Henri-Julien Dumont

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Henri-Julien Dumont
Henri Julien Dumont photo.png

Portrait photographique (vers 1883)[1].

Naissance
Décès
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Autres noms
Henri-Dumont
Nationalité
Activités

Henri Julien Jean-Baptiste Dumont dit Henri-Julien Dumont ou Henri-Dumont (Beauvais, 1856 - Paris, 1933 ?) est un peintre, affichiste et graveur français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Yvette Guilbert aux Ambassadeurs (1893, BNF).

Henri Dumont est né le 14 décembre 1856 à Beauvais, d'Alfred Dumont, juge de paix et de Julie-Louise Nô[2].

Il effectue son service militaire en 1876-1877 au 3e chasseur, puis reprend ses études d'art auprès de Jules-Frédéric Ballavoine.

Durant la fin des années 1870, il fréquente le milieu montmartois et se lie à Pierre-Auguste Renoir, Henri Gervex, Edgar Degas : il est un familier du café Le Laroche, situé au bout de la rue Notre-Dame-de-Lorette[3]. En 1881, il débute comme exposant au salon de la Société des artistes français, avec une composition, Tête de femme. L'année suivante, il présente une toile intitulée Un commissionnaire et il est signalé habitant au 57 bis boulevard Rochechouart[4]. En 1883, c'est Fatiguée, un tableau montrant une jeune femme allongée sur un divan : il prend alors un atelier au 11 boulevard de Clichy. Ses premières toiles sont dans l'esprit impressionniste : deux d'entre elles sont refusées, à savoir Mastroquet et Mélomane, aussi Dumont les présente au Salon des indépendants de 1884. Par la suite, il est connu pour être un peintre de fleurs.

Il signe ses tableaux « Henri Dumont ».

En 1887, il habite au 75 boulevard de Clichy et se met en ménage avec Ellen Andrée, l'égérie des peintres impressionnistes[5]. Le couple régularisera sa situation en contractant un mariage en 1921. Ellen Andrée l'avait connu chez Henri Gervex, lors d'un dîner où se trouvait aussi Edgar Degas : plus tard, le marchand d'art Ambroise Vollard rapportera cette anecdote[6].

En 1890, il présente aux Indépendants Le Printemps et Fleurs[7]. En juin 1893, il produit deux affiches : Yvette Guilbert aux Ambassadeurs, remarquable composition en partie décriée par la critique, et Cliquette aux Folies-Dramatiques, soit deux lithographies imprimées par les Affiches américaines (Paris). Pour Guilbert, il exécute encore un panneau décoratif, La Chanson (1895). Il devient membre actif de la Société nationale des beaux-arts.

Henri Dumont fut proche du milieu de la nuit montmartoise : il composa de nombreux portraits de comédiens, qu'il signait « Henry ». Il fit également le portrait de William Busnach et de Jean-Louis Dubut de Laforest. Il fréquente Jean Lorrain, qui lui dédiera un poème. Selon Vollard, Dumont se disait libre penseur et ses fréquentations en attestent.

En 1898, le journal L'Aurore rapporte son témoignage, qui servira lors de la révision du procès du capitaine Alfred Dreyfus, et qui dit que, en tant que témoin d'une conversation lors des audiences avant le premier procès, jamais le capitaine n'était passé aux aveux, contrairement à ce qui avait été affirmé pendant l'audience[8].

En octobre-novembre 1905, il fait partie de la délégation de peintres français exposant à l'Institut d'art de Chicago : Dumont y montre plusieurs toiles, essentiellement des fleurs[9], manière qui le caractérise désormais.

En 1908, la manufacture des Gobelins lui commande, par l'entremise de Gustave Geffroy, plusieurs cartons destinés à des tapisseries[10].

À compter d'avril 1911, il est régulièrement exposé chez Georges Petit, qui lui restera fidèle jusque dans les années 1930.

En mai 1914, il reçoit une médaille lors de l'exposition internationale de Gand[11], puis il est nommé chevalier de la Légion d'honneur, parrainé par le peintre Lucien-Victor Guirand de Scevola[2].

Après la guerre, il continue d'exposer sur Paris : à la galerie Henri Manuel (janvier 1922), chez André Schoeller (janvier 1933).

En 1930, il est signalé comme vivant toujours au 71 boulevard de Clichy[12].

En décembre 1933, son épouse, Ellen Andrée, décède. Le couple, qui s'était marié en 1921, est enterré dans une tombe commune au cimetière Montmartre[13].

Œuvre[modifier | modifier le code]

Après avoir débuté par une série de toiles inspirées de Montmartre, des plaisirs parisiens, et produit quelques eaux-fortes et affiches, Dumont se tourne vers la peinture de fleurs vers 1897-1900, manière qu'il affectionnera tout le restant de sa vie.

En 1885, il revient au Salon des artistes français pour présenter Les Matelassières : ce sera là sa dernière apparition pour cette manifestation. Au Salon de la société des beaux-arts de 1897, il présente deux toiles de fleurs, Harmonie bleue et Pivoines[14].

Le MUDO - Musée de l'Oise (Beauvais) conserve de lui deux peintures et un dessin[15]. Le musée des Augustins de Toulouse possède une huile sur bois intitulée Orchidées (1902)[16].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Portrait issu de la Galerie contemporaine, littéraire, artistique. Revue hebdomadaire, éditée à Paris : cette photoglyptie est peut-être de G. Michelez.
  2. a et b Base Léonore, notice cote LH 19800035/0245/32665, en ligne.
  3. Terres des écrivains, notice sur Le Laroche, en ligne.
  4. Explication des ouvrages de peinture et dessins, sculpture, architecture et gravure, catalogue du Salon des artistes français, Paris, 1882, p. 81, lot no 926.
  5. Benoît Noël et Jean Hournon, Parisiana, la capitale des peintres au XIXe siècle, Paris, Dislab, 2008, p. 51.
  6. En écoutant Cézanne, Degas, Renoir par Ambroise Vollard, Paris, Grasset, 1938, p. 156, en ligne.
  7. Société des artistes indépendants 6e catalogue, Paris, 1890, p. 18.
  8. L'Aurore, 18 janvier 1898, en ligne.
  9. Catalogue, sur artic.edu, en ligne.
  10. Lire Les Gobelins : Les Musées d'Europe par Gustave Geffroy, en ligne sur Gallica.
  11. Gil Blas, 27 mai 1914, en ligne sur Gallica.
  12. NuméroAnnuaire des grands cercles, Paris, A. Lahure, 1930, p. 151.
  13. Cimetière Montmartre, notice sur Ellen Andrée, en ligne.
  14. Base des Salons et expositions de groupe 1673-1914, musée d'Orsay, notice 66053 pour l'année 1897 en ligne.
  15. Base Joconde, moteur de recherche en ligne.
  16. Musée des Augustins de Toulouse, notice du catalogue général en ligne.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Extrait de la notice de Henri-Julien Dumont dans le dictionnaire Bénézit sur le site Oxford Index. 2006, (ISBN 9780199773787)
  • « Henri Julien Dumont », dans Ulrich Thieme, Felix Becker (direction), Allgemeines Lexikon der Bildenden Künstler von der Antike bis zur Gegenwart, volume 10, Leipzig, E. A. Seemann, 1914, p. 130.
  • C.-E. Curinier, Dictionnaire national des contemporains, Paris, Office général d'édition, [1899-1914], tome 3, p. 215, (lire sur Gallica).
  • André Roussard, Dictionnaire des peintres à Montmartre, Paris, Éditions André Roussard, 1999. (ISBN 2-9513601-0-X)

Liens externes[modifier | modifier le code]

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