Herbert Sobel

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Herbert Sobel
Herbert Sobel
Herbert Sobel

Naissance
Chicago (Illinois)
Décès (à 75 ans)
Chicago (Illinois)
Origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Allégeance Seal of the United States Army National Guard.svg Army National Guard
USAMPC-Regimental-Insignia.png US Military Police Corps
Emblem of the United States Department of the Army.svg US Army
Arme Infanterie
Grade US-O5 insignia.svg Lieutenant-colonel
Années de service 1940-1953
Conflits Seconde Guerre mondiale
Guerre de Corée
Commandement Easy Company
Distinctions Bronze Star

Herbert Sobel (26 janvier 1912 à Chicago - 30 septembre 1987 dans la même ville) est un officier de l'US Army. Parachutiste de la 101e division aéroportée, il est le premier commandant de la célèbre Easy Company. Connu pour ses méthodes extrêmement dures, il s'attire l'antipathie de ses hommes et est écarté du commandement. Assigné à des tâches d'intendance, il passe la seconde guerre mondiale sans combattre puis reprend brièvement du service pendant la guerre de Corée. Connaissant de graves problèmes personnels, il meurt isolé en 1987.

Biographie[modifier | modifier le code]

Avant-guerre[modifier | modifier le code]

Herbert Sobel naît le 26 janvier 1912 à Chicago dans l'Illinois. Diplômé en architecture à l'université d'Illinois, il n'exerce cependant pas et devient vendeur de vêtements[1]. Fréquentant la Culver Military Academy, il sert ensuite pendant neuf ans dans la garde nationale puis dans la police militaire à Fort Riley au Kansas[1]. Son expérience l'amenant à intégrer l'armée d'active, il est engagé en 1940 avec le grade de second-lieutenant.

Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Volontaire pour servir dans les nouvelles troupes aéroportées, Sobel est promu premier-lieutenant et muté à Toccoa en Géorgie où il rejoint les rangs du 506e régiment d'infanterie parachutée (506th PIR)[2]. Mis à la tête de la Easy Company du régiment, il en est le premier membre et est chargé d'assurer la formation et l'entraînement des hommes en vue d'un futur déploiement en Europe ou dans le Pacifique. Sobel se fait alors connaître pour ses méthodes extrêmement dures et méprisantes pour les soldats. Excellent organisateur et gestionnaire, il est promu capitaine par le colonel Sink qui commande le 506th PIR, mais s'attire l'animosité de ses subordonnés qu'il sanctionne à longueur de temps pour des infractions mineures, voire imaginaires[2]. Il s'oppose particulièrement au lieutenant Dick Winters, un des chefs de peloton de sa compagnie, en qui il voit un rival du fait de la popularité dont il jouit auprès des hommes[2].

Après la formation initiale à Toccoa, le régiment passe sa formation parachutiste à Fort Benning puis est envoyé à Camp Mackall, en Caroline du Nord, afin d'y suivre un entraînement complémentaire au combat[2]. Au cours de ce stage, Herbert Sobel commence à montrer ses lacunes en matière de combat d'infanterie, son unité se faisant virtuellement tuer lorsqu'elle est sous son commandement[3]. En 1943, intégré à la 101e division aéroportée, le 506th PIR est envoyé en Angleterre en vue de l'opération Overlord. Dans les manœuvres d'entraînement précédent l'invasion de l'Europe, Sobel se rend encore coupable de nombreuses maladresses au combat, provoquant l'inquiétude de ses hommes à la veille d'engager les hostilités contre les allemands[4]. Tentant à nouveau d'évincer Dick Winters, Sobel entreprend de le sanctionner pour un motif imaginaire. Ne se laissant pas impressionner, Winters choisit de faire appel de la sanction en cours martiale afin de retarder la procédure et de pouvoir participer aux opérations en Normandie[3]. Cependant, Sobel l'écarte du commandement de son peloton pour l'assigner à des tâches d'intendance. Mécontents du sort réservé à Winters et de plus en plus inquiets de devoir prochainement aller au combat sous les ordres de Sobel, les sous-officiers de la compagnie, parmi lesquels Bill Guarnere et Carwood Lipton écrivent une lettre au colonel Sink dans laquelle ils expriment leur refus d'être mené par Sobel lors de l'attaque[5]. Bien que les hommes soient vivement réprimandés par le colonel pour leur mutinerie, Sink prend conscience des problèmes de la Easy Company et décide d'écarter le capitaine[2]. Winters est réintégré comme chef de peloton et Sobel, remplacé à la tête de la Easy Company par le premier-lieutenant Meehan, est muté dans une école de parachutistes[3].

