Henri Boulad

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Henri Boulad, né le à Alexandrie (Égypte), est un prêtre jésuite égyptien de rite melkite, et écrivain.

Biographie[modifier | modifier le code]

Henri Boulad est né à Alexandrie en 1931. Par son père il est issu d'une famille syrienne chrétienne de rite grec-melkite catholique originaire de Damas mais installée en Égypte dès les années 1860. La famille Boulad appartient à la vieille bourgeoisie damascène, longtemps spécialisée dans la fabrication et le négoce de la soie, elle a donné de nombreux hommes d'Église dont le Père Abdel Messih Boulad (Damas) et le Père Antoune Boulad SB (Monastère basilien du Saint-Sauveur, Liban).

En 1950, Henri Boulad entre au noviciat des jésuites à Bikfaya, au Liban[1]. De 1952 à 1954, il étudie au juvénat de Laval (France), puis, de 1954 à 1957, il étudie la philosophie au scolasticat jésuite de Chantilly, toujours en France. Il enseigne deux ans au Collège de la Sainte-Famille, au Caire. Après un cycle d'études théologiques (de 1959 à 1963 au Liban), il est ordonné prêtre en 1963 selon le rite melkite. En 1965, il participe à un programme de formation des Jésuites à Pomfret, au Connecticut, et obtient un doctorat en psychologie scolaire de l'Université de Chicago[2],[3].

Revenu dans son pays, l'Égypte, il y vit depuis 1967. Il est supérieur religieux des jésuites d'Alexandrie, puis provincial des jésuites du Proche-Orient, et professeur de théologie au Caire. En 2004, il devient recteur du Collège de la Sainte-Famille des Jésuites du Caire.

Il est fortement engagé au service des déshérités, chrétiens et musulmans, engagement qui se poursuit avec son implication à la Caritas. De 1984 à 1995, il est directeur de Caritas Égypte, et président de Caritas Afrique du Nord et Moyen-Orient. De 1991 à 1995, il est vice-président de Caritas International pour le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord.

Il écrit en 2007 une lettre au pape Benoît XVI intitulée SOS pour l'Église d'aujourd'hui, qui sera publiée en 2009[4]. Il y appelle à une refonte de l'Église catholique et propose une réforme théologique et catéchétique, une réforme pastorale et un renouveau spirituel, qui devraient être discutés lors d'un synode de l'église mondiale. En 2010, il exhorte l'Europe à "ne pas perdre son âme" [5].

Bon connaisseur de l'islam, qu'il côtoie depuis son enfance en Égypte, il est très critique de certaines de ses orientations contemporaines, tout en insistant que le dialogue entre chrétiens et musulmans doit continuer, mais pas sous sa forme actuelle qui n'est que mensonge et compromission, et donc n'est pas du dialogue et l'exaspère[6]. Défenseur et militant des droits de l'homme, il est un observateur privilégié du Printemps arabe, et en particulier de la Révolution égyptienne de 2011. Il appelle l'Occident à ne pas céder au cynisme, à soutenir les aspirations des peuples à la liberté, et à ne pas s'allier aux fondamentalistes religieux[7].

Henri Boulad a publié près de 30 livres dans 15 langues, en particulier en français, en arabe, en hongrois et en allemand.

Il a été élevé au grade de Commandeur de l'Ordre des Palmes académiques[8].

En 2017, il a reçu la nationalité hongroise et a loué la politique actuelle de la Hongrie de défendre les communautés chrétiennes traditionnelles en Europe et ailleurs comme un signe pour l'avenir[9].

En octobre 2017, il tient lors d'une messe largement rediffusée sur Twitter des propos jugés polémiques en considérant notamment l'État français et l'Église trop naïfs vis-à-vis de l'Islam. Il compare la situation de l'immigration et de la place de la finance en France et la situation de la France durant l'occupation allemande : "Nous sommes en [19]44 aujourd'hui, c'est la même gravité de situation ! C'est pas les Nazis, c'est pire !" et fait référence à une stratégie d'islamisation de l'Europe.

En novembre 2017, il participe à une entrevue audio sur la chaîne YouTube Nomos TV avec Alexandre Cormier-Denis. Il s’y exprime sur le politiquement correct, l’immigration, l’islam et l’avenir de l’Occident[10].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]