Henry-Eugène Delacroix
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Pauline Delacroix-Garnier (à partir de ) |
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Henry-Eugène Delacroix, né à Solesmes le et mort à Tonneins le , est un peintre français.
Biographie
[modifier | modifier le code]Famille et formation
[modifier | modifier le code]Eugène Henry Delacroix[1] naît en 1845 à Solesmes d'Henry Joseph Delacroix, marchand mercier, et d'Eugénie Sophie Ménard, propriétaire. Il sera l'oncle du général de cavalerie Henri Descoins[2]. Il n'a aucun lien de parenté avec Eugène Delacroix[3].
Henry-Eugène Delacroix manifeste rapidement des dispositions artistiques, ce qui plaît à son père grand amateur de musique et de peinture[4]. Il entre à l'école communale de dessin de Cambrai en 1857 . En , il est admis dans les ateliers de Tony Robert-Fleury et d'Alexandre Cabanel à l'École des beaux-arts de Paris, où il reçoit plusieurs distinctions. De retour à Cambrai en 1867, sa mère étant veuve, il y obtient une bourse de la ville en 1869, puis est mobilisé dans la Garde nationale mobile après la déclaration de la Guerre de 1870. Sergent, fait prisonnier à Saint-Quentin, il est interné quelques mois à Coblence en Allemagne, il en revient en 1872.
Le , Henry-Eugène Delacroix épouse à Suresnes l'aquarelliste Pauline Garnier. De leur union naîtront deux fils, Paul et Jean.
La période valenciennoise
[modifier | modifier le code]En 1872, il réalise un Ecce homo, et reçoit commande du chemin de croix de l'église de Solesmes.
Il expose au Salon à Paris dès 1873[5] et y obtient une médaille de 3e classe en 1876.
En 1881, H.E. Delacroix est professeur de peinture à l'Académie de Valenciennes, où il travaillera 10 ans. Cet atelier s'ouvre également aux filles, sous la direction de sa femme. Il dispose d'un bel atelier, mais se plaint en 1887 de ne pouvoir se consacrer, du fait de l'enseignement et des commandes, à sa passion, le paysage : « Je n'ai fait un seul portrait; je viens de faire mes deux premiers paysages ».
En 1880, Jules-Arsène Garnier recrute des proches et des anciens élèves de Tony Robert-Fleury, ses deux beaux-frères Édouard Debat-Ponsan et Henry-Eugène Delacroix, ainsi que Gaston Marquet, pour réaliser une commande pour une société néerlandaise, le Panorama de la Bataille de Montretout[6], qui mesurera 40 mètres de circonférence. H.E. Delacroix se fait aider de ses élèves de Valenciennes. Le travail est rendu début et inauguré le 11 à Amsterdam. En décembre suivant, cette même société commande un autre panorama à la même équipe de peintres : le Panorama de Constantinople. Delacroix, Debat-Ponsan et Garnier partent en voyage d'étude à Constantinople fin 1882, puis s'installent avec Marquet dans le village de Klempemborg, près de Copenhague, pour produire la toile, qui est livrée le [7]. Elle sera exposée à Copenhague et à Amsterdam en 1883, puis à Paris en 1885[8].
En 1887, il hérite d'une propriété près de Toulouse, où il installe un atelier en 1890.
L'atelier parisien
[modifier | modifier le code]Après son succès au Salon de 1886 (médaille de 2e classe[9]) , il démissionne en 1889 de son poste à Valenciennes. Il s'installe au 69 boulevard Saint-Jacques à Paris (14e), puis en 1891 ouvre avec sa femme un atelier commun dans leur logement au 22 rue de Douai à Paris (9e), où « les marchands de tableaux sont plus près ». Il continue cependant à donner des cours dans le Nord « afin de faire bouillir la marmite ».
Les nombreuses récompenses alors décernées à H.E. Delacroix assoient sa notoriété. En 1888, il devient membre de la Société des artistes français, chargée de l'organisation du Salon depuis 1881. Membre du Comité, il est élu membre du jury en 1892. En 1893, il participe à l'Exposition universelle de Chicago. En 1894, il reçoit les insignes de chevalier de la Légion d'honneur. A Paris, il se pose en défenseur des artistes habitant la province. Il sait que l'art académique qu'il prône est en perte de vitesse, mais, se référant à son maître Cabanel, il dénonce le "tape-l'oeil" dans l'art, au détriment du dessin et de la composition, et critique le galeriste Paul Durand-Ruel et « l'art de décadence ». Il se vend mal.
En 1889, il reçoit une médaille d'argent à l'Exposition universelle[9]. Il expose également au Salon d'hiver de 1906 à 1909.
De 1893 à 1897, il est également professeur au cours pour jeunes filles et dames que dirige son épouse au 30 rue du Faubourg Saint Honoré (12 Cité du Retiro, 8e).
