Henri Chapron

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Henri Chapron
Citroen-ds-cabrio-1957.jpg
Citroën DS cabriolet modifiée de 1967.
Biographie
Naissance
Décès
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ParisVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activités
Emblem Chapron.JPG
Marque ou logotype
Lucy Schell, victorieuse du Concours d'élégance automobile de Juan-les-Pins en mai 1938, sur Delahaye cabriolet décapotable carrossée par Chapron.

Henri Albert Maurice Chapron, né le à Nouan-le-Fuzelier (Loir-et-Cher) et mort le à Paris, est un carrossier automobile français.

Son atelier, créé en 1919 se trouvait d'abord à Neuilly-sur-Seine puis à Levallois-Perret, dans les environs de Paris.

Historique[modifier | modifier le code]

Henri Chapron est né en Sologne, au Château de Cerçay, alors propriété de l'agronome français et maire de Lamotte-Beuvron Edouard Lecouteux.

Au début du XXème siècle, Henri Chapron, à l'âge de 14 ans, alors apprenti sellier, part sur son vélo, en tant que "compagnon du Tour de France". Il apprendra tous les métiers de la carrosserie, allant de ville en ville, de patron en patron. Il ira jusqu'en Algérie.

Après la première guerre mondiale, en décembre 1919, Henri ouvre son atelier de carrosserie à Neuilly-sur-Seine. Il rachète le surplus des Ford T laissées par l'armée américaine au Domaine après la Première Guerre mondiale pour les transformer d'abord en véhicules utilitaires, puis en voitures de tourisme. En 1923, il décide de s'agrandir et déménage à Levallois-Perret où l'affaire restera jusqu'à sa fermeture , fin décembre 1985.

De 1919 à 1929, Henri Chapron travaille surtout à partir de châssis Ford, De Dion Bouton, Morris Léon Bollée, Ballot, Unic et Delage. Il construit également quelques modèles sur Voisin, Hispano-Suiza, Fiat, Peugeot, Citroën, entre autres.

De 1929 à 1935, Henri Chapron travaille surtout sur Delage, Lorraine, Voisin, Bugatti, Hispano Suiza, De Dion Bouton, Fiat, Talbot, Lancia, Panhard, Chenard et Walker, Delage et Delahaye mais il carrosse aussi des marques américaines telles que Packard, Nash, Graham Paige, Buick, Chrysler, Ford, Cadillac et La Salle. Pendant cette période, Chapron produit également quelques véhicules commerciaux, ambulances, bus pour Laffly, Bernard, Latil, Lavigne, Rochet-Schneider et Delahaye.

Ensuite, jusque dans les années 1950, il travaille surtout à partir de châssis des marques Delage, Delahaye (types 135 et 235), Hotchkiss, Talbot-Lago et Rolls-Royce.

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A partir de 1954, la construction à la chaîne se développe avec les voitures monocoques. Outre les marques de luxe françaises, beaucoup de carrossiers disparaissent. Chapron, lui, artiste avant tout, continuera. Après avoir transformé des modèles Autobleu, Peugeot, Renault, Salmson et Simca, Chapron réalisera une petite série de coupés et de cabriolets sur base de Renault Frégate. Il réalisera également en 1961 une carrosserie spéciale pour une Rolls-Royce Phantom V. Il réalise alors des carrosseries spéciales sur Rolls Royce, Bentley, Rover et Cadillac.

En 1958, il est séduit par la nouvelle Citroën DS au design aérodynamique et décide de transformer la carrosserie DS Berline d'abord en cabriolet "4 places" puis en cabriolet "2 places". Ces modèles deviendront respectivement "La Croisette" et "Le Caddy". Quelques années plus tard, il crée un autre modèle de cabriolet "Le Palm Beach". Il crée plusieurs modèles de "coupés" "Le Paris", "Le Concorde" ainsi que "Le Dandy" et "Le Léman". Il crée également deux modèles de berline "La Majesty" puis "La Lorraine".

Son cabriolet DS fait sensation au Salon de l'automobile 1958. Les dirigeants de Citroën viennent le voir à Levallois pour lui proposer un accord de production. Pendant 2 années, les équipes Chapron et Citroën travaillent la main dans la main de façon à renforcer les normes de sécurité sur la voiture et à en minimiser le coût de production. Citroën fournira à Chapron une base de travail pour la production du cabriolet de Série Chapron sur Citroën DS et ID (le châssis ainsi que quelques pièces d'origine). Le cabriolet de Série est présenté au Pré Catelan puis au Salon de l'Automobile de Paris de 1960. Ce cebriolet sera commercialisé par Citroën ce qui permettra aux acheteurs de pouvoir bénéficier d'une garantie sue les cabriolets Chapron "de Série" achetés.

En 1968, Henri Chapron réalise un modèle spécial étendu de la DS pour Charles de Gaulle puis, en 1972, il livre deux SM décapotables rallongées pour Georges Pompidou. Ces modèles furent utilisés officiellement pour la première fois lors de la visite de la reine Elizabeth II, ensuite pour la visite du pape Jean-Paul II et restèrent en service jusque sous Jacques Chirac. En 1972, il réalise un cabriolet sur Cadillac pour le roi du Maroc Hassan II.

Lorsque la Citroën SM est introduite en 1970, Chapron en crée deux variantes, un cabriolet la "Mylord" en 5 exemplaires, de 1971 à 1973 et une berline l'"Opéra" en 7 exemplaires, de 1972 à 1974.

