Hirondelle bicolore

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Tachycineta bicolor

image illustrant les oiseaux
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L'Hirondelle bicolore (Tachycineta bicolor) est une espèce de passereaux appartenant à la famille des Hirundinidae.

Description[modifier | modifier le code]

Distribution de l'Hirondelle bicolore en Amérique du Nord. En jaune: zone de reproduction, en bleu: zone d'hivernage, en orange: zone de passage migratoire.

L’hirondelle bicolore est un passereau migrateur nichant en Amérique du Nord et hivernant au Mexique, en Amérique centrale et dans les Caraïbes. Il mesure environ 13,5 cm et pèse environ 20 g. Il vit en moyenne 2,7 ans et certains atteignent 8 ans [1]. Cet oiseau a le dos bleu-vert iridescent, la poitrine blanche et le bec noir. La femelle est légèrement plus verte et terne que le mâle. Il est nicheur cavicole secondaire, c’est-à-dire qu’il niche dans des trous que d’autres oiseaux ont déjà formés dans des arbres morts (exemple : pic, canard) et s’accommode bien de nichoirs artificiels [2]. Il est insectivore aérien, il préfère les habitats ouverts comme les plans d’eau et les champs agricoles [2]. Cet oiseau fait partie du groupe des oiseaux des prairies, le groupe d’oiseaux ayant subi le plus fort déclin en Amérique du Nord depuis 1970. L’hirondelle bicolore subit au Québec un déclin de 4 % par année depuis 1970 [3].

Nidification[modifier | modifier le code]

L’hirondelle bicolore est la première hirondelle à arriver au Québec [4]. La raison est qu’elle est la seule à pouvoir s’alimenter d’autre chose que des insectes, comme les baies du myrique beaumier [2]. Le mâle arrive avant la femelle, et revient souvent au même territoire année après année. La femelle est moins philopatrique [5]. Ainsi, plus souvent les individus ne forment pas le même couple année après année [6].

Nid typique de l'Hirondelle bicolore. Ici, une femelle de plus d'un an incube ses œufs.

Comme l’hirondelle est un nicheur cavicole secondaire, les sites de nidification sont plutôt rares, ainsi elle a un comportement agressif envers les autres individus lors de la nidification (les mâles comme les femelles) [2]. Une fois le couple formé, la femelle entreprend la construction du nid seule (avec des herbes séchées en grande partie), et le mâle peut ajouter la touche finale par des plumes de d’autres espèces qu’il va chercher aux alentours, par exemple des plumes de goéland et de dindon. Les mâles semblent jouer entre eux avec les plumes en vol [2]. Lorsqu’on laisse tomber une plume près d’un mâle, il tend à aller la chercher en vol.

La femelle pond entre 4 et 6, rarement 7, œufs blancs. Elle pond ses œufs le matin, à raison de 1 par jour. La fertilisation se fait par le mâle du couple, mais aussi avec d’autres mâles des environs. La femelle a été observée s’éloigner jusqu’à 10km de son nichoir durant sa période fertile [7], ainsi les reproductions hors couple peuvent se faire relativement loin. La femelle semble contrôler les reproductions hors couple, puisqu’elle a été vue les solliciter mais aussi exprimer un refus de copulation (en soulevant la queue) sans agression de la part du mâle [8].

Oisillon probablement âgé d'environ 20 jours prêt à s'envoler

Les oisillons sont nidicoles, donc naissent sans plumes et très petits, après environ 14-15 jours d’incubation. Ils prennent environ 16-22 jours gagner une vingtaine de grammes et s’envoler [2]. Le mâle et la femelle se partagent la tâche des soins aux oisillons (apport d’insectes et retrait des fientes hors du nid). Le mâle effectue des soins même si tous les oisillons ne sont parfois pas les siens. En moyenne, 50% des jeunes de la nichée sont les siens, et 85% des nichées contiennent au moins 1 oisillon hors couple [9]. Il s’agit donc d’une des espèces avec le plus grand taux de reproductions hors couple observé chez les oiseaux [10].

Plumage[modifier | modifier le code]

On observe un dichromatisme sexuel entre les mâles et les femelles. Les femelles sont plus vertes et moins brillantes que les mâles [2]. La coloration iridescente de l’Hirondelle est formée par la microstructure de la plume. La superposition d’une couche mince et uniforme de granules de mélanine sous une couche de kératine dans les barbules des plumes [11] amène le phénomène physique appelé «interférence par couches minces». C’est le même phénomène qui crée la coloration observée sur une bulle de savon ou sur de l’huile sur de l’eau.

Maturation retardée du plumage chez une femelle brune de un an. On peut parfois observer une légère teinte verte chez ces femelles.

Les femelles ont une particularité appelée la maturation retardée du plumage [12]. Les femelles âgées d’un an ont un plumage brun similaire à celui des jeunes de l’année, parfois avec une légère coloration verte. Il est proposé que ce plumage brun diminue les agressions faites par les autres femelles. Cette espèce est une des rares chez qui on observe ce phénomène chez les femelles.

