Henry de Buttet

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Henry de Buttet, né le à Amiens, Somme, France, et mort le à Saint-Denis, France, est un officier des services de renseignement français. Il s'est distingué comme résistant pendant la Seconde Guerre mondiale dans le cadre de l'Organisation de résistance de l'armée (O.R.A.). Il est connu comme historien.

Biographie[modifier | modifier le code]

Henry de Buttet est le descendant d'une ancienne famille noble savoyarde originaire d'Ugine.

Il est né le , à Amiens (Somme) et mort le à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), à l'âge de 97 ans. Son père, Xavier de Buttet, (1875-1954), officier de carrière, originaire de Belmont-Tramonet, en Savoie, est grièvement blessé en 1914, dans les Vosges, et hospitalisé à Montreux, en Suisse, conformément à une convention de la Croix-Rouge internationale[1]. Son grand-père, Charles de Buttet, (1838-1924), est président au cours de la Guerre 14-18, du comité divisionnaire du secours aux blessés militaires de Chambéry et fondateur, à ce titre, d'hôpitaux auxiliaires destinés à faire face à l'afflux de blessés, dont l'Hôpital auxiliaire N° 9 Jeanne d'Arc, où sa fille, Magdeleine de Buttet (1882-1974) est infirmière-major.

Au cours de cette période, les enfants du capitaine Xavier de Buttet sont rapatriés avec leur mère à Chambéry, dans leur famille paternelle, et le jeune Henry est placé comme pensionnaire au collège Notre-Dame de La Villette, à La Ravoire.

Henry de Buttet, marié et père de famille nombreuse, a exercé le métier d'officier de carrière . Il s'est distingué en tant que résistant au cours de la deuxième guerre mondiale, puis en tant qu'historien .

Carrière[modifier | modifier le code]

Titulaire d'une licence de droit, il effectue son service militaire en 1929 au 28e BCA, comme officier de réserve. Puis, fidèle aux traditions de sa famille, il embrasse la carrière des armes en suivant le cursus de l'École militaire des officiers d'active de Saint-Maixent. Il est muté en 1932 au 29e BCP à Gérardmer, comme chef de peloton d'éclaireurs skieurs[2].

Après une courte période dans l'armée de forteresse de la Ligne Maginot, maîtrisant parfaitement la langue allemande, il est admis en 1937 dans les services de Renseignement de l'Armée comme chef d'antenne à Thionville. Le poste de Thionville relève du BREM de Metz . Il anime un réseau en Luxembourg, contre les Nazis infiltrés dans ce pays allié.C'est ce poste de Metz qui fournit le compte-rendu d'activité le plus détaillé. Il entretenait un réseau de dix-neuf agents réguliers (Français) et de cinq agents doubles (Franco-Luxembourgeois). Les historiens militaires soulignent « l'activité souvent couronnée de succès du B.A.T de Thionville (capitaine de Buttet) »[3]. Le poste de Metz avait mené de nombreuses missions et entretenait à cet effet des agents luxembourgeois [4]. De nombreux honorables correspondants luxembourgeois des services secrets français seront victimes des nazis :ils seront arrêtés par la Gestapo après l'invasion allemande [5]. Lily Unden, (1908-1989), figure emblématique de la Résistance luxembourgeoise, sera déportée au camp de Ravensbrück dont elle reviendra miraculeusement. Elle restera liée d'amitié avec Henry de Buttet jusqu'à la fin de sa vie. Le capitaine de Buttet, lui-même, avait réussi à échapper avant l'invasion allemande, à une embuscade tendue à la frontière luxembourgeoise par des agents de la Gestapo, dans une affaire connue sous le nom de « Caroline » [6].

Après l'Armistice du 22 juin 1940, le capitaine de Buttet est muté en Zone Libre. Il rend une courte visite à sa famille réfugiée en Auvergne, dans le département du Cantal [7] . Il y rencontre le lieutenant-colonel Jean Touzet du Vigier, oncle de son épouse, tout droit sorti de la Défense de la Loire contre les troupes allemandes. Les deux officiers se concertent et décident de s'orienter vers une action souterraine de résistance contre l'ennemi, chacun dans son domaine de compétence.

