Fonctionnement et organisation de la ville[modifier | modifier le code]

L'administration et le pouvoir[modifier | modifier le code]

À partir de la fondation d’Alexandrie et de l’occupation grecque, l’Égypte est devenue une province de l’hellénisme et son administration, même si elle a conservé certains aspects de l’ancienne administration pharaonique, était fortement influencée par les conceptions hellénistiques. Le grec s'est imposé comme langue officielle, même si l’ancien égyptien, sous sa forme démotique, était encore parlé dans les milieux ruraux et si les prêtres conservaient les antiques conceptions religieuses et couvraient toujours les temples de hiéroglyphes, de plus en plus chargés et enrichis de signes nouveaux. Même les temples, construits selon les modèles traditionnels, subissaient des modifications de détail. C’est à cette époque qu’apparaissent les mammisi comme monuments indépendants, que les chapiteaux de colonnes se multipliaient à l’infini dans leurs décors et s’alourdissent, que des murets étaient construits dans les entrecolonnements.[réf. nécessaire]

Alexandrie était la capitale de l'Égypte lagide et était en conséquence la ville où demeuraient les rois ptolémaïques, qui s'installèrent sur la pointe de Lochias en s'y faisant construire de somptueux palais. Cette dynastie ayant eu comme caractéristique de connaitre moult révolutions de palais, sa population a vécu au rythme des assassinats de personnages politiques et des pillages de leurs biens (surtout de membres de la famille royale, le crime ayant été le passage presque obligé d'une succession). La population alexandrine fut alors mobilisée à plusieurs reprises par un camp du pouvoir politique contre le camp rival[70].

La cité était ainsi le théâtre du pouvoir ptolémaïque, qui était organisé autour de dignitaires et d'officier hiérarchisés selon leur influence et leur proximité avec le roi[71]. De plus, Alexandrie était la capitale de l’Égypte de la manière la plus manifeste qui soit : les Lagides qui y siégeaient avaient une influence totale sur leur territoire ; il en découlait une administration particulièrement centralisée qui assurait la gestion de l’Égypte depuis Alexandrie, reposant sur un certain nombre de responsables résidant tous dans la ville côtière : l'épistolographe (chef de la chancellerie royale), le dioecète (grand maître des Finances aux larges pouvoirs) , l'archidicaste (président du système judiciaire), etc[72].

Cette place centrale qu'occupait Alexandrie en Égypte lagide avait pour conséquence directe de voir la ville être la première s'embraser d'une révolution dans les périodes de trouble. Ceci était par ailleurs accentué par la composition hétéroclite de la population alexandrine et sa tendance naturelle à être insoumise[73] ; ainsi, les massacres de populations furent réguliers - en particulier sous Ptolémée VIII qui tua, entre autres, la majorité des Alexandrins d'origine grecque[74]. Il est cependant nécessaire de souligner qu'il n'y eut aucune révolution populaire organisée en tant que telle, les agitations qu'il y a pu avoir étaient spontanées de la part des masses urbaines et souvent stériles d'aboutissement puisque trop désorganisées[75].

La population[modifier | modifier le code]

Sa réussite commerciale a attiré des émigrés provenant de tout le monde grec, en particulier la diaspora juive, amenant Alexandrie à devenir particulièrement cosmopolite.

La question de la quantification[modifier | modifier le code]

Alexandrie était la plus grande ville du monde occidental connu, elle abritait une population dont l'importance ne sera détrônée que par Rome[3], mais le calcul de sa population est particulièrement complexe. En effet, la principale source qui aurait permis de le savoir était les registres servant à l'État et à la cité : ils servaient à la fois à noter les recouvrements d'impôts et les déclarations d'enfants devant un tribunal. Malheureusement, ces registres ne se sont pas conservés (ils étaient surtout faits en papyrus et, les conditions climatiques alexandrines étant moins sèches que dans le reste de l'Égypte, ils n'ont pas résisté dans le temps en se détruisant) et les informations qu'ils contenaient restent donc impossibles à étudier[76].

Il faut dès lors passer par des méthodes indirectes. Le décompte d'environ un demi-million provient d'une estimation par Diodore de Sicile, au Ier siècle av. J.-C., de la présence de 300 000 citoyens auquel il fallait rajouter les non-citoyens :

« [Alexandrie] est également supérieure aux autres villes par sa population ; car à l'époque où nous avons visité l'Égypte, ceux qui tiennent les registres du recensement nous assuraient que la population de la ville se composait de plus de trois-cent-mille hommes de condition libre [...]. »

— Diodore, Bibliothèque historique [détail des éditions] [lire en ligne], XVII, 1, 52.

D'autres estimations portent la démographie à 1 million d'habitants. L'auteur latin Flavius-Josèphe, lui, estime qu'il y avait déjà 1 million rien que de Juifs, portant le total à une proportion gigantesque. Jean-Yves Empereur, archéologue spécialiste de la cité, réduit lui son estimation à 400 000 en se basant sur l'étude des vestiges de résidences retrouvées[77].

Cela n'enlève cependant rien à la rapidité à laquelle Alexandrie s'est développée, surtout illustrée par la superficie occupée par les nécropoles de la ville et la difficulté qu'avait le pouvoir pour approvisionner la cité, en particulier au cours des disettes comme le montre les décrets royaux passés à ces moments là[78].

