Henri IV (roi d'Angleterre)

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Henri IV
Portrait d'Henri IV à la fin du XVIe siècle
Portrait d'Henri IV à la fin du XVIe siècle
Titre
Roi d'Angleterre et seigneur d'Irlande

(13 ans 5 mois et 19 jours)
Couronnement en l'Abbaye de Westminster
Prédécesseur Richard II
Successeur Henri V
Duc d'Aquitaine

(8 mois et 11 jours)
Prédécesseur Jean de Gand
Successeur Henri V
Biographie
Dynastie Maison de Lancastre
Date de naissance
Lieu de naissance Château de Bolingbroke, Lincolnshire (Angleterre)
Date de décès (à 45 ans)
Lieu de décès Westminster, Londres (Angleterre)
Sépulture Cathédrale de Cantorbéry
Père Jean de Gand,
duc de Lancastre
Mère Blanche de Lancastre
Conjoint Marie de Bohun (1381-1394)
Jeanne de Navarre (1403-1413)
Enfants Henri V Red crown.png
Thomas,
duc de Clarence
Jean,
duc de Bedford
Humphrey,
duc de Gloucester
Héritier Henri de Lancastre (1399-1413)

Signature de Henri IV

Henri IV (roi d'Angleterre)
Roi d'Angleterre

Henri IV ([1] - [2]) est roi d'Angleterre de 1399 à sa mort. Il est également Seigneur d'Irlande de 1399 à 1413, et revendique également les prétentions de son grand-père Édouard III sur le trône de France, en pleine Guerre de Cent Ans. Il chasse du pouvoir son cousin, le roi Richard II, et inaugure le règne de la maison de Lancastre, une branche cadette des Plantagenêt qui se maintient sur le trône jusqu'en 1461. Il voit le jour au château de Bolingbroke dans le Lincolnshire, ce qui lui vaut son autre nom, Henry (de) Bolingbroke. Son père, Jean de Gand, troisième fils de Édouard III jouit d'une influence considérable pendant le règne de son cousin Richard II, qu'Henri finira par renverser.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Henri, né le 15 avril 1367, est le fils[3] de Jean de Gand et de Blanche de Lancastre. Par son père, il est le petit-fils du roi Édouard III d'Angleterre. Il naît au château de Bolingbroke, dans le comté de Lincolnshire. Pour cette raison, il est surnommé « Henri Bolingbroke ». Sa mère meurt dès 1368. Son père se remarie avec Constance de Castille en 1371 puis avec sa maîtresse Katherine Swynford en 1396. Richard II légitimera en 1397 les enfants de Jean de Gand et de Katherine sous le nom de Maison de Beaufort.

Henri avait de bonnes relations avec sa belle-mère Katherine mais ses relations avec ses demi-frères varièrent au fil du temps. Dans sa jeunesse, il sembla avoir été proche d'eux, mais il entra en conflit avec ses demi-frères, le cardinal Beaufort et Thomas Beaufort à partir de 1406. Son beau-frère Ralph Neville resta un de ses plus fidèles compagnons, tout comme son frère Jean Beaufort (1er comte de Somerset). Thomas Swynford, fils de Katherine par un premier mariage, faisait lui aussi parties de ses loyaux compagnons. Thomas était connétable au Château de Pontefract, lorsque le roi Richard II y mourut.

Sous Richard II[modifier | modifier le code]

Fait comte de Derby en 1377 à la mort de son grand-père Édouard III, Henri devient comte de Northampton en 1384 puis duc d'Hereford en 1397 sur ordonnance de Richard II.

D'abord fidèle à Richard au début de son règne, Henri se démarque en 1387 en devenant un des membres des opposants aux excès du roi : les Lords Appelants. Le 19 décembre 1387, il défait les troupes royales menées par Robert de Vere à la bataille de Radcot Bridge. Le 3 mai 1389, Richard reprend le contrôle du pouvoir. Le retour de Jean de Gand à la fin de l'année met définitivement fin à la crise entamée en 1386.

Henri quitte l'Angleterre de 1389 à 1393. En 1390, il combat avec 300 chevaliers de l'Ordre teutonique lors du siège de Vilnius. Il effectue ensuite un pèlerinage à Jérusalem en 1392. Il fait alors le vœu de délivrer cette ville "des infidèles", qu'il ne pourra cependant jamais réaliser.

