Heteroptera

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Hétéroptères, Punaises

Le sous-ordre des hétéroptères (Heteroptera) ou punaises, appartient à l'ensemble des insectes ptérygotes hétérométaboles, possédant un appareil buccal de type piqueur-suceur, deux paires d'ailes — les ailes postérieures sont membraneuses alors que les antérieures sont partiellement cornées —, et des antennes longues.

Ce sous-ordre comprend 90 familles regroupant plus de 42 000 espèces[1] collectivement désignées sous le nom de punaises, qu'elles soient terrestres ou aquatiques. La plus connue de ces familles est sans doute celle des pentatomidés.

Milieu de vie[modifier | modifier le code]

Les entomologues distinguent les hydrocorises (du grec kóris, « punaise » et hydro, « eau ») qui ont un mode de vie sous la surface de l'eau, et les géocorises (en) (du grec geo, « terre »), punaises terrestres ou aquatiques de surface[2].

Alimentation[modifier | modifier le code]

La plupart des punaises se nourrissent de sèves végétales grâce à leur appareil buccal piqueur-suceur.

Certaines espèces sont des parasites hématophages des vertébrés, telle la punaise des lits ou les représentants du genre Triatoma, vecteurs de la maladie de Chagas telles la vinchuca (Triatoma infestans) et Triatoma protracta.

Les punaises, comme d'autres arthropodes peuvent abriter des bactéries symbiotes, qui leur fournissent des oligo-éléments ou vitamines qu'elles ne peuvent synthétiser, ou qui sont impliquées dans leur digestion. Par exemple, des mycobactéries du genre Rhodoccocus sont observées chez les punaises triatomes vectrices de la maladie de Chagas (et chez un autre arthropode piqueur, la tique Ixodes ricinus[3]). Elles jouent un rôle dans la physiologie du repas sanguin.

Reproduction[modifier | modifier le code]

Le mécanisme de castration chimique existe chez les punaises, notamment Lygus hesperus (en) : lors de l'accouplement, le mâle transfère à la femelle un composé répulsif avec son spermatophore, l'acétate de myristyle qui a une fonction anaphrodisiaque, la femelle perdant alors son pouvoir de séduction[4].

Odeur[modifier | modifier le code]

Orifice des glandes odorantes (au-dessus de la base des pattes postérieures) chez Coreus marginatus.

L'« odeur de punaise » est caractéristique de certaines espèces qui font partie des Pentatomes (punaises à bouclier). Ces punaises possèdent sur le thorax des glandes odoriférantes produisant une substance pouvant être perçue comme malodorante. Elles sont également qualifiées de « glandes répugnatoires » en raison de leurs propriétés répulsives.

Systématique[modifier | modifier le code]

Les infra-ordres d'Heteroptera[modifier | modifier le code]

La classification des hétéroptères en sept infra-ordres est reconnu depuis les travaux de Schuh en 1979, qui a réanalysé, selon une approche cladistique, les données collectées par Cobben en 1978 sur l'évolution des appareils buccaux et les méthodes d'alimentation[5],[6].

Bien que la monophylie des sept infra-ordres a été démontré par une étude moléculaire[7], leur relation de parenté n'est pas encore pleinement établie et plusieurs hypothèses phylogénétiques restent à confirmer[8].

Selon ITIS (16 janv. 2013)[9] et Weirauch & Schuh (2011)[8] :

Liste de familles[modifier | modifier le code]

Selon World Register of Marine Species (16 janv. 2013)[10] :

Selon Paleobiology Database (16 janv. 2013)[11] :

Taxons non classés[modifier | modifier le code]

Selon NCBI (16 janv. 2013)[12] :

Principaux taxons[modifier | modifier le code]

Eucorysses grandis
Punaise de lit (Cimex lectularius)

Selon[réf. nécessaire]

Familles de punaises associées aux milieux aquatiques :


Écologie[modifier | modifier le code]

Agroscope signale une augmentation des signalements de punaises (Heteroptera) dans les cultures. Il s'agit en particulier de punaise ornée du chou Eurydema et autres punaises des brassicacées, de punaise des baies Dolycoris baccarum, et de punaises ternes Lygus. Leur prolifération est attribuée au réchauffement climatique[13].

Autre[modifier | modifier le code]

La punaise diabolique (Halyomorpha halys) (12 à 17 mm de long) est originaire d'Extrême-Orient mais observée dans la région zurichoise. L'insecte s'attaque surtout aux fruits et aux feuilles des abricotiers, cerisiers, pruniers et pommiers et se multiplie « plutôt lentement ». Elle apprécie aussi les arbustes (arbre aux papillons, buisson ardent et chèvrefeuille) et peut pulluler dans les maisons où elle hiverne[14]. La punaise diabolique est arrivée en France par l'Alsace et cause de nombreux dommages dans les vergers. Son élimination par les pesticides est relativement compliqué car l'espèce possède de nombreuses résistances aux traitements.

Aspects culturels[modifier | modifier le code]

  • Les Français utilisent parfois l'exclamation « punaise ! » pour exprimer un sentiment de surprise aussi bien positif que négatif (expression familière, substitut édulcoré de l'interjection « putain ! »).
  • Une « punaise de sacristie » est une personne dévote très attachée à l'Église (expression familière).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Weirauch, C., Schuh, R.T., Cassis, G. et Wheeler, W.C., « Revisiting habitat and lifestyle transitions in Heteroptera (Insecta: Hemiptera): insights from a combined morphological and molecular phylogeny. », Cladistics, vol. 35, no 1,‎ , p. 67-105 (DOI 10.1111/cla.12233).
  2. Raymond Poisson, Faune de France. Hétéroptères aquatiques, vol. 61, Paul Lechevalier, , p. 2
  3. Halos et al., 2006.
  4. (en) C. S. Brent et J. A. Byers, « Female attractiveness modulated by a male-derived antiaphrodisiac pheromone in a plant bug », Animal Behaviour, vol. 82, no 5,‎ , p. 937-943
  5. (en) Panizzi, Antônio R. et Grazia, Jocélia, « Introduction to true bugs (Heteroptera) of the neotropics. », dans True bugs (Heteroptera) of the neotropics, Dordrecht, Springer, (lire en ligne), p. 4.
  6. (en) Schuh, Randall T., « The Influence of Cladistics on Heteropteran Classification », Annual Review of Entomology, vol. 31, no 1,‎ , p. 67-93 (DOI 10.1146/annurev.ento.31.1.67, lire en ligne).
  7. (en) Xie et al., « 18S rRNA hyper-elongation and the phylogeny of Euhemiptera (Insecta: Hemiptera) », Molecular phylogenetics and evolution, vol. 47, no 2,‎ (lire en ligne).
  8. a et b (en) Weirauch, C. & Schuh, R.T., 2011. Systematics and Evolution of Heteroptera: 25 Years of Progress. Annual Review of Entomology, 56, 487-510. Article en ligne
  9. ITIS, consulté le 16 janv. 2013
  10. World Register of Marine Species, consulté le 16 janv. 2013
  11. Fossilworks Paleobiology Database, consulté le 16 janv. 2013
  12. NCBI, consulté le 16 janv. 2013
  13. Cornelia Sauer, Matthias Lutz, Serge Fischer, Lucia Albertoni, Mauro Jermini et Samuel Hauenstein, « Augmentation des signalements d’attaques de diverses espèces de punaises en cultures maraîchères », Extension cultures maraîchères, Agroscope,‎ , p. 3 (info_22_2019_e.pdf)
  14. Vincent Albouy, Des insectes en ville, éditions Quæ, , p. 95.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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