La hiérarchisation sociale[modifier | modifier le code]

Le rêve du cosmopolitisme à Alexandrie était certes bien vérifié dans la réalité historique, mais serait à nuancer dans une très large mesure. Ainsi, Strabon rapporte dans sa Géographie une description de la population alexandrine qu'il tire lui-même de Polybe, répartissant schématiquement la population de la cité dans trois grands groupes sociaux :

« Polybe, qui avait visité Alexandrie [à l'époque des Ptolémées], flétrit l'état de désordre dans lequel il l'avait trouvée. Il distingue dans sa population un triple élément :

1) l'élément égyptien et indigène, vif et irritable de sa nature, et partant fort difficile à gouverner ;

2) l'élément mercenaire, composé de gens lourds et grossiers, devenus très nombreux et très indisciplinés, car il y avait longtemps déjà qu'en Égypte la coutume était d'entretenir des soldats étrangers, et ces mercenaires, encouragés par le caractère méprisable des rois, avaient fini par apprendre à commander plutôt qu'à obéir ;

3) l'élément alexandrin, devenu pour les mêmes causes presque aussi ingouvernable, bien que supérieur aux deux autres par sa nature : car, pour être de sang mêlé, les Alexandrins n'en avaient pas moins une première origine grecque et ils n'avaient pas perdu tout souvenir du caractère national et des mœurs de la Grèce.  »

— Strabon, Géographie [détail des éditions] [lire en ligne], XVII, 1, 12 (« L'Égypte et l'Éthiopie »).

Le premier groupe, les Égyptiens, était sûrement le moins important en termes de population, cela s'explique par la quasi-absence absence de paysans dans la cité. En effet, d'une part, le territoire environnant Alexandrie n'était de facto pas adapté à la culture de champs (présence de marais, etc.), et, d'autre part, la ville allait au-delà en refusant catégoriquement la présence de paysans en ses murs (en témoignent des décrets royaux passés dans ce sens tout au long de la période ptolémaïque) : d'une manière générale, les milieux urbain et rural ne cohabitaient absolument pas à Alexandrie. Par ailleurs, malgré ce que l'on pourrait s'imaginer compte tenu de leur position, les Égyptiens colonisés étaient particulièrement respectueux des lois et des coutumes ptolémaïques, de sorte que les Romains, à leur arrivée au Ier siècle, n'ont pas osé les remettre en cause[79]. Cependant, même dans ces conditions, les Lagides n'ont témoigné d'aucune volonté d'intégrer les Égyptiens concrètement au pouvoir, sauf au niveau local où ils pouvaient occuper des postes d'officiers municipaux, de notaires, etc. ; la situation a cependant sensiblement changé au IIe siècle, quand Ptolémée VIII a commencé à confier des hauts postes militaires à des Égyptiens.

Le second élément dont parle Polybe était constitué de mercenaires. Il convient de s'imaginer que, si Alexandrie était une ville de commerce et d'hommes de pouvoir, elle était aussi une cité militaire ; sa garnison était importante et essentiellement composée de Juifs.

La troisième catégorie que distingue Polybe était formé des Alexandrins. Cet ensemble était à la fois formé par le corps des citoyens (appartenant à un dème, une circonscription administrative) et celui des résidents (qui étaient seulement venus s'installer dans la cité pour y travailler et avaient un statut quelque peu inférieur aux premiers). D'une manière globale, ils étaient tous grecs (venus surtout pour profiter du commerce florissant de la ville), de sorte que cette catégorie désigne plus un groupe culturel qu'autre chose[79]. Tel qu'Aristote le conseillait, ils étaient mis sur un piédestal à Alexandrie : ils recevaient, en particulier, tous les postes de l'administration[24] et, proches des cercles de pouvoirs, ils étaient organisés en un sénat, une assemblée populaire et des tribus.

La minorité juive[modifier | modifier le code]

Les Juifs étaient nombreux dès les premières années d'Alexandrie en tant que soldats pour une majorité d'entre eux qui défendaient, en particulier, la frontière orientale du royaume Lagide. Ainsi, il leur a été attribué un quartier spécifique, le quartier delta, qui se trouvait au nord-ouest de la ville (Flavius Josèphe prétend que cette concession l'a été à l’initiative d'Alexandre le Grand[80], mais cela semble peu probable[23]). Il faut cependant souligner que la population juive a pu habiter en dehors de ce quartier - en témoigne la présence, dans tout Alexandrie, de synagogues et de comptoirs juifs[81].

Il semblerait - les sources sont discordantes - que les Juifs seraient arrivés à Alexandrie dans les années 320, ou pendant la domination Perse en Égypte, ou bien encore sous le règne de Ptolémée Ier[82]. Leur communauté s'est alors peu à peu développée, jusqu'à ce qu'ils forment une communauté indépendante et reconnue : s'ils n'étaient pas considérés comme citoyens, ils avaient à eux une polytagma (organisation particulière) : leur juridiction, leur propre gestion financière, leur Conseil des Anciens, etc. De plus, la minorité juive a commencé à avoir une grande influence auprès de la Cour à partir de Ptolémée IV[83]. Cela explique sans doute pourquoi les alexandrins ont été rapidement et violemment hostiles à la présence de cette minorité : en témoigne, par exemple, la diffusion d'un certain nombre d'ouvrages (Histoire de l'Égypte de Manéthon...) exposant une âpre animosité envers la communauté juive[84].

Cependant, d'une manière globale, il convient de nuancer cet antisémitisme alexandrin : en dehors de violences sanglantes mais sporadiques, les habitants d'Alexandrie ont vécu dans une cohabitation paisible et durable[85].

Les loisirs et divertissements[modifier | modifier le code]

Les Ptolemaia[modifier | modifier le code]

Activité commerciale[modifier | modifier le code]

Alexandrie était une ville à vocation commerciale, aspect qui a été principalement à l'origine de son rayonnement durant l'Antiquité. Par ses ports transitaient beaucoup de marchandises diverses, mais son activité tournait principalement autour de l'export du blé produit dans les campagnes égyptiennes[86].

Si Alexandre le Grand est le premier à rendre effectif dans les faits l'idée de créer un grand port de commerce, l'idée lui est cependant antérieure, puisque les pharaons (Thoutmosis III et Ramsès II en particulier) avaient déjà effectués quelques aménagement sur la côte au niveau de la future Alexandrie pour poser quelques vagues bases d'un tel établissement[87].