En 1397, suite à l'arrestation des principaux Lords Appelants — Thomas de Woodstock, 1er duc de Gloucester, l’oncle de Richard II, Richard FitzAlan, 12e comte d'Arundel et Thomas Beauchamp, 11e comte de Warwick — Henri suit le conseil de son père Jean de Gand et soutient le roi.

En janvier 1398, Henri entre en conflit avec le duc de Norfolk, ce dernier l'accusant de trahison. La dispute devait être réglée par un duel mais au dernier moment Richard intervint et prononça des peines d'exil : 10 ans pour Bolingbroke, à vie pour Norfolk. Henri se réfugie à Paris puis en Bretagne. À la mort de Jean de Gand le 3 février 1399, Henri est dépossédé de ses biens, mais succède cependant à son père aux titres de comte de Lancastre, de Derby, de Leicester, de duc d'Hereford et de Lancastre.

En juin 1399, il débarque secrètement à Ravenspurn[4] dans le Yorkshire. Des hommes venus des quatre coins du pays s’allient bientôt à lui. Lorsqu’il rencontre Henry Percy, comte de Northumberland, qui a ses propres désaccords avec le roi, Bolingbroke précise bien que son seul objectif est de récupérer ses biens. Percy le prend au mot et décide de ne pas se mêler de cela[5]. La plupart des chevaliers et hommes de confiance du roi l’ont suivi en Irlande, et Henri ne rencontre pas réellement de résistance lors de sa campagne vers le sud. Edmond de Langley, duc d'York, chargé de protéger le royaume en l’absence du roi, n’a guère d’autres solutions que de prendre le parti d’Henri[6]. Pendant ce temps, le retour d’Irlande de Richard est retardé et il ne débarque pas au pays de Galles avant le 24 juillet[7]. Il prend alors la direction de Conwy où il rencontre le comte de Northumberland le 12 août pour négocier[8]. Une semaine plus tard, Richard II se rend à Henri au château de Flint contre la promesse d’avoir la vie sauve[9]. Les deux hommes rentrent alors à Londres, le roi prisonnier faisant toute la route derrière Henri. À son arrivée le 1er septembre, il est enfermé dans la tour de Londres[10],[11].

Henri est maintenant fermement résolu à monter sur le trône, mais il lui faut justifier cette action[12]. Il est souvent dit que Richard, du fait de sa tyrannie et de sa mauvaise gouvernance, s’est rendu lui-même indigne d’être roi[13]. Toutefois, Henri n’est pas le mieux placé dans l’ordre de succession au trône ; l’héritier est en fait Edmund Mortimer, qui descend du second fils d’Édouard III, Lionel d'Anvers. Le père d’Henri, Jean de Gand, n’est que le troisième fils d’Édouard III[14]. Il règle ce problème en soulignant le fait qu’il descend d’une ligne directe « mâle » tandis que Mortimer est héritier par sa grand-mère[Note 1]. Officiellement, Richard accepte volontairement de laisser sa couronne à Henri le 29 septembre[15]. Le Parlement réuni le 30 septembre accepte l'abdication de Richard.

Roi d'Angleterre[modifier | modifier le code]

Il est couronné en l'abbaye de Westminster à Londres le 13 octobre 1399 par Thomas Arundel, archevêque de Cantorbéry. Lors de son intronisation, il s'adresse pour la première fois aux nobles en anglais depuis 1066.

Mort de Richard II[modifier | modifier le code]

La destinée exacte de Richard après sa destitution n’est pas très claire. Il reste dans la tour de Londres avant d’être emmené au château de Pontefract en octobre 1399[16]. Bien que le roi Henri lui ait, dans un premier temps, promis la vie, il change rapidement d’avis lorsqu'il découvre un complot visant à l'assassiner et à restaurer Richard au pouvoir[17]. Bien qu’il l’ait anticipé, ce complot montre les risques qu’encourt Henri s’il laisse Richard en vie. Richard meurt en captivité aux alentours du 14 février 1400, bien que de sérieux doutes planent quant à la date exacte et la cause réelle de sa mort[12]. Le corps est emmené dans la cathédrale Saint-Paul le 17 février, avant d’être enterré dans l’église de Kings Langley le 6 mars.