Il participe à Pau, Pyrénées Atlantiques, au combat contre les nazis, dans le cadre de l'Organisation de résistance de l'Armée (O.R.A)[8]. Outre sa mission sur l'Espagne, il avait la mission de contrôler la zone côtière atlantique d'Hendaye à Arcachon et d'y suivre l'Ordre de Bataille (OdB) et les activités des troupes d'occupation. Dans le réseau Kléber-Vénus, l'antenne de Pau étendit son action sur les régions de Bordeaux et de Dax. Il disposait notamment d'un agent de premier ordre en la personne d'un gros négociant de Biarritz relevant de l'antenne de Pau. Par lui furent recueillis des renseignements de valeur sur la collaboration politique et économique de l'Espagne avec le Reich, ainsi que sur les bases navales de la Kriegsmarine.

Le capitaine de Buttet, père de famille nombreuse, est chef de groupe chez les scouts du collège L'immaculée Conception à Pau, où deux de ses enfants sont scolarisés. Certains routiers du groupe de scouts participent aux liaisons. Il exerce le métier de garagiste à Pau, spécialisé dans le montage des systèmes d'équipement de gazogène des véhicules automobiles alimentés par les bouteilles de gaz de Saint-Marcet: cet excellent camouflage professionnel autorise les déplacements en voiture ou en dépanneuse. Il est en contact à Saint-Gaudens avec Marcel Loubens, agent de liaison de la Résistance. Il rencontre à Pau Marie-Madeleine Fourcade, responsable du Réseau Alliance, mais préserve soigneusement le cloisonnement indispensable à la sécurité de ses propres agents.

Il échappe aux arrestations massives opérées par la Gestapo[9]. Le général Frère, fondateur de l'Organisation de résistance de l'Armée, arrêté à Royat par l' Abwehr, le , est mort au Camp de concentration de Natzweiler-Struthof [10]. Son successeur, le général Verneau, arrêté à son tour, est mort à Buchenwald. Le dernier chef de l'O.R.A, le général Georges Revers, échappe aux arrestations massives de la Gestapo et vient à Pau en inspection pour appuyer la réorganisation du réseau de résistance animé par le capitaine de Buttet. [11]. Henry de Buttet rallie les agents du réseau Vénus-Kleber et transmet à Alger des messages sur les mouvements des troupes allemandes, qui serviront aux alliés pour l'organisation des débarquements de 1944 en Normandie et en Provence . Les messages sont transmis par un poste radio clandestin, sous la protection des cyclistes, membres du réseau Vénus-Kléber, très attentifs aux mouvements de la radiogoniométrie allemande[12].

À la Libération, le commandant de Buttet est affecté à la DGER comme chef de bureau des missions parachutées sur l'Allemagne. Il participe en 1946 aux recherches du Haut Commissariat Français en Autriche, sous les ordres du général Béthouart, au service de la DRA à Seefeld[13]. En 1948, il est muté dans la demi-brigade de chasseurs de Vincennes . En 1949, il commande le 2e bataillon du 93e RI au camp de Frileuse. Après son affectation en 1951 comme chef du 4e Bureau à l'État-major de la subdivision de Versailles, il est muté en 1957 au Maroc, puis en Algérie, et sert, comme chef d'état-major, à la 93e demi-brigade d'Infanterie, stationnée dans les monts de l'Ouarsenis. Il est rapatrié en Métropole en 1959 et obtient son affectation au Service Historique de l'Armée de Vincennes[14].

