Herluin

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Herluin
Image illustrative de l'article Herluin
Le sceau de l'abbaye du Bec en 1363 : la Vierge, l'Enfant Jésus et Herluin (mitré et crossé), entouré par l'inscription : « Sigillum conventus monasterii beate Marie de Becco Helluyny ».
Biographie
Naissance 995/997
Bonneville-Aptot
Ordre religieux Ordre de Saint-Benoît
Ordination sacerdotale par Herbert, évêque de Lisieux
Décès
Le Bec-Hellouin
Abbé de l'Église catholique
Bénédiction abbatiale par Herbert, évêque de Lisieux
Abbé du Bec
Précédent (création) Anselme de Cantorbéry Suivant
Autres fonctions
Fonction religieuse
Ermite
Moine
Prêtre
Fonction laïque
Chevalier du comte Gilbert de Brionne

Herluin (Herluinus[1]), vulgairement nommé Hellouin, né en 995/997 à Bonneville-Aptot, mort le , est un chevalier à la cour de Brionne et un bénédictin, fondateur de l’abbaye Notre-Dame du Bec[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Début de carrière: chevalerie et conversion[modifier | modifier le code]

Né vers 995/997, il appartient par sa naissance, suivant Mabillon, à la première noblesse de Normandie : Ansgot (mod. « Angot »), son père, était un conquérant viking danois, tandis que sa mère, Héloïse, était unie par des liens de parenté aux comtes de Flandre[1]. Herluin fut élevé sous le toit du comte Gilbert de Brionne.

Il se montra d’abord un vaillant soldat à qui le duc Robert lui-même accorda plus d’une marque d’estime. Plus tard, se trouvant mal payé de ses services par Gislbert, Herluin commença à prendre le métier des armes en dégoût. Un jour de 1034, au milieu d’une affreuse mêlée où il n’avait plus guère aucun espoir de salut, il fit le vœu de déposer le glaive, de quitter le siècle, et de revêtir l’habit des moines, s’il échappait à un aussi grand péril.

Fondation du Bec[modifier | modifier le code]

L’abbaye du Bec.

C’est pour remplir ce vœu que, peu de temps après, il se retira comme ermite pour s’installer dans un de ses domaines, autrefois nommé Burneville, et plus tard Bonneville[1], mais cependant attesté sous la forme Burnencvilla dans un texte de 1041 et qui prendra plus tardivement le nom de Bonneville-sur-le-Bec[2].

Rapidement rejoint par plusieurs compagnons, il jeta les fondements d’un monastère. Alors âgé de quarante ans, il n’ignorait pas moins les lettres sacrées que les lettres profanes : cependant, comme sa piété était ardente, sa générosité exemplaire, Herbert, évêque de Lisieux, dédicace le la chapelle construite par Herluin, le reçoit moine, l'ordonne prêtre et le bénit à la tête de la petite communauté. Il donne en 1034/1035, avec l'accord du duc, des biens lui appartenant. Il édifie le cloître et les bâtiments monastiques et la règle de Saint-Benoît est adoptée[1].

Bonneville était cependant un lieu d’un abord difficile, et manquant d’eau. Herluin et ses frères résolurent de le quitter, et, vers 1039, descendant la vallée du Bec pour aller s’établir à quelques milles plus loin, au confluent du Bec et de la Risle à Pont-Authou[1]. La nouvelle église, où ils demeurent près de vingt ans, qui prit le nom de l’un de ces ruisseaux, fut consacrée le et autour d’elle s’élève bientôt une des plus célèbres écoles abbatiales du Moyen Âge, où enseignent tour à tour, du temps même d’Herluin, Lanfranc et saint Anselme, futurs archevêques de Cantorbéry.

Le monastère connaît alors un essor important qui oblige les moines à se déplacer vers un emplacement beaucoup plus vaste. Cette fois, l’emplacement sera définitif et un village, qui porte son nom, se formera autour de l’abbaye : Le Bec-Hellouin, signifiant tout simplement « ruisseau d’Herluin ». Une seconde église y sera fondée.

Il commence la rédaction des coutumes du Bec au moment où Lanfranc devient prieur en 1045. Sous son abbatiat, 136 moines font profession au Bec. Il envoie des moines à Saint-Évroult, qui seront relevés de son autorité par le duc Guillaume en 1050. Il voit l'achèvement en 1073 de l'abbatiale du Bec, dédicacée le par Lanfranc, archevêque de Cantorbéry. Guillaume le Conquérant donne à cette occasion une charte de confirmation générale à l'abbaye[1].

De l’académie du Bec, sortirent le pape Alexandre II, Thibaut du Bec, archevêque de Cantorbéry, Guillaume Bonne-Âme, archevêque de Rouen, Guitmond, évêque d’Aversa et célèbre contradicteur de Bérenger de Tours, Arnost (en), Gundulf, Ernulf (en), évêques de Rochester, Turold de Brémoy, évêque de Bayeux, Yves, évêque de Chartres, Foulques de Dammartin, évêque de Beauvais, Gilbert Crispin, abbé de Westminster, etc.

Sarcophage sous verre d'Herluin, en haut de la nef dans la nouvelle église abbatiale.

Herluin meurt le avec à ses côtés Roger, abbé de Lessay[1]. Ses funérailles sont présidées par Gilbert Fitz Osbern, évêque d'Évreux[3]. Il est enterré dans la salle capitulaire[1]. On peut encore voir aujourd'hui les restes d'Herluin dans l’actuelle église abbatiale, ancien réfectoire du XVIIIe siècle, qui a été préservé de la destruction, et même de la profanation, par la commune révolutionnaire elle-même, par respect pour le premier abbé du Bec. On conserve également quelques manuscrits écrits au Bec du temps de l’abbé Herluin.

Sa fête est le 26 août.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f, g, h et i Véronique Gazeau (préf. David Bates et Michel Parisse), Normannia monastica (Xe-XIIe siècle) : II-Prosopographie des abbés bénédictins, Caen, Publications du CRAHM, , 403 p. (ISBN 978-2-902685-44-8), p. 7-9
  2. François de Beaurepaire, Les noms des communes et anciennes paroisses de l'Eure, éditions Picard, Paris, 1981, p. 70.
  3. Pierre Bouet et François Neveux, Les évêques normands du XIe siècle : Colloque de Cerisy-la-Salle (30 septembre - 3 octobre 1993), Caen, Presses universitaires de Caen, , 330 p. (ISBN 2-84133-021-4), « Les évêques normands de 985 à 1150 », p. 19-35

Sources[modifier | modifier le code]

  • Ferdinand Hoefer, Nouvelle Biographie générale, t. 24, Paris, Firmin-Didot, 1858, p. 348-9.