Henri Chapron meurt le 14 mai 1978 dans sa 92e année. Son entreprise, reprise par son épouse, Françoise, depuis 1968, lui survit jusqu'en décembre 1985, le temps de produire quelques versions de luxe de la Citroën CX et de la Peugeot 604, des landaulets et des voitures blindées. Elle cesse ses activités fin 1985.

Son épouse Françoise a la présence d'esprit de conserver les archives à la fermeture de l'affaire. Cela rend possible, à l'heure actuelle, l'identification des véhicules carrossés par le carrossier. En effet, tous ses modèles étaient frappés, en plusieurs endroits, du numéro de fabrication attribué à la voiture.

Françoise Chapron décède le 6 décembre 2016, à moins de trois mois de ses 100 ans.

Henri Chapron et son épouse Françoise sont tous deux inhumés au cimetière de Passy.


La fabrication Chapron en DS[modifier | modifier le code]

Le Paris 002.

Henri Chapron crée le premier cabriolet en 1958, dont la ligne générale est relativement intéressante. Elle reste quand même assez proche de la berline de par son aile arrière qui doit rester amovible pour permettre son démontage lors d'un changement de roue, ce qui laisse une séparation au niveau du départ de la malle. Cette séparation est : soit habillée par un jonc chromé, soit laissée avec une séparation en creux, le pare brise est abaissé de quatre centimètres et les portières sont allongées. Cette première voiture sera baptisée La Croisette (modèle 1959), suivie par un coach 2 portes 4 places : Le Paris, les ailes arrière sont aussi en deux pièces séparées par un joint, ou cachées par des appliques chromées. Une deuxième version du Paris fait son apparition au salon de Genève en 1960 sans raccord aux ailes arrière. Le coach Le Paris ressemble au pavillon dessiné par Chapron pour les Renault Frégate qui vient perturber les lignes modernes de la Citroën DS. Le Paris disparait du catalogue après la fabrication de neuf exemplaires, dont aujourd'hui uniquement trois sont recensés.

La Croisette évolue et permet aux établissements Chapron d'affiner et d'affirmer son style : les ailes arrière sont d'une seule pièce échancrée à l'arrière pour rendre accessible la jante arrière ; Les portières seront allongées de 18 centimètres ce qui donne un meilleur équilibre à la voiture en réduisant la longueur de l'aile arrière.

La Croisette 1961

Henri Chapron carrossait aussi bien des DS que des ID et il apportait le même soin aux deux séries, la raison étant de satisfaire la clientèle réfractaire à l'embrayage hydraulique. En juillet 1959, avec le modèle 1960, apparaît une nouvelle carrosserie, le cabriolet deux places Le Caddy, avec portes étroites jusqu'à la fin de 1960. En plus des carrosseries spéciales Chapron, le carrossier a produit pour Citroën les cabriolets de série". Curieusement, ceux-ci ne conservent pas la ligne arrière de la berline, mais héritent d'un arrière légèrement rehaussé que Chapron a aussi adopté provisoirement pour ses propres productions pendant 2 ans.

En dehors de sa production reconnue, et numérotée, la carrosserie Henri Chapron a également réalisé de nombreux aménagements à la demande des clients. Essentiellement des selleries spéciales, ou la pose de tablettes arrière sur les voitures ministérielles, mais aussi des découvrables. Chapron s'était spécialisé dans la pose de toits ouvrants à manivelle, mais a aussi réalisé des découvrables à toit souple.

Découvrable 1972

État des fabrications des DS Chapron[modifier | modifier le code]

Les états de fabrication suivants sont indiqués à titre indicatif. Néammoins, les chiffres indiqués n'ont pas été vérifiés dans les livres de la carrosserie. Les chiffres indiqués ci-dessous sont pure spéculation.

État des fabrications des DS cabriolets Chapron[modifier | modifier le code]

1958 1959 1960 1961 1962 1963 1964 1965 1966 1967 1968 1969 1970 1971 1972 1973 Total
Croisette 6 19 21 2 4 52
Caddy 2 6 7 3 2 2 3 3 4 2 34
Palm Beach 2 3 7 4 4 2 4 2 2 1 1 32
Cabriolets 4 21 27 9 9 5 9 11 7 6 6 2 2 1 1 118

État des fabrications des DS coupés Chapron[modifier | modifier le code]

1958 1959 1960 1961 1962 1963 1964 1965 1966 1967 1968 1969 1970 1971 1972 1973 Total
Paris 1 8 9
Concorde 5 11 7 6 3 6 38
Dandy 5 5 10 4 8 8 5 3 2 50
Léman 7 9 4 2 2 2 1 27
Coupés 6 8 17 11 14 8 14 16 6 7 1 1 2 124

État des fabrications des DS berlines Chapron[modifier | modifier le code]

1958 1959 1960 1961 1962 1963 1964 1965 1966 1967 1968 1969 1970 1971 1972 1973 1974 Total
Majesty 5 3 8 4 3+1 2+1 27
Lorraine 2 4 2 3 7 2 20
Présidentielle 1 1
Berlines 4 3 8 5 4 5 4 2 3 7 2 50

Notes et références[modifier | modifier le code]


Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Les Citroën de Chapron, Olivier de Serres, revue Automomobilia no 101, janvier 2011.
  • Les Archives de la Carrosserie Chapron

Liens externes[modifier | modifier le code]