Au sein de la cité[modifier | modifier le code]

L'organisation du plan urbain décidé dès la fondation de la cité, en particulier ses larges avenues, était principalement destinée à faciliter les flux commerciaux transitant de, par et vers Alexandrie. Il en résultait un mouvement et une turbulence perpétuels, la ville bourdonnant de convois marchands et d'une dense cohue qui animait sans cesse les rues[88].

Une place incontournable dans les échanges du monde grec[modifier | modifier le code]

Alexandrie était, avec Rhodes, devenue un point incontournable du commerce dans le monde grec à l’époque hellénistique. En effet, les routes commerciales avaient changé depuis l’époque classique et l’axe mer Noire/Bosphore/Rhodes/Alexandrie était maintenant la principale route des échanges marchands. Cette position a été, de prime abord, acquise grâce à la localisation géographique de la ville au sein de l'empire d'Alexandre s'étendant de l'Égypte à l'Indus : Alexandrie jouait un rôle de pivot dans les échanges entre la mer Égée (donc le monde grec tel qu'il était conçu avant Alexandre) et l'Asie.[réf. nécessaire]

L'essentiel du trafic commercial se faisait par le port du Lac, au sud. Il convergeait vers cet endroit toute une série de canaux qui venaient du delta du Nil, ce qui permettait de transporter facilement et rapidement depuis la campagne égyptienne les marchandises destinées à être exportées. En effet, si Alexandrie exportait des produits fabriqués sur place, elle recevait et diffusait un certain nombre d'objets venant d'ailleurs. Ainsi, de grandes quantités de blé ou de papyrus venant de la campagne égyptienne transitaient par le port de la cité. De plus, les expéditions royales successives en Afrique permettaient d'exporter des produits africains qui avaient été chassés (éléphants en particulier) ou achetés[89].

En parallèle, le système financier s'est aussi développé : institutions bancaires et pratiques du crédit, monnaie royale "unique", emprunt d'éléments du système de la "ferme fiscale" issu des cités grecques, etc[89].

Par ailleurs, Alexandrie formait avec Antioche un des plus grands foyers de peuplement grec dans le monde hellénistique. Cette population consommait des produits issus de sa culture d’origine qui devaient donc être importés à Alexandrie : des fruits secs, de l’huile d’olive, du poisson séché venant de la mer Noire, des textiles de luxe venant pour une grande part d’Asie Mineure et de Grèce continentale, etc. Cette consommation de produits grecs accentuait les échanges, ce qui a eu en outre pour conséquence de voir se développer la production agricole en Asie Mineure à destination de l’exportation vers Alexandrie (mais aussi vers Antioche ou d’autres villes de Syrie). Ptolémée Ier a tenté de faire baisser les importations en menant une politique de développement en Égypte de cultures issues du monde gréco-macédonien, en particulier la vigne ; mais, si cette initiative a rencontré un certain succès, elle n’a cependant pas été suffisante pour avoir un gros impact sur les échanges à Alexandrie. Dans ce même objectif, les Lagides ont aussi augmenté drastiquement les taxes sur l'importation dans les ports alexandrins de produits typiquement grecs (l'huile , etc.) - l'avantage secondaire étant, évidemment et plus prosaïquement, les fortes rentrées fiscales très intéressantes pour le pouvoir[90].

Les principaux produits fabriqués[modifier | modifier le code]

La ville était spécialisée dans un certain nombre de produits, pour la plupart très spécifiques et de grand luxe.

  • La verrerie :

Les plus grands produits d'Alexandrie étaient sans conteste ses verreries. Fabriqués dès l'époque des pharaons, ces objets ont pris un nouvel essor à Alexandrie, puisque la cité a pris le relai dans ce domaine après la destruction de Tyr en 332 par Alexandre - qui était auparavant la grande ville de production d'objets en verre. Les verreries alexandrines jouissaient à l'époque hellénistique (mais le seront tout autant durant l'époque romaine) d'une réputation inégalée et les souffleurs y étaient loués pour leur travail remarquable puisqu'ils étaient considérés comme ayant mené leur art à la perfection même. Cette très grande qualité provenait, en grande partie, d'une technique permettant de placer une feuille d'or entre deux couches de verre - donnant de splendides reflets - ainsi que du sable utilisé sur place, dont Strabon parle dans ses écris[91] :

« Me trouvant à Alexandrie, j'appris de la bouche d'ouvriers verriers que l'Égypte possède une terre particulière, une terre vitrifiable, que sans cette terre ils ne pourraient pas exécuter ces magnifiques ouvrages en verre de plusieurs couleurs, et que dans d'autres pays [où cette terre manque] il faut avoir recours à différents mélanges.  »

— Strabon, Géographie [détail des éditions] [lire en ligne], XVI, 2, 25 (« La Syrie, la Phénicie et la Palestine »).

  • La poterie :
Une poterie alexandrine, une hydrie dite de Hadra, datant du IIIe siècle et retrouvée dans une des anciennes nécropoles d'Alexandrie.

Grâce à de nombreuses trouvailles au cours des recherches archéologiques, la poterie est le secteur industriel le mieux connu de la ville antique. Si elle était une cité d'importation de poterie de la fin du IVe siècle jusqu’au début du IIIe siècle (venant d'Athènes ou d'Italie du Sud principalement), elle a commencé à lancer sa propre production à partir de ce début de IIIe siècle, au départ en imitant les potiers athéniens. Progressivement, elle parvint à s'en détacher et les potiers alexandrins devinrent totalement autonomes dans leur inspiration, aboutissant à la fabrication de vases comme "l'hydrie dite de Hadra" - utilisée comme urne funéraire, ce qui explique qu'elle fut retrouvée en grand nombre dans les nécropoles de la ville par les archéologues. Ces poteries ont connu des évolutions stylistiques au cours du temps en épousant les changements des diverses influences artistiques. Par ailleurs, elles ont aussi été retrouvées en dehors d'Alexandrie : dans l’Égypte et dans des colonies ptolémaïques, mais aussi en Cyrénaïque, à Chypre, en Italie méridionale, etc[92].

