Henri Botey

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Henri Botey
une illustration sous licence libre serait bienvenue
Biographie
Naissance
Décès
Nationalité
Activité

Henri-Armand Botey (alias Monsieur Éric ou Empereur de Pigalle ou encore Rase-Mottes en raison de sa petite taille), né en 1934 à Belfort[1],[2] en Franche-Comté et mort en juin 2013 en Touraine[3], fut une figure de la nuit parisienne de 1960 à 2010.

Biographie[modifier | modifier le code]

Henry Botey a commencé, dans les années 1950, comme apprenti boulanger de vingt ans[4]. Puis il a pendant des dizaines d’années avec sa femme Carmen Vallet (et Alain Picaud dit « le bâtard » ou « le gitan », un de ses lieutenants), dirigé des boîtes de nuit, des hôtels de passe et des bars à hôtesses, dont la Bohème, le Yellow Dog, le Tiffany, le Sulky, le Lautrec[4], etc. Au milieu des années 1970, Botey écope de deux ans de prison (dont un avec sursis) pour proxénétisme hôtelier. Il continue à exercer de sa prison grâce à quelques prête-noms[5]. À sa sortie, la guerre des gangs ravage Pigalle. En 1976, il se tire sans dommage de l'explosion d'un colis piégé et, le 16 avril 1987, alors qu'il sort du Manhattan, deux hommes à moto lui tirent dessus avec un 11,43. Deuxième coup de chance, il en réchappe encore. Il disparaîtra de la circulation après être sorti une fois de plus vivant d'un dernier attentat, boulevard Bineau, à Neuilly. En 1981, François Mitterrand confie une enquête à Pierre Touraine, le directeur de la Police judiciaire parisienne d'alors, au terme de laquelle Botey n'est pas inculpé[5] ; il se fait alors discret sous la présidence du président socialiste[6].

Marié à une ancienne prostituée plus âgée que lui et propriétaire d'un hôtel de passe, il acquiert l'ancienne propriété de Madame Claude, dans le quartier de la Muette[6].

Il est le parrain de Marine Le Pen, dont il a rencontré le père dans les années 1960[6].

En 1987, Henry Botey est devenu un homme d'affaires qui règne sur tout le quartier de Pigalle. La presse le surnomme le premier proxénète de France. C'est à cette époque qu'Alain Picaud (qui ne travaille plus pour Henry Botey) tentera de l'assassiner[7].

Le , il est arrêté par la police, mis en examen, puis écroué à la prison de Fleury-Mérogis pour une affaire de proxénétisme aggravé[8],[9]. Il aurait gagné 50 000 euros par mois et par bar en faisant un commerce dit « au bouchon », les clients de prostituées devant payer une bouteille onéreuse avant de pouvoir coucher[6].

Pierre Durand, directeur du magazine Présent, lui aurait servi de prête-nom[4],[10].

Henri Botey meurt en .

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Le parrain de Marine Le Pen mis en examen » sur Paris Match, 14 avril 2011.
  2. « Marine Le Pen : la vérité sur son parrain » sur VSD, no 1756, 21 – 27 avril 2011.
  3. L'empereur de Pigalle, parrain de Marine Le Pen, est mort sur L'Union, 8 juin 2013
  4. a b et c Le parrain proxo de Marine Le Pen, Bakchich, 11 juin 2010
  5. a et b Éric Conan et Gilles Gaetner, « Dix ans de solitude » sur L'Express, 12 mars 1992
  6. a b c et d Caroline Fourest et Fiammetta Venner, Marine Le Pen démasquée, Grasset, Le Livre de Poche, 2011, p. 26-28.
  7. La PJ, de 1986 à 1988, Le Monde, 11 juin 2007
  8. « Marine Le Pen : son parrain arrêté pour proxénétisme aggravé à Pigalle », 20 minutes, 14 avril 2011.
  9. « Le proxénète écroué est le parrain de Marine Le Pen », Le Parisien, 14 avril 2011
  10. « La chute d’Henri Botey, le parrain de Pigalle », Police et cetera — Blog de Georges Moréas, commissaire principal honoraire de la Police nationale, 15 avril 2011.