L'historien[modifier | modifier le code]

Le colonel de Buttet a exercé pendant 10 ans les fonctions de chef de la Section ancienne du Service Historique de l'Armée au Château de Vincennes, dirigé par le général Charles de Cossé-Brissac[15].En 1965, il rédige une préface dans le Livre du Souvenir des femmes concentrationnaires luxembourgeoises, à la demande de Lily Unden, ancienne déportée de Ravensbrück, membre du Conseil National de la Résistance en Luxembourg.. Mis à la retraite en 1967, il est désigné comme conservateur au Musée de l'Armée à l'Hôtel des Invalides, dirigé par le général Henri d'Avout d'Auertstaedt. À ce titre, il organise en 1971,la première version de l'exposition de la Guerre 1939-1945, qui est inaugurée par Michel Debré, ministre de la Défense nationale [16]. En 1972, il est élu président de la Société Historique de Haute-Picardie à Laon et président de la Fédération des Sociétés Historiques et Archéologiques de l'Aisne. Il est également membre correspondant de l'Académie de Savoie[17].

À l'occasion de nombreux colloques et congrès nationaux et internationaux, Henry de Buttet a publié des articles et ouvrages historiques, enregistrés au catalogue de la Bibliothèque nationale.

Distinctions[modifier | modifier le code]

Henry de Buttet était officier de la Légion d'Honneur, titulaire de la croix de Guerre 39-45 avec palme, d'une citation à l'ordre de l'Armée [18], de la médaille de la Résistance[19], de la croix du combattant volontaire de la Résistance et des Palmes Académiques. Il a aussi reçu la croix de guerre 39-45 du Luxembourg[20]. Son épouse, Monique Viénot de Vaublanc (1912-1979), fut décorée de la médaille de la Résistance [21], de la croix du combattant volontaire de la Résistance et de la médaille de la Famille Française.

