Henriette Dessaulles

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Henriette Dessaulles
Journal Henriette Dessaulles.jpg

Journal d'Henriette Dessaulles

Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 86 ans)
MontréalVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activités
Écrivaine, auteure de journal intime, journaliste, auteure de littérature pour la jeunesseVoir et modifier les données sur Wikidata

Henriette Dessaulles (née le 6 février 1860 à Saint-Hyacinthe et morte le 17 novembre 1946 à Hôtel-Dieu de Saint-Hyacinthe), connue sous le pseudonyme de Fadette, première femme journaliste au Québec.

Biographie[modifier | modifier le code]

Elle grandit dans la ville de St-Hyacinthe. Fille du grand notable Georges-Casimir Dessaulles et d'Émilie Mondelet, elle a comme parrain Louis-Joseph Papineau. Elle est éduquée au couvent de Lorette puis au couvent de la Présentation des sœurs de Marie où elle s'oppose à l'éducation réservée aux jeunes filles de bonne famille.

Elle épouse Maurice St-Jacques en 1881, son voisin. Elle a eu sept enfants, dont cinq survivent.

Elle devient journaliste pour de nombreux journaux par nécessité. Ele tient une chronique graphologique au journal la Prairie. Elle rédige pendant une quarantaine d'années ce qu'elle nomme Lettres de Fadette dans le journal Le Devoir.

Henriette Dessaulles décède en 1946, à 86 ans.

Le Journal (1874-1881)[modifier | modifier le code]

De 1874 à 1881, elle rédige son journal, connu du public à ce jour. Celui-ci a été publié pour la première fois en 1971 aux éditions Hurtubise HMM, dans une édition partielle contenant toutefois de nombreuses photographies. La réception fortement positive de l’œuvre, spécialement auprès de la critique littéraire, a encouragé sa réédition dans la prestigieuse collection "Bibliothèque du Nouveau Monde" (sorte d'équivalent de la Pléiade pour les écrits du Canada français) en 1989. C'est Jean-Louis Major qui fut responsable de l'édition critique du texte et celui-ci est précédé d'une substantielle introduction permettant de retracer, entre autres, la genèse du texte. Il est établi, par exemple, que celui-ci est bien de la main d'Henriette Dessaulles mais pas pour la période 1874-1881. Henriette Dessaulles a probablement retranscrit et en partie réécrit son Journal après la mort de son mari et l'a légué à ses enfants[1].

Le Journal d'Henriette Dessaulles a été l'objet de nombreux articles critiques, compte rendu et mémoires (voir la bibliographie sur le journal).

Le Journal crée une occasion de réfléchir sur les conditions sociales d'écriture de l'intime.

Toponymie[modifier | modifier le code]

La rue Henriette-Dessaulles, située dans la municipalité de Lévis, rend honneur à cette écrivaine. Ce toponyme est officialisé depuis le 1er aout 2007[2]. Le nom de cette rue était initialement officialisé en « rue Henriette-Dessaules », avec un seul l, coquille rectifiée en 2014. Le linguiste Gabriel Martin, qui a soulevé l'erreur, s'exprime alors en ces termes : « N’est-il pas ironique de trouver une faute d’orthographe dans le nom d’une femme de lettres? Rendons justice à la mémoire dessaullienne en rectifiant cette gênante coquille qui risque de se répandre comme une traînée de poudre » (Deschênes, Érick. « Une erreur qui a pignon sur rue », Le Journal de Lévis, 19 février 2014, vol. 13, no 21, p. 6).

Liens externes[modifier | modifier le code]

Exposition virtuelle
Œuvres d'Henriette Dessaulles

Fadette - Journal d'Henriette Dessaulles, avant-propos de Pierre Dansereau, Hurtubise/HMH, Montréal, 1971.

Le fonds d'archives de Fadette est conservé au centre d'archives de Montréal de Bibliothèque et Archives nationales du Québec[3].

Bibliographies[modifier | modifier le code]

Sur Henriette Dessaulles[modifier | modifier le code]

Sur le Journal d'Henriette Dessaulles[modifier | modifier le code]

AUGER, Manon (2004), « Mademoiselle Dessaulles » : adaptation scénaristique du Journal (1874-1881) d’Henriette Dessaulles suivi de Le statut sémiologique du personnage dans le journal intime : l’exemple du Journal (1874-1881) d’Henriette Dessaulles, mémoire de maîtrise en études littéraires, Université Laval.

________ (2007), « Forme et formation d’une identité narrative : la mise en scène de soi dans le Journal (1874-1881) d’Henriette Dessaulles », Voix et Images, vol. XXXIII, no 1, automne, p. 115-129.