  • La toreutique :

La toreutique d'Alexandrie a bénéficié de l'héritage à la fois des pharaons égyptiens et des Perses. En effet, si les premiers ont porté cet art à un niveau quasi-inégalable, les seconds ont incontestablement fourni aux Alexandrins une forte influence stylistique. Bien que les spécialistes ne s'entendent pas toujours sur le point à adopter vis-à-vis du développement et du rayonnement de la toreutique d'Alexandrie - le sujet, de plus, n'a pas encore été travaillé en profondeur par les historiens -, ils s'accordent cependant pour souligner qu'elle eut grande importance durant l'Antiquité, parallèlement à la production syrienne de Séleucie - qui était sa grande rivale dans ce secteur industriel[93].

  • Le textile :

Grâce à la production de chanvre, de laine et de lin en Égypte, Alexandrie pouvait être dotée d'un industrie textile prospère. Malgré cela, aucun tissu issu de l'époque hellénistique n'a pu être retrouvé, mais les papyrus à disposition des historiens recèlent eux de précieuses informations sur ce secteur économique. Ils révèlent que ce dernier était pour partie contrôlée par le pouvoir ptolémaïque : les ateliers de tissage étaient souvent affermés et surveillés par l'économe du nome ainsi que par ses délégués ; de plus, le diocète décidait par ordonnance de la quantité de lin qu'il fallait ensemencer dans l'année. Cependant, il convient de nuancer cette vision : le pouvoir n'avait ni le monopole sur l'élevage des moutons, ni n'avait la possibilité de contraindre la production de laine. Par ailleurs, les textiles d'Alexandrie étaient, pour la plupart des ateliers, des fabrications de hautes qualités ; ils savaient s'adapter aux goûts des autres peuples afin de mieux s'exporter : par exemple, des tissus faits selon le style barbare et clairement destinés aux marchés d'Orient et d'Afrique[94].

  • La mosaïque :

Alexandrie était aussi spécialisée dans la mosaïque, qui est rapidement devenue une activité florissante. Les archéologues en ont retrouvé principalement dans les nécropoles, les palais ou en ornementation de bains[95].

  • La parfumerie, pharmacologie et droguerie :

La cité était de plus réputée pour ses parfums et ses produits pharmaceutiques, ce qui n'a rien de surprenant compte tenu de l'importance de l'école de médecine qu'elle abritait ainsi que du raffinement recherché par ses habitants. La production des parfums était faite à partir de fleurs récoltées en Égypte, en particulier dans le delta, et les préparateurs étaient rigoureusement contrôlés dans les ateliers afin d'éviter tout risque de vol (on leur cachait les yeux, fermait soigneusement leur sous-vêtement, ...). La fabrication des médicaments, drogues et poisons se faisait à partir d’épices venant d’Asie et d’Arabie ; ces éléments étaient aussi, dans un cadre plus large, des spécialités typiquement égyptiennes - expliquant sans doute la réputation d’empoisonneuse de Cléopâtre. Par ailleurs, le monopole qu'avaient de facto les Lagides sur ce commerce - ils étaient plus ou moins les seuls à pouvoir en proposer au reste du monde connus, en particulier les parfums - leurs procurait des revenus très confortables, encore amplifié par un phénomène de réexportation de ces produits vers Alexandrie : le pouvoir s'y retrouvait doublement, puisque les marchandises étaient à la fois taxées une première fois au titre des droits de sortie, et une seconde fois au titre des droits d'entrée. Il convient par ailleurs de souligner la pression qu’exerçait le clergé égyptien sur le pouvoir : les embaumeurs avaient besoin d'encens en grande quantité (myrrhe, ...), et ils n'hésitaient pas à presque menacer les responsables politiques afin d'être sûrs qu'ils pourraient s'en approvisionner[96].

  • Les papyrus :

Les papyrus égyptiens étaient très diffusés, de sorte que, même si l'invention du parchemin à Pergame amenait avec elle un concurrent inquiétant, le monde méditerranéen continuait d'utiliser en très grande majorité les papyrus d’Égypte. La position géographique d'Alexandrie était dans ce domaine un atout précieux, puisque le byblos était cultivé principalement et de manière très soutenue dans le delta du Nil : la fabrication du papyrus nécessitait de conserver le byblos frais et donc de pouvoir travailler dans des ateliers à proximité des champs de culture. Ainsi, si Alexandrie n'était pas forcément le seul lieu de fabrique du papyrus égyptien, tout ce qui était produit l'était dans ses environs en étant forcément exporté via le Grand Port de la cité. Les rois ptolémaïques ne gardaient pas le contrôle de ce marché, mais y tiraient leurs bénéfices en imposant - comme pour les autres produits - une taxe à la sortie[97].

S'ajoutent à cette précédente liste d'autres produits qui transitaient aussi par les ports d'Alexandrie, mais de manière plus secondaire : miel, fleurs, natron, pierres précieuses ou semi-précieuses, dattes, peut-être certaines pierres tel que le granit ou le porphyre, etc[98].

