Henry Burghersh

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Henry Burghersh
Biographie
Naissance
Burwash
Décès
Gand
Évêque de l’Église catholique
Consécration épiscopale
Évêque de Lincoln
Autres fonctions
Fonction laïque
Lord grand trésorier
Lord grand chancelier

Blason
(en) Notice sur www.catholic-hierarchy.org

Henry Burghersh (1292 – 4 décembre 1340) est un évêque et chancelier anglais.

Biographie[modifier | modifier le code]

Origines et premières années[modifier | modifier le code]

Henry Burghersh est l'un des fils de Robert de Burghersh et un neveu maternel de Bartholomew de Badlesmere. Destiné à une carrière ecclésiastique, Henry Burghersh étudie pendant sa jeunesse le droit canon et civil en France. À l'âge de 24 ans, le 17 novembre 1316, il est nommé prébende de Riccall, dans la paroisse d'York. À la mort de John Sendale, évêque de Winchester, en novembre 1319, Bartholomew de Badlesmere cherche à obtenir l'évêché vacant pour son neveu. Badlesmere est alors l'un des soutiens du roi Édouard II contre Thomas de Lancastre, chef de file de la fronde baronniale, et obtient le soutien décisif du roi pour l'obtention de Winchester pour Burghersh. Le roi requiert immédiatement le soutien du pape Jean XXII pour la nomination de Burghersh, qui étudie encore le droit à ce moment-là à Angers. À la fin de l'année 1319, Édouard fait trois demandes successives au pape en faveur de Burghersh et monnaie le soutien en ce sens de plusieurs cardinaux afin d'influencer la décision de Jean XXII. Dans sa correspondance avec le pape, le roi d'Angleterre fait preuve d'une immense éloge de Burghersh et affirme que ce dernier à l'âge requis pour être consacré et présente toutes les qualités et connaissances nécessaires pour devenir évêque de Winchester. Toutefois, la précipitation du roi n'aboutit à aucun résultat probant puisque Winchester est accordé à Rigaud d'Assier.

Évêque de Lincoln[modifier | modifier le code]

Le 12 janvier 1320, l'évêque de Lincoln John Dalderby, universellement vénéré pour sa grande sagesse, meurt. Le chapitre de Lincoln se réunit et élit évêque le doyen Henry de Mansfield. Celui-ci renonce cependant au poste. Une seconde élection a lieu et aboutit à la désignation du chancelier de Lincoln, Antony Bek, qui n'est alors pas indisposé à accepter le poste. Néanmoins, le choix du chapitre est contrecarré par Bartholomew de Badlesmere, qui se trouve alors en mission auprès du pape en Avignon. Badlesmere plaide auprès de Jean XXII la cause de son neveu dès le 16 janvier, le jour même de la notification du décès de Dalderby au pape. Il est soutenu en ce sens par Édouard II qui adresse deux lettres au pape en janvier et en mars 1320. L'acharnement de Badlesmere et du roi porte cette fois ses fruits puisque le pape procède à l'annulation de l'élection d'Antony Bek et désigne le 27 mai Burghersh pour être évêque de Lincoln qui, malgré son jeune âge, est doué selon lui de grandes vertus et est de noble ascendance[1]. Pour calmer les prélats mécontents de la dépendance de l'Église à son autorité, Édouard profite de son séjour en France (où il rend l'hommage pour ses possessions en Aquitaine au roi Philippe V) pour procéder à la consécration d'Henry Burghersh le 20 juillet à Boulogne[1]. La cérémonie est présidée par l'évêque de Norwich John Salmon, qui est assisté par l'évêque de Hereford Adam Orleton.

Conflit avec Édouard II[modifier | modifier le code]

Le nouvel évêque de Lincoln ne reste pas longtemps en faveur auprès du roi Édouard II. En effet, Badlesmere rejoint à l'été 1321 la révolte baronniale dirigée par le comte de Lancastre contre le roi et son favori Hugues le Despenser. Malgré l'exil temporaire de Despenser, le conflit ne prend pas fin et le roi parvient à écraser ses adversaires le 16 mars 1322 lors de la bataille de Boroughbridge. Badlesmere s'enfuit du champ de bataille et tente de se cacher dans les domaines de son neveu mais est capturé par Donald de Mar, un partisan d'Édouard, et exécuté pour haute trahison à Canterbury le 14 avril. Les terres d'Henry Burghersh sont saisies par le roi, qui demande sans succès au pape de le démettre de son titre. Édouard adresse également des lettres aux cardinaux et aux puissants théologiens entourant la cour papale pour défendre sa cause mais Jean XXII refuse d'accéder à la requête du roi d'Angleterre, affirmant qu'il ne dispose pas de preuves pour prononcer une décision aussi grave. Pendant ce temps, Édouard a besoin de taxes pour financer sa guerre contre l'Écosse et Burghersh, en représailles, use de son influence auprès des hauts prélats pour les persuader de refuser au roi les subventions qu'il réclame. Une convocation du clergé tenue à Lincoln le 14 janvier 1323 refuse catégoriquement la demande du roi. Toutefois, les tensions entre le roi et Burghersh prennent fin au printemps 1324 lorsque le roi organise le procès pour trahison d'Adam Orleton : Burghersh, alarmé par la situation, offre sa fidélité au roi, qui lui restitue ses terres confisquées deux ans auparavant. Ce geste n'empêche pas l'évêque de Lincoln de rejoindre l'épouse d'Édouard, Isabelle de France, lorsque celle-ci conduit la fronde des barons pour renverser le régime tyrannique de son époux en septembre 1326.