BAUDOUIN, Daphni (1987), « Autoportrait et journal intime. Le Journal d’Henriette Dessaulles », Arcade, no 14, octobre, p. 73-76.

________ (1991), « Le journal intime féminin au XIXe siècle », dans François Dumont et Frances Fortier (dir.), Littérature québécoise. La recherche en émergence, Québec, Nuit Blanche, p. 229-240.

________ (1993a), « Stratégies énonciatives dans le journal intime féminin du XIXe siècle », dans Manon Brunet et Serge Gagnon (dir.), Discours et pratique de l’intime, Québec, Institut Québécois de recherche sur la culture, p. 167-179.

BOLDUC, Julie (2003), Une diariste ironique : lecture stylistique du Journal d’Henriette Dessaulles, mémoire de maîtrise en études littéraires, Université Laval.

BOUCHER-MARCHAND, Monique (1999), « Entre passion et raison : le récit symbolique dans le Journal d’Henriette Dessaulles », dans Manon Brunet (dir.), Érudition et passion dans les écritures intimes, Québec, Nota Bene, p. 141-150.

CANTIN, Annie (1996a), Henriette Dessaulles, Journal (1874-1881), lecture sociostylistique d’une trajectoire littéraire, mémoire de maîtrise en littérature québécoise, Université Laval.

________ (1996b), « Le Journal d’Henriette Dessaulles : la contre-aventure », Voix et Images, vol. XXI, no 2, hiver, p. 312-323.

GAUTHIER CANO, Mona (1987), La métamorphose du sujet dans le Journal d’Henriette Dessaulles, Ottawa, Université d’Ottawa, [microforme].

HÉBERT, Pierre (1985), « Pour une évolution de la littérature personnelle au Québec : l’exemple du journal intime », Revue d’histoire littéraire du Québec et du Canada français, no 9, p. 13-37.

________ (1988), avec la collaboration de Marilyn Baszczynski, Le journal intime au Québec : structure, évolution, réception, Montréal, Fides.

________ (1989-1990), « Angéline ou Henriette ? », Lettres Québécoises, no 56, hiver, p. 50-51.

________ (1992), « Le journal intime, révisionniste de la narratologie », dans Madeleine Frédéric (dir.), Entre l’Histoire et le roman : la littérature personnelle, Ottawa / Bruxelles, Centre d’Études Canadiennes / Université de Bruxelles, p. 7-15.

IMBERT, Patrick (1981-1982), « Fadette, journal d’Henriette Dessaulles (1874-1880) [sic] ou l’ambivalence vécue », Lettres Québécoises, no 24, hiver, p. 70-72.

MAJOR, Jean-Louis (1989), « Introduction », dans Henriette Dessaulles, Journal (1874-1881), édition critique, Montréal, Presses de l’Université de Montréal, Coll. « Bibliothèque du Nouveau Monde »,  p. 7-102.

MAJOR, Jean-Louis et Claude Fournier (1985), « Le Journal (1874-1881) d’Henriette Dessaulles », Revue d’histoire littéraire du Québec et du Canada français, Ottawa, hiver-printemps, no 9, p. 53-61.

MITCHELL, Constantina (1990-1991), « Henriette Dessaulles, Journal, édition critique par Jean-Louis Major », Quebec Studies, vol. XI, automne-hiver, p. 141-142.

OUELLET, Lise (1988), « Le Journal d’Henriette Dessaulles ou le roman du “je” spéculaire au “je” social », Francofonia, vol.VIII, no 14, printemps, p. 53-61.

PROULX, Marie-Hélène (2000), La fictionnalisation dans le Journal d’Henriette Dessaulles suivi de À demain, mémoire de maîtrise en création littéraire, Montréal, Université McGill.

RAOUL, Valérie (1986), « Moi (Henriette Dessaulles), ici (au Québec), maintenant (1874-80) : articulation du journal intime féminin », The French Review, vol. LIX, no 6, May, p. 841-848.

________ (1993), « Femininity and self-denial: the diary of Henriette Dessaulles », Distinctly Narcissistic; Diary Fiction in Québec, Toronto, University of Toronto press, p. 45-57.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jean-Louis Major, "Introduction", dans Henriette Dessaulles, Journal, édition critique, Montréal, Les Presses de l'Université de Montréal, coll. "Bibliothèque du Nouveau Monde", 1989, p. 21-22.
  2. « Fiche descriptive », sur www.toponymie.gouv.qc.ca (consulté le 4 octobre 2017)
  3. Fonds Fadette (MSS252) - Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ).