Hervé Gourdel

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Gourdel.
 Ne doit pas être confondu avec l'illustrateur Hervé Gourdet.
Hervé Gourdel
Naissance
Nice (France)
Décès (à 55 ans)
Tikjda Algérie
Nationalité Drapeau de la France Française
Pays de résidence France
Profession
Activité principale
Formateur d'AMM
Autres activités

Hervé Pierre Gourdel, né à Nice le 12 septembre 1959, est un guide de haute montagne français, mort le , décapité par des « Soldats du califat », un groupe djihadiste algérien né d'une scission d'AQMI et ayant prêté allégeance à l'État islamique.

Passionné de photographie (d'alpinisme entre autres) , il nourrit une passion pour l'enseignement des techniques de la montagne. Il sera plus tard fasciné par les montagnes d'Afrique du Nord et d'Orient.

Biographie[modifier | modifier le code]

Guide de haute montagne, il fonde en 1987 Escapade, le Bureau des guides du Mercantour situé à Saint-Martin-Vésubie[1],[2],[3].

Parallèlement à son activité professionnelle, ce passionné de photographie depuis son enfance, effectue de nombreux voyages dans l'Atlas marocain, et dans des pays comme le Vietnam, le Népal ou encore la Jordanie. Au sujet de la montagne, il déclare vivre une « passion dévorante » découverte très tôt grâce à son père[4]. Il a été formateur des premiers guides de montagne marocains[5] de 1987 à 1993[6].

De 1992 à 1994, il est représentant du Syndicat national des guides de montagne et membre à ce titre du jury de l'examen d'Accompagnateur en moyenne montagne (AMM). En 1995, il crée, avec Michel Bricola, Mercantour Formation qui organise des stages préparatoires à l'examen du Brevet d'État d'Accompagnateur en moyenne montagne en France[7],[8]. Entre 1995 et 1997, il a été président de la Compagnie des guides du Mercantour. Il enseigna dans l'Unité de formation no 3 « Moyenne montagne enneigée » d'AMM de 1999 à 2001 et en 2003[9].

Enlèvement et mort[modifier | modifier le code]

Mairie de Saint-Julien-Molin-Molette lors de l'hommage national à Hervé Gourdel en septembre 2014 (les drapeaux sont en berne).

Le , Hervé Gourdel et cinq randonneurs sont enlevés dans le massif du Djurdjura près du village d'Aït Ouabane, dans la commune d'Akbil. Hervé Gourdel est séquestré, alors que les cinq autres participants à la randonnée sont laissés libres après quatorze heures de séquestration, au motif qu'ils sont musulmans. Les « Soldats du califat en Algérie » revendiquent l'enlèvement et font allégeance à l'État islamique. Ils menacent de le tuer dans les 24 heures si la France ne cesse pas l'opération Chammal contre l'« État islamique » en Irak. Les compagnons sont accusés de coup monté, mais ils se défendent de façon plus ou moins convaincante en arguant que l'attestation de résidence nécessaire pour l'obtention du visa était établie en bonne et due forme, l'information de la présence d'un étranger étant donc publique et connue des forces de police. Les recherches de l'armée algérienne ne donnent rien, ni pour retrouver Hervé Gourdel, ni pour retrouver ses ravisseurs. Finalement, une lutte de pouvoir au sein du régime et une stratégie de pourrissement en Kabylie pourraient bien expliquer le contexte de la mort d'Hervé Gourdel[10].

Le gouvernement français refuse l'ultimatum et le 24 septembre 2014, les djihadistes de Jund al-Khalifa annoncent que l'otage a été décapité en diffusant son assassinat dans une vidéo intitulée Message de sang pour le gouvernement français. Sa captivité ne dura pas plus de trois jours, avant un assassinat dans la lignée de celles des journalistes américains James Foley et Steven Sotloff et de l'humanitaire britannique David Haines[11],[12],[13],[14],[15],[16],[17].

Il est le sixième Français séquestré puis assassiné par des djihadistes après Michel Germaneau, Denis Allex, Philippe Verdon, Ghislaine Dupont et Claude Verlon[18]. Hervé Gourdel est en revanche le premier Français dont la vidéo de l'assassinat est publiée sur YouTube. La précédente victime civile française d'une action terroriste en Algérie était Yann Desjeux, lors de la prise d'otages d'In Amenas, en janvier 2013.

À l'annonce de son assassinat et pour lui rendre hommage, Dalil Boubakeur, président du Conseil français du culte musulman (CFCM), appelle les « musulmans et leurs amis » à un rassemblement devant la Mosquée de Paris[19], auquel participent près de 500 personnes[20], de religion musulmane ou d'autres croyances, dont des personnalités publiques[21].

Du vendredi au dimanche , trois jours de mise en berne des drapeaux marquèrent le deuil national en hommage à Hervé Gourdel[22].

Son corps est retrouvé par l'armée algérienne le 15 janvier 2015 au lieu-dit Tabounecht, dans la commune d'Abi Youcef (wilaya de Tizi Ouzou), à une vingtaine de kilomètres du lieu de son exécution[23],[24],[25]. Sa dépouille a été rapatrié en France le 26 janvier 2015 à l'aéroport de Roissy Charles de Gaulle où un hommage lui a été rendu. Ses obsèques ont eu lieu le 30 janvier 2015 à Nice dans l'intimité familiale, avant d'être incinéré et ses cendres dispersées au sommet du Mont Gelas à 3143 mètres d'altitude dans le Massif du Mercantour.

En juin 2016, le ministre de la justice d'Algérie affirme que les assassins d'Hervé Gourdel ont été éliminés[26].

Distinction[modifier | modifier le code]

  • Chevalier de la Légion d'honneur à titre posthume[27]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Le village de montagne d’Hervé Gourdel en deuil », Libération, 25 septembre 2014.
  2. « Qui est Hervé Gourdel, l'otage français décapité en Algérie ? », Le Huffington Post, 24 septembre 2014.
  3. « Saint-Martin-Vésubie : le village d’Hervé Gourdel entre en “deuil” », Les Dernières Nouvelles d'Alsace, 25 septembre 2014.
  4. « Qui était Hervé Gourdel, le Français assassiné par des djihadistes en Algérie ? », Le Figaro, 24 septembre 2014.
  5. Hervé Galley, Montagnes du Maroc : Trekking et ski de randonnée, Éditions Olizane, 2012 (ISBN 2880864011), p. 8
  6. « Qui est Hervé Gourdel, l'otage français enlevé à Tizi Ouzou ? », RFI, 23 septembre 2014.
  7. Le Formateur, site de Hervé Gourdel.
  8. Guide du candidat, Syndicat national des accompagnateurs en montagne.
  9. Hervé GOURDEL, mercantourformation.com.
  10. Hervé Gourdel : Un assassinat qui soulève de nombreuses questions. Jean Sébastien Mora. Politis. 9 octobre 2014
  11. « Otage français en Algérie : recherches en cours pour retrouver Hervé Gourdel », Le Parisien, 23 septembre 2014.
  12. « Un Français enlevé dimanche soir dans l'est de l'Algérie », Libération, 22 septembre 2014.
  13. « Algérie : un Français enlevé par un groupe lié à l'Etat islamique », Le Parisien, 22 septembre 2014.
  14. « EN DIRECT. L'otage français en Algérie a été décapité par ses ravisseurs », tempsreel.nouvelobs.com, 24 septembre 2014.
  15. Ulysse Lefebvre, « Assassinat du guide Hervé Gourdel : la montagne touchée par la barbarie », Montagnes Magazine, 24 septembre 2014.
  16. « Confusion autour du sort des compagnons de l'otage français », france3-regions.francetvinfo.fr, 28 septembre 2014.
  17. [1]
  18. « Hervé Gourdel décapité : les précédents otages français exécutés depuis cinq ans », Le Huffington Post, 24 septembre 2014.
  19. « Assassinat d'Hervé Gourdel : “barbare”, “odieux”, “abject” », L'Humanité, 24 septembre 2014.
  20. En images : hommage à Hervé Gourdel devant la Grande mosquée de Paris, France 24, 26 septembre 2014.
  21. Youness Bousenna, « Hommage à Hervé Gourdel : “Daech, assassin ! Islam, pour la paix !” », L'Express, 26 septembre 2014.
  22. Article sur le site francetvinfo.fr
  23. Le corps de Hervé Gourdel retrouvé et déterré près de Tizi Ouzou
  24. Le Monde : Le corps d’Hervé Gourdel retrouvé à une vingtaine de kilomètres du lieu de son assassinat
  25. Corps de Gourdel. L’Armée publie les photos de la dépouille
  26. « L'Algérie affirme avoir éliminé les assassins d'Hervé Gourdel - RFI » (consulté le 28 juin 2016)
  27. L'otage assassiné, Hervé Gourdel, chevalier de la Légion d'honneur à titre posthume sur Le Parisien, 30 octobre 2014

Annexes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Articles connexes[modifier | modifier le code]