Henri Dulac

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Henri Dulac
Naissance
Fayence
Décès (à 84 ans)
Fayence
Nationalité France
Institutions Académie des sciences
Diplôme École polytechnique, doctorat, agrégation en France
Renommé pour Calcul différentiel

Henri Claudius Rosaris Dulac, né le à Fayence (Var) et mort en 1955 dans la même commune, est un mathématicien français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Henri Dulac intègre l'École polytechnique[1], dans la même promotion que le futur Président de la République Albert Lebrun (promotion 1890). Il démissionne à sa sortie de l'école pour commencer une carrière universitaire. Il passe son doctorat de mathématiques et réussit l'agrégation. Il débute ses cours d'analyse à l'université de Grenoble dès 1903[2], puis à Alger et Poitiers. Titulaire de la chaire de mathématiques pures à la Faculté des sciences de Lyon dès 1911, son enseignement est interrompu par la Première Guerre mondiale (1914 – 1918) où il sert comme commandant d'une compagnie du génie. Il est contemporain des mathématiciens Henri Poincaré[3] et de Paul Montel[4].

Après guerre, il devient titulaire de la chaire de calcul différentiel et intégral de l'université de Lyon et enseigne aussi à l'École centrale de Lyon[5] jusqu'en 1930, date à laquelle les nouveaux arrangements avec l'Université ne lui permettent plus de continuer dans cette école. L'École polytechnique le voit longtemps examinateur d'analyse et plusieurs années durant président du jury d'admission. Il était également examinateur à l'école Normale Supérieure. Officier de la Légion d'honneur, membre correspondant de l'Académie des sciences, il publie une partie des œuvres d'Euler et fait avancer sur plusieurs points la science mathématique par des publications hautement spécialisées en France et à l'étranger.

Père de 3 enfants scientifiques, Anie (1901 – 1935), licenciée en mathématiques, Jean (1903 – 2005), polytechnicien de la promotion 1921 et Robert (1904 – 1996), polytechnicien de la promotion 1922, il meurt en 1955 à Fayence.

Sa notice nécrologique a été présentée par Gaston Julia à la séance de l'académie des sciences du 26 septembre 1955[6].

Principaux travaux[modifier | modifier le code]

Voici quelques-uns de ses principaux travaux :

  • Recherches sur les points singuliers des équations différentielles (Journal de l'École Polytechnique, 1904).
  • Intégrales d'une équation différentielle (Annales Université de Grenoble, 1905).
  • Sur les Points dicritiques (Journal de mathématiques, 1906).
  • Sur les séries de Mac-Laurin à plusieurs variables (Acta Mathematica, 1906).
  • Détermination et intégration d'une classe d'équations différentielles (Bulletin des sciences mathématiques, 1908).
  • Intégrales passant par un point singulier (Rendeconti del Circolo, 1911).
  • Sur les points singuliers (Annales de Toulouse, 1912).
  • Solutions d'un système d'équations différentielles (Bulletin de la société mathématique, 1913).
  • Sur les cycles limites (Bulletin de la société mathématique, 1923).
  • Points singuliers des équations différentielles (éditeur Gauthier-Villars, 1934, Mémorial des sciences mathématiques)[7].
  • Courbes définies par une équation différentielle du premier ordre (Mémorial des sciences mathématiques, 1934).

Ses travaux sont toujours régulièrement cités, analysés et repris par des chercheurs internationaux, parfois cent ans après leurs publications. On peut mentionner, à titre d'exemple :

  • Dulac pensait avoir prouvé, en 1923, que le nombre des cycles limites d'une équation polynomiale donnée était fini, mais Yulij Ilyashenko a détecté une erreur dans sa preuve en 1981 (voir Seizième problème de Hilbert).
  • « The Center Variety of Polynomial Differential Systems » – Abdu Salam Jarrah, Faculté des sciences mathématiques, Université du Nouveau Mexique, USA (2001).
  • « Complete Polynomial Vector Fields on  » – Julio Rebelo, Institute for Mathematical Sciences, SUNY, New York, USA (oct. 2002).
  • « Dimension Increase and Splitting for Poincaré-Dulac Normal forms » – Giuseppe Gaeta, Faculté de mathématique de l'Université de Milan, et Sebastian Walcher, Chaire de mathématique, Aix-la-Chapelle, Journal of Nonlinear Mathematical Physics (2005).

La vigueur de la recherche actuelle autour de ses travaux nous permet d'affirmer qu'Henri Dulac compte encore parmi les membres éminents de l'école de géométrie algébrique européenne[8].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. https://bibli-aleph.polytechnique.fr/F/XUCIXIXBV8H44Q95UDCQIA6BKXBNA5DLYXYMNJIT5KPNR4EDKG-11771?func=full-set-set&set_number=001723&set_entry=000007&format=999 Bibliothèque Centrale Ecole Polytechnique
  2. http://histoire.ec-lyon.fr/docannexe/file/822/13706v01_leger.pdf Centenaire Centrale Lyon, éloge de Dulac, page 154.
  3. http://nonlineaire.univ-lille1.fr/SNL/media/2012/CR/Mira.pdf Dulac, un héritier de Poincaré.
  4. http://www.academie-sciences.fr/pdf/dossiers/fonds_pdf/Fonds_Montel.pdf Lettre à Paul Montel, 19 mai 1918, Institut de France, Fonds 72J.
  5. http://histoire.ec-lyon.fr/docannexe/file/1525/te1923_190.pdf Technica, n° 190, déc. 1923, bulletin mensuel de l'Association des anciens élèves de l'École Centrale Lyonnaise (p. 15 liste des professeurs).
  6. http://smf4.emath.fr/Publications/Gazette/1994/60/smf_gazette_60_23-24.pdf Notice académie des sciences 1955.
  7. http://www.worldcat.org/title/points-singuliers-des-equations-differentielles/oclc/928218707?referer=br&ht=edition : Worldcat : Dulac dans 138 bibliothèques universitaires dans le monde.
  8. http://www.ihp.fr/seminaire/SHM-histoire-1977-1988 Jean-François Mattei et Robert Moussu (22 octobre 1986) : «Comment l’œuvre d’Henri Dulac est redevenue d’actualité».

Sources[modifier | modifier le code]

  • Technica, n° 190, décembre 1923, page 15, revue des anciens élèves de l'École Centrale Lyonnaise.
  • Éloge funéraire de l'Académie des Sciences.
  • Revue d'histoire des sciences : Des patrons des mathématiques en France dans l’entre-deux-guerres, Hélène Gispert, Juliette Leloup, publié chez Armand Colin, 2009.
  • Sources actualisées par Louis Boisgibault, son arrière-petit-fils.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]