Henri Hardouin

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Henri Hardouin
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Henri Hardouin est un compositeur français, né à Grandpré (Ardennes) le et mort à Grandpré le .

Biographie[modifier | modifier le code]

Né dans une famille modeste, il fut admis en 1735, à l'âge de 8 ans, comme enfant de chœur (enfant chantant dans le chœur) au sein de la maîtrise de la cathédrale de Reims. Il y chanta aux côtés des choristes adultes (professionnels à l'époque) tout en y recevant une solide formation musicale et générale. On formait les enfants (et les jeunes gens) aussi bien au plain-chant (ou chant grégorien) chanté sous ses diverses formes, qu'à la musique polyphonique et au contrepoint savant. Plus tard il entra au séminaire et devint, en 1749, le maître de musique (on dirait aujourd'hui le « maître de chapelle », donc le chef de chœur et compositeur) de ce chœur fondé à la fin du XIIIe siècle (1285). Prêtre en 1751, il fut reçu chanoine au sein du chapitre, en 1776, ce qui lui permit de bénéficier d'une prébende canoniale et de participer aux délibérations.

De 1749 à 1773, il dirigea également la nouvelle Académie de musique de la ville (association municipale de concerts et d'enseignement), installée dans un lieu attenant à la mairie. Les concerts y étaient hebdomadaires. Très attaché à la liturgie, Hardouin délaissa cette position en 1773, en désaccord avec la place de plus en plus grande qui était accordée à la musique profane.

Lorsque la Révolution dispersa les chapitres ecclésiastiques, en novembre 1790, il perdit ses fonctions à la maîtrise, mais tentera de les retrouver dès 1794, après Thermidor et la fin de la Terreur. Cela tendrait à montrer qu'il était devenu prêtre constitutionnel ou qu'il avait su composer avec la République et sa musique, avant même que l'Église ne bénéficie de l'autorisation partielle de célébrer les cultes, à partir de 1796.

Il se retira à Grandpré en 1801. En juillet-août de la même année, un Concordat, conclu entre Bonaparte et la papauté, rétablissait la religion catholique en France et allait donc permettre une renaissance progressive des maîtrises.

Henri Hardouin est mort dans ce village, le 13 août 1808. Il a été inhumé dans l'église paroissiale où, par la suite, deux plaques commémoratives ont été posées.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Avant son départ, il céda ses manuscrits à la cathédrale de Reims. Malgré les destructions, il subsiste actuellement un corpus d'environ 400 pièces.

Il écrivit 46 messes (avec ou sans accompagnement), des proses (ou séquences), des hymnes liturgiques, des motets et des psaumes.

Il publia Six messes à 4 voix sans accompagnement (Reims, 1772) et collabora en 1775, avec François Giroust et François Rebel, à la Messe solennelle pour le sacre de Louis XVI. Ses œuvres étaient connues à Lyon : certaines ont été jouées en 1759-60 par l'Académie du Concert (située au Palais des Arts, sur la Place des Terreaux près de l’Hôtel de Ville). On entendit également sa musique au Concert Spirituel de Paris (1765).

Hardouin écrivit des ouvrages pédagogiques dont une Méthode nouvelle pour apprendre le plain-chant (Charleville, 1762, 3e éd. en 1790, elle sera rééditée jusqu'en 1828).

Il est aussi l'auteur d'un Bréviaire de Reims (1759).

Sa production musicale a fait l'objet d'un travail de restitution, effectué sous la direction de Jean-Luc Gester[1], dans le cadre de son enseignement au département de musique de l'Université de Reims.

Notes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean Leflon, Henri Hardouin et la musique du chapitre de Reims au XVIIIe siècle, Reims, Librairie Matot, 1933, III-128 p.-[6] pl., in-8º.
  • Marc Honegger, Dictionnaire de la musique, Paris, Bordas, 1979.
  • Marcelle Benoît (dir.), Dictionnaire de la musique en France aux XVIIe et XVIIIe siècles, Paris, Fayard, 1992 (article : « Hardouin, Henri », de Laurence Decobert).
  • Centre d'histoire « Espaces et cultures » (CHEC), Les musiciens d'église en 1790. Premier état d'une enquête sur un groupe professionnel, in : « Annales historiques de la Révolution française », no 2, Université Blaise-Pascal, Clermont-Ferrand, 2005, p. 57-82 (article rédigé par Stéphane Gomis, Frédérique Longin, Laurent Borne, Grégory Goudot et Bernard Dompnier, membres du « Groupe de prosopographie des musiciens » de l'Université de Clermont-Ferrand). Travail sur la série D XIX (90, 91, 92) des Archives nationales.
  • François Turellier, Les orgues et les organistes de la cathédrale Sainte-Croix d'Orléans. Leur place à l'église et dans la ville, des origines jusqu'aux travaux d'Aristide Cavaillé-Coll, in : « L'Orgue », Revue trimestrielle publiée par l'Association des Amis de l'Orgue en coédition avec Symétrie, no 291, Versailles, Lyon, 2010-III, p. 3–33 (p. 21–23).
  • Charles Cerf (1824-1898), Maitrise de l'église métropolitaine de Reims, et M. l'abbé Hardouin, Reims : Geoffroy & C°, 1872, pp.14-20 [1].
  • (en) Jean-Paul Montagnier, The Polyphonic Mass in France, 1600-1780: The Evidence of the Printed Choirbooks, Cambridge, Cambridge University Press, 2017.

Liens externes[modifier | modifier le code]