Après le débarquement de Normandie, Herbert Sobel est chargé de missions d'intendance et d'approvisionnement au profit de la 101e division[2]. Bien que son parcours exact soit peu connu il croise à plusieurs reprises le chemin de la Easy Company, comme lors de la préparation de l'opération Market Garden où il réprimande Donald Malarkey qui avait des vues sur une motos transportée dans un convoi qu'il dirigeait[4]. Il participe ensuite au siège de Bastogne et à l'occupation de l'Allemagne. A cette occasion, il croise Winters, devenu entre-temps major, qu'il refuse de saluer, occasionnant une réprimande de son ancien subordonné[2],[3].

Après-guerre[modifier | modifier le code]

Après la guerre, Herbert Sobel retourne vivre à Chicago où il exerce la profession de comptable. Il est rappelé au service actif pour servir brièvement pendant la guerre de Corée puis poursuit son service dans la garde nationale[1]. Il se retire définitivement avec le grade de lieutenant-colonel. Marié et père de trois enfants, il connaît de nombreux problèmes personnels. Divorcé et perdant le contact avec ses enfants, il tente de se suicider en 1970 mais survit et entre dans un centre de soins à Waukegan où il passera les dix-sept dernières années de sa vie[1]. Bien que décrié pour ses méthodes dures et pour son incompétence au combat, les vétérans de la Easy Company reconnaissent cependant avec le recul que la façon d'être de Sobel a contribué à leur cohésion et à leur efficacité au combat. Des anciens de la compagnie tentent un rapprochement, à l'instar de Bill Guarnere qui le convie à des rassemblements de l'association des anciens de la 101e division[5]. Mais Sobel décline toutes les invitations. Victime de malnutrition, il meurt à Chicago le 30 septembre 1987[6].

Décorations[modifier | modifier le code]

Bronze Star Medal ribbon.svg American Campaign Medal ribbon.svg European-African-Middle Eastern Campaign ribbon.svg

World War II Victory Medal ribbon.svg

Combat Infantry Badge.svg US Army Airborne basic parachutist badge.gif

Postérité[modifier | modifier le code]

  • Interprété par David Schwimmer, Herbert Sobel est présent dans la série Band of Brothers, celle-ci mettant en scène tous les côtés négatifs du personnage.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d (en) Marcus Brotherton, We who are alive and remain : Untold Stories from the Band of Brothers, Berkley Pub Group, (ISBN 9780425227633)
  2. a, b, c, d, e, f et g Stephen Ambrose, Band of Brothers, Simon & Schuster, (ISBN 978-0743224543)
  3. a, b, c et d (en) Richard D. Winters, Cole C. Kingseed, Beyond Band of Brothers, St Martin's Press, (ISBN 0-425-20813-3)
  4. a et b (en) Donald Malarkey, Bob Welch, Easy Company Soldier : The Legendary Battles of a Sergeant from World War II's "Band of Brothers", St Martin's Press, (ISBN 978-0-312-37849-3)
  5. a et b (en) Bill Guarnere, Babe Effron, Brothers in battle : Best of friends, Berkley Hardcover, (ISBN 9780425217283)
  6. (en) « Illinois, Cook County Deaths, 1878-1994 »,

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]