Fin 1900, E. Maton dit de lui dans la Revue Septentrionale : « Nature fine, esprit rêveur, visage sympathique [...] il aime à vivre dans les régions éthérées où l'inspiration lui fait voir les formes impalpables et invisibles à nos yeux ». Émile Anglade, dans la même revue en 1902, déclare que H.E. Delacroix « réalise une œuvre poétique, avec la nature pour base ». En 1903, Delacroix, qui participe régulièrement avec son épouse aux manifestations de l'association d'artistes ordinaires du Nord de la France, est nommé Rosati d'honneur[10].
En 1904, il décore la salle des mariages de la mairie de Solesmes de quinze toiles inspirées de la vie du paysan[11].
À la mort de sa femme en 1912, il multiplie les séjours en Haute-Garonne. Il poursuit ses grandes toiles décoratives mais exécute aussi « avec un plaisir infini » des paysages. À Saint-Lys, il signe six peintures réparties entre deux chapelles de l’église Saint-Julien.
En 1918 son fils Paul, mobilisé, décède de la grippe espagnole en Serbie[12]. Il envoie des toiles au Salon jusqu'en 1922. Il finit par s’installer définitivement chez son fils Jean, polytechnicien et directeur d'une manufacture de tabac, à Tonneins (Lot-et-Garonne), où il meurt le à 85 ans. Sa sépulture est au cimetière de Terre-Cabade à Toulouse.
À Solesmes, une école de peinture porte aujourd'hui son nom.
Distinctions
[modifier | modifier le code]Salons
[modifier | modifier le code]- 1873 : Les deux Foscari ; La Mort de Jacopo ;
- 1875 : Dante et Virgile, le supplice des dissipateurs ;
- 1876 : Les Anges rebelles ; médaille de 3e classe ;
- 1877 : Prométhée et les Océanides ;
- 1886 : Le Serment des Communes à Bruxelles ; médaille de 2e classe ;
- 1896 : La Poésie guerrière ; Mélancolie ;
- 1904 : La Prairie ;
- 1910 : L'Heure dorée[11] ;
- ...
- 1922
Autres salons
[modifier | modifier le code]Exposition coloniale internationale de 1883 à Amsterdam
[modifier | modifier le code]Panorama de Constantinople (œuvre de Jules-Arsène Garnier en collaboration avec Debat-Ponsan et H.E. Delacroix).
La Chute des Titans (médaille d'argent)
Réveil ; Heure enchantée ; Mouettes et vagues.
Salon d'Hiver
[modifier | modifier le code]- 1906
- ...
- 1909
Salons de province
[modifier | modifier le code]Œuvres dans l'espace public
[modifier | modifier le code]Edifices publics
[modifier | modifier le code]- Calais, théâtre de Calais : plafond et rideau de scène, 1907 ;
- Copenhague : Panorama de Montretout (œuvre de Jules-Arsène Garnier en collaboration avec Debat-Ponsan et H.E. Delacroix) ;
- L'Haÿ-les-Roses, hôtel de ville : peintures décoratives (1908-1911[13]) ;
- Paris, mairie du 10e arrondissement : peinture décorative, 1905 ;
- Saint-Lys (Haute-Garonne), église : peintures du chœur, 1898-1899 et 1913-1916 ; peintures des chapelles ;
- Saint-Martin du Touch, église : huiles sur toile, 1888-1890 ;
- Solesmes : église : Chemin de croix, 1874, quatorze huiles sur toile ;
- Solesmes : hôtel de ville : peintures décoratives, 1907.
Musées
[modifier | modifier le code]- Cahors, musée de Cahors Henri-Martin : Les Anges rebelles, 1876, huile sur toile ;
- Cambrai, Musée de Cambrai : Prométhée et les Océanides, 1877 ; Dante et Virgile, le supplice des dissipateurs, 1875 ;
- Clermont-Ferrand, Musée d'art Roger-Quilliot, La lutte pour la vie, 1893, huile sur toile ;
- Rio de Janeiro, Niterói, Museu de História e Artes do Estado : Danse antique ;
- Le Touquet-Paris-Plage, Musée du Touquet-Paris-Plage : La pêcheuse de moules, 1886[14].
Récompenses et honneurs
[modifier | modifier le code]- 1865 : mention de perspective et d'anatomie ;
- 1868 : médaille d'esquisse peinte ;
- 1870 : subvention de 1 200 francs par la ville de Cambrai ;
- 1876 : médaille de 3e classe au Salon des artistes français ;
- 1886 : médaille de 2e classe au Salon des artistes français ;
- 1889 : médaille d'argent à l'Exposition universelle de 1889 ;
- 1894 : chevalier de la Légion d'honneur[15].
Galerie d'œuvres
[modifier | modifier le code]- La lutte pour la vie (1893).
- Danse antique.
- L'heure enchantée (1891).
- L'Odorat.
