Hermann Muthesius

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Hermann Muthesius
Image dans Infobox.
Hermann Muthesius et sa femme Anna dans leur maison de Hammersmith vers 1900
Fonction
Construction officer (d)
Prusse
Biographie
Naissance
Décès
Sépulture
Cimetière évangélique de Berlin-Nikolassee (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Nom de naissance
Adam Gottlieb Hermann MuthesiusVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Formation
Realgymnasium (d) (jusqu'en )
Technische Hochschule Berlin (d) (-)Voir et modifier les données sur Wikidata
Activités
Fratrie
Karl Muthesius (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Conjoint
Enfants
Eckart Muthesius
Günther Muthesius (d)
Klaus Muthesius (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
A travaillé pour
Ministère du Commerce (en) (-), ambassade d'Allemagne au Royaume-Uni (-), Q101068404 (depuis ), Ende & Böckmann (d) (jusqu'en ), Paul WallotVoir et modifier les données sur Wikidata
Membre de
Maître
Titre honorifique
Geheimer Rat
Œuvres principales
Château de Wendgräben, The English House (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Nikolassee Grab Muthesius.JPG
Vue de la sépulture.

Adam Gottlieb Hermann Muthesius (né le à Großneuhausen près de Weimar et mort le 26 ou à Berlin), est un architecte allemand, également écrivain et diplomate – attaché culturel à l'ambassade d'Allemagne à Londres pendant plusieurs années –, qui fut l'un des promoteurs du mouvement Arts & Crafts britannique et un théoricien influent de l'architecture moderne.

Biographie[modifier | modifier le code]

Villa construite par Muthesius à Cassel – aujourd'hui une clinique.

En 1881, il s'inscrit à l'université de philosophie Friedrich-Wilhelm de Berlin.

En 1883, il quitte la philosophie pour l'architecture en étudiant à la Technische Hochschule de Berlin-Charlottenburg.

En 1887, il obtient son diplôme et devient architecte.

En 1907, il fonde le Deutscher Werkbund à Munich[1].

En 1909, il est associé à la construction de la cité-jardin de Hellerau.

En 1912, il acquiert une maison à Vitte sur l'île de Hiddensee (mer Baltique).

En , il meurt des suites d'un accident de la circulation, alors qu'il visitait un chantier à Berlin[2].

Il est le père de l'architecte Eckart Muthesius.

Théorie et réception[modifier | modifier le code]

Selon Muthesius : seule la standardisation comprise comme le résultat d'une saine concertation pourrait permettre de retrouver un goût sur et partagé par tous. Par conséquent, cela aurait entraîné une théorie axée sur le besoin universel. Ce courant se rapprocherait de la théorie de la création, théorie du geste créateur qui organise la pensée de l'architecte, de l'artiste et du concepteur de forme en un seul mouvement. (Voir le courant autour de la mise en forme Getzalt, de la composition Getzaltung qui aurait pu influencer l'école du Bauhaus après le retour de Muthesius de Londres en 1903 : le geste et la main.

Hermann Muthesius a développé les grandes lignes de la théorie du Deutscher Werkbund, qui a été fondé en 1907 par 12 artistes et 12 représentants de firmes industrielles allemandes, dans le but de développer la qualité du design allemand et d’« unir les artistes et les entreprises industrielles en vue de développer, par une association effective, le travail allemand dans le sens de la technique et du goût... ». Leur objectif commun est le “raffinement du travail industriel” [3]. Selon l'analyse de Muthesius, la standardisation est un aspect positif de la fabrication de masse qui permet de fournir des biens pour une population grandissante. Il faut aussi noter l’aspect nationaliste de sa proposition : allier les artistes et les entreprises industrielles afin de développer une oeuvre allemande qui unie technique et esthétique. (2) Cela mènera au développement d’un design allemand qui se soucie de la qualité. Muthesius fait aussi une analyse nuancée des débuts du capitalisme, il est conscient de l’offre grandissante et de la vente à profusion. Mais au contraire de William Morris, il ne s'oppose pas à l’industrie. Il propose d’améliorer le travail à la machine car il apporte “le confort et le bien-être.” Dans son essai de 1917, Muthesius dit : « En apportant au travail de la machine un peu seulement de l’ardeur et du dévouement que nous avions placés depuis un demi-siècle dans l’artisanat et ses techniques de travail manuel, nous réussirons alors à repousser toutes les inepties et à revaloriser le travail mécanique sous toutes ses formes, et nous lui permettrons ainsi de réaliser des produits parfaits dans tous les domaines, comme c’est le cas aujourd’hui pour les livres bien imprimés. » [4].

Œuvre[modifier | modifier le code]

Écrits[modifier | modifier le code]

Hermann Muthesius est l'auteur de plus de 500 publications. Son ouvrage le plus connu est Das englische Haus (E. Wasmuth, Berlin, 1904), une somme en trois volumes rééditée en 1999 et traduite en anglais.

Postérité[modifier | modifier le code]

La Muthesius-Kunsthochschule de Kiel.

L'École supérieure d'art de Kiel porte son nom.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Roger-Henri Guerrand. Muthesius Hermann (1861-1927), Encyclopædia Universalis, 2010, p. 1.
  2. Pierre Groppo, « À la recherche du maharaja perdu », Vanity Fair n°61, septembre 2018, p. 134-135.
  3. Voir ici : http://www.universalis-edu.com/encyclopedie/deutscher-werkbund
  4. Muthesius, H. (1917). Travail manuel et production de masse. Conférence donnée à Berlin publiée dans Midal, A. (2013). Design : l’anthologie. Saint-Étienne-Genève : Cité du Design - ÉSADSE - HEAD

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (de) Fedor Roth, Hermann Muthesius und die Idee der harmonischen Kultur : Kultur als Einheit des künstlerischen Stils in allen Lebensäusserungen eines Volkes, Gebr. Mann Verlag, Berlin, 2001, 310 p. (ISBN 3-7861-2330-6).
  • (de) Uwe Schneider, Hermann Muthesius und die Reformdiskussion in der Gartenarchitektur des frühen 20. Jahrhunderts, Wernersche, Worms, 2000, 334 p. (ISBN 3-88462-165-3).
  • (en) Kathleen James-Chakraborty (dir.), Bauhaus culture : from Weimar to the Cold War, University of Minnesota Press, Minneapolis, 2006, 246 p. (ISBN 978-0-8166-4688-3).
  • (fr) Lionel Richard, Encyclopédie du Bauhaus, Somogy, 1985, p. 19, 20, 230.
  • (fr) Gennaro Postiglione, 100 maisons pour 100 architectes, Taschen, 2008. (ISBN 9783822837870).

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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