Des rumeurs selon lesquelles Richard serait toujours en vie persistent un temps, mais ne gagnent jamais vraiment de crédit en Angleterre[18]. En Écosse, un homme identifié comme Richard est logé dans le château de Stirling par le duc d’Albanie Robert Stuart et se dit être un personnage important, responsable de plusieurs intrigues lollards et contre les Lancastre en Angleterre. Le gouvernement d’Henri IV dénonce une imposture, et plusieurs sources de part et d’autre de la frontière suggèrent que l’homme en question souffre de troubles mentaux. Il est même décrit par certains comme un mendiant au moment de sa mort en 1419. Il est toutefois enterré comme un roi dans le monastère dominicain de Stirling.

Soulèvements et rébellions[modifier | modifier le code]

Henri IV passe la majeure partie de son règne à réprimer des rébellions de nobles ou des invasions étrangères :

En 1405, Northumberland, les Mortimer (héritiers de Richard II) et Owain Glyndwr scellèrent même une alliance : l'Indenture tripartite, dans laquelle ils prévoyaient le partage du royaume d'Henri.

Relations avec le Parlement et l'Église[modifier | modifier le code]

Henri consulta fréquemment le Parlement, mais était quelque fois en conflit avec ses membres, surtout sur les questions religieuses. Sur le conseil d'Arundel, Henri obtient du Parlement la légalisation du De heretico comburendo en 1401, qui permet de brûler les hérétiques ; cette loi fut adoptée en grande partie afin de lutter contre le mouvement des Lollards. En 1410, le Parlement suggéra de confisquer les territoires de l'Église. Henri s'y opposa car l'Église l'avait aidé lors de son accession au pouvoir.

Politique étrangère[modifier | modifier le code]

Pendant l'hiver 1400-1401, Henri IV reçoit la visite de l'empereur byzantin Manuel II Paléologue ; Henri lui donne de l'argent pour se défendre contre les attaques de l'Empire ottoman.

En 1406, le prince héritier d'Écosse Jacques Ier est capturé par des pirates anglais et livré à Henri. Il restera emprisonné à la tour de Londres jusqu'en 1424.

En France, Armagnacs et Bourguignons sont en lutte ouverte les uns contre les autres pour le contrôle de la régence, Charles VI étant incapable de l'assumer à cause de sa folie. Thomas, duc de Clarence, deuxième fils d'Henri, fait alliance avec les Armagnacs lors d'un traité signé à Eltham le . Il consent à envoyer 1 000 hommes d'armes et 3 000 archers pour les aider contre la possession de l'ancien duché d'Aquitaine reconstitué dans son ancienne extension. Quelques semaines plus tard, ce traité est rendu caduc par la nouvelle trêve entre Armagnacs et Bourguignons.

En août 1412, Thomas de Lancastre débarque à Saint-Vaast-la-Hougue et rencontre Charles d'Orléans à Blois afin d'entériner le traité d'Eltham. Il lui fait payer très cher son retour en Angleterre : quelques centaines de milliers de livres et la remise en otage, comme garantie de paiement, de son frère Jean d'Angoulême, le futur grand-père de François Ier. Cela n'empêche pas Thomas de diriger son armée vers Bordeaux en dévastant tout sur son passage.

Fin de règne[modifier | modifier le code]

Malade depuis 1406, le pouvoir échappe peu à peu à Henri. Ses contemporains ont suggéré que le roi était atteint de la lèpre. Le roi semble avoir été atteint de paranoïa, jugeant sa maladie comme une punition divine pour avoir fait exécuter l'archevêque d'York en 1405.

À partir de janvier 1410, aidé par ses oncles Henri et Thomas Beaufort — fils légitimés de Jean de GandHenri, prince de Galles dirige de fait le pays. Thomas Arundel est écarté rapidement du conseil par les partisans du prince de Galles.

Ses opinions en politique étrangère et locale diffèrent de celles du roi, qui le renvoie du conseil en novembre 1411. La querelle entre le père et le fils est uniquement d'ordre politique, bien qu'il soit probable que les Beaufort aient argumenté pour l'abdication d'Henri IV, tandis que leurs adversaires se sont certainement efforcés à diffamer le prince. Pendant quelques mois, Thomas de Lancastre est maître de l'Angleterre.