Les objets d'artisanats représentaient souvent des scènes érotiques ou des créateurs grotesques, marques de fabrique de la ville.[réf. nécessaire]

Il est à noter que les archéologues se sont récemment peu à peu rendus compte que d’autres cités grecques avaient imité les productions alexandrines (en particulier les vases, les céramiques, les statuettes en terre cuite, etc.) à l’époque hellénistique dans leurs propres ateliers, mais ce phénomène reste encore assez incompris. Néanmoins, il semble que cela prouve dans l’ensemble une internationalisation et une uniformisation des formes et des motifs dans le monde grec, ce qui est une nouveauté propre à l’époque hellénistique.[réf. nécessaire]

Les infrastructures commerciales et industrielles[modifier | modifier le code]

L'activité commerciale à Alexandrie était surtout articulée autour des ergasterion : ce mot grec désignait des bâtiments correspondant à la fois à une boutique et un atelier, soit à un lieu réunissant production et vente. Les documents retrouvés de l'époque mentionnent une multitude de métiers (orfèvres, boulangers, fabricant de meubles, etc.), dont les branches professionnelles étaient sans doute regroupées par rues ou quartiers[99].

La ville était aussi dotée de plusieurs chantiers maritimes[100] qui utilisaient du bois systématiquement importé depuis la Phénicie, Chypre ou l'Asie Mineure - le peu d'espèces d'arbres poussant en Égypte était de trop mauvaise qualité pour être utilisés. Ces chantiers permettaient de construire et réparer des navires, ils étaient une clé de voute indispensable à la puissance économique et militaire de la cité. Grâce à l'équipement portuaire et à l’expérience de ses ouvriers, Alexandrie jouissait d'une renommée largement diffusée dans ce domaine, que ce soit à travers la productivité de ses chantiers ou l'habilité que mettait les alexandrins à sortir de leurs ports des navires aux dimensions audacieuses (des monstres des mers, pouvant atteindre jusqu’à trente, voir quarante rangs de rameurs) ou au luxe extraordinaire (navire royal de Ptolémée IV par exemple, véritable « palais flottant »)[101].

Renommée intellectuelle[modifier | modifier le code]

Gravure de Marie la Juive, alchimiste gréco-alexandrine, qui a probablement vécu au IIe siècle av. J.-C.

Pendant près d’un millénaire, jusqu’à la conquête arabe en 641 apr. J.-C., Alexandrie a été la capitale intellectuelle et spirituelle d’une partie du monde méditerranéen et son école joua un rôle de première importance dans, les domaines des sciences et des mathématiques[102].

Le Musée et la Bibliothèque[modifier | modifier le code]

La Bibliothèque d'Alexandrie, fondée en 288 et définitivement détruite au plus tard entre 48 et 642 apr. J.-C., était la plus célèbre bibliothèque de l'Antiquité et réunissait les ouvrages les plus importants de l'époque. Ptolémée II, qui l'a fit construire dans le quartier de Brouchion, confia à Démétrios de Phalère le soin de rassembler tous les livres du monde connu afin de procurer une large documentation aux savants du Musée[103].

Article détaillé : Bibliothèque d'Alexandrie.

Le Mouseîon, quant à lui, a été fondée vers 295 par Ptolémée Ier sur les conseils de Démétrios de Phalère en plein cœur du quartier royal (Basileia)[104] et était l'un des plus importants centre intellectuel du monde hellénistique. La construction du musée a été l’une des nombreuses illustrations de la politique culturelle de Ptolémée Ier, celle de la recherche d’une véritable suprématie intellectuelle lagide. L’ancien sômatophylaque d’Alexandre le Grand voulut faire de son musée celui du monde grec, à l’image du vers d’un poète grec rapporté par Athénée de Naucratis dans son Deipnosophistes, faisant du musée du mont Hélicon celui de la Grèce. Expression du désir constant de conserver des liens avec la tradition et culture grecque, le musée d'Alexandrie a été par la même occasion le moyen pour les Ptolémées de prôner une supériorité culturelle face à des rivaux antigonides et attalides qui redoublaient d'efforts pour édifier de nombreux musées et académies. Il rassemblait au sein de l'école d'Alexandrie une confrérie de savants pensionnés qui travaillaient en commun en s’intéressant à des domaines de recherche aussi divers que variés : mathématiques (Euclide), astronomie (Hipparque), médecine (Hérophile), mécanique (Héron), science des textes (Zénodote d’Ephèse inventa la critique littéraire, développée par Aristophane de Byzance ainsi que Aristarque de Samothrace)[105].

Article détaillé : Mouseîon d'Alexandrie.

Ce rayonnement a aussi été accentué par l’arrivée d’un certain nombre d’intellectuels (Athéniens en particulier), trouvant refuge à Alexandrie au moment de la fin de la guerre chrémonidéenne en 262.[réf. nécessaire]

Nécropoles[modifier | modifier le code]

Plan représentant l'organisation des nécropoles d'Alexandrie à l'époque hellénistique.

Les usages funéraires[modifier | modifier le code]

D'une manière globale, deux pratiques funéraires ont été repérées dans les nécropoles d'Alexandrie par les archéologues : la momification et la crémation. Si la momification était l'usage traditionnel égyptien, la crémation, elle, était une pratique qui est apparue nouvellement à l'époque hellénistique sous les ptolémaïques. Tous les corps étaient alors brulés sur des buchers et les cendres étaient récoltées pour être placées dans des pots en terre cuite (appelés hydries de Hadra) ou des urnes[106].

La crémation était généralement préférée par les Alexandrins soit par choix, soit par contrainte financière - elle était d'un coût plus réduit. L'inhumation avec momification était elle choisie par les Égyptiens tenant à leurs traditions puisque, comme pour les chrétiens plus tard, ils estimaient qu'un corps incinéré ne pouvait permettre au mort d'accéder à une renaissance[107].

L'organisation générale des nécropoles[modifier | modifier le code]

Les nécropoles forment l'essentiel de ce qu’il reste aujourd’huide la ville antique comme vestiges visibles - le site de Gabbari est en particulier plutôt bien conservé - ; elles annoncent, dans un sens, la « ville des Morts » du Caire[108]. Les tombes ont été découvertes au XVIIe siècle, pour être explorées par les archéologues principalement à partir des années 1960. Si beaucoup de tombes émergent à la surface, beaucoup d'autres restent totalement ensevelies dans un complexe réseau souterrain à l'accès difficile[109].

