Henry-Marie Boudon

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L'abbé Henry-Marie Boudon ou Henri-Marie Boudon, né le à La Fère et décédé le 31 août 1702[1], fut prêtre, puis archidiacre d'Évreux.

Biographie[modifier | modifier le code]

Cette personnalité ecclésiale est née à La Fère, dans l'Aisne, de Jean Boudon, écuyer, lieutenant dans la citadelle de La Fère, et d'Antoinette Jourdin, qui était alliée aux personnes les plus distinguées de la robe, du Parlement de Paris. Il fut baptisé le 18 mai de la même année en l'église collégiale Saint Montain de La Fère et eut pour marraine Henriette de France, fille du roi Henri IV et sœur du roi Louis XIII. Le parrain était Charles Le Normand, chevalier, sieur de Beaumont, gouverneur de la ville et citadelle de La Fère, et premier maître d'hôtel du roi.

Intellectuel, formé à la Sorbonne, il a eu comme maître le père Bagot et Jean de Bernières. Ses auteurs préférés sont Thérèse d'Avila, François de Sales, Richelieu, mais surtout Jean de la Croix dont il fut un des premiers biographes français. Ses œuvres, traduites en plusieurs langues, eurent un succès extraordinaire en France, ainsi qu'au Canada[2], notamment en raison de son amitié avec François de Montmorency-Laval, premier évêque de Québec et fondateur du Séminaire de Québec[3] ; ce dernier s'appuie par exemple sur l'ouvrage de Boudon publié en 1668, Dévotion aux neuf chœurs des Saints Anges pour répandre cette dévotion à Québec[4].

Il est décédé en 1702, en odeur de sainteté[5] dans la ville d'Évreux dont il était l'archidiacre. Il fut enterré dans la chapelle des Saints-Anges, située dans la cathédrale.

En 1884, Mgr Grolleau, évêque d'Evreux, désireux de rendre honneur à sa mémoire, fit visiter le lieu de son repos. Comme l'on y constata le bon état de ses précieux restes, il les fit placer dans un cercueil en chêne, doublé d'une enveloppe de plomb à l'occasion d'une cérémonie qui eut lieu le 11 janvier 1884[5]. Son procès en béatification fut ouvert en 1888[6].

Œuvres[modifier | modifier le code]

Boudon a été une des figures clé de l'école française de spiritualité au xviie siècle. Un thème récurrent de son œuvre, caractéristique de l'école française, est l'idée que la recherche de Dieu exige le détachement de toutes les créatures. Il a pour devise : « Dieu seul » ; son livre Dieu seul : le saint esclavage de l'admirable Mère de Dieu a été loué par Jacques-Bénigne Bossuet et a eu une influence déterminante sur Louis de Montfort[7].

  • Dieu seul. Le saint esclavage de l'admirable Mère de Dieu, Paris, Florentin Lambert, 1668 ; réédition en 1674.
  • Dévotion aux neuf chœurs des Saints Anges, Paris, Florentin Lambert, 1668.
  • De l'Amour de Nostre-Seigneur Jésus-Christ, où il est traitté de l'aveuglement d'un grand nombre de chrestiens qui ne sçavent ce que c'est d'estre chrestien, et des moyens de remédier à un si grand mal par le bon usage de la foy, Paris, E. michallet, 1672.
  • La Conduite de la divine Providence et l'Adoration perpétuelle qui luy est deue, Paris, 1678.
  • La Science et la pratique du chrestien, Paris, E. Michallet, 1681.
  • L'Homme intérieur ou la Vie du vénérable père Jean Christosthème, religieux pénitent du troisième Ordre de S. François, Paris, E. Michellet, 1684.
  • La Vie du R. P. Seurin, de la Compagnie de Jésus. Ou l'Homme de Dieu, Paris, Nicolas le Clere, 1689.
  • Le malheur du monde, Paris, E. Michallet, 1691.

Références[modifier | modifier le code]

  1. http://www.idref.fr/033940762
  2. Anselme Longpré 1949
  3. Hermann Giguère, L'expérience de Dieu avec François de Laval, Fides, 2000, 140 p.
  4. Philippe Chamberland, Foi et images : enjeux spirituels et pédagogiques du tableau religieux dans les paroisses rurales au Bas Canada. Deux études de cas à partir du fonds de tableaux Desjardins, maîtrise en histoire de l’art, Université de Laval, 2014, p. 53 [file:///C:/Users/Utilisateur/Downloads/30927.pdf Lire en ligne].
  5. a et b "La Semaine religieuse du diocèse de Tulle", 2 février 1884, p. 75.
  6. http://monsieurboudon.blogspot.fr/.
  7. Edward Healy Thompson, The life of Henri-Marie Boudon, Londres, Burns and Oates, 1880.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Césaire Mathieu, Vie nouvelle de Henri-Marie Boudon, grand archidiacre d'Évreux, ornée d'un portrait dessiné après sa mort et d'un fac similé de son écriture, Besançon, Outhenin-Chalandre fils, 1837, 479 p.
  • Louis d'Appilly, H.M. Boudon ou la folie de la croix, Paris, Ch. Douniol, 1863.
  • Anselme Longpré, « L’influence spirituelle de Monsieur Henri-Marie Boudon aux origines de notre histoire », Revue d'histoire de l'Amérique française, vol. 3, n° 2, septembre 1949, p. 200–209 Lire en ligne.
  • Roland Derche, « Encore un modèle possible de Tartuffe : Henri-Marie Boudon, grand archidiacre d'Évreux (1624-1702) », Revue d'Histoire littéraire de la France, n° 2, 1951, p. 129-153.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]