Histoire contemporaine (Anatole France)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Couverture du premier tome

Sur les autres projets Wikimedia :

L’Histoire contemporaine est une tétralogie d'Anatole France parue entre 1897 et 1901. Elle comprend :

Parution[modifier | modifier le code]

Histoire contemporaine a d'abord paru sous la forme de feuilletons dans la Revue de Paris, l'Echo de Paris et le Figaro. Les premiers feuilletons étaient intitulés Nouvelles ecclésiastiques. A. France ne reprit pas dans les romans l'ensemble de ces feuilletons ; certains furent édités à part, comme L'Affaire Crainquebille, qui devint Crainquebille.

Style et ton de l'œuvre[modifier | modifier le code]

A. France met son style ironique et spirituel au service de l'anticléricalisme de l'époque. Mais l'œuvre s'apparente également en de nombreux passages à un dialogue philosophique, genre qu'affectionait l'auteur. L'Histoire contemporaine est également réputée pour ses épisodes graveleux écrits dans un style dont on a pu dire qu'il suggérait les gauloiseries les plus osées, sans employer un seul mot obscène.

Histoire[modifier | modifier le code]

Autour d'un universitaire, dans une ville non identifiée qui est une synthèse des villes de province, une tétralogie satirique de la société française sous la Troisième république, du boulangisme au début du XXe siècle.

Le premier volume est pour une bonne part un récit d'intrigues ecclésiastiques, avant même que Lucien Bergeret n'apparaîsse vers le milieu du roman. Le personnage, son existence domestique et intellectuelle médiocre, deviennent alors le centre du récit du deuxième volume. Volubile et érudit, exprimant des idées pessimistes et amères sur les hommes et leur histoire, M. Bergeret discute de tout sujet (la justice, la peine de mort, les gouvernements, les scandales financiers, etc.) chez son libraire préféré, fuyant les tracas d'un mariage malheureux. Il est une version moderne de Jérôme Coignard, prêtre bavard et érudit, qui fréquentait lui aussi les libraires.

Citations[modifier | modifier le code]

« — Monsieur l'abbé, je vais vous dire une grande vérité : tant que l'Etat se contente des ressources que lui fournissent les pauvres, tant qu'il a assez des subsides que lui assurent, avec une régularité mécanique, ceux qui travaillent de leurs mains, il vit heureux, tranquille, honoré ; les économistes et les financiers se plaisent à reconnaître sa probité ; mais, dès que ce malheureux Etat, pressé par le besoin, fait mine de demander de l'argent à ceux qui en ont, et de tirer des riches quelque faible contribution, on lui fait sentir qu'il commet un odieux attentat, viole tous les droits, manque de respect à la chose sacrée, détruit le commerce et l'industrie, et écrase les pauvres en touchant aux riches. On ne lui cache pas qu'il se déshonore. » L'Orme du mail - XIII

« — Tous les partis qui se trouvent exclus du gouvernement réclament la liberté parce qu'elle fortifie l'opposition et affaiblit le pouvoir. Pour cette même raison, le parti qui gouverne retranche autant qu'il peut sur la liberté. Et il fait, au nom du peuple souverain, les lois les plus tyranniques. Car il n'y a point de charte qui garantisse la liberté contre les entreprises de la souveraineté nationale. Le despotisme démocratique n'a point de bornes en théorie. Dans le fait et à ne considérer que le temps présent, je reconnais qu'il est médiocre. » Le Mannequin d’osier - XVII

Anecdotes[modifier | modifier le code]

La citation "Ne sois pas de mauvaise foi: tu sais que nous n'en avons pas, de politique extérieure, et que nous ne pouvons pas en avoir." (dans Le Mannequin d'osier) est inscrite sur la couverture de l'essai de Charles Maurras Kiel et Tanger.

Consulter les livres[modifier | modifier le code]

La préface de François Taillandier à l'édition de poche [1] parue en 2004 à La Table Ronde, (Collection "La petite Vermillon" ISBN 2-7103-2663-9 EAN 9782710326632) situe cette œuvre majeure dans son époque et s'interroge sur la relative - et injuste - désaffection à son égard.