Les inhumations les plus anciennes étaient situées dans de grandes tombes proches de la surface et facilement accessibles. Au fur et à mesure de l'essor d'Alexandrie, les tombes se sont multipliées et les corps furent placés dans des emplacements (loculi) creusés dans les parois de salles souterraines[109].

Les nécropoles étaient par ailleurs les lieux de travail des entrepreneurs funéraires. Véritables gestionnaires de facto des lieux, ils en assuraient l'organisation à travers des plans architecturaux tracés selon les besoins. Plus particulièrement, ils tentaient de placer les tombes de la manière la plus dense possible : en effet, malgré la taille des nécropoles alexandrines, il n'en était pas moins que la place manquait toujours, ceci reflétant la démographie gigantesque de la cité. Ces entrepreneurs funéraires ont aussi participé au développement d'Alexandrie : les pierres extraites en creusant les galeries et les tombes des nécropoles étaient ensuite revendues pour servir dans la construction de bâtiments dans la cité[110].

Les nécropoles sont de précieux témoins de la diversité de la population de la ville : les archéologues y ont relevé des tombes de riches et de pauvre, des inhumations et incinérations individuelles ou collectives, etc.[15]

Les fouilles archéologues sont minées par les pillages qui ont sévi, en faisant disparaître des tombes beaucoup d'objets de valeur, tels que les bijoux. Cependant, des objets plus banals (vases de céramique, poteries, etc.) ont été retrouvés en nombre et sont de précieux témoignages pour les chercheurs[111].

Les différents sites[modifier | modifier le code]

Vestiges de la nécropole d'Anfouchy.

Cette zone située sur l'île de Pharos abritait dès l'époque grecque un grand cimetière avec des tombes souterraines, dont seules cinq sont encore visibles de nos jours.

  • Site de Gabbari :

La nécropole de Gabbari était particulièrement remarquable puisqu'elle s'étendait sur une très vaste superficie, à tel point que le mot "nécropole" employé en français vient du terme grec nekropolis[112], utilisé par Strabon pour désigner spécifiquement le site de Gabbari[113]. Situé à l'Ouest de la ville et à l'extérieur des enceintes, le site était constitué de tout un ensemble de tombes souterraines, dont de nouvelles sont mises au jour régulièrement (une par exemple lors de la construction d'un pont en 1997, etc.).

Strabon décrit la nécropole en ces termes :

« La ville s'étend un peu au-delà de ce canal [de Canope], puis commence la Nécropole [Nekropolis], faubourg rempli de jardins, de tombeaux et d'établissements pour l'embaumement des morts.  »

— Strabon, Géographie [détail des éditions] [lire en ligne], XVII, 1, 10 (« L'Égypte et l'Éthiopie »).

  • Site de Chatsby :
Vestiges de la nécropole de Chatsby.
  • Site de Ras el-Tin :
  • Site d'Ibrahimieh :
  • Site de Mustapha Pacha :
  • Site de Hadra :
Plaque de loculus funéraire, retrouvée dans la nécropole d'Hadra et portant le nom d'Antigona et Aristopolis (nom peut-être ajouté plus tard), représentant la petite fille et son chien (probablement un Maltais). La plaque est en calcaire polychrome et a été fabriquée durant la première moitié du IIIe siècle.

Vestiges et recherches archéologiques[modifier | modifier le code]

Il ne reste malheureusement que peu de traces de la cité hellénistique dans l’Alexandrie d'aujourd'hui. Du fait du développement intense de la ville depuis deux siècles, les restes antiques sont ensevelis sous plusieurs mètres de terres et de constructions : les nouvelles trouvailles ne se font qu'au compte-goutte. De plus, la difficulté est accrue par la présence de nappes phréatiques recouvrant les couches datant de l'époque ptolémaïque[109] ainsi que par des glissements de terrain qui ont fait engloutir, petit à petit, les bâtiments ptolémaïques du bord de mer[114].

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Sources :

Strabon a séjourné longtemps à Alexandrie, en 25 et 24 - soit au début du règne d'Auguste. Il a laissé une description de la ville d'une qualité littéraire indéniable et d'une grande richesse dans ses descriptions, en particulier vis-à-vis celles portant sur l'économie de la cité ; mais on peut lui reprocher sa volonté de synthèse parfois frustrante. Diodore de Sicile, quant à lui, est passé en Égypte en 59. Si son texte est plus long et plus précis que celui de Strabon, il pèche cependant par partialité pour l’hellénisme, par manque de connaissances sur l'époque pharaonique et par son style parfois peu avenant[115].

Ouvrages généraux :

  • Pierre Grandet, L’Égypte ancienne, Paris, Éditions du Seuil, Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • C. Grandjean, G. Hoffmann, L. Capdetrey, J-Y. Carrez-Maratray, Le Monde hellénistique, Paris, Armand Colin, 2008. (en particulier p. 104 à 107) Document utilisé pour la rédaction de l’article

Ouvrages spécialisés :

  • André Bernand, Alexandrie la Grande, Paris, Hachette, 1998. Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • André Bernand, Alexandrie des Ptolémées, Paris, CNRS, 1995. Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Paul-André Claudel, Alexandrie. Histoire d'un mythe, Paris, Ellipses, 2011, 373 p. (ISBN 978-2-7298-6630-3) (notice BnF no FRBNF42671330) ;
  • Jean-Yves Empereur, Alexandrie redécouverte, Paris, Fayard, , 255 p. (ISBN 2-70-281161-2). Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • P-M. Fraser, Ptolemaic Alexandria, I-III, Oxford, 1972 (rééd. 1986).
  • C. Jacob, F. de Polignac, Alexandrie, IIIe siècle av. J.-C. Tous les savoirs du monde ou le rêve d'universalité des Ptolémées, Paris, Éditions Autrement, coll. "Mémoires" no 19, 1992.
  • Catalogue de l'exposition au musée du Petit Palais La gloire d'Alexandrie. 7 mai-26 juillet 1998, Paris, 1998.
  • Jean-Christophe Fichou, Noël Le Hénaff et Xavier Mével, Phares, histoire du balisage et de l'éclairage des côtes de France, Douarnenez, Le Chasse-Marée/Armen, (ISBN 2 903708 92 4)