Le roi Henri mourut le 20 mars 1413 (peut-être de la lèpre). Une prophétie avait affirmé quelques années plus tôt que le roi mourrait à Jérusalem. La cour, tout comme le roi, pensait qu'il mourrait en croisade. En fait, Henri rendit son dernier soupir dans la chambre de Jérusalem, située à l'intérieur de l'abbaye de Westminster à Londres.

Il est enterré à la cathédrale de Cantorbéry.

Tombe de Henri IV d'Angleterre (cathédrale de Canterbury).

Ascendance[modifier | modifier le code]

Mariages et descendance[modifier | modifier le code]

Henri de Bolingbroke épouse en premières noces Marie, la fille de Humphrey de Bohun, au château d'Arundel, en 1380 ou 1381. Ils ont six enfants :

Marie de Bohun meurt le 4 juin 1394.

Henri se remarie en 1403 en la cathédrale de Westminster avec Jeanne, la fille du roi Charles II de Navarre. Selon l'Encyclopedia Britannica, la relation entre Jeanne et Henri commença alors qu'il résidait à la cour de Bretagne pendant son exil d'Angleterre. Demandée en mariage par le roi d'Angleterre, Jeanne obtient une dispense du Pape d'Avignon pour « consanguinité au troisième degré » le 23 juin 1402 et quitte définitivement la Bretagne le 13 janvier 1403, elle devient la deuxième femme d'Henri IV le 7 février avant d'être couronnée reine à Londres le 25 du même mois[19]. Le couple n'eut pas d'enfant, mais Jeanne eut une bonne relation avec les enfants d'Henri issus de son premier mariage, et prenait souvent parti pour le prince de Galles dans les querelles qui l'opposaient à son père.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Valerie Eads, « The Last Italian Expedition of Henry IV : Re-reading the Vita Mathildis of Donizone of Canossa », Journal of Medieval Military History, Boydell & Brewer, vol. 8,‎ , p. 23-68 (lire en ligne).
  • (en) Peter McNiven, « The Problem of Henry IV's Health, 1405-1413 », English Historical Review, vol. 100, no 397,‎ , p. 747-772 (lire en ligne).

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Références[modifier | modifier le code]

  1. Ian Mortimer, « Henry IV's date of birth and the royal Maundy », Historical Research, University of London, vol. 80, no 210,‎ , p. 567–576 (ISSN 0950-3471, DOI 10.1111/j.1468-2281.2006.00403.x)
  2. A. L. Brown et Henry Summerson, Oxford Dictionary of National Biography, Oxford, England, Oxford University Press, (DOI 10.1093/ref:odnb/12951), « Henry IV (1366–1413) ».
  3. Les analyses ADN menées à la suite de la découverte du squelette de Richard III en 2012 ont mis en évidence une illégitimité sur la lignée agnatique, mais sans qu'on identifie ladite illégitimité sur les descendants de Jean de Gand, depuis Henri IV à Henri VI d'Angleterre, et donc de la lignée des rois Tudors.
  4. Il fut aidé par le duc de Bretagne, voir Albert le Grand, Bertrand d'Argentré et Histoire résumée du Moyen Âge... , par M. Petit Baroncourt
  5. Saul 1997, p. 408–410
  6. Harriss 2005, p. 486–487
  7. Saul 1997, p. 411
  8. Saul 1997, p. 412–413
  9. « Richard II King of England » (consulté le 23 septembre 2009)
  10. Saul 1997, p. 417
  11. Erreur de référence : Balise <ref> incorrecte ; aucun texte n’a été fourni pour les références nommées herodote.
  12. a et b Erreur de référence : Balise <ref> incorrecte ; aucun texte n’a été fourni pour les références nommées Tuck.
  13. McKisack 1959, p. 494–495
  14. Saul 1997, p. 419–420
  15. C. Given-Wilson, « The manner of King Richard's renunciation: A Lancastrian narrative? », English Historical Review, vol. cviii,‎ , p. 365–71
  16. Saul 1997, p. 424
  17. Saul 1997, p. 424–425
  18. Tuck 1985, p. 226
  19. Barthélémy-Amédée Pocquet du Haut-Jussé Les Papes et les Ducs de Bretagne COOP Breizh Spézet (2000) (ISBN 284346 0778) p. 335 note no 10

Articles connexes[modifier | modifier le code]


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