Heures de Spinola

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Livre d'heures de Spinola
Master of James IV of Scotland (Flemish, before 1465 - about 1541) - The Holy Trinity Enthroned - Google Art Project.jpg

La Sainte Trinité en gloire, f. 10v.

Artiste
Date
vers 1510-1520
Technique
enluminures sur parchemin
Dimensions (H × L)
23,2 × 16,6 cm
Format
312 folios reliés
Localisation
Numéro d’inventaire
MS. Ludwig IX 18

Les Heures de Spinola sont un livre d'heures manuscrit, enluminé en Flandre vers 1510-1520. Des artistes regroupés jadis sous le nom d'école ganto-brugeoise en ont peint les 88 miniatures. Après avoir appartenu à la famille Spinola de Gênes, l'ouvrage est aujourd'hui conservé au J. Paul Getty Museum de Los Angeles.

Historique[modifier | modifier le code]

L'identification du commanditaire est très complexe car le manuscrit ne contient aucune marque distinctive. Plusieurs pages présentent des écus portant une croix d'or sur champ d'azur. Mais rien ne permet d'identifier leur propriétaire et il pourrait =s'agird'armes fictives. Autour des années 1515, Gerard Horenbout, à qui on attribue la conception globale de l'iconographie, était au service de Marguerite d'Autriche. Il a certainement peint pour elle d'autres livres d'heures. Par ailleurs, l'ouvrage pourrait avoir suivi le même parcours que Les Très Riches Heures du duc de Berry, dont on suppose qu'elles ont appartenu à l'archiduchesse et qui ont, elles aussi, figuré dans les collections de la Famille Spinola. Sans aucune certitude, Marguerite d'Autriche pourrait donc avoir commandé le manuscrit[1].

La datation du livre et son origine géographique s'avèrent tout aussi problématiques. Seule une prière à Léon X, devenu pape en 1513, fournit une date ante quem non. Par ailleurs, la carrière de certains des artistes employés a dû se terminer au plus tard dans les années 1520, ce qui donne une fourchette de réalisation. Enfin, ces peintres ont travaillé entre Gand et Bruges sans qu'on puisse rien préciser d'autre, ce qui ne permet pas de déterminer le lieu de fabrication[1].

Au XVIIIe siècle, la présence du manuscrit est attestée dans les collections de la famille Spinola de Gênes, dont les armes apparaissent sur la reliure. Le , l'ouvrage est mis en vente à Londres chez Sotheby's et acheté par Irene et Peter Ludwig (de), collectionneurs et mécènes d'Aix-la-Chapelle. En 1983, leurs manuscrits sont acquis par le J. Paul Getty Museum [1].

Description[modifier | modifier le code]

Le manuscrit contient les textes traditionnels d'un livre d'heures contemporain. Il est décoré d'une peinture à pleine page mais surtout de 70 miniatures occupant les trois quart d'une page, au-dessus d'une portion de texte. Pas moins de 63 scènes marginales historiées complètent l'illustration. Le calendrier comporte 12 bas de page illustrés et des scènes incluses dans un décor d'architecture[1].

Attribution des miniatures[modifier | modifier le code]

Dans les miniatures du manuscrit, on distingue plusieurs mains[1] :

  • le Maître de Jacques IV d'Écosse, généralement identifié comme Gerard Horenbout. C'est sans doute lui qui a supervisé la décoration. Il a peint les 14 scènes des Heures de la semaine, au début de l'ouvrage, 5 miniatures des Heures de la Vierge et 6 Suffrages des Saints ;
  • le Maître du Livre de prières de Dresde, auteur de 2 miniatures au début des Heures de la Vierge (laudes et prime) ;
  • le Maître des Livres de prières vers 1500, qui a peint une miniature en double page des Heures de la Vierge (tierce, f. 125v-126r) ;
  • le Maître de la Bible de Lübeck, à qui sont attribués le Couronnement de la Vierge (f. 153v), David en prière (f.166), l'Assomption de la Vierge (f. 247), les marges historiées de 4 pages (f. 83v, 84, 153v, 166) et 3 saints des Suffrages (f. 258v, 261v, 272v) ;
  • l'atelier du Maître de l'Ancien Livre de prières de Maximilien Ier, habituellement assimilé à Alexander Bening, qui a réalisé la plupart des autres miniatures : Salvator mundi (f. 9), la Vierge à l'Enfant (f. 239v) et les autres saints des Suffrages.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Scot McKendrick et Thomas Kren, Illuminating the Renaissance : The Triumph of Flemish Manuscript Painting in Europe, Los Angeles, Getty Publications, , 591 p. (ISBN 978-0-89236-704-7, lire en ligne), p. 414-417 (notice 124)
  • (en) Thomas Kren, Elizabeth C. Teviotdale, Adam S. Cohen, Kurtis Barstow, Masterpieces of the J. Paul Getty Museum: Illuminated Manuscripts, Getty Publications, , 128 p. (ISBN 9780892364466), p. 117 (notice 50)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d et e Illuminating the Renaissance, p.414-417