Henri Dubois-Roquebert

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Henri Dubois-Roquebert
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Henri Dubois-Roquebert, né le 12 mars 1891 en France et mort le 10 juillet 1971 à Skhirat, au Maroc, lors d'une tentative de coup d'État, est un médecin qui introduisit les concepts de la chirurgie moderne au Maroc et fut le chirurgien privé, conseiller et ami du roi Mohammed V[1],[2]. Il est notamment l'auteur d'un livre posthume de témoignages sur les deux précédents souverains du Maroc : Mohammed V, Hassan II, tels que je les ai connus. Lors des événements qui ont mené à l'indépendance du Maroc, le roi Mohammed V confie sa fortune à Henri Dubois-Roquebert, qui en assure la préservation ; le docteur joue un certain rôle dans les négociations qui amènent le retour du roi au Maroc[2].

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunes années[modifier | modifier le code]

Il effectua des études de médecine et de chirurgie à l'hôpital de l'Hôtel-Dieu de Paris ; brillant élève, il y fit carrière avant d'en devenir le chef de clinique de 1922 à 1932.

L'arrivée à Rabat (1932)[modifier | modifier le code]

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Le docteur Henri Dubois-Roquebert prit la décision de s'installer à Rabat à la suite d'un voyage à Munich qu'il effectua en 1931. Au cours de ce voyage, il fut témoin des manifestations pangermaniques qui commençaient tout juste à agiter l'Allemagne et qui devaient se conclure par la prise du pouvoir par Hitler et la fin de la paix en Europe. Conscient de cette menace, le docteur, à son retour à Paris où il constata l'inertie et l'inconscience de la classe dirigeante et intellectuelle française, décida de se rendre « là où la France, par son effort, donnait encore la mesure de sa grandeur ».

C'est ainsi qu'au cours de l'année 1932 il rejoignit les quelques 350 000 Français et Européens vivant alors dans un Maroc sous protectorat français.

Construction de la clinique Dubois-Roquebert (1934)[modifier | modifier le code]

En 1934, le docteur Roquebert confia à un tout jeune architecte sicilien, François Allotta, 34 ans, la tâche de lui construire une clinique d’avant-garde. Cette clinique est de style art déco, avec des colonnades et des zelliges émeraude : les Rabatis connaissent bien ce bâtiment, qui fait depuis définitivement partie de leur patrimoine.

Relations avec Mohammed V et Hassan II[modifier | modifier le code]

Il fut introduit en 1934 par le docteur Arnaud auprès du futur roi du Maroc Mohamed V, alors Sultan Sidi Mohammed ben Youssef, afin d'effectuer un diagnostic complémentaire relatif à des problèmes de santé dont était victime le souverain. Le docteur Henri Dubois-Roquebert diagnostiqua une malformation congénitale et proposa une intervention chirurgicale. L'intervention réussit et le docteur entra dans l'intimité du palais en devenant le médecin personnel du souverain, fonction qu'il occupa également pendant les dix premières années du règne de son fils, Hassan II, soit de 1961 à sa mort en 1971[1].

À partir de là, Henri Dubois-Roquebert devint un des proches de la famille royale marocaine. Mohamed V lui accorda toute confiance : ainsi, lors de son exil en Corse et à Madagascar (1953), pendant les événements préliminaires à l'indépendance du Maroc, il confia sa fortune au médecin, qui la mit en sécurité jusqu'à son intronisation[3]. Henri Dubois-Roquebert permit ainsi à la famille royale d'assumer ses besoins quotidiens et de préparer son retour au Maroc[1] ; il se rendit à plusieurs reprises auprès du roi à Antsirabe (Madagascar) ; au cours de l'un de ses séjours, il assura l'accouchement de la princesse Lalla Bahia, l'une des épouses du roi, qui donna naissance à la princesse Lalla Amina[3].

Au début des années 1940, il découvrit la petite ville d'Amizmiz, dans le Haut Atlas, et s'y fit construire une résidence d'été, où le roi Mohammed V vint lui rendre visite[2].

Mort[modifier | modifier le code]

Henri Dubois-Roquebert est tué par balles le 10 juillet 1971 lors de la tentative de coup d'État menée par des militaires au palais de Skhirat[2].

Distinctions[modifier | modifier le code]

Ouvrage[modifier | modifier le code]

  • Mohammed V, Hassan II, tels que je les ai connus, Tarik, 2003, biographie
    L'ouvrage démarre par une « [l]ettre adressée par Hassan II au fils du docteur Dubois-Rocquebert après [sa] lecture. »

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d Aujourd'hui le Maroc, nov. 2003
  2. a, b, c et d (en) Biographie et photos sur le site de sa résidence d'été d'Amizmiz, devenue maison d'hôtes.
  3. a et b Ignace Dalle, Hassan II : entre tradition et absolutisme, Paris, Fayard, 2011 (ISBN 9782213664583) (En ligne).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • Charles André Julien, Le Maroc face aux impérialismes : 1415-1956, Paris, Jaguar (réimpr. 2011) (1re éd. 1978), 549 p., p. 353, 380, 384, 440 et 467-468
  • « Henri Dubois-Roquebert, l'ami des Rois », Aujourd'hui le Maroc, Casablanca,‎ (lire en ligne)
  • « Qui est Henri Dubois-Roquebert ? », Aujourd'hui le Maroc, Casablanca,‎ (lire en ligne) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Abdelmohsin El Hassouni, « Bruno Dubois-Roquebert : "Il faut combattre l'oubli" », Aujourd'hui le Maroc, Casablanca,‎ (lire en ligne)
  • Souleiman Bencheikh, « Mohammed V, Hassan II, Mohammed VI. Dans l’intimité des trois rois », TelQuel, Casablanca,‎

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]