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Si le terme de « fondation » peut sembler discutable compte tenu de la présence, sur le même site, d'une ville avant Alexandrie, le mot est cependant employé pour des raisons de commodité par les historiens et archéologues dans leurs travaux : André Bernand, Jean-Yves Empereur, etc.
  2. A. Bernand, Alexandrie la Grande, Paris, Hachette, 1998, p. 280.
  3. a et b C. Grandjean, G. Hoffmann, L. Capdetrey, J-Y. Carrez-Maratray, Le monde hellénistique, Paris, Armand Colin, 2008, p. 104.
  4. A. Bernand, Alexandrie la Grande, p. 27
  5. Jean-Yves Empereur, Alexandrie redécouverte, Paris, Fayard, 1998, p. 43.
  6. a et b A. Bernand, Alexandrie la Grande, p. 37.
  7. A. Bernand, Alexandrie la Grande, p. 43 à 45.
  8. Aristote, La Politique, VII.
  9. A. Bernand, Alexandrie des Ptolémées, p. 6 à 14.
  10. Jean-Yves Empereur, Alexandrie redécouverte, p. 43.
  11. M. Hadas-Lebel, Philon d'Alexandrie, un penseur en diaspora, Paris, Fayard, 2003, p. 21.
  12. Strabon, Géographie, XVII, 1, 4-5.
  13. A. Bernand, L'Alexandrie des Ptolémées, p. 64.
  14. P. Cabanes, Le Monde hellénistique, Paris, 1995.
  15. a et b C. Grandjean, G. Hoffmann, L. Capdetrey, J-Y. Carrez-Maratray, op. cit., p. 105.
  16. A. Bernand, Alexandrie des Ptolémées, p. 64.
  17. Pseudo-Aristote, Economiques, Livre II, XXXIV.
  18. A. Bernand, Alexandrie la Grande, p. 90.
  19. A. Bernand, Alexandrie la Grande, p. 84 et 85.
  20. A. Bernand, Alexandrie des Ptolémés, p. 102.
  21. a b et c Jean-Yves Empereur, Alexandrie redécouverte, p. 56
  22. A. Bernand, L'Alexandrie des Ptolémées, p. 65.
  23. a b et c A. Bernand, Alexandrie des Ptolémées, p. 65.
  24. a et b A. Bernand, Alexandrie des Ptolémées, p. 18.
  25. Bertrand Millet et Jean-Philippe Goiran, « Impacts of Alexandria’s Heptastadion on Coastal Hydro-Sedimentary Dynamics During the Hellenistic Period », The International Journal of Nautical Archaeology, vol. 36,‎ , p. 167–176 (DOI 10.1111/j.1095-9270.2006.00131.x, lire en ligne)
  26. L. Martinez-Seve, « Alexandrie : travaux récents », Histoire urbaine 2/2000 (no 2) p. 189-202.
  27. A. Hesse, « Arguments pour une nouvelle hypothèse de localisation de l'Heptastade » dans Études Alexandrines, Le Caire, Jean-Yves Empereur (Éd.) Institut français d'archéologie orientale, vol. 1 Alexandrina 1, Recueil d'articles sur Alexandrie antique, 1998.
  28. L. Robert, « Ports grecs » dans Hellenica, XI-XII, 1960, p. 263 à 266.
  29. A. Bernand, Alexandrie la Grande, p. 46.
  30. Strabon, Géographie, XVII, 1, 6.
  31. a et b A. Bernand, op. cit., p. 36.
  32. A. Bernand, Alexandrie des Ptolémées, p. 12.
  33. Strabon, Géographie, XVII, 1, 7.
  34. Strabon, Géographie, XVII, 1, 10.
  35. S. Gsell, « Les anciens ports d'Alexandrie, d'après Mr G. Jondet », Annales de Géographie, 1918, vol. 27, no 150, p. 469.
  36. Strabon, Géographie, XVII, 1, 9
  37. Strabon, Géographie, XVII, 1, 9.
  38. A. Bernand, Alexandrie la Grande, p. 426.
  39. A. Bernand, Alexandrie la Grande, p. 82.
  40. A. Bernand, Alexandrie la Grandep. 139 à 141.
  41. A. Bernand, Alexandrie la Grande, p. 141 à 145.
  42. A. Bernand, Alexandrie des Ptolémées, p. 83 et 84.
  43. A. Bernand, Alexandrie la Grande, p. 146 à 148.
  44. A. Bernand, Alexandrie la Grande, p. 148 à 149.
  45. A. Bernand, Alexandrie la Grande, p. 151.
  46. A. Bernand, Alexandrie la Grande, p. 149 et 150.
  47. A. Bernand, Alexandrie la Grande, p. 151 et 152.
  48. A. Bernand, Alexandrie la Grande, p. 154 et 155.
  49. A. Bernand, Alexandrie la Grande, p. 61.
  50. Jean-Yves Empereur, op. cit., p. 46-47.
  51. A. Bernand, Alexandrie la Grande, p. 59 et 61.
  52. Jean-Yves Empereur, « Alexandrie (Égypte) », dans Bulletin de correspondance hellénique, Volume 125 livraison 2, 2001, p. 679 et 700.
  53. A. Bernand, Alexandrie la Grande, p. 169.
  54. A. Bernand, Alexandrie la Grande, p. 91 à 93.
  55. Diodore, XVIII, 26 à 28.
  56. A. Bernand, Alexandrie la Grande, p. 249 à 258.
  57. Strabon, Géographie, XVII, 1, 8.
  58. Flavius Josèphe, Contra Apion, II, 57.
  59. A. Bernand, Alexandrie la Grande, p. 160 à 164.
  60. A. Bernand, Alexandrie la Grande, p. 162 à 163.
