Henri Pézerat

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Henri Pézerat, né le à Chalon-sur-Saône et mort le à Paris 13e, est un chercheur français, diplômé de l'École de Chimie de Lyon, directeur de recherches au CNRS, toxicologue, lanceur d'alerte.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fin 1973, dans son laboratoire de chimie de Jussieu, il identifie l'amiante, dans la poussière blanche qui tombe du plafond et pollue les mesures. Il examine la littérature sur ce silicate et découvre son caractère cancérogène. Il signale le fait à un collectif intersyndical qui avait été créé pour la sécurité à la suite du décès d'une technicienne de laboratoire brûlée vive dans un laboratoire de Jussieu[1]. Il a contribué à faire interdire l’amiante en France en 1997[2], grâce à son animation du Comité anti-amiante de Jussieu. Il est aussi l’un des fondateurs de l’Association ALERT[3]. En 1978, il soutient les travailleuses de l'usine Amisol de Clermont-Ferrand[4], [5].

L'association Ban Asbestos France[6], [7] est née en 1995 de la rencontre en 1977 entre Henri Pézerat, Annie Thébaud-Mony (directrice de recherche à l'INSERM, spécialiste de la santé au travail), auteur du livre Travailler peut nuire gravement à votre santé[8] et Patrick Herman (lanceur d'alerte sur l'amiante). Elle a participé activement en 1996 à la création de l'ANDEVA (Association Nationale de Défense des Victimes de l'Amiante)[9]. Malgré l'interdiction de ce matériau, des millions de tonnes d'amiante sont toujours en place.

Après son départ en retraite, Henri Pézerat reste toujours proche des malades et des victimes de l’amiante et élargit son champ d’action à d’autres polluants cancérogènes, à partir de son appartement de Fontenay-sous-bois.

En 1999, il lance l’Affaire des cancers pédiatriques de Vincennes, en alertant le Directeur Général de la Santé par une lettre où il décrit un agrégat spatio-temporel (cluster) de cancers d’enfants à l’école maternelle Franklin Roosevelt[10], construite sur l’ancienne friche industrielle laissée par les usines Kodak. Soutenant les parents du Collectif Vigilance-Franklin[11] dont l’association, après avoir obtenu une étude épidémiologique et un suivi du site pollué, en demande toujours la dépollution, il représente les victimes au Comité scientifique, puis en désaccord avec les autorités, il en démissionne[12].

En 2000, il met en garde contre la toxicité du fioul lourd s’échappant du bateau échoué, l’Erika[13],[14].

Ses derniers combats concerneront le désamiantage du porte-avion Clemenceau[15] et la détermination du rôle délétère de l’aluminium dans la genèse de la maladie d'Alzheimer[16].

Henri Pézerat croyait en l'importance capitale de la toxicologie en médecine du travail, comme précurseur de la toxicologie de l'environnement. Il pensait que les travailleurs étaient les sentinelles du risque toxicologique tant professionnel qu'environnemental, en tant que premiers, et souvent les plus touchés par des polluants, les mêmes dans les deux cas.

Son combat est poursuivi par l'Association Henri Pézerat Santé-Travail-Environnement[17],[18],[19].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Politique-Disparition d'Henri Pézerat » (consulté le 6 novembre 2009), article publié le 19 février 2009 dans L'Humanité.
  2. « Henri Pézerat un toxicoloque de la marge à la centralité » (consulté le 6 novembre 2009), Mouvements (revue).
  3. « Alert-À propos d'une nouvelle rédaction proposée pour le tableau n°1 des Maladies professionnelles avril 2006 » (consulté le 6 novembre 2009), smg-pratiques info.
  4. « Dans l'enfer blanc de l'amiante 2002 » (consulté le 6 novembre 2009), Le Monde diplomatique
  5. « Henri Pézerat nous a quitté » (consulté le 6 novembre 2009), les Verts l'écologie .
  6. « Ban Asbestos France » (consulté le 6 novembre 2009).
  7. « Hommages rendus à Henri - Ban Asbestos France » (consulté le 7 novembre 2009).
  8. Travailler peut nuire gravement à votre santé, sous-traitance des risques, mise en danger d'autrui, atteintes à la dignité, violences physiques et morales, cancers professionnels, Éditions La Découverte,Paris, 2007, (ISBN 2-7071-5475-X)
  9. « Bulletin de l'Andeva.fr » (consulté le 6 novembre 2009).
  10. « Ministère de la Santé : Sécurité sanitaire et santé publique, École Franklin Roosevelt à Vincennes » (consulté le 7 novembre 2009).
  11. « Collectif Vigilance Franklin ».
  12. « La démission d'un chercheur suscite des inquiétudes » (consulté le 6 novembre 2009), Le Parisien.
  13. « Les risques de cancers liés à la marée noire de l’Erika ont été sous-estimés » (consulté le 6 novembre 2009), Brest-Ouvert.
  14. « Report confirms oil slick cancer risk » (consulté le 6 novembre 2009), The Guardian.
  15. « Le Clemenceau : un bateau mort qui n'en finit pas de tuer » (consulté le 6 novembre 2009), Greenpeace.
  16. Aluminium dans l’eau et maladie d’Alzheimer, février 2004
  17. « Présentation de l'Association Henri Pézerat »
  18. « Inauguration de l'Association Henri Pézerat Santé - Travail - Environnement, intervention du maire de Fontenay-sous-Bois »
  19. « les maladies professionnelles ont leur fondation » (consulté le 5 janvier 2010), le Parisien du 16 novembre 2009.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Filmographie[modifier | modifier le code]

  • Les Sentinelles, documentaire réalisé par son fils Pierre Pézerat, produit par Entre les images, retrace les travaux et le combat du chercheur avec les témoignages de Annie Thébaud-Mony et des nombreuses personnes victimes de maladies professionnelles.

Liens externes[modifier | modifier le code]