Hermione (1779)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Hermione.
Hermione
L’Hermione au combat naval de Louisbourg en 1781.
L’Hermione au combat naval de Louisbourg en 1781.

Autres noms « La frégate de la liberté »
Type Frégate de 12
Classe Concorde
Fonction Navire de guerre
Équipage 255 à 316 marins
Gréement Trois-mâts carré
Débuts 1779 (coule en 1793)
Longueur hors-tout 66 m (mât de pavillon compris)
Longueur de coque 46,50 m
Maître-bau 11,5 mètres
Tirant d'eau 4,94 m (5.78 ?)
Hauteur de mât 56,5 m (grand mât)
35 m (artimon)
Tirant d'air 46,9 m
Voilure 2 200 à 3 315 m2
Déplacement 1 166 tonnes à vide
Armement 26 canons de 12 livres
8 canons de 6 livres
Fabrication Coque en chêne
Architecte Henri Chevillard
Chantier Arsenal de Rochefort
Armateur Marine française
Pavillon Pavillon de la marine royale française Marine royale française
Pavillon de la Marine de la République française Marine de la République

L’Hermione est un navire de guerre français en service de 1779 à 1793. C'est une frégate de 12 (en référence au calibre de ses canons) portant 34 canons. Elle fait partie des frégates de la classe Concorde, construites à partir de 1777 à l'arsenal de Rochefort.

Elle est connue pour avoir conduit pour sa deuxième traversée le marquis de La Fayette aux États-Unis en 1780, lui permettant de rejoindre les insurgés américains en lutte pour leur indépendance.

C'est la seconde frégate portant ce nom mythologique dans la Marine française. Une troisième Hermione est construite sous le Premier Empire à l'arsenal de Lorient par la société des frères Crucy.

Carrière dans la marine royale et républicaine[modifier | modifier le code]

La maquette de l’Hermione.
Reconstitution d'un canon de 12 livres de l’Hermione.

L’Hermione est mise en chantier en 1778 à l'arsenal de Rochefort sur les plans d'Henri Chevillard, dit Chevillard Aîné. On est alors en pleine guerre d'indépendance américaine et les chantiers navals français, qui passent pour les meilleurs du monde[réf. nécessaire], fonctionnent à plein régime. La frégate est lancée en 1779, soit six mois après sa mise sur cale et est totalement achevée en à peine onze mois. Entre mai et décembre, le navire est testé avec succès dans le golfe de Gascogne sous le commandement du jeune lieutenant de vaisseau Louis-René-Madeleine de Latouche-Tréville (futur vice-amiral et commandant en chef de la marine de Napoléon). L’Hermione réalise alors une brillante campagne au large des côtes françaises, capturant avec audace plusieurs corsaires anglais et de nombreux navires marchands. Cinq jours avant son combat contre le HMS Québec, la Surveillante est sortie avec l'Hermione et d'autres navires espagnols pour accueillir la grande flotte franco-espagnole revenant de Saint-Domingue dont une petite partie allait rejoindre Brest.

La Fayette embarque du port de Pauillac sur le navire La Victoire (un monument commémore son départ) le 25 mars 1777 et met les voiles vers le port espagnol de Pasajes (en castillan) (Pasaia en basque, non loin de San Sébastian/Donostia) pour y charger fusils et munitions. Après une traversée de 54 jours, il débarque près de Georgetown en Caroline du Sud. Blessé lors de la bataille de La Brandywine, il retourne en France en février 1779. Il repart ensuite avec l'Hermione en 1780 et débarque à Boston pour annoncer l'envoi de renforts français au général Washington. L’Hermione appareille le 2 juin ; elle combat la frégate britannique Iris et subit d'importants dommages. En mai 1781, la frégate reçoit le jeune Congrès américain à son bord. Le 21 juillet 1781, elle combat à plusieurs reprises et avec succès aux côtés du vaisseau l’Astrée commandé par Jean-François de La Pérouse. L’Hermione est elle-même toujours commandée à cette époque par Latouche-Tréville (cf. combat du 21 juillet 1781).

En février 1782, alors que la guerre bascule en faveur des insurgés américains que Louis XVI soutient, la frégate regagne la France. Elle accompagne alors une flottille en direction de l'océan Indien pour renforcer l'escadre de Pierre André de Suffren dans le conflit avec les Britanniques pour le contrôle du golfe de Bengale. La paix est cependant rapidement signée et le navire retourne à Rochefort en avril 1784.

En 1793, la France révolutionnaire se mobilise, à force de levées en masse, pour faire face à la Première Coalition, tandis que l'Ouest du pays s'embrase. La guerre de Vendée bat son plein avec ses atrocités, vidant les ports de marins et d'officiers, devenus hostiles à la Convention. L’Hermione, amarrée à Nantes, reprend du service contre l'Angleterre, ennemie jurée de la France révolutionnaire après l'exécution du roi. Placée sous le commandement du récemment promu capitaine de vaisseau (et futur amiral) Pierre Martin, elle s’empare d’un corsaire puis est postée durant trois mois dans l’embouchure de la Loire pour appuyer les troupes républicaines contre les Vendéens. Le IVe jour complémentaire de l'an I de la République (20 septembre 1793), commandée par un équipage peu expérimenté, à peine sortie de l'estuaire de la Loire et par la faute d’un pilote local, la frégate sombre sur des rochers au large du Croisic, sur le plateau du Four. Une campagne de fouilles archéologiques, entreprise au cours de l'été 2005[1], permet de récupérer plusieurs objets, dont une partie du gouvernail, et de remonter l'ancre de quatre mètres de long et d'un poids d'une tonne et demie[2].

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

L’Hermione est une frégate ; c'est un bâtiment plus léger et plus maniable qu'un vaisseau. Rattachée à une escadre, elle doit servir d'éclaireur, de répétiteur de signaux, ou bien doit assister les vaisseaux désemparés dans la bataille. Employée seule, elle est utilisée pour faire des croisières et la guerre au commerce ennemi, ou, en temps de paix, pour effectuer diverses missions scientifiques ou d'exploration.

C'est un navire de 1 166 tonnes, avec une longueur de tête en tête de 66 m, une largeur au maître-couple de 11,5 m et de 5,78 m de creux. Elle peut embarquer 316 hommes. Elle compte trois mâts et sa voilure de route couvre plus de 2 200 m2 lui permettant d'atteindre une vitesse maximale de 14,5 nœuds.

Durant les essais de la réplique et malgré une confortable marge de sécurité, elle atteint sans peine 13 nœuds à l'allure du petit largue, alors que les calculs prévoyaient seulement 12 nœuds. Il s'avère que la forme de la coque est bien plus efficace qu'estimée, ce qui explique des performances nettement supérieures aux unités britanniques comparables de l'époque (Les Britanniques ne maîtrisaient pas aussi bien l'architecture navale que Chevillard, ou Sané, en France[réf. nécessaire]).

Elle est armée de trente-quatre canons, dont vingt-six tirant des boulets de douze livres (d'où le terme de « frégate de 12 ») et huit canons de huit livres postés sur les gaillards[3].

Elle dispose de trois ponts : le pont de gaillard, le pont de batterie et le faux-pont, ce dernier est sous le niveau de la mer et sous lu pont principal. Le premier sert à la manœuvre, le second à l'artillerie ainsi qu'aux repas et le troisième au repos,

L'Hermione (2014)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Hermione (2014).

Une réplique de l’Hermione de 1779 est construite à Rochefort à partir de 1997 et lancée[4] en eaux salées le [5].


Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Ultime plongée sur l'épave de l’Hermione », sur Mer et Marine,‎ (consulté le 18 juillet 2012).
  2. « L'ancre de l’Hermione retrouve l'air libre », sur Mer et Marine,‎ (consulté le 18 juillet 2012).
  3. Gérard Piouffre, Transcription du « Journal de la frégate du Roi l’Hermione de 32 canons, commandée par M. de Latouche, lieutenant de vaisseau », Heyrieux, J2P Éditions.
  4. « Après un faux départ, l'Hermione est sortie de son bassin dans la nuit. », sur www.sudouest.fr,‎ (consulté le 7 septembre 2014).
  5. « Video sur Youtube »

Annexes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Emmanuel de Fontainieu, Yves Gaubert, L’« Hermione », de Rochefort à la gloire américaine, Éditions de Monza, 2002 (ISBN 978-2908071955)
  • Robert Kalbach et Jean-Luc Gireaud, L’« Hermione » : Frégate des lumières, Paris, Éditions Dervy,‎ , 332 p. (ISBN 2-84454-319-7, présentation en ligne)
  • Deux voyages au temps de Louis XVI, 1777-1780 : la mission du baron de Tott en Égypte en 1777-1778 et le journal de bord de l'« Hermione » en 1780, Rennes, Presses de l'Université Rennes 2,‎ , 252 p. (ISBN 2-7535-0208-0)
  • Jean-Yves Delitte, L’« Hermione » : La Conspiration pour la Liberté, Glénat, 2009 (ISBN 978-2353570300)
  • Didier Georget, La Vie à bord de l'Hermione, Gulfstream Editeur,‎ (ISBN 978-2354880446)

Lien externe[modifier | modifier le code]