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • Les Méthodes de travail du dépôt de la Guerre (Presses de la Cité.1961).
  • Premiers pas vers un essai de prévoyance militaire (AGPM.no 35.1963).
  • La justice du Prévost Général des Bandes(Infanterie) (Comité des travaux historiques et scientifiques du Ministère de l'Éducation Nationale).(CTHS). Poitiers-1962.
  • Le rachat de la charge de Maréchal-Général des Camps et Armées du Roi.(CTHS).Clermont-Ferrand-1963.
  • La mission de Monsieur de La Chapelle à Lyon(1790-1791). (CTHS).Lyon-1964.
  • La dépense du soldat en 1772. (CTHS). Nice-1965.
  • Louis François Carlet de LA ROZIÈRE et ses reconnaissances des côtes de la Bretagne(1765-1772). (CTHS). Rennes-1966.
  • Le comité de la Brigade de Cavalerie en garnison à Strasbourg en 1729. (CTHS). Strasbourg-1967).
  • Les Invalides en 1709.(CTHS). Nantes-1972.
  • Problèmes de frontière en 1712 dans la Généralité de Soissons. (CTHS). Lille-1976.
  • Détenus politiques de la Pension de Santé Belhomme sous l'Empire et la Restauration(CTHS). Limoges-1977
  • Tirage au sort de la Milice à Treignac en 1778.(CTHS). Bordeaux. 1979.
  • Le vin des Invalides.(CTHS). Perpignan-1981.
  • Faux saunage militaire dans la Généralité de Soissons à la fin de la guerre de succession d'Espagne.(CTHS)
  • Le Bataillon du Pacifique de la Grande Guerre(1916-1918). Revue Historique de l'Armée(RHA)-1966
  • Le duc d'Orléans, créateur des chasseurs à pied. (RHA).1966.
  • L'iconographie au service de l'Histoire: Les aquarelles de Rivoli. (RHA). 1968.
  • Pierre Lemau de La Jaisse : in Mémoires / Fédération des sociétés d'histoire et d'archéologie de l'Aisne, t. XXV, Laon, Société historique de Haute-Picardie, (lire en ligne)
  • Promotions d'officiers d'artillerie provenant du corps des sous-officiers sous le Premier Empire, Années 1805 à 1807. (Revue Internationale d'Histoire Militaire). 1977.
  • Mener un siège au XVIe siècle (Commémoration du siège de Laon par Henry IV en 1594). 1994.
  • la question des Invalides (Société des amis du musée de l'Armée(A.M.A). 1960.
  • Le Maçon d'Ormoy, premier Gouverneur des Invalides.(A.M.A). 1962.
  • Blanchard de Saint-Martin, deuxième Gouverneur des Invalides. (A.M.A). 1964.
  • Pour servir à l'Histoire du musée de l'Armée. (A.M.A). 1966.
  • Georges Scott,peintre militaire.(1873-1943). (A.M.A). 1967.
  • La Salle 39-45 du Musée de l'Armée. (A.M.A). 1971.
  • La Bibliothèque du Musée de l'Armée. (A.M.A). 1973.
  • Le Maréchal Sérurier, Gouverneur des Invalides (A.M.A). 1977.
  • Centenaires des Invalides (A.M.A). 1982.
  • Louis XVII aux Invalides: Une folle Histoire. (A.M.A). 1983.
  • Les statuettes de Charles Lefort. (A.M.A). 1984.
  • Les trésors perdus. (ouvrage collectif: Les Invalides, trois siècles d'Histoire). 1971.
  • Les Compagnies détachées d'Invalides. (Collectif
  • La vie aux Invalides sous le règne de Louis XIV. (Collectif).
  • La nécropole prestigieuse. (Collectif).
  • Gouverneurs et Commandants des Invalides. (Collectif).
  • La vie à Laon en 1886. (Mémoires de la Fédération des Sociétés Historiques et archéologiques de l'Aisne-FSHAA). 1962.
  • Les invalides de l'Aisne(FSHAA). 1964.
  • Le cri d'armes(FSHAA). 1964.
  • Le Maréchal Sérurier. (FSHAA). 1974.
  • Lemau de Lajaisse.Ribémont. (FSHAA). 1975.
  • L'affaire du Régiment de Touraine Infanterie. (FSHAA). 1979.
  • Promenade d'un écolier à Foigny en 1773. (FSHAA). 1980.
  • Une mystification: la prétendue Commanderie des Templiers de Royaucourt(FSHAA).1981.
  • Éloge du Président Moreau-Néret. (FSHAA). 1982.
  • Du nouveau sur Mathieu Lenain. (FSHAA). 1983.
  • « Une femme de Lettres du pays laonnois: la comtesse de Miremont(1735-1811) », Mémoires de la fédération des sociétés d’histoire et d’archéologie de l’Aisne, tome XXXIV, 1989, p. 78-94. Numérisé.
  • L'incendie du Prieuré de Longpré en 1711. (FSHAA). 1985.
  • Préface du Livre du Souvenir de l'amicale des concentrationnaires et prisonnières politiques luxembourgeoises(39-45). 1965. Luxembourg. Imp Bourg-Bourger. 236P[22].
  • Le Chemin des Dames. 1977.
  • Henri Descamp, capitaine de gendarmerie de Soissons, Résistant et déporté, exécuté en 1943.(1983).
  • Commémoration du 60° anniversaire de l'Armistice. 1978.
  • Les Invalides rénovées(Revue de l'Institut Napoléon). no 102-1967.

Conférences[modifier | modifier le code]