Des études ont été faites sur la sélection sexuelle de la coloration chez les mâles. Les mâles plus brillants ont plus de jeunes hors couple, c’est-à-dire des jeunes produits dans d’autres nids que le sien [13]. Les femelles plus vertes et moins brillantes ont un meilleur succès reproducteur [14].

La mue s’effectue durant l’automne, parfois certaines plumes de la couronne muent durant l’hiver [2].

Reconnaître le mâle de la femelle[modifier | modifier le code]

Une mâle (à gauche) et une femelle brune âgée d'un an (à droite) Hirondelle bicolor

Par la couleur seulement, il est possible de distinguer les femelles d’un an brunes des autres (femelles de 2 ans et mâles). Lorsqu’on a affaire à un mâle et une femelle tous deux iridescents, on ne doit pas se fier seulement à la couleur, puisque certaines femelles peuvent être aussi bleues et brillantes que certains mâles. Il faut se fier aussi à ces autres critères [15] :

-         Le mâle est plus gros et a souvent les plumes hérissées (particulièrement celles de la couronne) et a souvent la poitrine d’un blanc plus éclatant;

-         Le mâle est plus constamment perché sur le nichoir et attaque plus les intrus entrant dans une zone de 15 m du nichoir;

-         La femelle iridescente peut avoir une bande de plumes brunes autour du bec.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Butler, R.W., « Population Dynamics and Migration Routes of Tree Swallows, Tachycineta bicolor, in North America. », Journal of field Ornithology, no 59,‎ , p. 395-402
  2. a, b, c, d, e, f, g et h « Tree Swallow — Birds of North America Online », sur bna.birds.cornell.edu (consulté le 19 janvier 2016)
  3. « Patuxent Bird Identification and Breeding Bird Survey Results », sur www.mbr-pwrc.usgs.gov (consulté le 19 janvier 2016)
  4. « Carte de répartition eBird--Hirondelle bicolore », sur ebird.org (consulté le 20 janvier 2016)
  5. (en) Winkler, D.W. et al, « Breeding Dispersal and Philopatry in the Tree Swallow. », The Condor, no 106,‎ , p. 768-776
  6. (en) Llambias, P.e", Wrege, D. and Winkler, D. W., « Effects of site fidelity and breeding performance on mate retention in a short-lived passerine, the tree swallow Tachycineta bicolor », Journal of Avian Biology, no 39,‎ , p. 493-499 (DOI 10.1111/j.2008.0908-8857.04274.x)
  7. (en) Dunn, P.O. and Whittingham, L.A., « Radio-tracking of female Tree Swallows prior to egg-laying. », Journal of Field Ornithology, no 76,‎ , p. 259-263
  8. (en) Venier, L. et al., « Behavioural patterns of extra-pair copulation in tree swallows. », Animal Behaviour, no 45,‎ , p. 4112-415
  9. (en) Andréanne Lessard, Audrey Bourret, Marc Bélisle et Fanie Pelletier, « Individual and environmental determinants of reproductive success in male tree swallow (Tachycineta bicolor) », Behavioral Ecology and Sociobiology, vol. 68,‎ , p. 733-742 (ISSN 0340-5443 et 1432-0762, DOI 10.1007/s00265-014-1686-y, lire en ligne)
  10. (en) Griffith, S.C., Owens, I.P.F. and Thuman, K., « . Extra pair paternity in birds : a review of interspecific variation and adaptative function. », Molecular Ecology, no 11,‎ , p. 2195-2212
  11. Chad M. Eliason et Matthew D. Shawkey, « Rapid, reversible response of iridescent feather color to ambient humidity », Optics Express, vol. 18,‎ , p. 21284-21292 (ISSN 1094-4087, PMID 20941024, lire en ligne)
  12. (en) Lozano, G and Handford, P., « A Test of an Assumption of Delayed Plumage Maturation Hypotheses Using Female Tree Swallows. », the Wilson Bulletin, no 107,‎ , p. 153-164
  13. Pierre-Paul Bitton, Erin L. O'Brien et Russell D. Dawson, « Plumage brightness and age predict extrapair fertilization success of male tree swallows, Tachycineta bicolor », Animal Behaviour, vol. 74,‎ , p. 1777-1784 (DOI 10.1016/j.anbehav.2007.03.018, lire en ligne)
  14. (en) Bentz, A.B. and Siefferman, L., « Age-dependent relationships between coloration and reproduction in a species exhibiting delayed plumage maturation in females. », Journal of Avian Biology, no 44,‎ , p. 80-88
  15. (en) Cohen, R, « Criteria for distinguishing breeding male tree swallows from brightly colored females prior to capture. », North American Bird Bander, no 9,‎ , p. 2-3

Liens externes[modifier | modifier le code]

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