Quelques élèves
[modifier | modifier le code]Quelques élèves[3] :
- Marie-Louise Charliat
- Eugène Chigot
- Adolphe Crauk
- Pauline Delacroix-Garnier
- René Delame[16]
- Mathilde Delattre[17]
- Félix-Alexandre Desruelles
- Henry Jean Guillaume Martin[18]
- Félix Alexandre Leleu Abraham
- Emile Mussault[19]
- Corneille Theunissen
Notes et références
[modifier | modifier le code]- ↑ Il est le dernier enfant de la fratrie, et le seul garçon, deux de ses frères aînés, portant les mêmes prénoms, décédant en bas âge. Il inversera plus tard ses prénoms pour se différencier du grand maître Eugène Delacroix.
- ↑ Biographie d'Eugène Delacroix dans Mémoires de la Société d'émulation de Cambrai : agriculture, sciences et arts, 15 décembre 1935, lire en ligne.
- 1 2 Sauf appel de note complémentaire: Claudine Pardon, Henry-Eugène Delacroix Artiste-peintre 1845-1930, Association pour l'Etude et la Préservation du Patrimoine de Solesmes, 2021..
- ↑ La Voix du Nord, 3 août 2008.
- ↑ Notice biographique sur oxfordindex.
- ↑ Utpictural18, site en ligne.
- ↑ [PDF] « Panorama de Constantinople pris de la Corne d’Or », par Louis du Chalard, in: Orients. Bulletin de l’association des anciens élèves et amis des langues orientales, février 2015, pp. 107-112.
- ↑ Le Panorama de Constantinople subit des réparations en 1888, puis on en perd la trace.
- 1 2 René Édouard-Joseph, Dictionnaire biographique des artistes contemporains, t. 1, A-E, Art et Édition, , p. 371.
- ↑ Le Journal du 28 décembre 1902 sur Gallica.
- 1 2 Collection du Centre National des Arts Plastiques (CNAP).
- ↑ Virginie Demont-Breton, également peintre nordiste, lui dédiera un poème.
- ↑ Histoire et patrimoine, sur le site de la ville de l'Haÿ-les-Roses.
- ↑ La pêcheuse de moules, 1886, Musenor.
- ↑ Voir base Léonore dans liens externes.
- ↑ Catalogue du Salon des artistes français 1888 sur Gallica.
- ↑ Exposition de 1899 / Société des amis des arts du Havre, (lire en ligne).
- ↑ galerie hurtebize, « henri martin ».
- ↑ Peintre académique, né en 1846, il est conservateur du musée de Cambrai de 1898 à 1917. Épuisé par son travail de protection des œuvres menacées par les bombardements lors du premier conflit mondial (dont la Mise au Tombeau de Rubens), il meurt en 1918 avant la fin de la guerre (site musenor).
Annexes
[modifier | modifier le code]Bibliographie
[modifier | modifier le code]- Dictionnaire Bénézit.
- Hoffmann-Eugène, « Delacroix Henry E. », Le livre d'or des peintres exposants, Bureau du livre d'or des peintres, Paris, 1906.
- Émile Delval, Un artiste de chez nous. Le peintre Henry-Eugène Delacroix (1845-1943), Mémoires de la société d'émulation de Cambrai, , tome 83, p. 99-116.
- Gaston-Louis Marchal et Patrick Wintrebert, Arras et l'art au XIXe siècle : dictionnaire des peintres, sculpteurs, graveurs, architectes, photographes, critiques et amateurs d'art, 1800-1914, Arras, Commission départementale d'histoire et d'archéologie du Pas-de-Calais, , 309 p. (ISBN 978-2-900643-06-8, OCLC 466168899, présentation en ligne), p. 84.
- André Roussard, Dictionnaire des peintres à Montmartre, Éd. André Roussard, 1999, p. 179.
- Article dans La Voix du Nord, .
- Louis du Chalard, « Panorama de Constantinople pris de la Corne d'Or », in Orients, bulletin de l'association des anciens élèves et amis des langues orientales, , p. 107-112.
- Claudine Pardon, Henry-Eugène Delacroix Artiste-peintre 1845-1930, Association pour l'Etude et la Préservation du Patrimoine de Solesmes, 2021.
Liens externes
[modifier | modifier le code]- Ressources relatives aux beaux-arts :
- Ressource relative à la vie publique :
- Peintre français du XIXe siècle
- Peintre français du XXe siècle
- Peintre portraitiste français
- Peintre de genre français
- Peintre panoramiste français
- Peintre français d'art sacré
- Peintre français de nu
- Élève de l'École nationale supérieure des beaux-arts au XIXe siècle
- Officier d'Académie
- Chevalier de la Légion d'honneur décoré en 1894
- Naissance en janvier 1845
- Naissance dans le département du Nord
- Décès en avril 1930
- Décès à 85 ans
- Décès à Tonneins