  • Le poète Santeuil et ses hymnes (XVIIe siècle).
  • Tentatives de germanisation de l'Europe par la colonisation paysanne du III° Reich (1940-1945).
  • Les combattants de juin 40.
  • Maxime de Sars (Centenaire de sa naissance).
  • Hédouville, Le Pas des armes de Sandricourt (1493).
  • L'abbé Hénocque, héros de 14-18, déporté en 1943, et son ouvrage:"Les antres de la bête".
  • Jean de Hédouville, l'américain de Bruyères-et-Montbérault et la fondation de Miami;
  • Conrad Kilian, défenseur du Quesnoy en 1940.
  • Les Cuirassiers à pied au moulin de Laffaux (1917).
  • Haras et remontes.
  • Les Plans-Reliefs.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. En février 1915, sous l'égide du CICR, un accord était signé entre la France et l'Allemagne pour un échange de prisonniers,grands blessés de guerre, qui seront hospitalisés en Suisse
  2. Le 28e BCA sera dissous en 1929 et en partie reversé dans le 29e BCP.
  3. Lieutenant-colonel Archen, Missions spéciales au Luxembourg, éditions France-Empire, 1969, P.289
  4. « Le poste de Metz avait mené en 1936, 450 entretiens et transmis 1722 rapports ponctuels au SR central de l'avenue de Tourville, à Paris » ( Lt-colonel Archen, Missions spéciales en Luxembourg, SHAT, ARR 503, tiroir 236, (activité du poste Brem), ibid
  5. Henry de Buttet obtient en 1947 l'attribution à titre posthume de la Légion d'Honneur en faveur de Victor Unden, résistant luxembourgeois, dont il était l'ancien chef et ami. Victor Unden, arrêté par la Gestapo en 1943,est mort à la suite des traitements que le médecin nazi lui a fait subir à la prison de la Villa Pauly. La villa Pauly, située 57 Bd de la Pétrusse à Luxembourg, siège de la Gestapo, fut la première étape du calvaire des résistants tombés dans les griffes de la Gestapo. Cet ancien centre de torture est désormais nationalisé par le Grand-Duché de Luxembourg pour devenir la Maison de la Résistance. Sur la façade, une plaque rappelle: Villa Pauly/siège de la Gestapo/1940-1944/Passant souviens-toi/des résistants torturés/en ces lieux/Sous l'occupation nazie.. (Remise de décoration en faveur de Victor Unden : Document de la Légation de France à Luxembourg. B/AMV du 7 novembre 1947)
  6. 1/ KRIEGSSCHAUPLATZ LUXEMBURG .August 1914-Mai 1940 , par E.T. MELCHERS-Éditions 1963 et 1979. Sankt-Paulus-Druckerei, A.G., Luxemburg. 647 pp/( Page 171 :Service de Renseignements und 2° Bureau. Page 213: Chez Caroline avec le lieutenant de Buttet. Page 216: Die Umtriebe Frender Spionageringe in Luxemburg). 2/ La Guerre secrète des Services spéciaux Français (1935-1945), par Michel Garder, chez Plon. Pages 67 et Suivantes:" Dans la lutte globale qui oppose les services de renseignements et de contre-espionnage français et allemands, la bataille aux frontières prend à partir de 1937 un caractère de guerilla et d'embuscades de plus en plus marqué".-3/ Le Service de Renseignements. 1871-1944, par Henri Navarre Plon, 1978. 353 pp: Page 110: "Dans la nuit du 9 au 10 mai 1940, les réseaux d'alerte (composés de postes radio confiés à des sympathisants et à des gendarmes luxembourgeois), mis en place par le SR à la frontière Germano-Luxembourgeoise, se manifestèrent à partir de 23 heures 45."
  7. Son épouse , Monique Viénot de Vaublanc est réfugiée à Couzan, avec ses six enfants , chez sa mère, la baronne Viénot de Vaublanc , en compagnie de Françoise Magon de La Giclais, épouse du lieutenant-colonel Jean Touzet du Vigier, ( cousin germain de la baronne), réfugiée avec ses trois enfants , en même temps qu'une dizaine d'autres familles réfugiées
  8. Le Service de Renseignement, (par Henri Navarre (déjà cité)page 170), comptait de plus le capitaine de Buttet, ancien du Brem et du Bene, qui commandait une antenne à Pau…
