Henri-Constant Groussau

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Henri-Constant Groussau
Fonctions
Député de la 10e circonscription de Lille
Prédécesseur Lui-même
Successeur Gilbert Declercq (PCF)
Député du Nord
(scrutin majoritaire-proportionnel par département)
Prédécesseur Lui-même
Successeur Lui-même
Député de la 9e circonscription de Lille
Prédécesseur -
Successeur Lui-même
Biographie
Nom de naissance Henri-Constant Groussau
Date de naissance
Lieu de naissance La Jarrie (Charente-Inférieure)
Date de décès (à 85 ans)
Lieu de décès Versailles (Seine-et-Oise)
Sépulture Cimetière Saint-Louis de Versailles
Nationalité Drapeau de France Français
Parti politique AL (1902-1919)
Ind. (1919-1924)
NI (1924-1928)
URD (1928-1932)
FR (1932-1936)
Religion Catholique

Henri-Constant Groussau, né le à La Jarrie (Charente-Inférieure) et décédé le à Versailles (Seine-et-Oise), est un universitaire et homme politique français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il se destinait au barreau. Après sa thèse de doctorat à Poitiers, il est nommé au Parquet de la Rochelle, puis appelé à 24 ans pour fonder avec Gabriel de Vareilles-Sommières la faculté de droit de la toute nouvelle Université catholique de Lille. Il y enseigna le droit administratif, la législation financière, l’économie sociale et le droit constitutionnel jusqu’en 1902. Fondateur de la Revue administrative du culte catholique en 1893, il en fut le rédacteur pendant 12 ans (la revue fusionne en 1906 avec le Journal des Conseils de Fabriques). Monarchiste convaincu, fait partie des ralliés à la République à la suite des propos de Léon XIII. Il s'engage alors en politique. Il fut vice-président du Comité catholique de défense religieuse et de la Fédération nationale catholique[1], ainsi que président de l’Association des jurisconsultes catholiques. Il fut à l’origine de la création en 1928 du bimensuel La Voix des Familles. Catholique fervent, pilier de la paroisse Saint-Louis de Versailles, il a été orateur dans de très nombreux congrès diocésains dans les années 1920.

Sa vie privée fut marquée par la mort précoce de quatre de ses six enfants (aux âges de 20, 22, 26 et 34 ans), dont Edmond Groussau jésuite, les deux dernières filles demeurant célibataires. Décédé le 12 octobre 1936 à Versailles, c'est une de ces figures oubliées des grands débats sur la laïcité à la française.

Il était Grand-croix de l'Ordre de Saint-Grégoire-le-Grand. Il est inhumé au cimetière Saint-Louis de Versailles.

Carrière politique[modifier | modifier le code]

il fut élu député dès le premier tour dans les cantons de Tourcoing-Nord et de Quesnoy-sur-Deûle en 1902. Son engagement en faveur de la justice sociale (dans la mouvance d’Albert de Mun) dans cette région ouvrière le fit réélire en 1906, 1910 et 1914, puis comme député du Nord en 1919 et 1924, et de son ancienne circonscription avec le canton d'Armentières en 1928 et 1932. Sa haute compétence juridique fit de lui le principal défenseur des intérêts de l’Église et de la liberté religieuse à la Chambre des députés, où il siégeait comme membre de l’Action libérale Populaire ALP (droite républicaine, dont il était l'un des membres les plus actifs de son comité directeur et dont il fut élu président à la mort de Jacques Piou en 1934. Il fut ainsi qualifié d’« avocat-conseil de l’Église de France ». Groussau fut en effet l’interlocuteur politique et le consultant juridique de la plupart des évêques et cardinaux français. Ses contributions les plus importantes concernèrent les lois sur les Congrégations, la loi de séparation avec les inventaires et la dévolution des biens ecclésiastiques, les lois scolaires avant et après guerre. Bien introduit au Vatican, il y plaida, aves succès, le refus par le Pape de la loi de Séparation. Bien informé sur la situation en France, Pie X parlait ainsi des hommes politiques défenseurs de l’Église: « Ah oui, je sais, Gustave de Lamarzelle au Sénat et Groussau à la Chambre. » Sa rigueur et son respect des personnes lui firent d’ailleurs gagner l’estime de tous, même de ses adversaires, ainsi Jean Jaurès: « Monsieur Groussau sait – et je le lui ait dit souvent – quelle estime j’ai, je puis dire, nous avons, pour la ferveur de sa conviction, pour la loyauté de sa parole. »

Notes et références[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • A. Caudron, « Groussau », in Dictionnaire du monde religieux dans la France contemporaine, vol. 4 : Lille – Flandres. Paris, 1990, p. 264-265. [erreur de date: né le 17 juin et non le 17 mai]
  • Arnaud Join-Lambert, « La correspondance politique inédite de Constant Groussau, député catholique de 1902 à 1936 », in Bulletin de l’AFHRC, juin 2000, p. 14-16.
  • C. Lèdre, « Groussau », in Catholicisme, vol. 5, 1962, p. 317. [erreur de date : mort le 12 et non le 13]
  • G.-L. Trénard, « Groussau », in Dictionnaire de biographies françaises, vol. 16 (1985) 1360. [erreur de date: mort le 12 et non le 13]
  • « Henri-Constant Groussau », dans le Dictionnaire des parlementaires français (1889-1940), sous la direction de Jean Jolly, PUF, 1960 [détail de l’édition]

Liens externes[modifier | modifier le code]