Sous la régence de la reine Isabelle[modifier | modifier le code]

Burghersh est, avec Adam Orleton et l'évêque de Norwich William Ayermin, l'un des tout premiers prélats à se joindre à la rébellion de la reine Isabelle, qui gagne peu à peu des soutiens. Burghersh négocie le ralliement de la plupart du clergé à la cause de la reine ou obtient au moins sa neutralité face au duel entre le roi et la reine. À la Noël 1326, Burghersh est présent au banquet tenu par la reine et ses soutiens à Wallingford pour commémorer leur victoire face à Édouard, capturé et emprisonné à Kenilworth. Le 20 janvier 1327, Burghersh fait partie de la délégation ecclésiastique présidée par Orleton et envoyée par le Parlement à Kenilworth afin de sommer le roi d'abdiquer. La renonciation au trône d'Édouard II entraîne l'avènement de son fils aîné Édouard III qui, à 14 ans, est encore sous l'influence de sa mère Isabelle et de son amant Roger Mortimer. Henry Burghersh sert pour sa part fidèlement le régime des régents et est nommé en récompense Lord grand trésorier[2]. En février 1328, lui et William Ayermin sont envoyés négocier avec les Écossais le traité d'Édimbourg-Northampton ainsi que le mariage de Jeanne, sœur cadette d'Édouard III, avec David Bruce, héritier de la couronne écossaise. En mai 1328, Burghersh échange son poste de trésorier pour celui de chancelier[3]. Il échoue néanmoins à obtenir le titre d'archevêque de Cantorbéry, vacant à la mort de Walter Reynolds, et doit s'incliner devant Simon Mepeham, malgré le soutien officiel des régents. En juin 1329, lorsqu'Édouard III se rend en France pour rendre l'hommage au roi Philippe VI, Burghersh est chargé de l'accompagner au nom des régents et déjoue les perfidies du roi de France, qui cherche à obtenir des avantages en l'absence d'Isabelle et Mortimer. Le 15 juin 1330 naît Édouard de Woodstock, le premier-né du roi, et Burghersh est désigné par les régents pour le baptiser.

Au service d'Édouard III[modifier | modifier le code]

Le 19 octobre 1330, Burghersh est capturé au château de Nottingham par la garde du roi lorsque ce dernier renverse le régime d'Isabelle et de Mortimer. L'évêque de Lincoln est emprisonné à la Tour de Londres et déchu de son poste de chancelier le 28 novembre en faveur de Jean de Stratford, un de ses ennemis personnels. Il ne partage pas cependant le sort de Mortimer, exécuté sur ordre du roi, ou d'Isabelle, qui est bannie de la cour. Burghersh est rapidement libéré et regagne de l'influence dans les affaires de l'Angleterre. Il est à nouveau trésorier de 1334 à 1337[2] et est missionné à plusieurs reprises par Édouard III au cours d'ambassades. Ainsi, en janvier 1336, Burghersh est chargé de négocier une trêve avec l'Écosse. Les tensions ne cessant de croître entre Édouard III et Philippe VI de France, l'évêque de Lincoln est chargé à l'été 1337 avec Wauthier de Masny d'assurer l'exportation de la laine anglaise vers la Flandre, que Philippe a faite interdire l'année précédente. À la suite de la confiscation de l'Aquitaine anglaise par Philippe, Édouard III revendique la couronne de France et envoie Henry Burghersh le 1er novembre 1337 à Paris pour que ce dernier présente des lettres de défi à son rival. Burghersh est chargé de plusieurs missions par Édouard au cours des premières années de la guerre de Cent Ans. Au début de l'année 1340, l'évêque est prié par le roi d'Angleterre de lui envoyer des vaisseaux ainsi que des équipements supplémentaires. Grâce à l'aide de Burghersh, Édouard III écrase le 24 juin suivant la flotte française lors de la bataille de L'Écluse. L'évêque de Lincoln rejoint alors son souverain sur le continent, où la poursuite de la guerre va désormais avoir lieu. Il meurt prématurément à Gand dès le 4 décembre 1340[1]. Son corps est rapatrié en Angleterre pour être enterré à Lincoln.

Dans la fiction[modifier | modifier le code]

Burghersh est un personnage de la suite romanesque Les Rois maudits de Maurice Druon. Il est interprété par Pierre Londiche dans l'adaptation télévisée de 1972.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Fryde, et al. Handbook of British Chronology p. 255.
  2. a et b Fryde, et al. Handbook of British Chronology p. 105.
  3. Fryde, et al. Handbook of British Chronology p. 86.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • E. B. Fryde, D. E. Greenway, S. Porter et I. Roy, Handbook of British Chronology, Cambridge, Cambridge University Press, (ISBN 0-521-56350-X)