  9. Le MÉMORIAL NATIONAL de Ramatuelle porte, gravés dans la pierre, le nom des membres du Service de renseignement qui, dans le réseau Kleber, oeuvraient depuis l'automne 1940 dans la clandestinité pour préparer les opérations qui ont amené à la libération du pays. Les héros qui ont été pris par les services de l'occupant sont morts fusillés, décapités, martyrisés, ou dans les camps de concentration (Marie Gatard: La pierre qui parle 1940-1945),ed. L'Esprit Libre
  10. Le cousin d'Henry de Buttet, Jacques de Buttet (1906-1975) , capitaine de chasseurs alpins, entré dans la clandestinité, réussit à échapper à une embuscade tendue par la Gestapo. Il rejoint l'armée secrète de Tarentaise et participe à la lutte contre les troupes alpines autrichiennes qui occupaient le pays
  11. « Nous fréquentions beaucoup un collègue de Bureau et l'un de ses frères, Henry de Buttet, directeur de garage. Nos familles, déjà nombreuses, sympathisaient. Je soupçonnai très vite que le garage était la couverture d'autres activités plus secrètes dont il ne laissait rien paraître…Un jour, je trouvai dans ma Boîte aux Lettres un papier chiffonné me demandant d'avertir mon ami Henry de Buttet que la Gestapo le recherchait…Mes soupçons se confirmaient… Je pus prévenir sa femme aussitôt » : (Geneviève Poullot : Souvenirs d'une Boîte aux Lettres de la Résistance.Édition François-Xavier de Guibert. Paris. 1995)
  12. Ce poste, de type 3 MK, a été confié au Musée de l'armée pour figurer dans la première exposition 39-45. Dans son étude sur l' ARMEMENT CLANDESTIN de 1941 à 1944 publiée en 1972, Pierre Lorain publie à la page 175 un fac-similé du brouillon de chiffrage du capitaine de Buttet. Le télégramme chiffré no 13, daté du 27 août 1944, valeur A, mentionne: Regroupement à Bordeaux du Reserve Korps 64, General SACHSE (dont la 276° Division, General BADINSKI, et la 159° Reserve Division, General Nacke), doit être terminé ce jour. Demain commence une marche pour traverser …Le texte complet a été tronqué de façon à réduire la durée de transmission. La suite constituait le télégramme no 14 transmis au cours d'une autre vacation. Pierre Lorain précise dans son étude : Si on fait la proportion des radios capturées par rapport au nombre de stations en service, on peut estimer au total dix prises provenant uniquement de l'action de la gonio ennemie pour un total d'une centaine de réseaux.La moitié de ces captures est due au non-respect des règles de sécurité.Certaines auraient sans doute pu être évitées si les émissions n'avaient pas eu lieu dans la ville même où se trouvait l'une des bases régionales du repérage allemand.
  13. Au sein de la DGSS ( qui devint la DGER, puis le SDECE), les commandants Lochard et de Buttet sont affectés au Bureau de contre-espionnage, dans la Branche Recherches, chargée d'identifier en Autriche les membres des services nazis réfugiée en zone française d'occupation et d'achever la liquidation des services secrets allemands". (Henri Navarre. Le Service de Renseignements, Page 324)
  14. Dossier du Service Historique de l'Armée
  15. Archives du Service historique de la Défense.
  16. Inauguration de la première salle de la deuxième guerre mondiale le 13 juillet 1971 par Michel Debré, ministre de la Défense Nationale. La salle a été entièrement rénovée depuis 1994 sur des bases muséographiques modernes :« Tous les objets de l'exposition proviennent de deux sources: les collections de l'ancienne salle 1939-1945, patiemment rassemblées par le colonel de Buttet et tous ceux que, musée, institutions historiques et particuliers ont généreusement accepté de prêter. Notre gratitude est grande à cet égard » (François Léotard, Ensemble ils ont libéré la France, 1940-1945, Hachette, 1994)
  17. où il rejoint Louis Terreaux, futur président de l'Académie, qui retrace le parcours de Marc-Claude de Buttet, poète savoisien du XVIe siècle