  61. A. Bernand, Alexandrie la Grande, p. 168.
  62. A. Bernand, Alexandrie la Grande, p. 158 à 160.
  63. A. Bernand, Alexandrie la Grande, p. 167 et 168.
  64. a et b Strabon, Géographie, XVII, 1, 10.
  65. A. Bernand, Alexandrie la Grande, p. 168 et 169.
  66. Fichou, Le Hénaff, Mével, p. 14
  67. A. Bernand, Alexandrie la Grande, p. 164.
  68. a b et c Isabelle Hairy, « Quelques éléments de l'étude du système hydraulique d'Alexandrie (du IVe siècle av. J.-C. au XIXe siècle après J.-C) », Centre d'Études Alexandrines, consulté le 30 mars 2015.
  69. a et b A. Bernand, Alexandrie la Grande, p. 48 à 51.
  70. A. Bernand, Alexandrie la Grande, p. 79 et 80.
  71. A. Bernand, Alexandrie la Grande, p. 81.
  72. A. Bernand, Alexandrie la Grande, p. 81 à 83.
  73. A. Bernand, Alexandrie la Grande, p. 83 et 84.
  74. Strabon, Géographie, XVII, 1, 12.
  75. A. Bernand, Alexandrie la Grande, p. 84.
  76. Jean-Yves Empereur, "La nécropole de Gabbari à Alexandrie (information)" in Comptes rendus des séances de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, 142e année, No. 1, 1998. p. 157 et 158.
  77. Jean-Yves Empereur, "La nécropole de Gabbari à Alexandrie (information)" in Comptes rendus des séances de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, 142e année, No. 1, 1998. p. 158.
  78. A. Bernand, 44L'Alexandrie des Ptolémées44, p. 42.
  79. a et b A. Bernand, L'Alexandrie des Ptolémées, p. 41
  80. Flavius Josèphe, Guerre des Juifs, II, 488.
  81. A. Bernand, Alexandrie la Grande, p. 261.
  82. A. Bernand, Alexandrie la Grande, p. 262 et 263.
  83. A. Bernand, Alexandrie la Grande, p. 266 et 267.
  84. A. Bernand, Alexandrie la Grande, p. 264 à 266.
  85. A. Bernand, Alexandrie la Grande, p. 279.
  86. A. Bernand, Alexandrie la Grande, p. 286.
  87. A. Bernand, Alexandrie des Ptolémées, p. 62
  88. A. Bernand, Alexandrie des Ptolémées, p. 65 et 66.
  89. a et b Pierre Grandet, L’Égypte ancienne, Paris, Éditions du Seuil, 1996
  90. A. Bernand, Alexandrie la Grande, p. 302 et 303.
  91. A. Bernand, Alexandrie la Grande, p. 290 et 291.
  92. A. Bernand, Alexandrie la Grande, p. 292 et 293
  93. A. Bernand, Alexandrie la Grande, p. 293 à 295
  94. A. Bernand, Alexandrie la Grande, p. 295 à 297.
  95. A. Bernand, Alexandrie la Grande, p. 297 et 298.
  96. A. Bernand, Alexandrie la Grande, p. 298 et 299.
  97. A. Bernand, Alexandrie la Grande, p. 299 à 301.
  98. A. Bernand, Alexandrie la Grande, p. 302 et 303.
  99. A. Bernand, Alexandrie la Grande, p. 287.
  100. Strabon, Géographie, XVII, 1.
  101. A. Bernand, Alexandrie la Grande, p. 288 à 290.
  102. A. Bernand, Alexandrie la Grande, p. 127.
  103. A. Bernand, Alexandrie des Ptolémées, p. 96 et 97.
  104. André Bernard, Alexandrie la Grande, « Le quartier royal ne faisait qu’un, pour ainsi dire, avec le Musée. », p. 131-132 et 156-157
  105. C. Grandjean, G. Hoffmann, L. Capdetrey, J-Y. Carrez-Maratray, op. cit., p. 107.
  106. A. Gersende E. Boës P. Georges A. Schmitt P. Sabatier, « Pratiques funéraires », Centre d'Études Alexandrines, consulté le 2 avril 2015. URL : http://www.cealex.org/sitecealex/navigation/FENETR_NAVetudes_F.htm.
  107. Jean-Yves Empereur, "La nécropole de Gabbari à Alexandrie (information)" in Comptes rendus des séances de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, 142e année, No. 1, 1998. p. 159.
  108. C. Grandjean, G. Hoffmann, L. Capdetrey, J-Y. Carrez-Maratray, op. cit., p. 106.
  109. a b et c L. Martinez-Seve, op. cit.
  110. Jean-Yves Empereur, "La nécropole de Gabbari à Alexandrie (information)" in Comptes rendus des séances de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, 142e année, No. 1, 1998. p. 155-162.
  111. J-Y. Empereur, "La nécropole de Gabbari à Alexandrie (information)" dans Comptes rendus des séances de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, 142e année, No. 1, 1998. p. 155-162.
  112. "Nécropole" in Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition, 1932-1935
  113. A. Bernand, Alexandrie la Grande, p. 174.
  114. M. Rodziewicz, "Le débat sur la topographie de la ville antique", dans Alexandrie entre deux mondes, Aix, Edisud, 1987, p. 38 à 48.
  115. A. Bernand, Alexandrie la Grande, p. 98.