  18. Citation 39-45. Décret du 27 août 1945. JO du 21 septembre 1945: « Officier SR de grande valeur, intelligent, très actif, d'un courage à toute épreuve, chef d'annexe d'un réseau de renseignements en France pendant toute la clandestinité, a obtenu d'excellents résultats. Inaccessible au découragement, n'a jamais interrompu son activité pendant les périodes les plus dures où il était coupé de toute liaison avec ses chefs par suite des arrestations, ralliant ses agents, et réussissant à faire passer ses renseignements sur Alger par ses propres moyens. » (Cette citation s'accompagne de l'attribution de la Croix de Guerre avec palme).
  19. Décret du 31 mars 1947; J.O. du 29 janvier 1948.
  20. De Buttet Henry, commandant de l'Armée Française, date de collation de la croix de guerre: 5 janvier 1946. (Grand-Duché de Luxembourg-Ministère de la Force Publique).À la suite de la deuxième guerre mondiale, l'arrêté grand-ducal du 17 avril 1945 créa la croix de guerre 1940-1945. Cette distinction est réservée aux militaires ou aux personnes appartenant à une organisation paramilitaire, sous condition d'avoir combattu pour la Libération du pays et de s'être particulièrement distingués. Dans des cas particuliers, elle pourra être décernée à des étrangers. (30 étrangers ont reçu cette distinction).
  21. Décret du 15 octobre 1945; J.O. du 20 octobre 1945
  22. Préface rédigée par Henry de Buttet, à la demande de Lily Unden, (1908-1989), résistante luxembourgeoise, déportée à Ravensbrück, auteur du poème La Fraternité.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Colonel A. de Dainville. L'ORA -Ed. Lavauzelle. 1974.
  • Henri Navarre. Le Service de Renseignements. (1841-1944). Ed. Plon. 1978
  • E.T Melchers. Kriegsschauplatz Luxemburg. August 1914-. Sankt-Paulus-Drucherei, A.G, Luxemburg,1963 et 1979.
  • Michel Garder. La Guerre secrète des Services Spéciaux Français (1935-1945).Plon. 1967.
  • Henri Koch-Kent. en Luxembourg, publié sous le patronage des anciens combattants luxembourgeois. Témoignage d'Henry de Buttet aux pages 126, 127 et 203. Presses de L'Imprimerie Fr. Faber. Mersch. Luxembourg. 1971.
  • Colonel Clogenson. Liste des suspects recherchés par la Gestapo, Musée de la Résistance, 1K192, 1954
  • Pierre Nord, La Guerre du Renseignement: mes camardes sont morts, coll Culture et Loisirs, Paris, 1966.
  • Lieutenant-colonel Archen, Missions spéciales au Luxembourg, éditions France-Empire, 1969.
  • Henri Noguères. Sous la Résistance, Sécurité et faux papiers, in Historia no 448 de , pages 60 à 68 (Publication de la fausse carte de délégué au nom d'Henry de Buttet pour le département des Basses-Pyrénées d'une organisation fantôme Le Chantier Intellectuel de France datée du . Mention: M.M.les Maires, Bibliothécaires, conservateurs et Fonctionnaires de Police sont priés de bien vouloir faciliter au Titulaire de la présente l'accomplissement de sa mission(SR Kleber. Fabrication Chabor)
  • Paul Paillole. Services Spéciaux (1935-1945). Ed.Robert Laffont. 1985.
  • Gérard Chauvy. Les passagers de l'Ombre. Comment vivre dans la clandestinité, in Historia no 575 de , pages 14 à 18
  • Laurent Philipona. Les Liaisons extérieures de l'ORA. Coëtquidan. 1999.
  • Geneviève Poullot. Souvenirs d'une boite aux lettres de la Résistance. Préface de Maurice Schumann. Témoignage d'Henry de Buttet. Ed. François-Xavier de Guibert.1995.
  • Pierre Lorain. ARMEMENT CLANDESTIN FRANCE 1941-1944. Préface du colonel Rémy. Presses de L'Émancipatrice. Paris 1972.
  • Bernard de Boisfleury, L'Armée en Résistance, France 1940-1944, préface d'Henri Amouroux, éd. L'Esprit du livre, 2005.
  • Peter Jackson, La France et la menace nazie (traduit par Luc de Rancourt), éditions Nouveau monde, 2017.